C’est-à-dire pour s’en retourner
3. « Voilà, dit Voltaire, ce que Nordberg appelle manquer de respect aux têtes couronnées , comme si ce ré-
cit véritable contenait une injure, et comme si on devait aux rois qui sont morts autre chose que la vérité. Penset-il que l’histoire doive ressembler aux sermons prêchés devant les rois, dans lesquels on leur fait des compliments ? » (Note de Voltaire.) Au reste, Auguste déclara publiquement qu’il détestait cet attentat, et Stanislas ne le crut jamais coupable.
4. Charles était resté inactif pendant toute l’année 1717, et la plus grande partie de 1718 ; au commencement de novembre, il rentra dans la Norvège, qu’il voulait enlever au roi de Danemark. Déjà le général Armfelt, à la tête des sept mille hommes de l’armée finlandaise, avait traversé les montagnes, et assiégeait Drontheim.
mSTOIRE DE CFIARLES XII.
A remboucbure du fleuve Tistedal près de la Manche de Danemark, entre les villes de Babus et d’Anslo, est située Frédérickshall place forte et importante qu’on regardait comme la clef du royaume. Charles en forma le siège au mois de décembre. Le soldat, transi de froid, pouvait à peine remuer la terre endurcie sous la glace; c’était ouvrir la tranchée dans une espèce de roc ; mais les Suédois ne pouvaient se rebuter en voyant à leur tête un rai qui partageait leurs fatigues. Jamais Charles n’en essuya de plus grandes : sa constitution, éprouvée par dixhuit ans de travaux pénibles, s’était fortifiée au point qiCil dormait en plein champ en Norvège, au cœur de l’hiver, sur de la paille ou sur une planche, enveloppé seulement d’un manteau, sans que sa santé en fût altérée. Plusieurs de ses soldats tombaient morts de froid dans leurs postes ; et les autres, presque gelés, voyant leur roi qui souffrait comme eux, n’osaient proférer une plainte. Ce fut quelque temps avant cette expédition, qu’ayant entendu parler en Scanie d’une femme nommée Johus Botter, qui avait vécu plusieurs mois sans prendre d’autre nourriture que de Teau, lui qui s’était étudié toute sa vie à supporter les plus extrêmes rigueurs que la nature humaine peut soutenir, voulut essayer encore combien de temps il pourrait supporter la faim sans en être abattu. Il passa cinq jours entiers sans manger ni boire; le sixi¥mèT~~àli~matin7it‘ c O urui Jeux Tféïï^^ancïïevaT, el descendit chez le princ e de Hessli, sôïl beau-frère, où îl *mang'*eXB^Saicoüp, sans que ni une abstinence de cinq jours l’eût abattu, mi qu’un grand repas, à la suite d’un si long jeûne, flriüornnrodât.
Avec ce corps de fer, gouvernî]par une âme~si hardie et si inébranlable, dans quelque état qu’il pût être réduit,
1. Le Tistedal sert de limite à la Norvège et à la Suède ; il finit à Frédérikshald.
2. Frédérickshall ou Frédérikshald, près des frontières de la Suède, a joint à son ancien nom de Halden celui de Frédéric III, de Danemark, à cause de la résistance qu’elle opposa aux Suédois, en 1665 ; c’est un port, situé sur le Swinesund, près du Skager-Rack, que
Voltaire appelle Manche de Danemark.
Elle a pour défense trois forts, bâtis sur une montagne escarpée, qui croisent leurs feux sur la ville et le port ; le plus considérable, le Frédériksteen, a une enceinte bastionnée ; c’est au pied de cette forteresse que Charles XII fut tué; les Suédois ont fait élever une pyramide à l’endroit même où il expira.
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il n’avait point de voisin auquel il ne fût redoutable.
Le 11 décembre, jour de Saint-André, il alla sur les neuf heures du soir visiter la tranchée, et, ne trouvant pas la parallèle Passez avancée, h son gré, il parut très-mécontent. M. Mégret, ingénieur français, qui conduisait le siège, l’assura que la place serait prise dans huit jours : « Nous verrons, » dit le roi; et il continua de visiter les ouvrages avec l’ingénieur. Il s’arrêta dans un endroit où le boyau ^ faisait un angle avec la parallèle; il se mit à genoux sur le talus ^intérieur, et, appuyant ses coudes sur le parapet, resta quelque temps à considérer les travailleurs, qui continuaient les tranchées à la lueur des étoiles.
Les moindres circonstances deviennent essentielles, quand il s’agit de la mort d’un homme tel que Charles XII ; ainsi je dois avertir que toute la conversation que tant d’écrivains ont rapportée entre le roi et l’ingénieur Mégret est absolument fausse. Voici ce que je sais de véritable sur cet événement.
Le roi était exposé presque à demi-corps ^ à une batterie de canon, pointée vis-à-vis l’angle où il était : il n’y avait alors auprès de sa personne que deux Français : l’un était M. Siquier, son aide de camp, homme de tête et d’exécution, qui s’était mis à son service en Turquie, et ^qui était particulièrement attaché au prince de Hesse; l’autre était cet ingénieur Le canon tirait sur eux à cartouches®; mais le roi, qui se découvrait davantage, était le plus exposé. A quelques pas derrière était le comte Schwerin, qui commandait la tranchée. Le comte Posse, capitaine aux gardes, et un aide de camp nommé Kulber, recevaient des ordres de lui Siquier et Mégret virent dans