‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 86 sur 285 · U VUE SECOND · texte numérisé non relu

U VUE SECOND

sans résistance. On avait préparé des chevaux de relais, sur lesquels ils furent sur-le-champ conduits à Leipsick où on les enferma étroitement. Ce coup dérangea les mesures de Charles, du cardinal, et de l’assemblée de Varsovie

La fortune, qui se joue des têtes couronnées, mit pres- (jue dans le môme temps le roi Auguste sur le point d’être pris lui môme. 11 était à table, à trois lieues de Cracovie, se reposant sur une garde avancée, et postée à quelque distance, lorsque le général llehnskôld parut subitement après avoir enlevé cette garde. Le roi de Pologne n’eut que le temps de monter à cheval, lui onzième. Le général Rehnskôld le poursuivit pendant quatre jours, prêt de ^ le saisir à tout moment. Le roi fuit jusqu’à Sandomir : le général suédois l’y suivit encore; et ce ne fut que par un bonheur singulier que ce prince échappa.

Pendant tout ce temps, le parti du roi Auguste traitait celui du cardinal et en était traité réciproquement de traître à la patrie. L’armée de la couronne était partagée entre les deux factions. Auguste, forcéenfin d’accepter le secours moscovite, se repentit de n’y avoir pas eu recours assez tôt. Il courait tantôt ^ en Saxe, où ses ressources étaient épuisées, tantôt il retournait en Pologne, où l’on n’osait le servir. D’un autre côté, le roi de Suède, victorieux et tranquille, régnait en effet ^ en Pologne.

Le comte Piper, qui avait dans l’esprit autant de politique que son maître avait de grandeur dans le sien, proposa alors à Charles XII de prendre pour lui-même la couronne de Pologne. Il lui représentait combien l’exécution cnétait facile avec une armée victorieuse, et un parli puissant dans le cœur d’un royaume qui lui était déjà soumis. Il le tentait par le titre de défenseur de la religion évangélique nom qui flattait l’ambition de Charles. Il était

1. Leipsick, dans l’électorat de Saxe. ' sur le point de. Voir la note 2 de la

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