ATTAQUE DE LA CAVALERIE ITALIENNE
leurs affaires ; ils préparaient leurs troupes au combat, ayant tiré de tous côtés soldats et secours des terres qui leur étaient soumises. Le chef suprême de leur armée était le duc de Bedford, déjà nommé, oncle du roi d'Angleterre et régent de France en son nom. Il avait avec lui de très vaillants capitaines, le comte de Salisbury^, le sire de Talbot, comte de Shrewsbur}^ ^, le sire de Scales*, ainsi que plusieurs autres comtes et seigneurs du royaume d'Angleterre. Leurs troupes atteignaient le chiffre de 14,000 hommes environ ; mais les Français, avec les Écossais et les Italiens, passaient pour en avoir bien davantage.
Comme approchait le jour fixé pour engager le combat*, l'armée anglaise campa dans les champs à un peu moins d'une lieue française de la place de Verneuil, en pleine vue des Français qui se trouvaient dans la ville et aux environs. Les Français, de leur côté, faisant sortir leurs troupes de la place, les rangèrent en bataille dans les champs immédiatement voisins. Ceci fait, la cavalerie italienne en tête, les bataillons d'infanterie et les corps d'Écossais commencèrent à se porter à la rencontre des Anglais, qui les attendaient de pied ferme.
Les cavaliers italiens chargèrent avec fougue l'infanterie anglaise, semant la crainte dans ses rangs et la menaçant gravement. De nombreux hommes d'armes, atteints par le choc, mordirent la poussière et les cavaliers pénétrèrent profondément dans les rangs de l'armée anglaise qui s'entr'ouvraient d'eux-mêmes pour laisser passer avec le moins de mal possible les cavaliers italiens.
Ayant ainsi rompu les rangs anglais, renversé sur leur passage beaucoup d'ennemis et percé de part en part toute leur
1. Thomas Montague, comte de Salisbury, celui-là même qui devait être tué quelques années plus tard, au siège d'Orléans. Voir plus bas, p. 118-119, 120-121.
2. John Talbot, comte de Shrewsbury, titre que Talbot n'obtint d'ailleurs que beaucoup plus tard, en 1442.