‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 73 sur 285 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

naître Charles pour protecteur, puisqu’il voulait l’etre, et qu’on était encore trop heureux qu’il se contentât de ce titre.

Les sénateurs, contraires à Auguste, publièrent hautement récrit sous ses yeux mêmes. Le peu qui lui étaient attachés^ demeurèrent dans le silence. Enfin, quand on apprit que Charles avançait â grandes journées, tous se préparèrent en confusion à partir; le cardinal quitta Varsovie des premiers; la plupart précipitèrent leur fuite, les uns pour aller attendre dans leurs terres le dénoûment de cette affaire, les autres pour aller soulever leurs amis. Il ne demeura auprès du roi que l’ambassadeur de l’Empereur, celui du czar, le nonce du pape et quelques évêques et palatins liés â sa fortune. Il fallait fuir, et on n’avait encore rien décidé en sa faveur. Il se hâta, avant de partir, de tenir un conseil avec ce petit nombre de sénateurs qui représentaient encore le sénat. Quelque zélés qu’ils fussent pour son service, ils étaient Polonais; ils avaient tous conçu une si grande aversion pour les troupes saxonnes, qu’ils n’osèrent pas lui accorder la liberté d’en faire venir au delà de six mille^pour sa défense; encore votèrent-ils que ces six mille hommes seraient commandés par le grand-général de la Pologne, et renvoyés immédiatement après la paix. Quant aux armées de la république, ils lui en laissèrent la disposition.

Après ce résultat, le roi quitta Varsovie, trop faible contre ses ennemis, et peu satisfait de son parti même. Il lit aussitôt publier ses universaux^ pour assembler la pospolite et les armées, qui n’étaient guère que de vains noms : il n’y avait rien à espérer en Lithuanie, où étaient les Sué-

« il n’avait donné de lui que de mauvaisès impressions » (p. 35).

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