‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 118 sur 285 · C’est-à-dire si sérieux, suivant les formes juridiques · texte numérisé non relu

C’est-à-dire si sérieux, suivant les formes juridiques

5. Les alchimistes cherchèrent longtemps, surtout au moyen âge, le secret de changer en or les métaux ; c’est ce qu’on appelait la pierre philosophale.

6.11 faisait allusion aux énormes contributions levées en Saxe par Charles XIl.

UVRi: TROISIEME.

Quand le czar eut appris l’étrange paix que le roi Auguste, malgré leurs traités, avait conclue à Alt-Rantstadt, et que Patkul, son ambassadeur plénipotentiaire, avait été livré au roi de Suède au mépris des lois des nations, il fit éclater ses plaintes dans toutes les cours de l’Europe : il écrivit à l’empereur d’Allemagne, à la reine d’Angleterre ^auxétats généraux des Provinces-Unies : il appelait hlcheté et perfidie la nécessité douloureuse sous laquelle Augusteavait succombé; il conjura toutes ces puissances d’interposer leur médiation pour lui faire rendre son ambassadeur, et pour prévenir l’atfront qu’on allait faire en sa personne à toutes les têtes couronnées ; il les pressa, par le motif de leur honneur, de ne pas s’avilir jusqu’à donner de la paix d’Alt-Rantstadt une garantie que Charles XII leur arrachait en menaçant. Ces lettres n’eurent d’autre effet que de mieux faire voir la puissance du roi de Suède. L’Empereur, l’Angleterre et la Hollande avaient alors h soutenir contre la France une guerre ruineuse : ils ne jugèrent pas à propos d’irriter Charles XII par le refus de la vaine cérémonie de la garantie d’un traité. A l’égard du malheureux Patkul, il n’y eut pas une puissance qui interposât ses bons offices en sa faveur, et qui ne fît voir combien peu un sujet doit compter sur des rois, et combien tous Içs rois alors craignaient celui de Suède.

On proposa dans le conseil du czar d’user de représailles envers les officiers suédois, prisonniers à Moscou . Le czar ne voulut point consentir à une barbarie qui eût eu des suites si funestes : il y avait plus de Moscovites prisonniers en Suède que de Suédois en Moscovie.

Il chercha une vengeance plus utile. La grande armée desonennemiétait en Saxesans agir. Levenhaupt, général du roi de Suède, qui était resté en Pologne, à la tête d’environ vingt mille hommes, ne pouvait garder les passages dans un pays sans forteresses et plein de factions. Stanislas était au camp de Charles XII. L’empereur moscovite saisit celte conjoncture, et rentre en Pologne avec plus de

1. L’empereur d’Allemagne était alors | reine d’Angleterre, Anne, régnait depuis Joseph lef, fils aîné de Léopold ; la 1702.

niSTOlHi: DE CHARLES XII.

soixante mille hommes : il les sépare en plusieurs corps, et marche avec un camp volant ^jusqu’à Léopold, où il n’y avait point de garnison suédoise. Toutes les villes de Pologne sont à celui qui se présente à leurs portes avec des troupes. Il fit convoquer une assemblée à Léopold, telle à peu près que celle qui avait détrôné Auguste à Varsovie.

La Pologne avaitalors deux primats, aussi bien que deux rois, Lun de la nomination d’Auguste, l’autre de celle de Stanislas.Leprimat nommé par Auguste convoqua l’assemblée de Léopold, où se rendirent tous ceux que ce prince avait abandonnés par la paix d’Alt-Rantstadt, et ceux que l’argent du czar avait gagnés. On y proposa d’élire un nouveau souverain. Il s’en fallut peu que la Pologne n’eùt alors trois rois, sans qu’on eût pu dire quel était le véritable

Pendant les conférences de Léopold, le czar, lié d’intérêt avec l’empereur d’Allemagne, par la crainte commune où ils étaient du roi de Suède, obtint secrètement qu’on lui envoyât beaucoup d’officiers allemands. Ceux-ci venaient de jour en jour augmenter considérablement ses forces, en apportant avec eux la discipline etl’expérience. Il les engageait à son service par des libéralités; et, pour mieux encourager ses propres troupes, il donna son portrait enrichi de diamants aux officiers généraux et aux colonels qui avaient combattu à la bataille de Calisb : les officiers subalternes eurent des médailles d’or; les simples soldats en eurent d’argent. Ces monuments de la victoire de Calish furent tous frappés dans sa nouvelle ville de Pétersbourg, où les arts florissaient à mesure qu’il apprenait à ses troupes à connaître l’émulation et la gloire.

La confusion, la multiplicité des factions, les ravages continuels en Pologne, empêchèrent la diète deLéopold de

1. c’est une petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer (Académie).

2. A l’assemblée de Léopold, ou plutôt à celle de Lublin, on mit sur les rangs, dit Voltaire, Histoire de Russie, ch.xvi, le prince Ragotski ; c'était ce même prince, longtemps retenu en prison dans sa jeunesse par l’empereur Léopold, et qui depuis fut son compétiteur au trône

de Hongrie, après s’être procuré la 11berté.Le prince n’ayant pu réussir, Pierre voulut donner le trône au grand général de la république, Siniavvski. — Ce Ragotski, de la famille illustre des princes de Transylvanie, toujours en lutte contre la maison d’Autriche, disputait la Hongrie aux empereurs depuis 1701 ; il fut proscrit en 1711, vécut en France et en Turquie ; il y mourut en 1735.

Page 1