‹ Histoire de Charles VIIChapitre 275 sur 307 · Le 19 septembre · texte numérisé non relu

Le 19 septembre

2. Robert de Flocques, dit Floquet, gentilhomme normand, qui mourut en 1461 bailli d'Évreux.

3. 15 septembre 1441. Parmi les chroniqueurs qui ont mentionné ce fait d'armes, il convient de citer Jean Chartier, qui lui a consacré le chapitre cliii de sa Chronique française (éd. Vallet de Viriville, t. II, 1858, p. 32).

278 DE OPPIDI TARTAS DICTI OBSIDIONE

rum dampnosa extitit. Per eandem enim civitatem idem Floquet, fines suos studens semper propagare et ampliare, paulo post castrum Novi Burgi^ acquisivit, magna illa circumjacencia campestria et agros opimos dicioni Francorum per hoc restituens.

Sequenti autem anno^, Francorum quidam duces, qui ad tutandos Aquitanie fines contra Anglos qui in Vasconia erant et illic Burdegalam, Bayonam et nonnullas alias civitates et opida tenebant, in presidiis collocati erant, obsidionem posuerunt ad opidum seu castellum nominatum vulgariter Tartas^. Quanquam" vero Anglici anxie nimis perditum iri eisque auferri ipsum opidum conspicerent et quod ea res in aliis rébus majoribus dampna verisimiliter eis esset allatura, pactum tamen dedicionis compulsi fecerunt, nisi ad certum et statutum diem obsessis succursum preberent. Infra quam diem Karolus Francorum rex, contractis undique viribus et tocius pêne regni nobilibus et militibus adunatis, quasi esset cum Anglorum intégra potencia dimicaturus, in Aquitaniam suam expedicionem traduxit et ante statutum diem juxta opidum, expectans audacter cum Anglis prelium atque certamen inire, castra metatus est. Sed Anglici, videntes régis validissimum exercitum, ad diem et locum, de suis diffidentes viribuS; minime ausi sunt comparere. Non enim tune in terris illis tantam manum militum tenebant, que ad opus tam arduum et difiicile^ sufiiciens esse posset. Un de obsessi dedicionem absolutam, eo quod minime protecti fuissent, facere coacti sunt et in dicionem Karoli transierunt cum nonnullis castellis aliis vicinis *.

a. Dans la marge, de la main de l'auteur, en G. — h. Ces deux mots manquent en P.

SIÈGE DE TARTAS (1442) 279

toujours au moyen de ladite ville à augmenter et étendre son territoire, gagna peu après le château de Neuf bourg ^, restituant ainsi au pouvoir des Français une grande étendue de riches campagnes dans le voisinage.

L'année suivante ^, certains capitaines français tenant garnison pour la protection des frontières de la Guyenne contre les Anglais qui étaient en Gascogne et qui y détenaient Bordeaux, Bayonne et plusieurs autres villes et places, mirent le siège devant une place ou château nommé Tartas ^. Les Anglais, bien qu'ils vissent avec désespoir la perte de cette place, perte qui, selon toute vraisemblance, devait avoir pour eux de plus graves conséquences, s'engagèrent cependant à signer la capitulation s'ils ne pouvaient à un jour fixé porter secours aux assiégés. Avant ce délai, Charles, roi de France, ayant rassemblé de toute part des troupes, parmi lesquelles presque tous les nobles et chevaliers du royaume, comme s'il devait combattre les Anglais de toute sa puissance, partit pour la Guyenne et, avant le jour convenu, mit son camp devant la place, attendant vaillamment que les Anglais lui offrissent le combat. Mais ceux-ci, voyant que l'armée royale était très puissante et se défiant de leurs propres forces, n'osèrent pas se montrer aux jour et lieu indiqués. Ils n'avaient pas, en effet, dans le pays assez de troupes pour une si rude et dif&cile besogne. Les assiégés, abandonnés à eux-mêmes, durent donc faire leur reddition complète, et ils passèrent aux mains du roi Charles, avec quelques autres places voisines *.

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