Absolu, nous l’avons déjà remar
qué, est employé par Voltaire pour homme ayant un pouvoir absolu.
2<S8 HISTOIRE DE CHARLES XH
qu’il méditait, alla secrètement en France, et de là en Hollande, où il vit les adhérents du prétendant.
Il s’informa plus particulièrement de leurs forces, du nombre et de la disposition des mécontents d’Angleterre, de l’argent qu’ils pouvaient fournir, et des troupes qu’ils pouvaient mettre sur pied. Les mécontents ne demandaient qu’un secours de dix mille hommes, et faisaient envisager une situation sûre avec l’aide de ces troupes.
Le comte de Gyllenborg ambassadeur de Suède en Angleterre, instruit par le baron de Gôrtz, eut plusieurs conférences à Londres avec les principaux mécontents ; il les encouragea, et leur promit tout ce qu’ils voulurent ; le parti du prétendant alla jusqu’à fournir des sommes considérables que Gôrtz toucha en Hollande Il négocia l’achat de quelques vaisseaux, et en acheta six en Bretagne avec des armes de toute espèce.
Il envoya alors secrètement en France plusieurs officiers, entre autres le chevalier de Folard qui, ayant fait trente campagnes dans les armées françaises, et y ayant fait peu de fortune, avait été depuis peu offrir ses services au roi de Suède, moins par des vues intéressées que par le désir de servir sous un roi qui avait une réputation si étonnante. Le chevalier de Folard espérait d’ailleurs faire goûter à ce prince les nouvelles idées qu’il avait sur la guerre ; il avait étudié toute sa vie cet art en philosophe et il a depuis communiqué ses découvertes au public dans ses Commentaires sur Polybe, Ses vues furent goûtées de Charles XII, qui lui-même avait fait la guerre d’une ma-
1. Charles, comte de Gyllemborg (1679- 1746), fut ambassadeur de Suède à Londres, de 1703 à 1717.
2. Suivant Lémontey, les Jacobites avaient eu, même durant la vie de Louis XIV, le projet d’associer à leurs espérances la folie de Charles XII, et ils offraient 200,000 livres sterling pour l'expédition qu’il aurait dirigée. Gyllemborg, l’ambassadeur suédois à Paris, Sparre, et Gôrtz exploitèrent la crédulité des Jacobites, et vendirent, sans beaucoup de discrétion, de vaines promesses.