‹ Histoire de Charles VIIChapitre 270 sur 307 · DE PONTISARA A FRANCIS OBSESSA (144I · texte numérisé non relu

DE PONTISARA A FRANCIS OBSESSA (144I

rum manu. Dédit igitur consilium duci Eboraci ut ad certam horam Secane ripam ex opposite ville et monasterii predicti Pissiaci diligent er observaret, ipse vero cum circiter mille equitibus cum omni celeritate ac festinacione per Meduntam ad dictum Pissiacum traiceret, ubi vel improvidum ipsum regem repente aggrediens in suam redigeret potestatem vel ad transeundum ad alteram Secane oram omnino coartaret ; ad quam si refugere contenderet, in manus^ ipsius ducis Eboraci omnino adlabi haberet.

Itaque diligentissime idem comes, quatenus in se fuit, rem hujuscemodi est executus. Tota enim nocte equitans, transiens Secanam per pontem Medunte, non quievit donec crastino die, circiter hora prime, Pissiacum advolavit. Unde, per spacium minus quam hore unius, rex a nonnullis viarum exploratoribus cercior de Anglorum adventu factus, ad alteram Secane ripam jam^' transierat, prope ubi amnis Ysare Secane infiuit^ ; sed, volente Deo qui, cum vult, dissipât cogitaciones populorum et reprobat consilia principum ^, nec ducem Eboraci nec suorum ullas illic custodias offendit et ad castrum Confluentis^, non ab inde multum remotum, tutum domicilium, se recepit. Dicebatur enim tam parvam^ temporis morulam^ preteriisse quod rex e cubili excitatus discesserat cum Anglici Pissiaci monasterium intraverunt, quod adhuc cubilis sui lintheamina calencia invenerunt, tam recens erat quod rex e suo lecto expergefactus exiliisset.

Regresso igitur in Normanniam cum festinacione, ut diximus, duce Eboraci cum suo exercitu, famé plurimisque inediis confecto, rex, qui non procul aberat, ad suam Pontisare obsidionem illico remeavit. Sed cum et ipse et

a. manu P. — b. Dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — c. parvulam P. — d. morulam temporis P.

escorte. Il donna donc au duc d'York le conseil d'observer soigneusement à une certaine heure les bords de la Seine du côté opposé à la ville et au monastère de Poissy ; lui-même, avec un millier de cavaliers, arriverait par Mantes à Poissy en toute diligence et là, attaquant brusquement le roi qui ne se douterait de rien, ou bien s'emparerait de sa personne, ou bien le contraindrait à passer de l'autre côté de la Seine ; et, s'il y cherchait refuge, Charles tomberait entre les mains du duc d'York.

Le comte mit son projet à exécution avec autant de soin qu'il le put ; chevauchant toute la nuit et passant la Seine au pont de Mantes, il ne prit de repos qu'il ne fût à Poissy le lendemain vers la première heure. Il y avait moins d'une heure que le roi, averti par quelques éclaireurs de l'arrivée des Anglais, avait gagné l'autre rive de la Seine, à peu près à l'endroit où l'Oise se jette dans la Seine ^; mais grâce à Dieu qui, quand il le veut, réduit à néant les projets humains et déjoue les intentions des princes ^, il ne rencontra ni le duc d'York ni aucun de ses postes de guet et il se mit en lieu sûr à Conflans^ à quelque distance de cet endroit. On disait qu'il s'était écoulé si peu de temps entre le moment où le roi, éveillé, était sorti de son lit et celui où les Anglais étaient entrés au monastère de Poissy, qu'ils trouvèrent les draps de ce lit encore chauds, le roi, réveillé en sursaut, venant à peine d'en sortir.

Quand, comme nous le disions, le duc d'York fut revenu en toute hâte en Normandie avec son armée, épuisée de faim et de privations de toute sorte, le roi, qui ne s'était pas beaucoup éloigné, retourna aussitôt au siège de Pontoise. Mais, comme lui-même et ses soldats se procuraient très dif-

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