‹ Histoire de Charles VIIChapitre 269 sur 307 · DE PONTISARA A FRANCIS OBSESSA · texte numérisé non relu

DE PONTISARA A FRANCIS OBSESSA

ad hoc intendissent ; sed cum non satis studiose id^* curatum fuisset, transmisit ^* flumen totus Anglorum exercitus. Que res cum ad Karoli régis noticiam perveniret, qui validiorem suarum copiarum^' partem ex alia parte fluminis habebat, dimisso monasterio dominarum de Malo Rubo seu Dumo in quo multis steterat diebus, ad villam Pissiacum^, trans Secanam, ubi eciam est magnificentissimum religiosarum monasterium ^, se recepit, declinans sapienter illius Anglorum exercitus occursum. Sui tamen duces et Ludovicus, filius ejus, ab obsidionis sue castris, que in monasterio Sancti Martini, ut diximus, potenter valde muniverant^^ minime discesserunt, sed in eis constanter perdurarunt^ Cum vero dux Eboraci cum suis Anglis, qui magno erant numéro, agros illos Francie circum Parisius^ fuisset pervagatus^' nec ibi^' annonam aut colonos, nisi rarissimos, invenire posset, urgente famé ac penuria, infra' paucissimos dies coactus est sine fructu inefïicax reverti Rothomagum. Tanta autem famis necessitate tam homines quam eorum evecciones, seu equi, constricti fuerunt', quos in illa expedicione duxerat, ut facile ad vultus hominum maciemque equorum agnosci judicarique possent, qui Ysaram pro tutamine Pontisare transi vissent, vulgoque de ipsis a plèbe Normannie diceretur : « Hic fert vultum Pontisare ^. »

Unum tamen ^" silencio negligendum non est, quod, dum' ex Pontisara dictus Eboraci dux reverteretur, prudentissinie a comité Cherosberiensi animadversum fuit ; cujus consilium si ipse dux Eboraci observasset, profecto verisimiliter Karolus rex ad manus ipsius domini de Talhot aut suas devenisset. Sciebat siquidem ipsum regem apud Pissiacum tune habere hospicium cum parva suo-

a. Dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — h. Dans la

bileté ; mais on n'y mit pas assez de zèle, et toute l'armée anglaise passa la rivière. Quand cette nouvelle parvint aux oreilles du roi Charles, qui avait la plus grande partie de ses troupes de l'autre côté de l'Oise, il abandonna le couvent des religieuses de Maubuisson, où il était resté longtemps, et il se retira à Poissy^ par delà la Seine, où il y a aussi un très beau couvent de femmes^, évitant sagement la rencontre avec cette armée anglaise. Cependant, ses capitaines et son fils Louis ne s'éloignèrent pas du camp qu'ils avaient établi pour le siège et puissamment fortifié à l'abbaye Saint-Martin, comme il a été dit. Au contraire, ils y restèrent sans bouger. Le duc d'York, avec ses Anglais, en grand nombre, parcourait les campagnes de l'Ile-de-France autour de Paris ; mais, n'y pouvant trouver ni vivres ni paysans, sauf de très rares, il fut rapidement forcé par la famine et le manque de tout de retourner à Rouen sans avoir rien fait. Hommes et montures (ou chevaux) que le duc avait emmenés dans cette expédition furent si pressés de la faim qu'il était facile de reconnaître au visage des uns et à la contenance des autres ceux qui avaient passé l'Oise pour défendre Pontoise. Le peuple de Normandie disait d'eux communément : « Il a une tête à venir de Pontoise ^. »

Une chose qu'on ne saurait passer sous silence, c'est que, tandis qu'il revenait de Pontoise, le duc d'York reçut du comte de Shrewsbury un très sage conseil ; et, si le duc l'avait suivi, le roi Charles serait tombé, selon toute vraisemblance, entre les mains de Talbot ou entre les siennes. Il savait, en effet, que le roi avait pris logement à Poissy avec une petite

marge, de la main de l'auteur, en G ; transivit P. — c. copiarum. suarum P. — d. munierant P. — e. La phrase sed... perdurarunt manque en P. — /. Parisios P. — g. circumvagatus P. — h. ibi P. — i. intra P. — /. erant P. — k. autem P. — l. cum P.

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