CHAPITRE IV
Haine des Anglais, et surtout du comte d'Arundel, A l'égard des habitants du pays de Caux, et comment LEDIT comte, fait PRISONNIER PAR LES FRANÇAIS, MOURUT PEU APRÈS.
Après avoir maîtrisé et réduit à une complète servitude les populations de Basse-Normandie, qu'ils avaient excitées et pour ainsi dire contraintes par leurs iniquités et par leurs trahisons aux soulèvements et aux rébellions dont nous avons parlé, comme ils ne désiraient pas moins détruire la liberté des Cauchois qui habitent dans le diocèse de Rouen le pays entre Seine et Somme jusqu'à la mer^ ils se dépensèrent sans compter pour opprimer ces gens qui seuls résistaient aux rapines et aux violences de leurs persécuteurs. C'était au point que le chef de l'armée anglaise, qui était alors le comte d'Arundel ^ homme d'une cruauté et d'un orgueil sauvages, fit le serment de ne porter aucun couvrechef avant d'avoir mis les Cauchois à la raison et de les avoir réduits en esclavage. Et toute sa vie il observa son serment, allant toujours tête nue*. Mais Dieu, dans sa bonté, ne permit pas qu'il restât plus longtemps dans cette méprisante arrogance.
mas Basin. Voir aussi la publication de P. Le Cacheux, Actes de la, chancellerie d'Herri VI sous la domination anglaise, 1 422-1435 (Rouen, 1907- 1908, 2 vol. in-80 de la « Société de l'histoire de Normandie »).