‹ Histoire de Charles VIIChapitre 246 sur 307 · SIÈGE DE CALAIS (1436) 24I · texte numérisé non relu

SIÈGE DE CALAIS (1436) 24I

alors très peuplées et très riches, et se trouvèrent aux jour et lieu fixés, sous la conduite de leurdit seigneur, avec une telle quantité de chariots et de machines de guerre qu'on pouvait à peine les compter^. On estimait, en effet, à plus de 40,000 le chiffre des gens d'armes, sans compter les charretiers, les pionniers et les marchands qui étaient venus en foule pour s'occuper des approvisionnements et de tout ce qui était nécessaire à l'armée. Ledit duc de Bourgogne conduisit cette expédition contre les Anglais l'an du Seigneur 1436, c'est-à-dire l'été après que Paris eut été réduit au pouvoir des Français, alors que ledit duc avait signé la paix, comme on l'a rappelé, avec le roi Charles et qu'il avait rompu avec les Anglais.

Il se mit en marche avec son armée de Flamands, auxquels s'ajoutaient des Picards et des gens de sa maison au nombre de deux ou trois mille environ, et il poussa cette armée vers les parages des Anglais. Il enleva deux ou trois petits châteaux, assez faiblement défendus ^ ; après quoi, les Flamands établirent leur camp devant Calais, à un demi-mille environ de la place. Ils y demeurèrent plusieurs jours, puis, voyant que de cet endroit ils ne pouvaient battre efficacement les fortifications anglaises, ils firent avancer une partie de leur armée, construisirent une bastille bien fortifiée d'où ils pouvaient, au moyen de perrières et de bombardes, jeter bas les murailles et les tours de la ville, et y mirent en garnison des Gantois avec beaucoup de machines de guerre. Les Gantois, en effet, réclament comme un droit de marcher au combat les premiers avant tous les autres peuples des Flandres, comme étant les fourriers de toute l'armée.

i. Ces deux mots dans la marge, de la main de l'auteur, en G. — ;. primores P.

1. C'est le 9 juin 1436 que Philippe le Bon passa en revue en Flandre les contingents des diverses villes et commença de les acheminer vers Calais par Hazebrouck, Bourbourg et Gravelines. Voir G. Daumet, Calais sous la domination anglaise (Arras, 1902, inSo), p. 23.

2. La petite forteresse d'Oye et la place de Marck (Daumet, ouvr. cit., p. 23-24).

Thomas Basin, I. ig

242 DE OPPIDO CALESII OBSESSO (1436)

Cum autem intra hujusmodi munitum aggerem quem Franci vulgo bolleverf^ seu bastilliam appellant^, dicti Gandenses per xv prope dies stetissent et opidanos inde bombardis ac variis machinamentis infestaient, cogitarunt ipsi obsessi quatenus, si possent, Flamingos ex dicta municione eicerent, certam nichilominus spem habentes de adventu proximo classis atque exercitus militum, qui pro sua subvencione atque auxilio in littore Anglicane adparabatur. Quodam igitur die, cum explorassent prius obsessi qualem custodiam quasve vigilias predicti Gandenses in dicta sua observarent municione, aggressi sunt ipsam municionem expugnare. Ad quam se admo ventes ef* scalas ad conscensum applicantes, nulla inventa resistentia, ipsam introierunt. In qua cum Flamingos, nimis de sua présument es securitate, invenissent alios sompno indulgere, alios commessacionibus et potacionibus, alios vero tessere vel alee jactu ocium effugare, ipsos nil talium suspicantes, improvidos et velud attonitos pecudum more jugularunt et obtruncarunt.

Cujus infortunii cum fama statim Flamingorum castra implesset simulque eciam quod quidam ex ipsis Anglicis scurriliter ipsis Flamingis insultans eos sibi venumdatos et paulo post tradendos liberandosque acclamassent, pavor magnus mesticiaque ipsorum Flamingorum animos affecit^'2.

CAPITULUM IX

QuoMODO Flamingi de sua obsidione fugerunt

Factaque vulgo inter ipsos'' conclamacione et fremitu magno quod hostibus prodendi tradendique essent au-

a. boUeverch P. — b. En marge, de la main de l'auteur, en G. — c. affecit animos P. — d. eos P.

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