‹ Histoire de Charles VIIChapitre 192 sur 307 · COMBAT DE BULGNÉVILLE (4 JUILL. I431) I · texte numérisé non relu

COMBAT DE BULGNÉVILLE (4 JUILL. I431) I

camp non loin d'eux. Le pays, étant sous leur obéissance, leur fournirait en abondance vivres et tout ce qui serait nécessaire à leur armée ; l'ennemi, au contraire, à qui tout était hostile, souffrirait sous peu de la disette et serait réduit à ce dilemme : ou faire sa reddition et demander instamment la paix, ou, abandonnant ses positions et rompant son camp, donner à l'ennemi l'occasion de combattre en rase campagne, sans avoir cette fois l'avantage du lieu ; et, en cette rencontre, il serait vraisemblablement inférieur à ses adversaires qui le dépassaient de beaucoup en nombre et en puissance.

Mais l'impatience et l'inconstance des Allemands ne permirent pas de suivre ce conseil. Ils dirent, en effet, à ce vieux soldat plein d'expérience que c'était par peur qu'il parlait ainsi, que, s'il avait peur, il n'avait qu'à s'en aller ; que, pour eux, ils ne craignaient nullement d'attaquer l'ennemi. Il leur répondit qu'il leur montrerait le jour même que ses conseils étaient inspirés non par la crainte des ennemis, mais par le désir d'éviter une action téméraire, chose toujours dangereuse et funeste dans les rencontres guerrières. Quant à l'utilité de l'avertissement, l'événement se chargerait de la leur démontrer.

Excitant donc l'armée à attaquer le camp bourguignon, Lorrains et Allemands lançaient à l'ennemi avec leurs arbalètes des traits et autres projectiles. Du camp bourguignon, les archers, gens de pied, au nombre de 800 ou 1,000 environ, tant de Picardie que d'Angleterre, ripostaient avec vigueur, tuant ou blessant de leurs flèches les cavaliers allemands et lorrains, ainsi que leurs montures, pressant les fuyards ou les incitant, par la douleur même de leurs blessures, à se gagner de vitesse les uns les autres, désarçonnant les cava-

— d. et omnium P. — e. et P. — /. Manque en P. — g. certamine P. — h. videbantur P. — i. Sed salubre P. — ;. Ces deux mots manquent en P. — k. eventu effectuque rerum P. — /. monentes P. — m. Ces deux mots dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G.

Thomas Basin, I. l5

lyS DE MORTE DOMINI DE BARBAZAN

sores deicere, acies perturbare atque confiindere. Quam perturbacionem atque deordinacionem cum ipsi Burgundiones perviderent, statim exsilientes e" castris et cum impetu magno irruentes in hostes jam pêne ex sua temeritate devictos, plurimos ex ipsis peremerunt^, aliis céleri fuga, quibus id licuit, se tantis periculis subducentibus ^.

Cesa sunt ibi, ut ferebatur, circiter octo milia, tam ex Lothoringis quam ex Alemannis et Francis. Cecidit inter ceteros il le nobilis miles dominus de Barhasan, qui, ne ex pavore consilium dixisse putaretur, pedes cum suis ad pugnam, relictis equis, descenderat. Rex vero Renatus captus fuit atque eciam cum eo episcopus Metensis ^, qui eidem regi^ auxilium ferens ad prelium cum ipso venerat, cum pluribus eciam nobilibus aliis.

Quod infortunium eidem régi valde infaustum fuit. Nam occasionem attulit^ sua captivitas ut regnum illud avitum patemumque Cicilie seu Neapolitanum ad hostem suum Alfonsum, regem Arragonum, deveniret, eoque hactenus ^ privât us exutusque maneret.

CAPITULUM XX

Henricus, Anglorum rex, in Angliam revertitur,

ET QUALITER POST HOC^ GUERRE IN FrANCIA PROCUR- RERUNT.

Hiis 'itaque in Lothoringia gestis, Anglici, postquam regem suum Henricum dyademate, ceptro ceterisque regalibus Parisius insignivissent tanquam Francorum regem, ipsum paulo post Rothomagum et inde ^ per Picardiam,

a. e ajouté dans l'interligne par l'auteur en G ; de P. — h. perimerunt P. — c. Ce mot dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — d. tulit P. — e. haec P. — /. inde paulo post P.

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