QUOMODO FRANCIS APUD PATAY VICTORIA CESSERIT
multis, eosdem Anglos persequi et ad internecionem usque delere, si potestas daretur, in animum induxerunt. Anglorum enim fore simul et recidivi periculum eis imminere videbatur, si jam ab eis devictos fugitivosque et"^ ex nimio pavore pêne exsangues atque^ exanimes effectos' per illa lata et spaciosa campestria Belcie libère abire et in sua se tut a profugia recipere ignaviter permisissent. Eos itaque insecuti et in vasta planicie invenientes, prope villam que vulgo Paste appellatur^ cum eisdem congressi, nullo pêne negocio superarunt, pluribus eorum'^ cesis captisque, aliis vero per fugam elapsis.
Captus ibi fuit dominus de Talbot, cornes de Cherosbery, cum aliis militibus Anglorum multis. Evasit vero per fugam dominus Johannes Fascot^, miles Anglicus, certi numeri sub se ducatum milicie habens ; quod sibi apud Anglicos infamie atque obprobrio non parvis datum fuit 3.
CAPITULUM XIII QuoMODo Karolus inunctus fuit in regem Franco-
RUM IN CIVITATE ReMENSI ET DE INSULTU AD URBEM
Parisiensem attemptato.
Hiis igitur^ tam féliciter Francis provenientibus, et in tam diversum permutatis rébus ex adversissimis et pêne desperatis in tam secundas ac prospéras, ita ut vere de tanta conversione fortune dici posset : Hec mutacio dextere Excelsi^, Karolus Francorum rex, qui nundum inunctus more christianissimorum Francorum regum fuerat nec regio dyademate insignitus seu coronatus, eo
a. Dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — b. totque P. — c. effectos esse P. — d. Manque en P. — e. itaque P.
VICTOIRE DE PATAY (l8 JUIN I429) I43
royaux de gens d'armes résolurent de poursuivre les Anglais et de les détruire jusqu'au dernier, s'ils en avaient le pouvoir. Il leur semblait que les Anglais leur feraient courir un nouveau péril si ces troupes qu'ils avaient vaincues, mises en fuite, fait pâlir d'effroi et qui étaient à demi mortes de terreur, pouvaient en toute liberté, obéissant à leur lâcheté, s'échapper par ces vastes et spacieuses plaines de la Beauce et se réfugier dans de sûres retraites. Les ayant donc suivies et rejointes dans l'immense plaine, près d'un village appelé Patay ^, ils les combattirent et eurent le dessus presque sans aucune peine, ayant tué et fait prisonniers beaucoup d'ennemis et forcé les autres à fuir.
Là fut pris le sire de Talbot, comte de Shrewsbery, avec beaucoup d'autres chevaliers anglais. Jean Fascot^, chevalier anglais, qui avait le commandement d'une partie de l'armée, réussit à s'enfuir, ce qui lui fut compté chez les Anglais comme un grand déshonneur et une grande honte ^.