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En novembre 1415, Henri V était de retour à Londres

48 OBSIDIONEM HAREFLUTI GALLI SOLVUNT (I416)

contulit. Sed majora animo volvens, et que jam sibi, secundante fortuna, parta fuerant parvi faciens, ad aggrediendum denuo Francorum regnum atque Normanniam, quas ad se jure hereditario spectare asserit, animum intendit, biennium imparciens exercitui et classi instaurandis, multo majoribus quam per ante habuerat, dum prima vice opidum Harefloti obsederat ^.

Sed et^, eo decurrente temporis spacio, non quieverunt '' Franci qui Arminiaci dicebantur et Burgundiones a civilibus suis contencionibus ; pro quibus hac et illac, cum cohortibus armât orum atque satellitum, arma circumferentes et villas atque agros ubique pervagantes, cuncta cedibus, rapinis atque injuriis multimodis implebant.

Temptarunt eciam intérim' Franci Hareflotum ab Anglicis auferre ^, et terra marique Anglos, inibi pro municione dimissos, obsidione urgebant, accitis ad hoc opus .XII. aut .xiiii. navibus Januensium quas carracas appellant cum aliis ex littoribus patrie permultis. Sed cum e diverso classem e suo littore Angli instruxissent, cujus ductor fuit dux Bethfordie ^, alter germanorum régis, de quo supra meminimus, et, prospère advectus vento, cum classe'^ Francorum et Januensium congressus essef, parvo satis negocio victis hostibus et eorum navibus captis vel submersis, opidum ipsum obsidione qua premebatur absolvit *.

a. ut P. — b. quieverint P. — c. Ces deux mots en marge, de la main de l'auteur, dans G. — d. cum classe ad P. — e. Ce mot dans l'interligne, au-dessus de erat exponctué, en G.

I. Sur l'importance, parfois exagérée, de ces armements, voir

LES FRANÇAIS LÈVENT LE SIÈGE d'hARFLEUR (1416) 49

Il roulait dans sa tête de plus grands projets et, faisant peu de cas des succès que la fortune favorable lui avait déjà procurés, il résolut d'attaquer le royaume de France et la Normandie qu'il assurait lui appartenir par droit d'héritage. Il s'accorda deux années pour mettre sur pied une armée et une flotte beaucoup plus considérables que celles dont il avait disposé jusque-là quand pour la première fois il avait assiégé Harfleur^.

Pendant ce temps, Armagnacs et Bourguignons ne se départirent pas de leurs désordres ; de-ci de-là, des bandes armées parcouraient villages et campagnes, tuant, pillant et causant mille dommages.

Les Français tentèrent aussi de reprendre Harfieur aux Anglais - ; ils assiégèrent par terre et par mer la garnison laissée par les Anglais, ayant fait venir pour cela douze ou quatorze navires génois, appelés caraques, et beaucoup d'autres pris le long des côtes du pays. Mais les Anglais réunirent une flotte sous le commandement du duc de Bedford ^, l'un des frères du roi, dont nous avons fait mention ci-dessus. Puis, poussée par un vent favorable, cette flotte aborda les vaisseaux des Français et des Génois, battit sans beaucoup de peine les Français, prit ou coula leurs navires et fit lever le siège mis devant la ville*.

Wylie et Waugh, ouvr. cité, t. III, p. 51-52. Les allégations des chroniqueurs y sont discutées, ainsi que l'opinion du dernier historien de l'expédition, R. A. Newhall.

2. Au printemps de 141 6. Basin donne ici sur les armements français des renseignements précis confirmés par ailleurs (R. A. Newhall, The English conquest, p. 22 et n. 104).

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