MORT DU COMTE DE SALISBURY (24 OCT. I
une bombarde, pénétra par une fenêtre de la tour auprès de laquelle se tenait le comte et, se brisant en morceaux après avoir heurté la ferrure qui garnissait la fenêtre, le frappa à la tête, près d'un œil, et le blessa mortellement^. Et comme, ainsi blessé, il s'était fait transporter à Meung, au bout de peu de jours il passa de vie à trépas^. Ce ne fut certes pas un malheur pour la ville et pour les Français ; car, parmi tous les capitaines anglais, il était tenu pour le plus sage et avisé chef de guerre et aussi pour le plus vaillant. En mourant, il laissa la charge de tout le siège et de l'armée à un chevalier anglais surnommé Classidas*, réputé, lui aussi, très au fait de tout ce qui touchait à l'art militaire.
Cette mort du comte de Salisbury, dont le nom était hautement prisé par les Français, causa grande joie à ceux qui étaient assiégés dans la ville. Renaissant à l'espoir, ils s'appliquèrent en gens de coeur à sa défense. Les Anglais, de leur côté, s'occupaient activement, par des machinations et des manigances de toute sorte, soit à emporter la ville d'assaut, soit à forcer par la famine les habitants à se rendre.