‹ Histoire de Charles VIIChapitre 167 sur 307 · REPRISE DE LOUVIERS (1429) ET DE CHARTRES (1432) I5I · texte numérisé non relu

REPRISE DE LOUVIERS (1429) ET DE CHARTRES (1432) I5I

car il était de grand matin et les ombres de la nuit les dérobaient aux regards. Ceux-ci, se précipitant au pas de course, occupèrent la ville. Le bruit de cet événement se répandit aussitôt, et l'évêque du diocèse^, qui tenait avec assez de chaleur le parti des Anglais et des Bourguignons, espérant encore chasser les ennemis, fut pris les armes à la main et tué, parmi la fureur grandissante, tandis que toute la ville, sans que personne fût épargné, était livrée au pillage et aux voleries des gens de guerre. Le bruit courait, en effet, que les habitants avaient défendu avec assez d'obstination le parti des Anglais et des Bourguignons : ils en furent payés par la mort, le dommage ou la perte des biens dont furent frappés beaucoup d'entre eux.

Les Français occupèrent aussi, nuitamment, la place de Louviers ^, distante de Rouen de sept lieues seulement, et ils y logèrent une forte garnison, partant de là pour courir sans cesse les campagnes de Normandie, faisant subir à la province et aux Anglais de nombreux dommages. Souvent, en effet, ces hommes d'armes chevauchaient jusqu'à la porte du pont de Rouen et massacraient ou emmenaient prisonniers les Anglais qu'ils rencontraient.

Alors se trouvait à Rouen Henri le Jeune, roi d'Angleterre, fils de cet Henri dont nous avons beaucoup parlé ci-dessus et de Catherine, sœur de Charles, roi de France. Comme il affirmait que le royaume de France lui appartenait par voie de succession légitime et qu'il s'intitulait d'ailleurs roi de France et d'Angleterre, les Anglais lui avaient fait traverser le détroit pour que sa présence portât remède à ses affaires de France qui prenaient très mauvaise tournure ^.

Après son arrivée, les Anglais, voyant que Paris était gra-

Page 1