Monstrelet, p
1440 LA PRAGUERIE. 133
« promis*. » — « Loys, reprit gravement le Roi, les portes aont a ouvertes, et se elles ne vous sont assez grandes, je vous en « feray abatre seize ou vint toises du mur pour passer où a mieulx vous semblera. Vous estes mon fils, et ne vous povés a obligier à quelque^ personne sans mon congié. Mais s'il vous a plaist en aler, si vous en aies , car, au plaisir de Dieu, nous « trouverons aulcuns de nostre sang qui nous aideront mieulx « à maintenir nostre honneur et signourie que encore n'avés « fait jusques à cy *. » Le Roi se tourna ensuite vers le duc de Bourbon, et reçut son serment de fidélité '.
Les lettres d'abolition données à ce prince portent la date du 15 juillet. Le Roi, considérant la proximité de lignage du duc, les a grands et bons services » rendus à la couronne par lui et ses ancêtres, et l'engagement qu'il prenait d*être à l'avenir <c bon et loyal » et de se conformer aux conventions dernièrement faites àClermoHt, déclarait le recevoir en sa bonne grâce et bienveillance , et lui pardonnait tous ses torts. Le duc était maintenu en possession de tous ses droits, seigneuries, honneurs et prérogatives. Enfin, pleine amnistie était accordée au comte de Montpensier, son frère ; à Guy, bâtard de Bourbon, à Jacques et Antoine de Chabannes, et aux autres seigneurs, capitaines, gens de guerre^, et vassaux qui lui avaient prêté assistance '.
Le surlendemain, 17 juillet, par lettres patentes adressées à tous ses justiciers et officiers , le Roi déclarait que le Dauphin
1. La Trémoille avait pris à Tavance ses précautions : il s'était fait délivier, à la date du 13 juillet, des lettres signées de la main du Dauphin et scellées de son scel de secret, par lesquelles le jeune Louis , considérant c les grans, notables et honorables services )> faits à son père et à lui par son c très cher et amé cousin » le sire de la Trémoille, promelUitet jurait, sur la foi du serment, qu'il entretiendrait et tiendrait son dit cousin en la bienveillance et amour du Roi et dans la sienne, toute sa vie, qu'il le soutiendrait envers et contre tous, et lui ferait obtenir le paiement de ses assignations. D. Fonteneau, 26, no 385; édité par M. Charavay, Lettres de Louis XI, t. I, p. 181.
2. Tai collationné cette fîère j'épouse sur le texte du manuscrit fonds français 2682, f. 201. Il y a deux mots omis dans Tédition de M. Douet-d'Ârcq, t. V, p. iU.