SUITES FUNESTES DU TRAITÉ DE TROYES 7I
Cependant, la paix une fois signée ainsi, la ville de Paris, les villes de Champagne et d'autres qui, pendant l'agitation des guerres civiles, avaient suivi le parti bourguignon, comme Amiens, Beauvais, Noyon, Senlis, Chartres, Sens, Auxerre, Mâcon et beaucoup d'autres places et châteaux, décidèrent, en qualité de fidèles sujets du roi Charles, d'obéir au roi d'Angleterre et, après sa mort, à son fils Henri comme à l'héritier et au légitime administrateur et régent du royaume. Mais quels fruits porta cette paix, quelle végétation et quelle moisson sortit de cette semence pour le royaume, nqus le montrerons par la suite. Le roi d'Angleterre, fort de sa puissance et de celle des Bourguignons, cherchait à s'approprier, comme devant lui revenir légitimement par voie de succession et en vertu de son droit, les villes et les terres possédées par le dauphin déshérité et par ses partisans. Les autres, au contraire, suivant le dauphin et lui obéissant, toujours en grand nombre et, parmi eux, les premiers du royaume, s'employaient de toutes leurs forces et de toute leur énergie non seulement à défendre ce qu'ils possédaient, mais encore à chasser les Anglais du royaume, à tirer vengeance des Bourguignons et à recouvrer tout ce qui était occupé par leurs adversaires.