‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 72 sur 285 · Ou plutôt «n'était pas permise;» car · texte numérisé non relu

Ou plutôt «n'était pas permise;» car

Alors Charles, ayant laissé derrière lui des garnisons dans quelques villes de Lithuanie, s'avança au delà de Grodno ville connue en Europe par les diètes qui s’y tiennent, mais mal bâtie, et plus mal fortifiée.

A quelques milles par delà Grodno, il rencontra l’ambassade de la république ; elle était composée de cinq sénateurs. Ils voulurent d’abord faire régler un cérémonial que le roi ne connaissait guère; ils demandèrent qu’on traitât la république Ao, sérénissime qu’on envoyât au-devant d’eux les carrosses du roi et des sénateurs. On leur répondit que la République serait appelée illustre^ et non sérénissime; que le roi ne se servait jamais de carrosse ; qu’il avait auprès de lui beaucoup d’officiers, et point de sénateurs; qu’on leur enverrait un lieutenant général, et qu’ils arriveraient sur leurs propres chevaux.

Charles XII les reçut dans sa tente, avec quelque appareil d’une pompe militaire; leurs discours furent pleins de ménagements et d’obscurités. On remarquait qu’ils craignaient Charles XII, qu’ils n’aimaient pas Auguste, mais qu’ils étaient honteux d’ôter par l’ordre d’un étranger la couronne au roi qu’ils avaient élu. Rien ne se conclut, et Charles XII leur fit comprendre enfin qu’il conclurait dans Varsovie.

Sa marche fut précédée par un manifeste dont le cardinal et son parti inondèrent la Pologne en huit jours. Charles, par cet écrit, invitait tous les Polonais à joindre leur vengeance à la sienne, et prétendait leur faire voir que leurs intérêts et les siens étaient les mêmes. Ils étaient cependant bien différents; mais le manifeste, soutenu par un grand parti, par le trouble du sénat et par l’approche du conquérant, lit de très-fortes impressions Il fallut recon-

la loi du plus fort ne peut ni autoriser ni permettre une violation du droit des Ijens aussi brutale.

1. Grodno, sur la rive droite du Niémen, dans le gouvernement russe de ce nom, en Lithuanie; de 1673 à 1752, les diètes polonaises devaient s’y réunir de trois fois l’une ; là fut signé le traité de partage en 1793; là Stanislas, le dernier roi, abdiqua honteusement la couronne en 1795. 16,000 bab.

2. SÉRÉMssiME. Ce superlatif, comme tous les autres du même genre, excepté généralissime , qui est dû à Richelieu, nous vient de la langue italienne ; il accompagne habituellement le mot altesse.

3. Impressions. Voltaire emploie ce mot, tantôt sans régime, comme ici ; tantôt avec un régime : « qui fait toujours impression sur les hommes » (p.

43) ; tantôt, comme dans cette phrase

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