‹ Histoire de Charles VIIChapitre 84 sur 340 · Mémoire cité, p · texte numérisé non relu

Mémoire cité, p

t. Bcrry, p. 408; Grad, p. 390. Dans le mémoire cité à diverses reprises, el qui est un guide si précieui, on cherche à atténuer les torts de Dunois : on dit (p. 3) qu'il ne savait pas les mauvaises intentions des rebelles, el que, « quant il congneust au vray leur entencion , il les abandonna et vint devçrs le Roy, comme raison estoit. » Dunois ne tarda pas à être envoyé à Saint-Omer, afin de poursuivre les négociations avec TAngleterre.

3. Ces lettres, qui se trouvent dans le Recueil de Le Grand (vol. VI, f. 70 et 114), ont été publiées par Duclos, Preuves, p. 56.

4. Jacques de Chabannes était venu près d*Âigi{eperse donner sur rartillerie du Roi et en avait pris une partie. « Le Roy sceut ces nouvelles ; si fut en personne , entre le point du jour et soleil levant au champ où ladicte destrousse avoit esté faicte , mais d'icelle heure estoient déjà retraiz ledit messire Jaques de Chabannes et ses gens, a Berry, p. 409.

5. Mémoire cité, p. 13-15; Berry, p. 407-16; Charlier, t. I,p. 254-58 ; Gruel, p. 390.

6. Le comte avait été autorisé par le Roi à se rendre en Bourbonnais a pourchasser aucunes assignacions que avoit au dit pays. 0 Mémoire cité, p. 15.

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triomphale. Sans interrompre les opérations, il répondit aa comte d'Eu et à Bertrandon qu'il n*entendrait à aucune proposition avant que le sire, de Gaucourt , fait priaonnier par les rebelles en se rendant dans son gouvernement du Dauphiné \ n'ait été mis en liberté; Au moment d'assiéger Saint-Pourcain , il vit revenir les deux négociateurs, en compagnie de Gaucourt, Les princes se déclaraient prêts à obéir au Roi et sollicitaient l'autorisation de venir, en un lieu qu'il désignerait, conférer avec le connétable et le comte de la Marche , afin de se remettre, ainsi que le Dauphin, en la bonne grâce royale^.

Le Roi désigna le couvent des Cordeliers, à peu de distance de Montferrant'. Après avoir mis garnison dans les places reconquises, il se rendit à Clermont. Les conférences se tinrent, d'abord au couvent des Cordeliers, puis aux Jacobins, hors les murs de Clermont, en présence des ducs de Bourbon et d'Alençon ; elles se prolongèrent pendant plusieurs jours.

Aux doléances présentées par les princes , le Roi opposa un long mémoire j où était résumée, de la façon la plus précise, la conduite du duc de Bourbon, soit avant, soit après la prise d'armes, et qui contenait l'énumérsLtion de tous les « crimes, deshonneurs et déplaisirs » dont s'étaient rendus coupables ce prince et ses complices. Puis , de part et d'autre , des propositions furent formulées.

Le Roi demandait aux princes : 1** de se soumettre et de reconnaître pleinement son autorité, en déposant les armes et en congédiant tous leurs gens de guerre ; 2« de remettre entre ses mains le Dauphin et de cesser de l'encourager dans sa révolte ; 3® de livrer tous ceux qui avaient été les instigateurs de la rébellion, savoir le sire de la Trémoille, les seigneurs de Chaumont, de Montejean et de Prie, Jacques de Chabannes, et tous les capitaines qui avaient violé leur serment afin que le Roi en fît justice, ou tout au moins, s'ils ne consentaient pas

1. Sur Tarrestation de Gaucourt, opérëe vers le 16 avril, voir Berry, p. i08, les lettres du 2 mai iiiO dans Duclos, /. e., et le Premier compte de Guillaume du Rec^ dans Ms. f^. 20684, p. 578.

t. Mémoire cité, p. 15-16. Cf. Berry, dont le récit n'a point la netteté de celui de la cbancellerie royale.

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à les livrer, de les mettre hors de leur compagaie ; 4^ de délivrer les prisonniers faits par eux au mépris de Tautorité royale ; 5"* de restituer toutes les places dont ils s'étaient emparés, et aussi celles qu'ils détenaient indûment; 6» de livrer en garantie au Roi telles places, terres et seigneuries qu*il lai plairait de désigner ^

La réponse faite par les princes , soit en leur nom , soit au nom du Dauphin , faisait valoir des prétentions singulières de la part de rebelles auxquels une seule voie restait ouverte , celle de la soumission* Dans un mémoire spécial, le jeune Louis demandait au Roi de le recevoir en sa bonne grâce , ainsi que tous les seigneurs qui l'avaient « servi, conseillé et conforté, » et nommait le duc de Bretagne, le duc de Bourbon, le duc d' Alençon, le comte de Monlpensier, le pomte de Vendôme et le sire de la Trémoille ; il réclamait la possession du Dauphiné, dont les dauphins de France jouissaient d'habitude, même dans un âge moindre que le sien; il sollicitât pour la Dauphiné , qui dorénavant devait séjourner plus habituellement en sa compagnie, une provision pour son état et sa dépense, avec assignation particulière; il demandait le gouvernement du Languedoc ou de l'Ile de France , promettant d'y servir a au bien du Roi et k son honneur ; » enfin il réclamait , en faveur de tous ceux qui lui avaient donné assistance (villes, places, seigneurs ou gens), pleine amnistie et restitution de tous biens, états et offices, « car, disait-il, pour rien ne les voudroit abandonner , attendu que ce qu'ils ont fait a esté par son ordonnance et commandement. »

Dans sa réponse aux articles rédigés au nom du Roi , prévoyant le cas où les demandes faites en son nom et au nom de ses partisans ne seraient point agréées, le Dauphin « requeroit et suppUoit très humblement » le Roi que, « pour honneur et reverance de Nostre Seigneur, descharge de son povre peuple et éviter ceste présente division tant dangereuse , » il lui plût « de faire cesser toute voye de fait et envoyer tous ses gens de

1 . « C*est ce que le Roy veut et demande estre fait par les seigneurs , » elc Preuve* de la Chronique de Mathieu d'Escouchy, p. 17-20.

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guerre à rencontre de ses anciens ennemis, » offrant d'y faire aller pareilleioent tous ceux qui étaient en son service et tenaient son parti. Il demandait en outre que, « pour reparacion de toutes les entreprinses et choses mal faictes, taat au desplaisir du Roy comme au préjudice de son royaume et povre peuple, » il lui plût de faire assembler les États généraux, se déclarant prêt à s'y rendre, ainsi que tous les seigneurs et autres de son parti , « pour illec demonstrer et dire ses juatificacions et les leurs, et de ce faire reparacion au bon plaisir du Roy, par le conseil desdiz trois Estas, pourvu que tous autres qui seront trouvez en coulpede'cfe présent trouble se soumettent et pareillement en facent reparacions. » Et puisqu'il résultait des articles rédigés au nom du Roi qu'il était désireux de complaire au duc de Bourgogne , le Dauphin demandait, « en toute humilité, » qu'il plût au Roi de signifier à ce prince d'être en personne à l'assemblée des États , « ou y faire estre de par luy notable ambassade , pour plus auctorisement reparer les maléfices passez. » Si le Roi le préférait, le Dauphin était disposé à s'en rapporter entièrement au duc de Bourgogne * et à tenir de ce prince son « seul appoinctement*. »

Après examen contradictoire de toutes ces requêtes , le Roi , sentant bien Qu'en présence de telles exigences une solution amiable était impossible, coupa court aux négociations, La déclaration suivante fut faite en son nom : « Quant Monseigneur le Daulphin viendra devers le Roy en humilité qu'il doit, le Roy le traictera comme son seul filz et pourvoira à Testât de luy et de Madame la Daulphine en manière qu'il en devra estre content. Et quant aux autres requestes qui touchent

1. Ad cours des négociations (à la date du 15 mai), Philippe envoya au Dauphin le seigneur de Ternant , accompagné d*un de ses poursuivants d'armes ; celte mission se prolongea jusqu'au 2 septembre suivant. Archives du Nord, B 1969, f. 177, et 1975, t 55 v^.

2. Voir « Response faicte par Meisseigneurs aux demandes faictes par le Roy ; » — t Requeste que Monseigneur le Danpbin fait au Roy ; > -^ «c Articles derrenierement accordez aux Jacobins près Clermont par mesdiz seigneurs et les gens du Roy; » ~ « Response 'que Monseigneur le Daulphin veut et ordonne estre faicte au Roy sur les articles qne le Roy a dernièrement baillez aux seigneurs. » Preuves de la Chronique de OaiMeu d^EKOuchy^ p. ^29. Tous ces documents sont extraits des Archives de Pau et se trouvent dans le fonds Doat, vol. 9, f. 240v»-252.

autres qiiQ mon dit seigneur le Daulphin, quant il sera devers le Roy, en fera tant, et si avant, que raisonnablement il en devra estre content*. »

Cependant les princes étaient fort inquiets de la tournure que prenaient les événements. Ils avaient compté sur les bonnes villes, et celles-ci, dociles aux ordres réitérés du Roi, repoussaient leurs ouvertures. 11% avaient compté siir les routiers tlu Midi^ et le vicomte de Lomagne, capitaine général du Roi en Languedoc et Guyenne, avait réussi aies enrôler et s'avançait à la tête d'une armée où figuraient le bâtard de Béarn, Salazar et d'autres capitaines*. D'un autre côté, Jean de Langeac, sénéchal d'Auvergne, prêt à s'ébranler au premier signal, réunissait à Usson des gens de guerre et de l'artillerie ', Les milices du Languedoc, convoqués pour le 12 juillet, allaient se mettre en mouvement, ainsi que la noblesse du Velay et du Vivarais *, Enfin l'hésitation qui, au premier moment, s'était manifestée chez beaucoup de gens, restés spectateurs de la lutte',, se dissipait en face des progrès décisifs de la cause royale. D'ailleurs, tandis que le Roi faisait pencher le plateau de la ba-^ lance en y jetant son épée, de zélés serviteurs mettaient leur plume à son service : Bernard du Rosier, prévôt de Tégllse de Toulouse et conseiller du trône, composa un traité en forme pour faire ressortir, d'une part la gravité. du crime dont se ren-r daient coupables ceux qui voulaient séparer le fils de son père, de l'autre les devoirs de fidélité et' d'assistance qu incom^ baient aux bons Français •. Le mouvement en faveur du Roi s'accentuait de jour en jour. Quand il était arrivé à Cler*

1. Preuves de lu Chronique de Mathieu d'Eseouchy, p. 2i. '2. Voir Berry, p. 409, et D. Yaissete, t. IV, p. iU.

3. Voir des lettres du ?6 novembre iii6, parmi les documents du dossier Langeac : Pièces originales, 1639.

4. D. Vaissete, /. c; Compte de la sénéchaussée de Beaucaire» dans Le Grand, vol. VI, f. 69 V».

5. On lit dans le traité de Bernard du Rosier, cité dans la note suivante : c Que pcecepta complere quidam voluerunt ; alii vero regnicole quam plurimt diffërre et dissimnlare makierunt de divisione patris et filii se intromittere. » Ms. lat. 6020, f. 67 v».

6. Ce traité est intitulé : lÀber de aitemptato transportu persone Dalphini unigeniii et heredi» corone faetum Karolo stptimo hujus nominis Francorum régi illustri. \\ ftit roirnnuniquë le 12 juillet, à Billom, aui geos du viromte de Lomayne, i la personne duquel Bernard éLiit spécialement attaché. M5. lat. 6020, f. 67i-75 v*.

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mont, les États d'Auv^ergne s'étaient assemblés spontanément. Après avoir, entendu les communication» faites en son nom , ils avaient déclaré « qu'ils estoient siens de oorps et biens, et vouloient obéir du tout à sa volontés » Immédiatement une sompae de vingt mille francs avait été votée, « pour eatretenir le fait de sa guerre et la conduite de sesgrans affaires*, i^ '

Pourtant le Dauphin ne voulait rien rabattre de ses exigences. En quittant Glermont, les ducs de Bourbon et d'Alençon avaient promis de revenir la semaine suivante en sa compagnie : ils ne parurent point. Les hostilités recommencèrent vers le 7 juin. Le Roi alla assiéger Vichy, où il mit garnison. De là il marcha sur Cusset, et envoya son avant-garde assiéger Yarennes'. Pénétrant en Forez, il s'empara de Saint-Haon, qui , grâce à son intervention , échappa aux horreurs d'une prise d'assaut*, et reçut la soumission de Roanne, Charlieu, Ferreux et d'autres villes. A Roanne, Charles VII vit arriver le comle d'Eu. Ce prince venait le conjurer de se rendre à Cusset, promettant, sur sa vie, que le Dauphin et le duc de Bourbon viendraient trouver le Roi et implorer son pardon. Le Roi y consentit*.

Les princes étaieat à Moulins. Le duc d'Alençon n'attendit pas cette entrevue pour faire sa soumission. S'apercevant enfin que cette guerre était c( déraisonnable, déplaisante à Dieu et dommageable au peuple, » il députa vers le Roi certains de ses serviteurs. Le traité fut promptement conclu. Le duc prit aussitôt congé du Dauphin et du duc de Bour-

i. Berry, p. ilO. — U résulte d'un document puKlié par M. A. Diomas (les Etats provincHaux de la France centrale sovs Charles Vit, t. 1, p. 122 note) que les Étals essayèrent un instant dé jouer le rôle de médiateurs qntre le Dauphin et le Roi, et quMIs envoyèrent plusieurs seigneurs vers le Dauphin et le duc de Bourbon à Rioro et à Gannat, uni dans ce' but que pour leur demander d^épargner l'Auvergne/ — Faisons observer ici que la principale source sur cette réunion d'États n*est point Martial d*Au7ergne, comme' le pense M. Thomas , mais bien le héraut Berry.

2. A la condition , il est vrai , que la somme ne serait pas livrée immédiatement. Thomas, /. c, p. 199.

3. Là. furent mis en liberté Gabriel de Cornes, premier, maître dUiôtel du Dauphin, et Jean de Laval, détenus par les rebelles.

i. Berry, p. 410-411.

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