‹ Histoire de Charles VIIChapitre 220 sur 307 · TRISTE FIN DU COMTE D ARUNDEL · texte numérisé non relu

TRISTE FIN DU COMTE D ARUNDEL

Il advint, en effet, en ce temps-là^ que les Français qui étaient à Beauvais vinrent pour remettre en état de défense et occuper un vieux château nommé Gerberoy ^, entre Beauvais et Gournay ^, et de là faire plus librement et plus facilement des incursions en territoire anglais. Ils étaient en petit nombre, pas plus, à ce que l'on disait, de cinquante ou soixante cavaliers et deux ou trois cents hommes de pied, sous la conduite de deux vaillants capitaines de l'armée française, nommés l'un La Hire et l'autre Poton*. Lorsque la nouvelle en parvint à Rouen au susdit comte d'Arundel qui avait pris ses dispositions pour gagner avec son armée le pays de Caux et châtier les habitants, et qui avait mis ses troupes en bonne forme, il dirigea sa marche du côté de ce château de Gerberoy.

Il approchait en toute hâte avec quatre ou cinq cents de ses plus vaillants cavaliers, marchant en avant du reste de son armée et de son train de combat. Ainsi pensait-il encercler les Français et leur fermer tout passage, de façon à leur rendre la fuite impossible, se promettant bien de les clouer tous aux gibets et aux fourches ; il avait même pour cela emmené des chevaux chargés de cordes et de lacets. Mais les Français qui étaient là n'ignoraient ni les intentions du comte ni le danger qu'ils couraient. Voyant que les Anglais se promenaient de-ci de-là sans précaution autour du château, laissant leurs chevaux à leurs valets, et se conduisaient avec beaucoup d'imprudence, ils se jetèrent sur eux du château avec des cavaliers et des troupes à pied, les suivant pas à pas, les tuant et les taillant furieusement en pièces. Le comte, accouru au bruit, se réfugia, épouvanté, avec plusieurs de ses nobles dans un jardin ; là presque tous ceux qui étaient autour de lui furent tués, et lui-même, blessé au pied par un coup de

g. prohibere P. — h. Ce mot paraît être de la main de l'auteur, en G. — i. illic P. — /. et P. — k. exercitus P.

i.Mai 1435.

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