‹ Histoire de Charles VIIChapitre 142 sur 307 · William Glasdale · texte numérisé non relu

William Glasdale

122 DE PRAELIO IN BELCIAE CAMPIS COMMISSO

tiir, ipsos eciam Anglos rébus necessariis egere et penuriam pati interdum compellebant.

Quo factura est ut non ad eos victualia sine magno armât orum conductu perduci possent. Que res cum Anglos molestia multum et dampnis sepe affecisset, statuerunt contra hujusmodi incommoda providenciam apponere. Contrahentes igitur undique copias ad conducendam annonam ad castra sua Aurelianis, advocatis eciam atque ascitis^ nobilibus Normannie, de Parisius'^ per Belciam, cum ingenti curruum ac vehiculorum numéro, in quibus plurima allecum dolia ^ cum ceteris rébus exercitui necessariis vehebantur, pertransibant atque iter faciebant. Erat enim sacri quadragesimalis jejunii tempus.

Quod cum seu^ per transfugas seu aliis modis Franci didiscissent, estimantes hoc uno remedio succurrere^ posse obsessis, si obsidentes ad famem adigerent et eis eciam copiam annone prohibèrent, collecta manu militum numerosa, et que ad triplum vel quadruplum Anglorum exercitum excedere ferebatur, cum eisdem Anglis et Normannis in campis Belcie congredi statuerunt. Videntes vero Angli expeditas in campis patentibus^ multorum milium equitum ac peditum acies, quorum comparacione nuUius pêne reputacionis esse videbantur, ex suis curribus et vehiculis castra sibi contra impetum Francorum equitum atque peditum acies satis provide fecerunt atque munierunt et ad excipiendum-^ hostes arcus et sagittas atque arma preparaverunt*'. Quo facto, cum concito impetu agmina Francorum equitum castra Anglorum irrumpere et ad eos proterendo'^ contis et lanceis penetrare totis viribus contenderent, e diverso Angh vallum suum

a. accitis P. — h. Parisiis P. — c. Manque en P. — d. succurri P. — e.xn campis patentibus expeditas P. — /. Ce mot dans la marge,

JOURNÉE DES HARENGS (l2 FÉV. I429) I23

eux-mêmes dans le cas de manquer des choses nécessaires et de souffrir de la famine.

Cela fit que les vivres ne purent leur être apportés sans une importante escorte de gens d'armes. Et comme c'était là souvent pour les Anglais une source de beaucoup d'ennuis et d'inconvénients, ils résolurent d'y parer. Rassemblant donc de tous côtés des troupes pour convoyer des vivres à leur camp sous Orléans, et ayant, en outre, convoqué et appelé les nobles de Normandie, ils allaient et faisaient route de Paris à travers la Beauce avec un grand nombre de voitures et de chariots, dans lesquels on transportait avec d'autres objets nécessaires à l'armée plusieurs tonneaux de harengs ^. C'était, en effet, le temps du saint jeûne de carême.

Ayant appris le fait par des déserteurs ou de toute autre manière, et pensant que ce pourrait être une aide pour les assiégés si les assiégeants étaient réduits à la famine et si les vivres leur étaient coupés, les Français rassemblèrent une troupe nombreuse, égale à trois ou quatre fois, disait-on, l'armée anglaise, et décidèrent d'attaquer lesdits Anglais et Normands dans les plaines de Beauce. Mais, voyant des formations de plusieurs milliers de chevaux et de gens de pied déployés en rase campagne, en comparaison desquels ils faisaient pauvre figure, les Anglais se servirent fort habilement de leurs voitures et chariots pour organiser et fortifier une sorte de citadelle destinée à soutenir le choc des formations françaises de chevaux et de gens de pied et préparèrent des arcs, des flèches et des armes pour recevoir l'ennemi. Cela fait, tandis que la cavalerie française, s'élançant avec impétuosité, s'efforçait de tout son pouvoir de pénétrer dans le camp des Anglais et de rompre leurs rangs en les bousculant à coups de lances et de piques, les Anglais, de leur côté, tâchaient à défendre leurs retranchements, à

de la main de l'auteur, en G. — g. prepararunt P. — h. proterendos P.

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