Le mot faction n’a pas habituellement ce sens général
4. Jean Sobieski, l’un des héros de la Pologne, né en 1629, est célèbre surtout par la victoire qu’il remporta à Choezim sur les Turcs, en 1673 ; nommé roi en 1674, il délivra Vienne assiégée par deux cent mille Ottomans en 1683, et mourut en 1696. Ses dernières années furent troublées par des diètes tumultueuses ; il fit des fautes graves et eut trop de complaisance pour les étrangers. Son fils aîné, Jacques Sobieski, maria sa fille au prétendant Jacques 111 d’Angleterre, et mourut en Autriche (1734) ; avec lui s’éteignit cette famille illustre.
5. Warmie, petit pays polonais, presque enclavé dans la Prusse royale à l’est de la Passarge.
ÏJVRE SECOND.
qu’évôque, obtint le cardinalat par la faveur du même roi. Cette dignité lui ouvrit bientôt le chemin à celle de primat; ainsi, réunissant dans sa personne tout ce qui impose aux hommes, il était en état d’entreprendre beau< coup impunément.
11 essaya son crédit après la mort de Jean pour mettre le prince Jacques Sobieski sur le trône; mais le torrent ^ de la haine qu’on portait au père, tout grand homme qu’il était, en écarta le fils. Le cardinal-primat se joignit alors à l’abbé de Polignac, ambassadeur de France, pour donner la couronne au prince de Conti, qui en ell’et fut élu. Mais l’argent et les troupes de Saxe triomphèrent de ses négociations. Il se laissa enfin entraîner au parti qui couronna l’électeur de Saxe, et attendit avec patience l’occasion de mettre la division entre la nation et ce nouveau roi.
Les victoires de Charles XII, protecteur du prince Jacques Sobieski, la guerre civile de Lithuanie, le soulèvement général de tous les esprits contre le roi Auguste, firent croire au cardinal-primat que le temps était arrivé où il pourrait renvoyer Auguste en Saxe, et ouvrir au fils du roi Jean le chemin du trône. Ce prince, autrefois l’objet innocent de la haine des Polonais, commençait à devenir leurs délices depuis que le roi Auguste était haï; mais il n’osait concevoir alors l’idée d’une si grande révolution; et cependant ^ le cardinal en jetait insensiblement les fondements.
D’abord il sembla vouloir réconcilier le roi avec la république. Il envoya des lettres circulaires, dictées en apparence par l’esprit de concorde et par la charité, pièges usés et connus, mais où les hommes sont toujours pris. 11 écrivit au roi de Suède une lettre touchante, le conjurant au nom de celui que tous les chrétiens adorent également de donner la paix h la Pologne et à son roi. Charles Xll répondit aux intentions du cardinal plus qu’à scs paroles. Cependant il restait dans le grand-duché de
1. L’expression est forte et hardie; Voltaire emploie plusieurs fois ce mot ; ainsi , dans le torrent de sa mauvaise ^ortunej page 94.