‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 212 sur 285 · C’est-à-dire, accélérer l’envoi des secours · texte numérisé non relu

C’est-à-dire, accélérer l’envoi des secours

3. Frédéric le', roi de Prusse de 1701 à 1713, était un prince d’un cœur excellent ; il eut le mérite de faire jouir ses sujets des bienfaits de la paix au milieu des circonstances les plus difficiles. Son

petit-fils, Frédéric le Grand, lui a reproché d’avoir acheté la dignité royale à des conditions humiliantes ; if l’a aussi blâmé de son amour excessif pouile faste et de sa prodigalité sans bornes à l’égard de ses favoris.

4. Ce mot s’emploie quelquefois substantivement, mais plus souvent au pluriel qu’au singulier : les préliminaires de la paix.

roi de Suède l’état des affaires, les malheurs et le remède : il le conjura de ne point s’opposer à une abdication devenue nécessaire par les conjonctures, et honorable par les motifs ; il le pressa de ne point immoler les intérêts de la Suède à ceux d"un ami malheureux, qui s’immolait au bien public sans répugnance L CharlesXIl reçut ces lettres h Yarnitza ; il dit en colère au courrier, en présence de plusieurs témoins : « Si mon ami ne veut pas être )) roi, je saurai bien en faire un autre. »

Stanislas s’obstina au sacrifice que Charles refusait. Ces temps étaient destinés à des sentiments et à des actions extraordinaires. Stanislas voulut aller lui-même fléchir Charles ; et il hasarda, pour abdiquer un trône, plus qu’il n’avait fait pour s’en emparer. Il se déroba un jour, à dix heures du soir, de l’armée suédoise qu’il commandait en Poméranie, et partitavec le baron Sparre qui a été depuis ambassadeur en Angleterre et en France, et avec un autre colonel. 11 prend le nom d’un Français, nommé Haran, alors major au service de Suède, et qui est mort depuis commandant de Dantzick. Il côtoie toute l’armée des ennemis : arrêté plusieurs fois, et relâché sur un passe-port''* obtenu au nom de Haran, il arrive enfin, après bien des périls, aux frontières de Turquie.

Quand il est arrivé en Moldavie, il renvoie à son armée le baron Sparre, entre dans Yassi, capitale de la Moldavie,

1. Stanislas, dit Voltaire [Hist, de Russie), assembla les généraux suédois qui défendaient la Poméranie ; il leur proposa un accommodement avec le roi Auguste, et offrit d’en être la victime. Il leur parla en français ; voici les propres paroles dont il se servit, et qu’il leur laissa par écrit : « J’ai servi jus-

> qu’ici d’instrument à la gloire des ar-

* mes de la Suède ; je ne prétends pas » être le sujet funeste de leur perte. Je

> me déclare de sacrifier ma couronne » et mes propres intérêts à la conser-

> vation de la personne sacrée du roi,

> ne voyant pas humainement d’autre ■ moyen pour le retirer de l’endroit où

• il se trouve.» Voltaire ajoute en note: je me déclare de n’est pas français ; mais la pièce en est plus authentique.

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