Southampton
5. Henri V s'embarqua le 10 août et aborda le 13 à l'embouchure de la Seine. Pour tous détails sur les affaires franco-anglaises
36 AB ANGLIAE REGE HAREFLUTUM CAPITUR (14I5)
Munierant Franci idem opidum ut melius potuerant, nam satis diu ante et de classe et aliis que ad bellum in Anglia adparabantur '^ certa fama percrebruerat. Unde in ipso opido magnus numerus militum et nobilium terre pro presidio collocatus fuit, pro ipsius munimine ac defensione. Tamdiu autem obsidio obsessos constrixit*, ut famé valida, qui intus erant, pressi, simul ac de succursu Francorum difiidentes, dedicionem facerent, non suo sed victoris arbitrio ac legibus ^. Et cives quidem^' pêne omnes, bonis ademptis, vita solummodo relicta, quo vellent, alio abire dimissi sunt. Militares vero qui ibi in presidio fuerant locati cum nonnullis eciam ex civibus, securitate vite solummodo eis promissa, captivi in Angliam abducti sunt, ubi nonnulli mortui, alii vero post longas moras magnis se pecuniarum summis redemerunt.
Et tali"^ quidem conqueste^ Anglorum in Francia atque Normannia inicium fuit-^, pro piraticis rapinis illo tune ex eisdem satis nobilitato '■' et famoso facto ^' opido de Harefleu cedente hostibus in predam versa vice. Bene enim Dominus per Ysaiam hujuscemodi iniquis raptoribus comminatur, dicens : Ve, qui predaris, nonne et ipse predaheris? Et qui spernis, nonne et ipse sperneris? Cum consummaveris depredacionem, depredaberis^.
a. adaptabantur P. — b. constrinxerat P. — c. quiquidem P. — d. taie P. — e. conquestum. P. — /. initium fuit atque in Normannia P. — g. tato ajouté dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — h. Id.
de 141 5 à 1424, voir deux ouvrages importants parus dans ces dernières années, celui de J, H. Wylie, The reign of Henry V, t. II (1415-1416), 1919, et t. III (1415-1422), 1929, en collaboration avec W. T. Waugh, et celui de R. A, Newhall, The English conquest, 1416-1424 (Newhaven, U. S. A., 1926, in-8°). 'L'Histoire de la ville
PRISE d'hARFLEUR PAR HENRI V (1415) 37
Les Français l'avaient fortifiée de leur mieux, car ils n'étaient pas sans avoir eu vent, depuis assez longtemps déjà, des préparatifs militaires qui se faisaient en Angleterre. Aussi une garnison, comprenant beaucoup de chevaliers et de nobles, fut-elle établie dans la place pour la défendre. ]\Iais l'investissement pesa si longtemps sur les assiégés que ceux-ci, pressés par la faim et doutant en même temps de recevoir du secours des Français, se rendirent à la discrétion et à la loi du vainqueur ^. Presque tous les bourgeois, dépouillés de leurs biens, gardant seulement la vie sauve, furent laissés libres de fuir où ils voudraient. Quant aux soldats de la garnison, après avoir reçu promesse qu'il ne serait pas attenté à leur vie, ils furent, en même temps que quelques bourgeois, emmenés prisonniers en Angleterre. Beaucoup y moururent ; les autres y attendirent longtemps le moment où ils purent se racheter par de fortes sommes d'argent.
Ainsi commencèrent les conquêtes anglaises en France et en Normandie, la citadelle d'Har fleur, que les exploits de ses pirates avaient rendue fameuse, tombant à son tour comme une proie aux mains des ennemis. C'est à bon droit que le Seigneur, par la bouche d'Isaïe, menaçait en ces termes de semblables ravisseurs : « Malheur sur vous ! vous qui volez, ne serez-vous pas volés vous-mêmes? Vous qui méprisez, ne serez- vous pas à votre tour objets de mépris? Vous qui ravagez, vous serez ravagés aussi ^. »
d'Har fîeur, par E. Dumont et A. Léger (Rouen, 1868, in-80), est un résumé de seconde main et ne peut être citée ici que pour mémoire.
1. 18 septembre 1415. Cf. le récit du siège d'Harfleur, publié par Hellot en 1882, et la lettre de Henri V annonçant aux habitants de Londres la prise de la ville (Delpit, Documents français en Angleterre, 1847, p. 216-217). Le Bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 62) dit le 14 (et non le 22) septembre. Cette dernière date est donnée par Monstrelet et Jouvenel, mais une lettre du roi d'Angleterre du 16 septembre (Rymer, Foedera, t. IV, 2^ partie, p. 147), citée par Tuetey, semble donner raison au Bourgeois.