La sœur de Charles XII, Ulrique
LIVRK HUITIEME.
nation. Elle promit, par des serments réitérés, qu’elle ne tenterait jamais de rétablir le pouvoir arbitraire: elle sacrifia depuisla jalousie de la royauté à la tendresse conjugale, en cédant la couronne à son mari, et elle engagea les États à élire ce prince, qui monta sur le trône aux mêmes conditions qu’elle
Le baron de Gôrtz, arrêté immédiatement après la mort de Charles, fut condamné par le sénat de Stockhol m à avoir la tête tranchée au pied de la potence de la ville : exemple de vengeance peut-être encore plus que de justice, et affront cruel à la mémoire d’un roi que la Suède admire encore
Éléonore, qui avait déjà gouverné comme , régente, fut préférée au duc de Holstein- Gottorp, âgé de dix-huit ans, à qui Charles destinait le trône. Elle accepta une constitution toute aristocratique, qui enlevait à la royauté presque tout son pouvoir, et on appela cette époque Vère de la liberté.
1. Frédéric de Hesse-Cassel. — Ulrique prévint peut-être une déchéance, en associant ce prince au trône avec le consentement des États. Le pouvoir royal fut encore diminué ; le roi n’eut plus la faculté de destituer les sénateurs et les fonctionnaires. Élu en 1720, Frédéric régna jusqu’en 1751.
2. Le baron de Gôrtz expia les fautes commises par Charles XII ; on l’accusa d’avoir été l’instigateur de toutes les mesures oppressives qui avaient accablé la Suède. Jugé par une commission spéciale, il se défendit avec noblesse, et
I après un procès inique, il fut condamné et exécuté à Stockolm, le 2 mars 1719.
Il est nécessaire d’ajouter quelques mots pour indiquer au moins le résultat de tant d’eflorts et de tant d’intrigues : la mort de Charles XII confondit tous les projets de Gôrtz et d’Albéroni ;et de toute cette ligue terrible, à peine commencée, il ne reste de puissant que le tzar. La Suède avait été épuisée par Charles XII, et le nouveau roi, Frédéric, fut heureux d’accepter la médiation du . duc d’Orléans. Un congrès s’assembla à Nystadt, en Finlande ; on souscrivit à toutes les volontés de Pierre ; on lui céda la Livonie, l’Esthonie, l’Ingrie, la Carélie, le pays de Viborg, les îles d’OEsel, Dago, etc. ; il était maître de la Baltique; des fêtes magnifiques signalèrent ce glorieux événement, et l’on décerna à Pierre les noms de Grand, de père de la patrie (1721).