LES FLAMANDS LEVENT LE SIÈGE
propres, bien qu'ils soient en général de haute stature et de complexion vigoureuse, et en outre pleins de courage.
Lorsque monseigneur le duc de Bourgogne les vit se sauver ainsi, il se dirigea, de son côté, vers sa forteresse de Lille ^. En même temps arrivait audit Calais avec sa flotte le duc de Gloucester, oncle et tuteur du roi Henri, qui régnait alors en Angleterre. Quand il eut débarqué sur les rivages du Calaisis son armée, estimée à 15,000 hommes, tant de cheval que de pied, il ravagea en long et en large les campagnes et les villes flamandes qu'il mit à sac et incendia. Il se répandit à travers le pays de Cassel jusqu'à Ypres, dévastant et brûlant tout sur son passage et ne trouvant personne qui lui opposât résistance : fuyait et se mettait à l'abri qui pouvait. Après quoi, chargé et comme engraissé d'un immense butin d'objets mobiliers et de prisonniers, il s'en retourna dans son pays sain et sauf avec son armée.
Tels furent la marche et le résultat de cette grande expédition flamande. Longtemps après, elle fournit encore matière et occasion à des troubles et à des séditions, principalement dans la belle ville de Bruges^, d'où découlèrent ensuite pour les habitants des inconvénients et des dommages difficiles à évaluer. Mais, comme ces événements nous semblent sortir du cadre principal de notre récit, nous nous dispensons de les rapporter plus longuement ici.