‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 163 sur 285 · On lève en haut. Voir la note 6 de la page · texte numérisé non relu

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6. Le comte de Ferriol, baron d’Argental, fut ambassadeur de 1699 à 1711.

A l’audience que lui accorda le sultan, il ne voulut pas quitter son épée, suivant les exigences de l étiquette ottomane, et ne put voir le Grand Seigneur, qui lui fit rendre ses présents, déjà étalés dans la salle du trône. Il demeura plus de dix ans à Constantinople, sans avoir jamais été admis à l’audience du sultan. Lorsque plus tard, ajoute M. de Hammer, Ferriol perdit la raison, le grand-vizir se contenta de dire ; « U était déjà fou quand il est arrivé. »

176 HISTOIRE DE CHARLES XH

On se servit plusieurs fois de ce moyen pour présenter au sultan des mémoires contre ses vizirs : un Suédois, nommé Leloing, en donna encore un autre bientôt après. Charles XII, dans l’empire des Turcs, était réduit à employer les ressources d’un sujet opprimé.

Quelques jours après, le sultan envoj'a au roi de Suède, pour toute réponse à ses plaintes, vingt-cinq chevaux arabes, dont l’un, qui avait porté Sa Hautesse était couvert d'une selle et d’une housse enrichies de pierreries, avec des étriers d’or massif. Ce présent fut accompagné d’une lettre obligeante, mais conçue en termes généraux, et qui faisait soupçonner que le ministre n’avait rien fait que du consentement du sultan. Chourlouli, qui savait dissimuler, envoya aussi cinq chevaux très-rares ^ au roi. Charles dit fièrement à celui qui les amenait : « Retournez (( vers votre maître, et dites-lui que je ne reçois point de « présents de mes ennemis. »

M. Poniatowski, ayant déjà osé faire présenter un mémoire contre le grand-vizir, conçut alors le hardi dessein de le faire déposer : il savait que ce vizir déplaisait à la sultane mère, quelekislar-aga, chef des eunuques noirs, et l’aga des janissaires le haïssaient; il les excita tous trois à parler contre lui. C’était une chose bien surprenante de voir un chrétien, un Polonais, un agent sans caractère ^ d’un roi suédois réfugié chez les Turcs, cahaler presque ouvertement à la Porte contre un vice-roi de l’empire ottoman, qui de plus était utile et agréable à son maître. Poniatowski n’eût jamais réussi, et l’idée seule du projet lui eût coûté la vie, si une puissance plus forte que toutes celles qui étaient dans ses intérêts n’eût porté les derniers coups à la fortune du gi-and-vizir Chourlouli.

Le sultan avait un jeune favori, qui a depuis gouverné l’empire ottoman, et a été tué en Hongrie, en 1716, à la bataillede Pétervaradin, gagnée sur lesTurcs par le prince

1. Expression de langage officiel! 3. Poniatowski n’était pas l’agent o/-

pour désigner le sultan, comme chez ' ficiel du roi de Suède ; il n’avait pas de nous Son Altesse. I titre, de fonction spéciale, qui le distin-

2. C’est-à-dire d’une espèce ou d'une ! guàt, qui lui donnât un caractère, beauté très-rare.

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