Faire tête. On dit plutôt tenir tête
4. En 1702, après un avantage sur Schlippenbach, Pierre s’empara de Notebourg, à l’embouchure de la Néva, et l’appela Schlusselbourg ; il jeta en 1703 les fondements de Pétersbourg , prit Dorpat (juillet 1704), Narva (août 1704), et les autres villes d’Esthonie. Au siège de Narva, il eut recours à la ruse, en revêtant de l’uniforme suédois un corps de Busses, qui furent pris pour des troupes de renfort.
on s’y ressouvient des paroles qu’il adressa aux citoyens qui s’y rassemblèrent : « Ce n’est point du sang des habi- » tants que cette épée est teinte, mais de celui des » Moscovites, que j’ai répandu pour sauver vos vies^ »
Si le czar avait toujours eu cette humanité, c’était le premier - des hommes. Il aspirait à plus qu’à détruire des villes; il en fondait une alors, peu loin de Narva même, au milieu de ses nouvelles conquêtes ; c’était la ville de Pétersbourg % dont il fit depuis sa résidence et le centre du commerce. Elle est située entre la Finlande et l’Ingrie, dans une île marécageuse, autour de laquelle la Néva^ se divise en plusieurs bras, avant de tomber dans le golfe de Finlande ^ Lui-même traça le plan de la ville, de la ]
forteresse, du port, des quais qui l’embellissent, et des j
forts qui en défendent l’entrée. Cette île inculte et déserte, j qui n’était qu’un amas de boue pendant le court été de ces climats, et dans l’hiver qu’un étang glacé, où l’on ne pouvait aborder par terre qu’à travers des forêts sans route et des marais profonds, et qui n’avait été jusqu’alors que le repaire des loups et des ours, fut remplie, en 1703, de plus de trois cent mille hommes que le czar avait rassemblés de ses États. Les paysans du royaume d’Astracan, et ceux qui habitent les frontières de la Chine, furent transportés à Pétersbourg. Il fallut percer des forêts, faire des chemins, sécher des marais, élever des digues, avant de jeter les fondements de la ville. La nature fut forcée partout. Le czar s’obstina à peupler un pays qui semblait n’être pas destiné pour des hommes : ni les inondations qui ruinèrent ses ouvrages, ni la stérilité du terrain, ni l’ignorance des ouvriers^ ni la mortalité même, qui fit périr deux cent mille hommes dans ces commencements, ne lui