‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 183 sur 285 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

la môme affection : tant l’ancienne idée de la barbarie moscovite avait aliéné tous les esprits ^ !

Le czar, ainsi trompé dans ses espérances, peut-être trop légèrement prises vit tout d’un coup son armée sans vivres et sans fourrages. Les soldats .désertaient par troupes, et bientôt celte armée se trouva réduite à moins de trente mille hommes près dépérir de misère Le czar éprouvait sur le Pruth, pour s’etre livré à Cantemir, ce que Charles XII avait éprouvé à Pultava pour avoir trop compté sur Mazeppa. Cependant les Turcs passent la rivière enferment les Russes, et forment devant eux un camp retranché. Il est surprenant que le czar ne disputât point le passage de la rivière, ou du moins qu’il ne réparâtpascetlefaute, en livrant bataille auxTurcs immédiatement après le passage, au lieu de leur donner le temps de faire périr son armée de faim et de fatigue. Il semble que ce prince fit dans cette campagne tout ce qu’il fallait pour être perdu. Il se trouva sans provisions, ayant la rivière de Pruth derrière lui, cent cinquante mille Turcs devant lui, et quarante mille Tartares qui le harcelaient continuellement à droite et à gauche. Dans cette extrémité, il dit publiquement : « Me voilà du moins ^ aussi mal que » mon frère Charles l’était à Pultava. »

Le comte Poniatowski, infatigable agent du roi de Suède, était dans l’armée du grand-vizir avec quelques Polonais et quelques Suédois, qui tous croyaient la perte ^u czar inévitable

davie et vassal de la Hongrie, tantôt indépendant. Mahomet H la prit en 1463, et réserva pour les sultans le droit de nommer et de déposer le prince ou hospodar.

1. Le prince des Valaques, Bassaraba Brancovan, entra d’abord dans les vues de Cantemir, puis reconnut que ce dernier voulait se rendre maître des deux provinces ; il l’abandonna ; ce qui n’empêcha pas la Porte de le faire décapiter et d’enlever à la Valachie ses derniers privilèges (août 1714).

2. On dit plus habituellement, former, concevoir des espérances, que prendre des espérances.

3. Un fléau dangereux se joignit à tous ces eontre-temps ; des nuées de

sauterelles couvrirent les campagnes, les dévorèrent et les infectèrent ; l’eau manquait souvent dans la marche sous un soleil brûlant et dans des déserts arides ; on fut obligé de faire porter à l’armée de l’eau dans des tonneaux.

(Volt., Hist. de Russie.)

4. Pierre envoya l’avant-garde pour s’opposer à ce passage des Turcs, mais elle arriva trop tard et fut vivement poursuivie.

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