La diète se réunit à Lublin, le 23 mai
2. Élu malgré eux, c’est-à-dire malgré les membres de l’assemblée ; ici, comme souvent ailleurs. Voltaire oublie le mot qui précède, pour ne penser qu’à l’idée.
3. Tout ce qui était ennemi, c’està-dire tout ce qui appartenait aux ennemis.
4. Pierre ordonnait à ses soldats de ravager indistinctement tous les châteaux ; et les généraux, à l’exemple de Mentschikoff, enlevèrent les tableaux, les statues, les bibliothèques, les curiosités d’art, les ornements des églises,
qui devaient embellir les palais et les musées de Moscou et de Pétersbourg.
5. Charles fut d’abord insensible aux maux de la Pologne; comme on lui disait que les habitants ne trouveraient plus d^s leurs campagnes dévastées que quelques racines pour se nourrir. « Dans le besoin, répondit-il froidement, je saurais m’en nourrir comme eux.» Mais Stanislas parvint par ses prières à obtenir enfin des forces suffisantes pour délivrer la Pologne. « Allez chasser Pierre de la Pologne, lui dit-il en le quittant (15 juillet 1707), en attendant que i’aille moi-même le chasser de ses Etats. »
Le czar, craignant de manquer de vivres dans un paysque ses troupes avaient désolé, se retira en Lithuanie, où était le rendez-vous de ses corps d’armée, et où il devait établir des magasins. Cette retraite laissa le roi Stanislas paisible souverain de presque toute la Pologne.
Le seul qui le troublât alors dans ses États était le comte Siniawski, grand général de la couronne, de la nomination du roi Auguste. Cet homme, qui avait d’assez grands talents et beaucoup d’ambition, était à la tête d'un tiers parti^ : ilne reconnaissaitni Auguste ni Stanislas; et après avoir tout tenté pour se faire élire lui-même, il se contentait d’être chef de parti, ne pouvantpas être roi. Les troupes de la couronne, qui étaient demeurées sous sesordres, n’avaient guère d’autre solde que la liberté de piller impunément leur propre pays. Tous ceux qui craignaient ces brigandages, ou qui en soulFraient, se donnèrent bientôtà Stanislas, dont la puissance s’affermissait de jour en jour.
Le roi de Suède recevait alors dans son camp d’Alt- Rantstadt les ambassadeurs de presque tous les princes de la chrétienté. Les uns venaient le supplier de quitter les terres de l’Empire; les autres eussent bien voulu qu’il eût tourné ses armes contre l’Empereur; le bruit même s’était répandu partout qu’il devait se joindre à la France pour accabler la maison d’Autriche Parmi tous ces ambassadeurs vintlefameux Jean, ducdeMaiTborough^, de lapart d’Anne, reine de la Grande-Bretagne Cet homme, qui
1. Tiers est un adjectif qui a le sens de troisième; le tiers-état, c’est-à-dire le troisième ordre en France.
2. Louis XIV fit les plus grands efforts pour retenir Charles XII en Allemagne et renouer l’ancienne alliance de la France avec la Suède, comme au temps de Gustave-Adolphe, et même comme au temps de Charles XI. T^s agents de la France adressèrent au roi et au sénat de Stockholm des propositions d’autant plus pressantes, que Louis XIV, vaincu et opprimé par ses ennemis, avait alors plus que jamais besoin d’alliés. On avait déjà exhorté plus d’une fois Charles XII à se déclarer contre l’Empereur pour délivrer l’Empire ; une pièce qu’on lui adressait se terminait par ces vers ;
Maxima gessisti, sed adhuc majora su- [persunt,
Si quæ vis proavis digna Trophæa tuis ; Europæ succurre malis, et frange ca- [tenas,
Carole, Gustavi sic imitator eris.
3. Le fameux John Churchill, duc de Marlborough, né en 1650, était alors l’un des chefs de la coalition contre la France ; généralissime des troupes anglaises, il avait déjà remporté les victoires d’Hoschstett( 1704) et de Raraillies (1706).
4. Par l’acte d’ünion (6 août 1706j, les deux royaumes d’Angleterre et d’Ecosse n’en formaient plus qu’un seul, celui de^a Grande-Bretagne ; le parlement d’Écosse avait enfin consenti à se fondre dans le parlement anglais.