‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 253 sur 285 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

se rendre avec soixante vaisseaux chargés de richesses.

Le baron fit agréer au roi la proposition ; on envoya même l’année suivante deux gentilshommes suédois, Tun nommé Cronstrom, et l’autre Mendal, pour consommer la négociation avec ces corsaires de Madagascar.

On trouva depuis un secours plus noble et plus important dans le cardinal Albéroni puissant génie, qui a gouverné l’Espagne assez longtemps pour sa gloire, et trop peu pour la grandeur de cet État. Il entra avec ardeur dans le projet de mettre le fils de Jacques II sur le trône d’Angleterre. Cependant, comme il ne venait que de mettre le pied dans le ministère, et qu’il avait l’Espagne à rétablir avant que de ^ songer à bouleverser d’autres royaumes, il semblait qu’il ne pouvaitdeplusieursannées mettre la main à cette grande machine; mais, en moins de deux ans, on le vit changer la face de l’Espagne, lui rendre son crédit dans l’Europe, engager, à ce qu’on prétend, les Turcs à attaquer l’empereur d’Allemagne et tenter en même temps d’ôter la régence de France au duc d’Orléans et la couronne de la Grande-Bretagne au roi George : tant un seul homme est dangereux, quand il est absolu ^ dans un puissant État, et qu’il a de la grandeur et du courage dans l’esprit!

Gôrtz, ayant ainsi dispersé à la cour de Moscovie et à celle d’Espagne les premières étincelles de l’embrasement

en 1607 ; détruite, en 1611, par les Danois, elle fut rebâtie par Gustave- Adolphe ; son commerce est florissant :

24,000 hab.

1 . Jules Albéroni , né près de Parme, en 1664, fils d’un jardinier, petit abbé, fut protégé par le duc de Vendôme, qui le conduisit on Espagne, et commença sa fortune à la cour de Philippe V. Tout puissant auprès de la reine Elisabeth- Farnèse, il devint premier ministre en 17ib, puis cardinal, voulut replacer PEs- Dagne au rang des grandes puissances, étonna l'Europe par des projets et des entreprises qui ont donné lieu à des jugements bien contradictoires, fut disgralié en 1719, et mourut en 1752.

2. Au XVII® siècle, les bons écrivains, les grammairiens, comme Yaugelas, l’Académie, préféraient avant que de à

avant de, comme plus conforme à l’étymologie, antequam ; plus tard avant de a été préféré, et des grammairiens modernes, justement estimés, ont même écrit qu’on désapprouverait avec raison l’écrivain qui se servirait actuellement de l’expression avant que de. Il y a quelque exagération dans cette opinion.

3. Les Turcs, alors dirigés par le grand-vizir Ali-Coumourgi ivoirla page 215), n’avaient pas besoin d’ètue excités par Albéroni contre l’Autriche.

4. C'est alors que s’ourdissait avec le duc, et surtout la duchesse du Maine, le complot contre le régent, auquel l’ambassadeur d’Espagne à Paris, Cellamare, a donné son nom.

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