‹ Histoire de Charles VIIChapitre 283 sur 307 · SIÈGE DE DIEPPE (I · texte numérisé non relu

SIÈGE DE DIEPPE (I

bastille très bien fortifiée^. Elle était, disait-on, aussi inexpugnable que la place elle-même, tant le fossé, le rempart, les ouvrages et les machines de guerre lui faisaient une ceinture invulnérable. Et certes, si le susdit duc de Somerset, utilisant l'armée qu'il avait amenée en France, avait réuni de si grandes forces aux autres troupes anglaises, il est bien vraisemblable que Dieppe et plusieurs autres places seraient tombées de nouveau entre leurs mains. Mais, gardant son quant-à-soi, il aboutit seulement aux misérables résultats que nous avons rapportés et ce fut bien fâcheux pour les affaires des Anglais. Quand, en effet, les Français virent que cette bastille, qui assiégeait Dieppe depuis fort longtemps et qui à la vérité était très forte, n'avait pour garnison qu'un petit nombre d'Anglais (un millier de combattants à peine), la médiocrité de la défense leur donna courage et ils s'enhardirent à l'attaquer. Pour donner à son fils Louis, de qui il a été question plus haut, l'occasion de se mieux exercer aux choses de la guerre, le roi Charles voulut qu'il eut la conduite de cette affaire, sous la direction cependant de Jean, comte de Dunois.

Arrivant donc du Beauvaisis et de l'Amiénois avec une assez mince troupe de cavaliers et de gens de pied, car le pays, abandonné par ses habitants, n'en pouvait nourrir qu'un petit nombre, ils se mirent en devoir d'attaquer le camp et la bastille des Anglais. Ils y employèrent toutes leurs forces, se précipitèrent avec audace et vigueur dans le fossé, donnant l'assaut partout à la fois. En vain les Anglais répondirent à coups de bombardes et de carreaux de flèches ; pressés par les coups et les traits de leurs ennemis, ils durent, lassés et fatigués à la longue, céder à la puissance des armes françaises. Franchissant les défenses du fossé, les Français pénétrèrent dans l'ouvrage et massacrèrent presque tous les

marge, de la main de l'auteur, en G. — c. se P. — d. Ces deux mots manquent en P.

I. Les chroniques rapportent à l'an 1442 la construction de cette bastille. Talbot était venu devant Dieppe vers la Toussaint (Quicherat) .

288 DE DIEPPAE OPPIDO OBSESSO (1443)

potuerunt, omnes penC* trucida verun t. Cesi eciam fuerunt nonnulli mercatores qui illo ad portandam ministrandamque annonam et res exercitui necessarias advenerant, aliis in captivitatem abductis^.

Huic autem expugnacioni magnum cives obsessi opidi contulerunt adjumentum. Cum enim sit maritimum opidum plerique ex civibus tum merces ad alias terras traiciendo, tum piscacioni vacando, navalis exercicii et pyratice satis periti et docti esse consueverunt ^ ; unde, ut se incommodis diutine quam passi fuerant obsidionis atque periculis liber ar en t, strennuissime in insuit u illo atque expugnacione se habuisse ferebantur, illi maxime qui nauticis laboribus anteriore tempore induisissent. Et hoc quidem inicium satis faustum fuit rerum a prefato Ludovico bello gestarum in hostes ; nam de prima quam adversus patrem guerra molitus erat supra suo ordine et loco retulimus^. Laus tamen tocius hujus facti principaliter illi nobili comiti Dunensi reddenda est, cujus sapiencia, consilio et strenuitate, sicut alla plurima magnifiée, ita hoc patratum et consummatum fuit.

CAPITULUM XIX

MiTTITUR LEGATUS AB AnGLIA IN GaLLIAM, AD PETEN- DAM UXOREM REGI AnGLORUM HeNRICO, DUX SuF- FOLCJE 3.

Cum itaque res Anglorum ita« in Normannia et Francia dilaberentur et Francorum pedetentim et, velud quadam alluvione, fines atque imperium incrementum acciperent et ad annos usque'' plene pubertatis Henricus

a. fere P. — b. Leçon de P ; consueverint G. — c. Manque en P. • — d. Dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G.

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