‹ Histoire de Charles VIIChapitre 154 sur 307 · AURELIANENSIS URBS LIBERATUR (8 MAII I · texte numérisé non relu

AURELIANENSIS URBS LIBERATUR (8 MAII I

extremo pontis"*, ex opposite civitatis, aggressi, que céleris et vallo et milicie robore municior putabatur, eam^ magna vi^' expugnavit atque, igné supposito in tum, hiis qui in superioribus propugnaculis defensioni insistebant flamma fumoque coartatis, vel saltu vel funibus ipsi deorsum se demittere^ coacti sunt. Inter quos ille strennuus miles Classidas, oui tocius obsidionis sarcinam a Salisberiensi comité derelictam supra retulimus, dum fumi ignisque violenciam^ effugere satageret, in aquis Ligeris quibus eadem turris-^ ambitur suffocatus est. Alii vero omnes similiter vel igné, vel ferro, vel aquarum gurgite consumpti sunt ^.

Qua potiti Victoria Franci, quod residuum erat, tanquam minus habens difficultatis, sese perficere sub ducatu et vexillo predicte Puelle, auxiliante Deo, plene confidentes, ad alla Anglorum castra bastiliasque ex alia^ parte civitatis et fluminis similiter expugnandas, sua agmina atque acies direxerunt.

Et mira alacritate et fortitudine, quibus paulo ante Anglorum nomen adeo formidabile fuerat, ut non modo eos aggredi, sed nec expectare quidem usquam ferme auderent, eciamsi numéro viribusque longe prestarent, ita ut plene admirari liceret quod in cantico suo Moyses cecinit : Quomodo persequebatur ^^ unus mille et duo fugarent decem milia^P ita tune sub Johanne Puelle' ducatu signisque suis militaribus fortissimas Anglorum arces et municiones irruperunt atque penetrarunt, ut nullo pêne negocio res tam arduas ac-' magnificas contra validissimos hostes gerere viderentur.

a. ponte P. — b. etiara P. — c. Manque en P. — d. dimittere P.

— e. vchementiam violentiamque P. — /. terris P. — g. altéra P.

— h. persequatur P. — i. Puelle Joanne P. — /. atque P.

DÉLIVRANCE d'ORLÉANS (8 MAI I429) I37

attaquèrent, à l'autre extrémité du pont, cette puissante citadelle qu'on jugeait mieux défendue que les autres à raison de ses retranchements et de la force de sa garnison. Elle l'emporta d'assaut, puis, le feu ayant été mis à la tour, ceux qui, aux étages supérieurs, étaient chargés de la défense, enveloppés de flammes et de fumée, furent obligés de se jeter dehors soit en sautant, soit en se servant de cordes. Parmi eux se trouvait ce brave chevalier Classidas, à qui le fardeau de tout le siège avait été abandonné par le comte de Salisbury. Comme il tâchait d'échapper à la violence de la fumée et du feu, il fut noyé dans la Loire dont les eaux entouraient ladite tour. Et tous les autres périrent en même temps que lui, par le feu, par le fer ou par l'eau ^.

En possession de cette victoire, les Français, pleinement assurés de venir à bout de ce qui restait à faire, puisque la difficulté en était moindre, envoyèrent, sous le commandement et l'étendard de ladite Pucelle, et avec l'aide de Dieu, leurs formations de combat à l'attaque des autres camps et bastilles que les Anglais tenaient de l'autre côté de la ville et du fleuve.

Et, avec une valeur et un mordant merveilleux, ces soldats qui, peu auparavant, redoutaient tellement le nom des Anglais que non seulement ils ne se risquaient pas à les attaquer, mais qu'ils n'osaient presque jamais attendre le choc de leurs troupes, même s'ils les dépassaient de beaucoup par le nombre et par les armes, ces soldats — à propos desquels on pourrait curieusement rappeler ce passage du cantique de Moïse : « Comment un seul en poursuit-il mille ? Comment deux en mettent-ils dix mille en fuite ^? » — se ruèrent alors, sous le commandement et sous les enseignes guerrières de Jeanne la Puceile, à l'attaque des plus fortes redoutes et défenses anglaises et les enfoncèrent, paraissant accomplir sans aucune peine de si difficiles et si magnifiques exploits contre de formidables ennemis.

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