Régulières, régulièrement organisées
grandes expéditions à la lêle de petites armées, cependant les combats innombrables qu’il avait livrés pendant neuf années, la nécessité de recruter continuellement ses troupes, d’entretenir ses garnisons et les corps d’armée qu’il fallait toujours avoir sur pied dans la Finlande, dans l’Ingrie, la Livonie, la Poméranie, Brême, Terden, tout cela avait coûté à la Suède, pendant le cours de la guerre, plus de deux cent cinquante mille soldats: il ne restait pas huit mille hommes d’anciennes troupes qui, avec les milices nouvelles, étaient les seules ressources de la Suède L
La nation est née belliqueuse, et tout peuple prend insensiblement le génie de son roi On ne s’entretenait d’un bout du pays à l’autre que des actions prodigieuses de Charles, de ses généraux, et des vieux corps qui avaient combattu sous eux à Narva, à la Duna, àClissau, à Pultusk, à Hollosin; les moindres Suédois en prenaient un esprit d’émulation et de gloire : la tendresse pour leur roi, la pitié, la haine irréconciliable contre les Danois, s’y joignirent encore. Dans bien d’autres pays les paysans sont esclaves, ou traités comme tels: ceux-ci faisant un corps dans l’État, se regardaient comme des citoyens, et se formaient des sentiments plus grands; de sorte que ces milices devenaient en peu de temps les meilleures troupes du Nord.
Le général Steinbeck se mit, par ordre de la régence, à la tête de huit mille hommes d’anciennes troupes, et d’environ douze mille de ces nouvelles milices, pour aller chasser les Danois, qui ravageaient toute la côte d’Helsinbourg, et qui étendaient déjà leurs contributions fort avant dans les terres.
On n’eut ni le temps ni les moyens de donner aux milices des habits d’ordonnance'^; la plupart de ces labou-
1. Pour comble de malheur, dit Geyer, la peste entravait beaucoup les armements; de Riga, elle avait passé en Suède, et y exerçait de grands ravages; à Stockholm seulement , elle enleva trente mille personnes, la moitié de la population.