DE PONTISARA A FRANCIS OBSESSA (144I
Ludovicus, régis filius, cum multis militum ducibus famosis erat, nec Angli castra Francorum invadere nec vice versa Franci e castris ad debellandum Anglicos, per patentes campos adequitantes, exire attemptarunt ; sed Anglorum impetus sagaci paciencia déclinantes, in suis manebant castris. Anglorum vero exercitus, cum annonam, nisi quam secum detulissent, minime in tota illa patria invenire possent, statim ad sua redire urgebantur.
Mansit itaque et dura vit hujuscemodi obsessio per plures menses, quibus labentibus, ex Anglia circiter cum decem milibus armatorum, omnium in equis vectorum, dux Eboraci, cum multis comitibus et nobilibus regni Anglie transmisso mari, ad littora appulit'' Normannie^. Descendit autem apud Hareflotum ^, ubi, cum adhuc obsidionem apud Pontisaram durare comperisset, sperans obsessis posse subvenire, propero cursu advolat cum sua nova milicia Rothomagum. Quo loco cum tribus aut quatuor diebus dumtaxat suos refocillasset, cum dicto domino de Talbot et multis aliis Anglorum veteranis ducibus atque militibus qui diu in Francia militaranf' cum festinacione, obsessis solacia prestiturus, iter arripuit. Sed cum Francos^, qui in monasterio Sancti Martini erant, muro, fossa et variis machinis valde munitos intelligeret, ut eos qui ex alla fluminis parte castra posuerant in quibus erat rex invadere'^ posse t, ponte ex doliis et tabulis celeriter constructo, flumen Ysare una cum suo exercitu transi vit.
Posuerant siquidem Franci custodias militum ad ripam fluminis, qui Anglis transitum inhibituri forent. Quod utique haut difficile factu erat, si vigilanter aut solerter
a. Leçon de P ; oppulit G. — b. militaverant P. — c, Francis P. — d. Dans la marge, de la main de l'auteur, en G.
vait Louis, fils du roi, avec beaucoup de valeureux capitaines, ni les Anglais n'attaquèrent le camp français, ni réciproquement les Français ne cherchèrent à sortir de leur camp pour combattre les Anglais chevauchant en rase campagne. Au contraire, évitant avec une sage prudence les attaques anglaises, ils ne bougeaient pas du camp, tandis que l'armée ennemie, ne pouvant trouver dans le pays d'autres approvisionnements que ceux qu'elle avait apportés avec elle, brûlait de rentrer le plus tôt possible chez elle.
Ce siège dura plusieurs mois, pendant lesquels le duc d'York, ayant passé la mer avec environ 10,000 hommes d'armes, tous cavaliers, et avec un grand nombre de comtes et de nobles du royaume d'Angleterre, aborda sur les côtes de Normandie^. Il descendit à Harfleur^. Là, ayant appris que le siège de Pontoise durait encore et espérant qu'il pourrait porter secours aux assiégés, il gagna Rouen en toute hâte avec ses troupes fraîches. Trois ou quatre jours seulement il y fit reposer ses gens, puis, en compagnie du sire de Talbot et de beaucoup d'autres vieux capitaines et soldats qui avaient guerroyé longtemps en France, il se dirigea sans perdre de temps au secours des assiégés. Il apprit que les Français qui se trouvaient à l'abbaye Saint-Martin étaient fortement protégés par un mur, un fossé et divers ouvrages. Aussi, pour attaquer ceux qui avaient planté leurs tentes de l'autre côté du fleuve, et parmi lesquels était le roi, fit-il construire rapidement un pont avec des tonneaux et des planches et franchit-il l'Oise avec son armée.
Les Français avaient établi sur les bords de la rivière des postes chargés d'interdire le passage aux Anglais, ce qui n'aurait pas été difficile s'ils avaient usé de vigilance et d'ha-
1. Les documents français lui donnent le titre de « lieutenant général et gouverneur de France et Normandie ». Ces événements se passaient en 1441. Voir surtout un chapitre assez long, mais peu clair, de Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. V (186 1), p. 418-424.