I. D'où le nom de journée des Harengs donné à ce combat
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defendere, arcus valide extendere, jacula velud dempsos^ ymbres mittere, equos hostium vulnerare, sessores deicere ac per hoc impetum hostium viriliter propellere studebant. Quod cum ita fieret et multi ex Francorum equitibus caderent, eorum corruentibus equis sagittarum ictibus let aliter sauciatis, multis* ex eorum peditibus levions armature similiter cadentibus, turbatis et confusis eonim ordinibus, ipsi Franci terga verterunt. Quorum ductores exercitus tunc dux Borbonii^ et Carolus de Andegavia^ cum pluribus regiis^ capitaneis fuisse ferebantur. Erumpentes vero ex suis currilibus^ castris atque vallo Angli et in hostes magno impetu irruentes, multos ex ipsis ceciderunt et, pro tempore Victoria satis honesta potiti, ad castra usque suorum circum Aurelianensem urbem cum suis curribus et annona, ac non contempnenda ex hostibus preda gaudentes, pervenerunt ^.
Ex quo et hiis qui in obsidione erant solacia, obsessis vero luctus plurimus et mesticia provenere^'. Sed nichilominus spem divini auxilii minime abicientes et in rébus afflictis fortiter et constanter conatibus hostium reluctantes, divina eis non defutura presidia-^ confidebant, cum, ut sacri Davidici ympni concinunt, divinitas adjutrix semper esse soleat in oportunitatibus, in tribulacione et protectrix^ sperancium in se*.
Que utique spes atque confidencia quam in divina pietate reposuerant eis non sine f ructu aut irrita et ^' vacua fuit rtec fraudati sunt a desiderio suo ; mirabili enim modo et multis inaudito seculis clemencia Dei ac bonitas obsessis, ac^" per hoc eciam omnibus Francis solacia atque auxilia contulit.
a. densos P. — b. multis etiam P. — c. régis P. — d. currulibus P. — e. promovere P. — /. remédia presidiaque P. — g. protectione P. — h. aut P. — i. et P.
JOURNÉE DES HARENGS (l2 FÉV. I429) I25
tendre vigoureusement leurs arcs, à lancer une pluie de flèches, à blesser les chevaux, à abattre les cavaliers et à repousser ainsi courageusement le choc de l'ennemi. Ils réussirent : beaucoup de cavaliers tombèrent, leurs chevaux s'écroulant les uns sur les autres, mortellement blessés à coups de flèches ; beaucoup de fantassins, armés à la légère, tombèrent pareillement, si bien que, le désordre et la confusion s'étant mis dans leurs rangs, les Français prirent la fuite. Les chefs de leur armée étaient alors, à ce qu'on dit, le duc de Bourbon^ et Charles d'Anjou ^ avec plusieurs capitaines royaux. Puis, s'élançant hors de l'enceinte des chariots qui leur servaient de retranchement et se ruant impétueusement sur les ennemis, les Anglais en tuèrent un grand nombre ; et, ayant remporté une victoire honorable vu les circonstances, ils arrivèrent à leur camp sous Orléans avec leurs voitures, leurs vivres, sans compter un butin non méprisable pris à l'ennemi^.
Cet événement, s'il réconforta les assiégeants, apporta grand deuil et tristesse aux assiégés. Néanmoins, n'abandonnant nullement l'espoir d'un secours divin et, résistant dans le malheur avec énergie et fermeté aux efforts de l'ennemi, ils avaient confiance que l'aide de Dieu ne leur manquerait pas, puisque, comme le chantent les hymnes saints de David, la divinité- secourt toujours dans la prospérité et protège dans le malheur ceux qui mettent leur espoir en elle*.
Cet espoir et cette confiance qu'ils avaient mis dans la miséricorde divine ne furent pour eux ni sans fruit, ni vains ni inutiles, et leurs désirs ne furent pas frustrés ; car, par un moyen vraiment merveilleux et dont on n'avait jamais ouï parler pendant da nombreux siècles. Dieu, dans sa clémence et sa bonté, apporta des consolations et des secours aux assiégés et par là même à tous les Français.
1. Le fils du duc de Bourbon, et non le duc lui-même, alors prisonnier en Angleterre.