C’est l’expression latine très-usitée ; volvere in anima
6. Les grands ouvrages de Pierre avaient-ils été interrompus par la guerre ? La guerre n’était-elle pas au contraire indispensable au tzar pour fonder la grandeur de son empire ?
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de la nuit, et lui ordonna, sans balancer et sans prendre conseil, que tout fût prêt à la pointe du jour pour aller attaquer les Turcs la baïonnette au bout du fusil ^
Il donna de plus ordre exprès qu’on brûlât tous les bagages, et que chaque officier ne réservât qu’un seul chariot, afin que, s’ils étaient vaincus, les ennemis ne pussent du moins profiter du butin qu’ils espéraient.
Après avoir tout réglé avec le général pour la bataille, il se retira dans sa tente, accablé de douleur et agité de convulsions, mal dont il était souvent attaqué, et qui redoublait toujours avec violence quand il avait quelque grande inquiétude. Il défendit que personne osât, de la nuit, entrer dans sa tente, sousquelqueprétextequecepût être, ne voulant pas qu’on vînt lui faire des remontrances sur une résolution désespérée, mais nécessaire, encore moins qu’on fût témoin du triste état où il se sentait.
Cependant, on brûla, selon son ordre, la plus grande partie de ses bagages. Toute l’armée suivit cet exemple, quoique à regret ; plusieurs enterrèrent ce qu’ils avaient de plus précieux. Les officiers généraux ordonnaient déjà la marche, et tâchaient d’inspirer à l’armée une confiance qu’ils n’avaient pas eux-mêmes. Chaque soldat, épuisé de fatigue etdefaim, marchait sans ardeur etsans espérance. Les femmes, dont l’armée était trop remplie, poussaient des cris qui énervaient encore les courages : tout le monde attendait, le lendemain matin, la mort ou la servitude. Ce n’est point une exagération, c’est à la lettre ce qu’on a entendu dire à des officiers qui servaient dans cette armée.
Il y avait alors dans le camp moscovite une femme aussi singulière peut-être que le czar même. Elle n’étaitencore connue que sous le nom de Catherine. Sa mère était une malheureuse paysanne, nommée Erb-Magden, du village de Ringen, enEstonie, province où les peuples sont serfs,
1. pierre enToya à Moscou un courrier pour recommander aux sénateurs de continuer de gouverner, s’ils apprenaient qu’il eût été fait prisonnier, leur défendre d’exécuter ceux de ses ordres donnés pendant sa captivité, et leur enjoindre de choisir un autre maître s’ils
apprenaient sa mort. Voltaire, dans V Histoire de Russie, semble douter de cet ordre ; mais l’original de la lettre est conservé dans le cabinet de Pierre !«*■, au palais Impérial, à Saint-Pétersbourg.