‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 75 sur 285 · Six mille. Il faudrait six mille · texte numérisé non relu

Six mille. Il faudrait six mille

soldats ou six mille Saxons ; car le mot troupes ne peut pas être ici sous-entendu.

4. Universaux. On appelait ainsi les lettres circulaires, adressées par le roi de Pologne aux grands du royaume et aux palatinats, soit pour la convocation de la diète, soit pour les autres affaires du royaume. On disait aussi jadis les lettres roijaux , pour désigner, en France, les lettres qui s’expédiaient, en chancellerie, au nom du roi.

dois. L’armée de Pologne, réduite à peu de troupes, manquait d’armes, de provisions et de bonne volonté. La plus grande partie de la noblesse, intimidée, irrésolue, ou mal disposée, demeura dans ses terres. En vain le roi, autorisé par les lois de l’Etat, ordonne, sur peine de la vie à tous les gentilshommes de monter à cheval et dele suivre; il commençait h devenir problématique si on devait lui obéir^. Sa grande ressource était dans les troupes de son électorat, où la forme du gouvernement, entièrement absolue, ne lui laissait pas craindre une désobéissance. Il avait déjà mandé secrètement douze mille Saxons, qui s’avançaient avec précipitation. Il en faisaitencore revenir huit mille, qu’ilavait promis à l’Empereur dans la guerre de l’Empire contre la France^, et qu’il fut obligé de rappeler par la nécessité où il était réduit. Introduire tant de Saxons en Pologne, c’était révolter contre lui tous les esprits, et violer la loi faite par son parti même, qui ne lui en permettait que six mille; mais il savait bien que, s’il était vainqueur, on n’oserait pas se plaindre, et que, s’il était vaincu, on ne lui pardonnerait pas d’avoir même amené les six mille hommes. Pendant que ces soldats arrivaient par troupes, et qu’il allait de palatinat en palatinat rassembler la noblesse qui lui était attachée, le roi de Suède arriva^ enfin devant Varsovie, le 5 mai 1702. A la première sommation, les portes lui furent ouvertes. Il renvoya la garnison polonaise, congédia la garde bourgeoise, établit des corps- de-garde partout, et ordonna aux habitants de venir remettre toutes leurs armes ; mais, content de ^ les désarmer, et ne voulant pas les aigrir, il n’exigea d’eux qu’une contribution de cent mille francs. Leroi Auguste assemblait alors ses forces à Gracovie; il fut bien surpris d’y voir arriver le

1. Sur peine de la vie. On dirait aujourd’hui sous peine de la vie ou sous peine de mort.

2. Il commençait a devenir problématique SI... C’est une tournure qui paraît plus latine que française.

3. C’était la grande guerre de la Succession d’Espagne; l’empereur Léopold, soutenu par une grande partie de l’Empire, réclamait tout l’héritage du roi

d’Espagne, Charles II, pour son second fils, l’archiduc Charles.

4. Arrivaient.... Arriva.... Encore une de ces répétitions, dont Voltaire ne se fait pas faute, qu’il faut sans doute éviter autant que possible, mais que les puristes évitent trop souvent avec affectation.

5. Content de, se contentant de, sans aucune idée de plaisir.

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