XL — LA RESTAURATION ; LOUIS XVIII ; CHARLES X
Politique ; mairie ; cent jours ; occupation. — Le gouvernement provisoire, après la chute de Napoléon, envoya une députation en Angleterre, à Louis XVIll, pour lui offrir la couronne. Le comte d'Artois arriva de Nancy à Paris, le 12 avril 1814, comme lieutenant-général du royaume.
Il fut bien accueilli sur sa route, parce qu^il avait sans cesse à la bouche ces mots qui résumaient tous les désirs et les griefs de la France : « La paix ! plus de conscription ! plus de droits réunis. »
Le 25 avril, le comte d'Artois signa, avec les puissances alliées, un acte préliminaire de la paix et le 3 mai, au lendemain de la déclaration de Saint-Ouen, Louis XVIII fit son entrée à Paris.
Curiosité et indifférence du côté des classes populaires, qui n'avaient d'affection et de regret que pour l'Empereur; enthousiasme et allégresse du côté des classes bourgeoises et élevées, à qui la dynastie nouvelle apportait la paix et la liberté.
Dès le 8 avril, le Conseil municipal envoie l'adresse suivante au gouvernement provisoire :
« Nos seigneurs,
« Les actes émanés du Sénat et du Gouvernement provi- » soire, depuis le 2 de ce mois, ont rempli l'espérance et le n vœu de tous les Français ; à peine délivrés du joug sous
» lequel nous gémissions, nous prolitoas des premiers mo- » menls de notre liberté pour manifester nos sentiments; B nous nous empressons, tant en notre nom personnel qu'en » celui des habitants de cette cité, de vous transmettre notre » adhésion entière et formelle, et l'assuranre de notre fidé- » lité à l'illustre fils de Henri IV et de Saint Louis que nos » cœurs, d'accord avec la nouvelle Charte constitutionnelle » et les droits de sa naissance, appellent à régner sur la » France.
» Nous devons aux augustes souverains, qui donaent en » ce moment au monde un si grand exemple de générosité » et de modération, le bonheur qui nous attend.
» Nous avons l'honneur d'être, avec un profond respect, » nos seigneurs, vos très humbles et très obéissants servi- » teurs. »
Une proclamation est allichée dans les carrefours et lieux publics.
« Habitants de Chartres,
» L'antique et noble race des Bourbons va de nouveau » régner sur nous, pour notre bonheur ; une nouvelle cons- » titution rend à nos vœux le fils d'Henri lY et de Saint » Louis; la paix est faite; la conscription n'enlèvera plus » nos enfants au toit paternel : nous n'aurons à supporter n que des contributions justes et modérées ; tous les gen- » res de prospérité nous sont à jamais assurés.
» Honneur aux augustes souverains dont la magnanimité » nous assure ces précieux avantages.
« Vive le roi Louis XVIII î Vive Alexandre ! Vive le roi » de Prusse ! Vivent les princes alliés. »
H Cette proclamation sera imprimée à 300 exemplaires, à la diligence de M. le Ala ire dont la conduite mesurée, ferme et prudente a mérité la reconnaissance générale de tous
s administrés. Le Conseil lui vote des remerciements les
lus exprès.
» Atlté, Juteau, Courtois père, Hiie de Lorville, Masson,
e Tellier, Letexierde Montainville, Barré, Vallou de Lancé,
evassor, M. Coubré, Coubré, Boisseau, Levassort-Mon-
téage, Renault, Bouvet-Jourdan, Bécourt, Marie Dufrène, de Gogué, Compain, Pougin. »
Le maire Billard n'a pas signé.
La cocarde blanche sera la cocarde française ; elle est prise par toute Tarmée, dans le département.
Un Te Deum solennel est chanté à la cathédrale pour rendre grâce à Dieu de Tavènement de Louis XVIII au trône de France. Les autorités civiles et militaires, décorées de la cocarde blanche, toutes les troupes de la place, au milieu desquelles flottait le drapeau blanc, orné de fleurs de lys, ont assisté à cette cérémonie, ainsi qu'un grand nombre de citoyens.
Le soir, illuminations des éditives publics et des maisons particulières.
La commune envoie le 30 avril, une députation à Monsieur, comte d'Artois; au discours du Président, Monsieur répond en ces termes :
« Messieurs,
« Je porterai à mon Frère l'expression de vos sentiments » pour lui et sa famille ; sa protection s'étendra toujours » sur une Ville qui lui sera précieuse par son attachement, » sa fidélité à ses Rois et l'utilité particulière de ses pro- » ductions. »
Dans la séance du 22 mai, le maire rappelle :
« Que toutes les villes du royaume, s'empressant de déposer au pied du trône l'hommage de leur attachement au Roi et à l'auguste maison de Bourbon, il convient que Chartres ne reste pas en arrière.
» Il invite donc le Conseil à délibérer une adresse et à nommer une députation chargée de la présenter à Sa Majesté. »
Le Conseil entend la lecture de plusieurs projets d'adresse, et adopte à l'unanimité celle dont la teneur suit : c( Sire,
« Au milieu des calamités qui, depuis vingt-cinq ans, ont » désolé la France, l'espérance ne nous a pas abandonnés, » et nos vœux ont constamment rappelé au trône les illus-
306 ^LA nESTAURÀTlON
» très rejetons de cette antique dynastie qui, pendant tant » de siècles, a fait la gloire et le bonheur des Français.
» Enfin la Providence les a exaucés, et nous avons éprouvé » des premiers les émotions de cette joie pure qui, comme » l'éclair, a passé d'une extrémité de la France à l'autre.
» C'est à Chartres, sire, que le père des Bourbons, Henri IV, » votre illustre aïeul, reçut l'onction sacrée.
» C'est de cette même ville que, le 5 octobre 1789, les » habitants toujours fidèles à ses descendants, adressèrent » une députation au vertueux Louis XVI, pour lui o&»ir au mi- » lieu d'eux, un asile que le roi Henri III y avait déjà trouvé, » le 11 mai 1588, après la journée des barricades; Votre » Majesté a daigné en marquer sa satisfaction, par une lettre » écrite de sa main, dont nous conservons pieusement la » copie dans nos archives.
» Notre postérité y verra un exemple du dévouement à » ses rois, et en même temps, la récompense la plus flatteuse » pour des sujets fidèles.
» Aujourd'hui, nous venons, au nom des habitants de cette » antique cité, déposer au pied du trône nos sentiments » d'amour, de respect, de dévouement, et de la plus entière » confiance dans les institutions que Votre Majesté croira )) devoir créer, pour fixer à jamais le bonheur de ses » sujets ! »
« La députation se composera de MM. Billard, maire, Marchand, adjoint ; de Gogué, ancien commandant du régiment royal Navarre cavalerie, chevalier de Saint-Lazare, Coubré et de Touraille, ancien maître des comptes.
A une adresse du Conseil général, le Roi répond, le 26 mai :
« Je reçois avec plaisir l'expression des sentiments que » viennent de m'exprimer MM. les députés du département » d'Eure-et-Loir; ils peuvent compter sur mes soins. »
La paix, signée le 30 mai 1814, est publiée le 2 juin; dès le lendemain, les souverains alliés quittèrent Paris et leurs armées commencèrent à évacuer le territoire.
Deux jours après, Louis XVIII, devenu réellement Roi de France, tint dans la salle du Palais-Bourbon, en présence
du Corps législatif et du Sénat, la séance royale de promulgation de la Charte constitutionnelle.
Le 5 juin, Te Deum à Téglise Notre-Dame, où assistent toutes les autorités ; les clercs de notaire, comme officiers de l'ancienne bazoche, remplissent les fonctions de héraults d'armes et publient la proclamation.
Dès le 15 mai, les conscrits de la classe 1815, sous les drapeaux, sont autorisés à rentrer dans leurs familles ; ceux déjà rentrés y sont maintenus.
Le baron de Montmorency, chef de la légion de la garde nationale d'Eure-et-Loir, prévient les officiers placés sous ses ordres, que S. M. leur a accordé la faveur de les autoriser à porter la décoration du Lys. Plus tard, les gardes nationales furent réorganisées ; le recensement comprit les hommes de 20 à 60 ans révolus.
Le duc d'Angoulême arrive à Chartres le 11 août 1814, venant du Mans. Une garde d'honneur est formée pour l'escorte et le service militaire de sa personne ; M. Coubré- Fonteny, chef de la cohorte de la garde nationale, la commande ; un arc de triomphe est élevé au-delà de la porte des Epars ; la place des Epars et les rues sont décorées.
Des salves d'artillerie et le son des cloches des paroisses font connaître l'arrivée du prince, le Corps de la ville l'attend à l'arc de triomphe, le maire le complimente.
Sitôt rendu à son palais, des danses publiques s'ouvrent SUT la promenade des Charbonniers ; à la chute du jour, illuminations.
La fête de Saint Louis est célébrée avec pompe et cérémonie, le 25 août; grand bal à la préfecture.
Son Altesse Royale, Madame la duchesse d'Angoulême doit passer à Chartres, vers le milieu de mars 1815, à son retour de Bordeaux. Un crédit de 5,000 fr. est voté pour les fêtes qui seront données à cette occasion.
Mais le maire annonce la rentrée de Napoléon Bonaparte, le 1**" mars 1815, dans le département du Var. Le Conseil pénétré d'indignation, renouvelle spontanément les assurances de son inviolable fidélité à Sa Majesté.
Le 6 mars, les chambres des pairs et des députés sont convoquées extraordinairement ; une ordonnance du roi est publiée ; elle est ainsi libellée :
« Napoléon Bonaparte est déclaré traître et rebelle, pour » s'être introduit à main armée dans le département du Var. » Il est ordonné de lui courir sus, de l'arrêter et de le tra- » duire incontinent devant un conseil de guerre. »
Sont nommés parle Roi, membres du Conseil, et installés le 9 mars 1814, en remplacement de la première moitié sortant:
MM. Dutemple-Chevrigny, Jumentier, Coubré Saint-Loup, Vallet-Boisseau, Foreau, Juteau-Siraonneau, Masson-Foreau, Courtois, Sédillot-Beaulieu, Maugars, Brochant-Roger, Arlaut fils, Rossard-JoUy, Simonneau- Foreau et Olivier de Fontaine.
M. Levassor-Montéage est nommé membre du Conseil (deuxième moitié), en remplacement de M. du Temple de Rougemont, non acceptant.
Après la prestation de serment,* le Conseil, à l'unanimité, arrête l'adresse au Roi dont la teneur suit : « Sire,
)) A la nouvelle de l'entreprise, aussi insensée ,qu'auda- » cieuse de Napoléon Bonaparte, le sentiment unanime du » Conseil municipal de Chartres a été celui de l'indi- » gnation.
)) Vous êtes, Sire, notre Roi légitime et chéri; vous êtes » notre père; ce double titre suffît pour assurer à jamais le » règne des Bourbons.
» Dans cette circonstance, recevez, avec nos serments de » fidélité, l'expression de l'amour des habitants de Chartres, » pour vous et votre auguste famille. »
Napoléon, de l'île d'Elbe, suivait avec anxiété les
événements qui se passaient en France, la marche et les fautes du gouvernement royal, l'état de l'opinion publique.
Il avait résolu de tenter la fortune et de reconquérir son trône. Il partit de Tîle d'Elbe, avec quatre petits bâtiments et un millier d'hommes ; débarqué à Saint-Raphaël le
i" mars 1815, sa marche fut un triomphe ininterrompu ; toutes les villes lui ouvrirent leurs portes, toutes les troupes l'acclamèrent; à Auxerre, il trouva le corps d'armée du maréchal Ney; qui se déclara pour lui avec enthousiasme.
Le 10 mars, à minuit, le Roi et sa famille quittèrent les Tuileries. Paris fut inquiet du départ du Roi; il vit revenir l'Empereur avec crainte ; mais il n'était nullement disposé à faire la guerre civile pour arrêter l'un, pour défendre l'autre. « Us m'ont laissé arriver, disait Napoléon deux jours après, comme ils les ont laissé partir. »
La nouvelle Constitution, qu'on appela Acte additionnel aux Constitutions de l'Empù*e^ n'inspira aucune confiance; les classes éclairées crurent que Napoléon s'en débarrasserait dès que le danger serait passé ; le peuple y fut indifférent comme à la Charte Royale ; d'ailleurs son enthousiasme pour l'Empereur était tombé, avec la certitude de la guerre, et d'une guerre implacable, contre tous, sans issue.
Réuni sur la convocation du préfet, le 28 mars 1815, le Conseil délibère une adresse à S. M. l'Empereur à l'occasion de son retour dans sa capitale :
» Sire,
» La Providence, dont les décrets sont impénétrables » vient de vous ramener dans la capitale de votre empire ; » que la paix au dehors et la tranquillité intérieure assurent » à jamais le bonheur des Français î L'union, la soumission » aux lois et l'obéissance aux souverains sont les seuls » moyens de parvenir à ce but désirable. Les habitants de » la ville de Chartres en donneront l'exemple, et le Conseil » municipal y concourra de tous ses moyens. »
La députation, pour présenter l'adresse à Sa Majesté comprend MM. Coubré-Fonteny, Maugars, membres du Conseil, Compaignon aîné, adjudant-major de la garde nationale; il leur est alloué une somme de mille francs pour frais de voyage.
Par arrêté du 12 mai 1815, du mihistre d'Etat, sont nommés :
310 LÀ nESTÀURÀTION
Lion, maire de la ville de Chartres.
Ghartier-Bouvet et Dufresnay-Senainville, adjoints.
Conseillers municipaux :
Le Tellier, Coubré-Fonteny, Bouvet-Jourdan, Pougin, Bélouis, avoué en remplacement de de Gogué de Moussonvilliers,
Le Tartre notaire, en remplacement de Montéage-Petit,
Guillerault chirurgien, en remplacement de Compain,
Crochart propriétaire, en remplacement de Letexier-Montainville,
Cadou négociant, au lieu de Vallou de Lancé négociant,
Levassor, Huart-Lamarre, Aillet, Hue-Lorville, Bonnet, Levassor-Montéage, Dutemple-Chevrigny, Jumentier,
Thibaut marchand, au lieu de Coubré-Sainl-Loup,
Vallet-Boisseau, Foreau, Juteau-Simonneau,
Raimbert, au lieu de Masson-Foreau,
Courtois, Sédillot-Beaulieu, Maugars, Brochand-Roger, Simonneau-Foreau,
Lesage, marchand de bois, au lieu d'Olivier de Fontaine.
Le serment est prêté par tous les conseillers.
Des élections eurent lieu pour la nouvelle Chambre des Représentants ; les républicains, les libéraux y dominaient ; ils arrivaient, pleins de rancunes et de défiance contre Napoléon, qui ne pouvait plus compter que sur Tarmée.
Cette armée, après le rappel des anciens soldats, ne se composait que de 350,000 hommes. Une partie de la garde nationale fut mobilisée pour la défense des places fortes, on fit appel aux enrôlements volontaires; en quatre mois, Tarmée devait comprendre de 6 à 700,000 hommes.
Mais TEurope précipitait déjà sur la frontière ses innombrables bataillons: 160,000 Anglais, Hollandais, Hanovriens, commandés par Wellington, et 120,000 Prussiens, sous les ordres de Blûcher, étaient arrivés en Belgique; 200,000 Russes, 200,000 Autrichiens étaient en marche.
Napoléon dirigea sur la Sambre 120,000 hommes parfaitement organisés et pleins d'enthousiasme. Avant d'aller se mettre à la tète de cette belle armée, il assista à la fête, dite
du Champ de mai^ pour la promulgation de TActe additionnel. Cette cérémonie fut grave et émouvante ; l'Empereur jetait à la foule des paroles enflammées ; jamais il ne fut plus inspiré, plus solennel, plus majestueux. Mais il y avait comme un voile de deuil sur toute cette pompe ; il y avait dans toutes les âmes le défaut de confiance, l'appréhension de grands malheurs, et pour ainsi dire, la certitude d'une défaite.
Victorieux des Prussiens, à Ligny, le 16 juin, mais après de grands efforts, pendant que Ney contenait l'armée anglaise aux Quatre bras et la forçait à la retraite, Napoléon était vaincu le 17 à Waterloo.
Rentré à Paris le 21, l'Empereur proclama le 22 son fils. Napoléon II, empereur des Français, et se retira à la Malmaison. Le 15 juillet, à Rochefort, il monta sur le Bellérophon, pour être conduit en Angleterre, se confiant à la générosité britannique ; mais il fut déclaré prisonnier et, malgré ses protestations, conduit à l'Ile Sainte-Hélène, qui devait être sa prison et son tombeau.
Louis XVIII rentra dans Paris, au milieu des acclamations de la garde nationale.
Le Préfet d'Eure-et-Loir, envoie le 10 juillet la circulaire suivante :
« Â Messieurs les Maires du département, » Monsieur le Maire,
» Le Roi est entré dans sa capitale, au milieu des accla- » mations et des vœux de ses fidèles sujets. Les affections, » les sentiments du peuple français ne sont plus compri- » mes.
» Publiez cet heureux événement, et que le drapeau » blanc, sur les édifices les plus élevés, annonce partout le » triomphe du Lys, l'espoir de la paix générale, et l'union D de tous les enfants de la grande famille sous l'autorité du » meilleur des pères.
» Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de mes senti- » ments affectueux.
» Le Préfet d'Eure-et-Loir, » Baron de Roujoux. »
Le 11 juillet 1815, le Conseil municipal lui vota une adresse :
« Sire,
» Des esclaves délivrés de leurs chaînes, des enfants qui » retrouvent un père, ne ressentent pas une joie plus vive » que celle que nous fait éprouver le retour de Votre » Majesté. Consternés à Taspect du génie du mal qui venait » encore désoler la France, courbés de nouveau sous le » joug du despotisme, en butte aux intrigues d'une faction » qui s'était réveillée et dont l'impuissance même ne faisait » qu'accroître la fureur, nous avons été contraints à Tinac- » tion et au silence, mais nos vœux au moins sont restés » libres !
» Ils ont accompagné Votre Majesté, dans la retraite qu'elle » s'est imposée pour épargner le sang de ses fidèles sujets, » et nous pressions de toute l'ardeur de nos vœux le mo- » ment où elle devait, selon sa promesse, nous ramener » encore une fois la paix et le bonheur.
)) Ces sentiments dont nous nous glorifions ne sont pas » ceux seulement du Conseil municipal : ils sont, ils ont » toujours été dans le cœur de l'universalité de nos conci- » toyens ; le bon peuple chartrain n'a jamais été égaré un » seul instant par les perfides suggestions de ses ennemis.
» Libres enfin, nous ne venons point adresser à Votre » Majesté ces froids compliments, nous ne venons point lui » promettre cette obéissance servile que commandait l'usur- » pation et la tyrannie, mais amour, fidélité, dévouement » sans bornes pour votre personne sacrée et l'auguste » famille des Bourbons.
» Tels sont les serments que nous venons, avec transport, » renouveler à vos pieds. »
Cette adresse sera portée au pied du trône par cinq conseillers : Simonneau, procureur du Roi, Masson, président de l'administration de la fabrique de Notre-Dame, Arlaut, Vallou de Lancé, Letexier de Montainville, propriétaires.
Le prince Guillaume de Prusse arrive à Chartres le
15 juillet; il y établit son quartier général.
Le Conseil du corps municipal lui présente une adresse : » Monseigneur,
» Le Maire, adjoints et membres du Conseil municipal de » Chartres, s'empressent de venir offrir à son Altesse Royale » leurs hommages respectueux.
» Nous regardons, Monseigneur, comme un grand hon- » neur pour notre ville de posséder un prince, aussi recom- » mandable par sa justice et son humanité, que par ses vertus » guerrières.
» C'est avec la plus grande confiance que nous remettons » sous la haute protection de V. A. R. nos vies et nos for- » tunes, en même temps que nous ne négligerons rien pour » que les troupes, commandées par Votre Altesse Royale, » soient pourvues de tous leurs besoins.
» Nous avons Thonneur d'être, avec le plus profond res- » pect. Monseigneur, de votre A. R. les très humbles et très » obéissants serviteurs.
» Lion, maire, Dufresnay adjoint, etc. »
Mais le 18 juillet, les caisses publiques sont enlevées par les ordres de l'intendant de l'armée ; des contributions de 2,600,000 fr. frappent le département; les réquisitions atteindront six millions.
En plus de cette charge énorme, les frais de subsistance, de nourriture, d'approvisionnements de fourrages pour l'armée sont imposés; il est impossible de fournir aux nouvelles demandes.
Il faut implorer la protection du Roi.
Les membres du Conseil, en exercice avant le départ du Roi, sont réinstallés; M. Billard comme maire. Lion et Marchand comme adjoints.
Le Conseil se divise en commissions; il se réunira tous les jours, à 11 heures du matin.
Le 3 août, pour l'anniversaire de la naissance du Roi de Prusse, il faut accorder aux troupes (1,100 hommes) des suppléments à la ration ordinaire, à la charge de la commune.
Des tables seront dressées sur la grande butte ; on
répartit entre les aubergistes, traitants, cafetiers et boulangers les différentes fournitures de vin, viandes, légumes et pain.
L'armée doit être réunie dans les Grands Prés pour l'office divin, une tribune est disposée pour que le ministre puisse haranguer les assistants.
Une illumination générale serait bien accueillie par le général en chef et l'état-major ; pour la tranquillité des habitants, le Conseil décide l'illumination.
Le comte de Bulow de Dennewitz, commandant des troupes I
cantonnées en Eure-et-Loir, donne les ordres les plus précis pour le maintien d'une exacte discipline ; toutes les propriétés seront protégées et respectées.
Les troupes seront reçues et logées comme il convient de le faire ; il est établi un tarif pour le prix des subsistances.
Les 22 et 23 août 1815, les électeurs du collège
électoral du département, réunis sous la présidence de M. le marquis d'Aligre, élisent député M. Billard, maire de Chartres.
M. Billard, élu député, quitte ses fonctions de maire le 15 septembre ; M. Billard Saint-Laumer, son frère, est nommé maire à sa place par le préfet.
Le Conseil prend la délibération suivante :
a Le Conseil municipal, considérant que, pendant quatorze » ans d'une administration toute paternelle, M. Billard a » consacré sans relâche, son temps et ses soins aux fonc- » tions dont il était chargé, qu'il n'a cessé de donner des » preuves de zèle et de dévouement à la chose publique, » surtout dans les circonstances difficiles où la Ville s'est » trouvée plus d'une fois ; que, par une conduite qui a tou- » jours été celle d'un vrai magistrat et par les services qu'il )> a rendus, il s'est acquis des titres ineffaçables à Testime » et à la reconnaissance de ses concitoyens.
» Prie M. Billard d'agréer l'expression de ses sentiments, » et lui vote des remerciements au nom de la Ville, dont il » est l'organe. »
L'administration est rendue aux magistrats français dès le mois de septembre; les réquisitions cessent; les troupes éti^ngères n'ont plus le droit de demander que la nourriture et l'entretien journaliers.
Il sera tenu compte à la France de tout ce que les armées étrangères ont perçu, depuis leur entrée sur le territoire.
Au milieu d'octobre 1815, première évacuation des troupes étrangères.
Une adresse est faite à M. le major Kreckvitz, commandant de place, en remerciement des services rendus par lui à la ville pendant la durée de son commandement ; on lui doit la sûreté des personnes et des propriétés, ainsi que la tranquillité.
Au moment de l'anniversaire de la mort de Louis XVI, le 16 janvier 1816, le maire, M. Billard jeune, avait pris l'arrêté suivant: « Le samedi 20 janvier de cette année, étant consacré à l'auguste cérémonie qui doit rappeler à tous les Français les grandes vertus de Louis XVI, le maire de Chartres prévient, qu'en vertu d'ordres supérieurs, il n'y aura en cette commune, pendant les journées du 19, 20 et 21 janvier, ni spectacles, ni marchés, ni danses, ni aucune fête.
Dès sa rentrée en France, Louis XVIII convoqua les Chambres, fit modifier les listes électorales, réduisit le nombre des députés, augmenta la Chambre des pairs et déclara la pairie héréditaire. Ces changements dérogeaient à la Charte ; la réaction commençait ; elle devint terrible et atroce, surtout dans le Midi qui était en véritable anarchie.
La Chambre nouvelle, ultra-royaliste fut qualifiée d'introu^ vable; le duc de Richelieu, chef du nouveau ministère, plein de droiture et de patriotisme, ami de l'empereur Alexandre, négocia activement la paix ; l'indemnité de guerre fut fixée à 700 millions de francs, auxquels il fallut ajouter 300 millions, pour réclamations ou autres causes. Les envahisseurs, au nombre de un million cent quarante mille étrangers, quittèrent le sol français ; la Sainte Alliance laissa dans nos places 150,000 soldats, pendant trois ans entretenus à nos frais; l'évacuation du territoire devait commencer le 30 novembre 1818.
Le 6 décembre 1815, le maréchal Ney fui condamné à mort par la Chambre des pairs, et le lendemain il était fusillé. Cette répression sanglante fut un malheur et une faute v la Chambre exagérait tellement son esprit rétrograde, que le ministère alarmé, après le vote du budget le 29 avril 1816, la prorogea jusqu'au 1**" octobre.
Après une conspiration de paysans à Grenoble, où vingtcinq conspirateurs furent guillotinés, plusieurs généraux de l'Empire furent encore fusillés, entre autres, le général Mouton-Duvernet, le 29 juillet, moins heureux que Drouot, Cambronne, Debelle, Travot, dont la peine de mort avait été commuée en détention ; les généraux Lefebvre-Desnouettes, Rigaud, Drouet d'Erlon, Lallemand frères, etc., n'échappèrent à la mort que par la fuite.
Le Roi, conseillé par M. Decazes, jeune magistrat qui avait gagné sa confiance, dissout la Chambre le 5 septembre 1816 et, aux élections du 25 septembre, sont élus députés: MM. le comte de Courtarvel de Pézé et Caquet, ancien maître de forges, maire de Fontaine-Simon.
Ces élections nouvelles donnent une chambre constitutionnelle qui se montra modérée. Dans la session suivante, les cours prévôtales, qui avaient si durement fonctionné, furent abolies.
La Cour prévôtale avait été installée le 15 mars en grande solennité, et le 18 eurent lieu la bénédiction des drapeaux, la prestation de serment de la garde nationale de Chartres et Tinauguration du buste du Roi.
Le baron Rouillard de Beauval, colonel de la légion, a présenté le drapeau à Notre-Dame où il a été béni par le curé; puis dans la cour de la préfecture, TEtat-major et toutes les compagnies, au bruit du canon et aux sons d'une musique militaire, ont prêté individuellement et avec enthousiasme, en présence de l'image révérée de S. M., le serment de fidélité à leur drapeau.
Le buste de S. M. a été porté sur un pavois à la mairie, et placé dans la salle de TEtat-major de la garde nationale.
Vu banquet de 400 couverts, servi en gras et en maigre,
était préparé dans la préfecture, pour la garde nationale et les autorités.
Le soir, les comédiens donnaient Le Roi et la Ligue ; Une nuit de la Garde Nationale; Le Bouquet royal. Il avait été exclusivement réservé, au spectacle, des places pour la garde nationale.
Comme nouvelle preuve de fidélité et d'amour pour le Roi, la garde nationale remet une somme de 2,003 fr. au préfet, le comte de Breteuil, l'offrant au Roi pour les besoins de l'Etat.
Le 28 avril, arrive pour prendre garnison, le régiment de dragons de Marie-Thérèse, maintenant chasseurs de la Dordogne: allégresse, fêtes, très beau bal offert par les officiers de la garde nationale.
Le tribunal de première instance, voulant donner au Roi, une nouvelle preuve de son dévouement, en contribuant au prompt armement de la garde nationale, donne une somme de 600 fr., pour l'acquisition de fusils.
Le corps des pompiers et plusieurs habitants offrent au Roi, pour être consacrés aux besoins de l'Etat, 1,639 fr. 75.
Sept avoués de la ville font le don des intérêts échus et à écheoir de leur actuel, pour 1816 et les quatre années suivantes.
Au mois de mars 1817, une adresse est envoyée au Roi pour que Chartres soit élevé au rang de bonne ville du Royaume.
« Les motifs sont puisés dans le respectueux dévouement » et l'inaltérable fidélité des habitants pour ses maîtres lé- » gitimes, sentiments constatés par des faits, et reconnus » par S. M. elle-même qui, dans une note autographe du 24 » mai 1797, a daigné faire parvenir aux habitants, par l'inter- » médiaire de M. le comte de Rochecot, son commandant » dans le pays chartrain, les témoignages particuliers de sa » satisfaction de leur conduite au mois d'octobre 1789, en » députant à l'infortuné Louis XF/, pour lui offrir parmi » eux une retraite assurée^ contre les brigands qui étaient » venus l'attaquer a Versailles (propre expression du Roi.)
L'adresse se terihine ainsi :
« Aujourd'hui nous venons, au nom des habitants de cette » antique cité, déposer au pied du trône, nos sentiments » d'amour, de respect, de dévouement et de la plus entière » confiance dans les institutions que V. M. croira devoir » créer, pour fixer à jamais le bonheur de ses sujets. »
Réponse du Roi.
« Je reçois avec plaisir les vœux des habitants de Chartres; » je sais que, dans tous les4emps, elle a donné des preuves » d'attachement à ma famille et je me plais à rappeler, dans » la capitale de la France, ce que j'ai dity pensé et écrit du » fond de l'Allemagne. »
Dans la séance du 9 septembre 1819, M. Sédillot, premier adjoint, propose au Conseil de donner un témoignage honorable de reconnaissance, à la mémoire de M. Billard jeune, maire, décédé en juillet.
« Considérant que, pendant les quatres années que M. Billard Saint-Laumer a exercé les fonctions de maire, les citoyens de la ville ont du à son zèle, à son intelligence et à sa surveillance continuelle, leur sûreté et la tranquillité ; que, grâce aux soins et à la sollicitude de ce magistrat, la classe indigente a vu ses subsistances assurées, pendant les moments pénibles et désastreux de la disette de 1816 à 1817
» Considérant qu'en général, son administration n'offre que des actes où se sont remarquées les vues du bien public.
» Considérant que des services de cette nature, rendus par un magistrat aussi intègre que désintéressé, méritent d'être l'objet des souvenirs de ses concitoyens.
» Considérant aussi que ce serait à juste titre, qu'ayant à se féliciter depuis dix-huit ans de la carrière administrative fournie par MM. Billard frères, le Conseil municipal, organe de ses concitoyens, profiterait de la circonstance actuelle pour les faire participer l'un et l'autre au même témoignage de reconnaissance, et qu'ainsi les services éminents des deux frères pourraient être rappelés et consacrés en même temps, par un acte administratif qui les transmettrait à la postérité.
» Par ces motifs, le Conseil municipal a délibéré ce qui suit :
» La place du Palais portera le nom de place Billard. »
Le présent sera soumis à l'approbation de M. le Préfet d'Eure-et-Loir.
« Le 18 octobre, M. Billard est nommé maire en remplacement de son frère.
Le ministère Decazes, libéral, avait pour lui les députés; mais la chambre des pairs était contre lui ; elle voulait modifier la loi électorale.
Le Roi résolut de changer cette loi; l'opinion publique s'exalta, la France était dans l'anxiété, lorsqu'une catastrophe vint précipiter le gouvernement dans la réaction, renverser le ministère, et conduire les Bourbons à leur ruine.
A la sortie de l'Opéra, le 13 février 1820, le duc de Berry a été frappé d'un coup de poignard, au moment où il montait en voiture; Louvel, l'assassin, l'a saisi fortement par derrière et lui a porté le coup dans le côté droit de la poitrine.
Le prince a poussé un cri, en retirant, de sa main, le fer resté dans la plaie, et il est tombé, baigné dans son sang, entre les bras des personnes de sa suite.
La blessure était mortelle ; on le transporta dans une pièce voisine; il mourut en implorant la miséricorde divine. Le Roi était arrivé auprès de lui : comme dernière grâce invoquée par un mourant, il demanda la grâce de son assassin. Ce fut sa dernière prière.
Louvel avait été arrêté par un garçon limonadier et une sentinelle ; il fut déposé dans un bureau de théâtre de l'Opéra. Il est âgé de 36 ans, n'a ni femme ni enfants ; il était employé comme garçon sellier dans les écuries du Roi; il n'a pas de complices: il a obéi à sa haine personnelle contre la maison de Bourbon, seul mobile d'un attentat, médité par lui depuis quatre ans.
Une adresse est envoyée au Roi, le 18 février, elle est ainsi conçue :
« Sire,
» Le Conseil municipal de la ville de Chartres, organe de tous ses concitoyens, dont le zèle et le dévouement sont
320 LA nBSTAU RATION
déjà connus de votre Majesté, vient déposer au pied du trône Texpression des sentiments de douleur et d'indignation, dont les a pénétrés Thorrible attentat qui plonge la France dans le deuil et lui ravit un prince, Tobjet de son amour et de plus ses chères espérances.
» Le fanatisme révolutionnaire qui, depuis trente ans, ne cesse d'agiter les peuples et d'ébranler les trônes, a mis le poignard à la main d'un nouveau Ravailhac, pour l'enfoncer au cœur d'un digne fils de Henry. Déplorable eflfet de ces écrits séditieux qui prêchent ouvertement le mépris de la religion et de la morale, la haine de l'autorité et de la légitimité, et les doctrines les plus subversives de l'ordre social.
» Sire, la France, la monarchie, votre famille, votre Majesté, sont menacées ; sauvez-les, nous vous en conjurons.
» Puisse le ciel s'apaiser par le sang de cette dernière victime ; puisse-t-il exaucer les vœux ardents que nous lui adressons pour la conservation des jours de l'infortunée princesse, dont nous partageons la douleur, et du précieux fruit qu'elle porte dans son sein !
Billard, maire, etc. »
A l'occasion de la naissance du duc de Bordeaux, Te deum le 6 octobre 1820; réjouissances. 5,000 livres de pain sont distribuées aux pauvres des deux paroisses : 3,000 à Saint- Pierre ; 2,000 à Notre-Dame ; des cervelats, du vin, sont aussi donnés aux indigents sur la place des barricades ; le soir, danses, illuminations sur la butte des charbonniers.
Les habitants sont invités à pavoiser leurs maisons et à illuminer.
Le canon est tiré le matin, et pendant le Te deum.
Une somme de 2,400 fr. est votée pour les frais de la fête.
Une adresse est envoyée au Roi. On en usait beaucoup à cette époque.
En 1823, la guerre d'Espagne fut entreprise, pour rendre au roi Ferdinand VII son pouvoir absolu ; l'armée française entra en Espagne le 6 avril. Le duc d'Angoulême, revenant de la guerre, s'arrêta à Chartres le 2 décembre.
« Madame accourait au devant du Prince ; c'est par l'escalier même du palais, que ces augustes époux, modèles des bons princes, comme des bons ménages, se sont donné les plus touchantes marques de tendresse, au milieu de témoins profondément émus de cette scène de bonheur.
» Monseigneur ne cessait de répéter : Vous voilà ! vous voilà donc ! tout est fini. Et Madame répétait à son tour : Oui, tout est fini, et si bien, si bien ! »
Le Conseil envoie une adresse au Roi ; pour perpétuer le souvenir du passage et du séjour de leurs AA. RR. Monseigneur le Duc et Madame la Duchesse d'Angouléme, il est pris le délibéré qui suit:
« l^ L'entrée de la ville de Chartres, dite de la Comédie, » prendra le nom de porte d'Angouléme.
» 2'» La rue du Cheval-blanc s'appellera désormais, rue d'Angoulême.
L'année suivante, le Conseil vote la commande à Garnier, peintre, président de l'Académie des Beaux-Arts, un tableau rappelant le passage de son A. R. le duc d'Angoulême ; le prix est fixé à 5,000 fr. : l'État paiera la moitié, la ville, l'autre moitié ; le tableau aura douze pieds deux pouces de long, sept pieds dix pouces de haut, sans compter la bordure.
Les royalistes prirent le plus aveugle orgueil du succès de cette expédition ; ils continuèrent les mesures qui augmentèrent l'irritation populaire.
La chambre fut dissoute ; des élections eurent lieu, entachées de fraude et de corruption ; il ne resta que dix-neuf libéraux.
Louis XVIII mourut le 16 septembre 1824.
A ces élections du 26 février 1824, furent nommés, à Chartres, le vicomte de Courtarvel; à Nogent-Ie-Rotrou, M. Le Chapelier de Grandmaison, maire d'Unverre ; dans les collèges du département, le comte de Pinieux, maire de Garnay et M. Simonneau, procureur du Roi à Chartres.
Le comte d'Artois succéda à son frère, sous le nom
de Charles X; dès le 24 septembre 1824, une adresse lui est envoyée au nom de la commune.
« Sire,
« Les maire, adjoints et membres du conseil municipal » de la ville de Chartres, s'empressent de porter au pied » du trône de V. M., Thommage de leur amour et de leur » inaltérable fidélité.
» Le règne de Louis XVIII sera continué par Charles X » et, si quelque chose peut adoucir Tamertume des regrets » que nous a causés la perte de Louis le Désiré, c'est la » certitude que la France n'a fait que changer de protecteur.
» Vivez longtemps. Sire, pour le bonheur de celte belle » France, qui ne peut désormais compter sur son salut, » qu^autant que les descendants de Saint-Louis et d'Henri IV » seront les arbitres de ses destinées.
)) Billard, maire, Vallou, adjoint, La Chapelle de Lava- » renne, Bellierdela Chavignerie, de Montainville, Louvan- » cour père. Hue de Lorville,Levassor, Valletde Lubriat, etc.»
Les lois sur le sacrilège, le majorât, contre la presse, votées par les députés, furent repoussées par la chambre des pairs ; un milliard de francs fut voté aux émigrés. L'opposition grandissait sans cesse ; parmi les royalistes même, un parti plus clairvoyant voyait avec terreur la marche du gouvernement; la magistrature se prononçait contre l'établissement illégal des jésuites.
En avril 1827, froidement accueilli à une revue de la garde nationale, Charles X dissout les légions, et se prive ainsi de la principale force qui pouvait le défendre contre une insurrection.
Croyant, en voyant la prospérité du commerce et de l'industrie, que la masse de la population était pour lui, M. de Villèle fit dissoudre, par le Roi, la Chambre au mois de novembre 1827, afin de s'assurer, par de nouvelles élections, une majorité pour sept ans.
Les listes électorales et du jury, aflichées en Eure-et-Loir, indiquent :
Electeurs pour le premier arrondissement électoral 527 — second r- 438
* — pour tout le département 965
Le collège électoral du département comprend 241 électeurs, dont la cote contributive du moins imposé est de 1,293 fr. 36.
Pour le jury, il y a une deuxième partie : fonctionnaires nommés par le roi, officiers retraités, médecins, notaires, etc., formant 175, qui, avec 965, font 1,140 électeurs pour le jury en Eure-et-Loir.
Sont élus députés aux élections de novembre : MM. Busson, avoué à Châteaudun et Firmin-Didot père, imprimeur à Paris ; les élus du collège électoral du département sont : MM. Dutemple de Chevrigny, maire de Coltainville et Dubouexic, comte de Pînieux, député sortant.
L'opposition triomphait ; le ministère de Villèle succomba, et le ministère Martignac lui succéda, sans avoir cependant les sympathies du Roi: ce fut un temps d*arrètdans la décadence de la monarchie restaurée. Le 9 août 1829, M. de Polignac constitue un ministère, rétrograde, comme le voulait le Roi.
A l'ouverture de la session, le 19 mars 1830, en réponse au discours du Roi, l'adresse de la Chambre des Députés, à une majorité de 221 voix contre 181, déclara franchement au Roi « que le concours des vues politiques de son Gou- » vernement, avec les vœux de son peuple, n'existait pas». Prorogation, puis dissolution de la Chambre, et les collèges électoraux sont convoqués pour le 23 juin et le 3 juillet.
L'expédition d'Alger, habilement et glorieusement conduite, amena la capitulation du Bey, le 4 juillet ; elle n'eut pas d'influence sur les élections et l'opinion publique. Les 221 furent renommés, grossis de cinquante autres membres de l'opposition; il fallait que le roi cédât, ou qu'il fit un coup d'État.
Le 26 juillet 1830, parurent les ordonnances qui abolissaient la liberté de la presse, annulaient les dernières élections et créaient un nouveau système électoral. C'était la destruction de la Constitution.
Aussitôt Paris se révolta, au cri de : Vive la Charte ! Le peuple engagea la lutte avec les troupes ; le combat dura
324 LA RESTAt RATION
trois jours ; on arbora le drapeau tricolore, les troupes royales durent sortir de Paris. Charles X et le duc d'Angoulême, réfugiés à Rambouillet, abdiquèrent vainement en faveur du duc de Bordeaux : ils durent quitter la France.
Les Chambres modifièrent la Charte, rétablirent le principe de la souveraineté nationale et, le 9 août 1830, nommèrent Roi des Français, le duc d'Orléans, sous le nom de Louis- Philippe I".
Budget, octrois, éclairage. — Le règlement de Tannée 1813, avait donné un excédent de 5,450 fr. 51, avec une recette de 149,861 fr. 73 et une dépense de 143,411 fr. 46.
La ville est autorisée à modifier le budget de 1814 ; il y a eu des dépenses non prévues causées, soit par les désordres des trois premiers mois de Texercice, et les embarras inséparables des derniers événements. Depuis le mois de janvier, la ville a eu à loger plus de 30,000 prisonniers de guerre, et plus de cent mille hommes de troupe nationale de toute arme, sans compter les blessés et mahides, qui arrivaient tous les jours sans être annoncés ; de plus, la ville a été occupée par les troupes alliées, qu'il a fallu entretenir et défrayer pendant les premiers jours d'avril ; le grand quartier général leur a succédé et a constamment séjourné dans la ville, depuis le 13 avril.
Les droits de location des places dans les marchés sont portés, en 1815, à 15,100 fr. à l'adjudication, mais l'établissement de ces perceptions a fait le plus grand tort aux marchés de la ville ; les droits sont plus faibles dans les marchés environnants; les cultivateurs viennent plus rarement à Chartres, et les marchés ont perdu la moitié de leur importance.
La moyenne du rendement de l'octroi, pendant 14 ans, est de 78,000 fr. ; les autres recettes donnent 30,085 fr. ; soit en totalité, 108,000 fr. ; les dépenses ordinaires atteignent le total de 77,600 fr. ; il reste 30,400 Ir. pour les dépenses extraordinaires.
Dans la séance du 20 août 1816, le maire fait une proposition pour l'augmentation du tarif.
La population soumise à Toctroi est de 13,800 âmes ; de 69,940 fr, on arrive à 76,037 fr. pour le produit annuel.
En 1816, le rendement net de l'octroi est de 82,718 fr. 25; il est en 1817 de 73,126 fr. 15; en 1818, de 94,034 fr. 78.
Un nouveau marché pour l'éclairage de la ville, pendant six ans, est passé à partir du 1" janvier 1819, au rabais, avec Galliot, moyennant 224 dix-millièmes de franc par bec et par heure. Les lanternes contiennent actuellement 278 becs ; elles sont allumées pendant six mois. On allumera pendant huit mois, et il y aura 331 becs.
Le nombre moyen des heures d'éclairage, dans le courant de ces huit mois, est de 1,007 ; 331 becs, brûlant pendant 1,007 heures, produisent 333,317 heures d'éclairage qui, à raison de 224/10,000 de franc, donnent une dépense annuelle de 7,466 fr. 30. En y comprenant d'autres petites dépenses, le crédit est porté à 8,000 fr.
A partir de 1826, une mise enferme fut établie pour douze ans ; tous les becs seront établis au nouveau modèle ; 135 réverbères, contenant 338 becs, sont nécessaires ; 89, avec 214 becs, devront être fournis à neuf; le prix du bec par heure est élevé, de 2 cent. 24, à 2 cent. 25; l'augmentation est de 750 fr. par an. '
Dans le budget de 1820, il est attribué une somme de
2,399 fr. pour la construction d'une glacière, devant servir à l'agrément des habitants et à l'avantage particulier des malades ; 2,200 fr. pour les pompes, 2,000 fr. pour les fêtes publiques.
Une somme de 2,500 fr. est votée pour les fêtes et réjouissances, données à l'occasion du baptême du duc de Bordeaux, le 1'*^ mai 1821.
En exécution de la loi du 24 juin 1824, relative à la
perception des droits sur l'eau-de-vie, il est fait une modification au tarif, le produit restant à peu près le même.
La quantité moyenne d'hectolitres d'eau-de-vie, liqueurs et esprits, introduite dans la commune, est de 1,300 environ, produisant 5,760 fr. ; le droit sur l'alcool est fixé à 6 fr. 70 l'hectolitre.
Les recettes des budgets, comme les dépenses, se maintiennent aux environs de 120,000 fr. ; les recettes de Toctroi, à 80 ou 90,000 fr. jusqu'à la fin de la Restauration.
Travaux, puits artésien, pompiers. — Le passage sous la voûte de la porte Guillaume était difficile ; dès le mois de février 1815, l'abaissement du pont est décidé ; la dépense est fixée à 4,389 fr. 39.
Le tertre Saint-Nicolas sert de communication entre la haute et la basse ville ; la pente est très rapide et très escarpée; il est fréquenté parlesporteurs d'eau, hommes, femmes et enfants, au nombre de 400, qui montent de la fontaine Saint- André : le passage est dangereux pour des gens chargés, surtout pendant l'hiver. Le travail de réfection, qui coûtera 7,742 fr. 07, est tout entier dans l'intérêt de la classe indigente et laborieuse.
Les bâtiments de l'ancienne porte Drouaise ont été démolis ; une promenade a été plantée en avant. La place Drouaise sera embellie, et un escalier de quatre marches la fera communiquer avec la butte des Charbonniers. Le projet du sieur Blot, de maisons de chaque côté de la porte, est adopté ; il est vendu pour bâtir 11 ares 88 centiares de terrain, à raison de 10 fr. l'are.
« La question du cimetière revient en 1816. Depuis longtemps, il n'en existe plus qu'un; il a 78 ares 71 centiares; il peut servir encore à la sépulture de 3,339 corps, en supposant une population de 15,000 âmes, suivant les probabilités ordinaires d'une mortalité annuelle de 450 individus.
» Le renouvellement des fosses, dans le même endroit, ne devrait avoir lieu qu'après sept ans révolus, au lieu de cinq ; le cimetière est donc plus que suffisant ; mais, vu l'éloignement de l'église Saint-Pierre, le clergé succombant aux fatigues de ses courses multipliées, les marguilliers demandent qu'un cimetière soit créé au clos de Saint-Père. Les pourparlers ont été commencés en 1808, pour l'achat d'un hectare de vigne en ce lieu.
» Le terrain choisi est le clos de M. Levassor, ancien no-
taire ; il est alloué 4,000 fr. pour 100 ares de vigne. On a fait des fouilles ; il est reconnu qu'un bon terrassier peut creuser une fosse en dix heures ; le prix de creusement ne dépassera pas deux francs: il est actuellement de 1 fr. 25. Le chemin de Chartres à Saint-Cheron sera élargi ». Le projet est adopté.
Le préfet prend un arrêté pour le numérotage des maisons, conforme à la délibération du Conseil ; ce travail va être exécuté.
Le plan de la ville a été commencé en 1813, il n'est pas terminé par le géomètre, M. Damars ; il est repris, les alignements des rues seront indiqués ; les plans partiels seront vérifiés par une commission.
Il y a encombrement dans les marchés, surtout dans les grands ; la place des halles est insuffisante ; elle n'est pas trop grande pour le dépôt des grains et la circulation des voitures ; les pailles et les fourrages se vendront à l'avenir sur la place des Epars.
On pourra transporter, sur la place de l'ancien palais, le marché aux herbes qui encombre la rue au Lait, et le marché aux pois et aux fruits qui se tient dans le cloître ; le marché neuf, plus tard place Marceau, pourra recevoir le marché à la volaille et celui au beurre.
La commission, chargée d'examiner tous ces projets, se composait de: MM. Vallou de Boisroger, Hue de Lorville, Artault, Levassor-Montéage et Rossard.
Le petit marché aux chevaux se tient tous les samedis sur la place des halles, vis à vis l'auberge du Vert-Galant ; il s'y produit des embarras ; ce marché est transporté sur la place des Epars, vis à vis l'auberge des Trois-Maures.
Les plans pour la construction des maisons sur la place des Epars sont arrêtés, au commencement de l'année 1817.
Des arbres sont plantés sur les terrains communaux ; des ormes sur les places du jeu de paume, delà porte Drouaise, du vieux trou ; des peupliers dans les grands-prés. Les propriétaires, riverains des grandes routes, sont tenus de planter, au bord de leurs propriétés ; s'il ne font pas cette
plantation avant la fin de Tannée, elle sera effectuée d'office, et les retardataires condamnés à Tamende voulue par le décret du 16 décembre 1811.
Pendant plus de dix années, une discussion dura entre la Ville et Tautorité militaire, à propos des casernements ; en 1810, par décret du 19 juillet, le gouvernement avait donné en toute propriété à la ville, le quartier d'infanterie des Saints-Pères, le quartier de cavalerie de Saint-André, l'ancienne église de ce nom, servant actuellement de magasin à fourrage, les greniers magasins de Loëns, pour la manutention des vivres. La Ville doit entretenir tous ces bâtiments et pourvoir au logement de 500 hommes d'infanterie, 300 de cavalerie. Mais on ne peut loger que 700 fantassins et 200 cavaliers, comme avant la Révolution ; le magasin à fourrage doit contenir 200,000 rations complètes.
La Ville demande que cette donation soit déclarée nulle et non avenue ; l'entretien de ces bâtiments, qui occupent 6,283 mètres de superficie, est hors de proportion avec les revenus de la ville : on offre un prélèvement annuel fixé.
En 1822, le Conseil voudrait un régiment de cavalerie de la garde nationale ; il a voté 80,000 fr. pour cela ; il vote 87,300 fr., en 1825. Ce dernier vote a été sanctionné par ordonnance royale, du 23 novembre 1825, pour le casernement complet de deux régiments de cavalerie ; il n'y eut que 200 fr. de supplément pendant les travaux. Le décompte définitif fut réglé le 4 mai 1830.
a Le 2 juin 1818, MM. Charpentier et Guillaume, propriétaires aux moulins de la Barre et des Saumons, demandent que la décharge de la rivière l'Eure, détruite à l'endroit dit r.lt'^' Maria ^ qui a été comblé, soit rétablie sur eon ancienne dimension, attendu que cette suppression donne du regord et cause un dommage considérable à leurs usines.
» Cette demande est accordée, à la condition que les pétitionnaires établiront un gué ou caniveau bien pavé, qui permette la libre circulation, sans crainte d'y rester embourbé, et un pont solide de cinq pieds de large, avec garde-fous pour
les gens de pied, Tenlretien restant aux frais des pétitionnaires. »
L'égout-aqueduc Saint-Michel, pour assainir la place des Epars et les quartiers environnants, est adjugé le 2 mars 1818 ; il doit coûter 32,966 fr. 55.
La charpente des cloches du beffroi, dans le clocher neuf, est en mauvais état; il y a danger; « la chute du timbre, » placé dans une lanterne à deux ou trois cents pieds de la » voûte, et dont le poids est de 10 ou 12,000 livres, entrai- » nerait les inconvénients les plus graves, par rapport à » l'édifice et pour la sûreté des personnes ». 11 est voté une somme de 2,273 fr. 98 pour la réparation.
Par suite de la loi du 24 août 1893, l'ancien Hôtel de ville, situé rue des Changes, a été vendu ; THôtel actuel a été pris à loyer ; il appartient aux hospices ; la Ville Tacheté en 1822, moyennant la somme de 38,000 fr. que les hospices réemploieront en acquisition de biens ruraux.
En 1822, création de la promenade Saint-Michel ; la dépense est évaluée à 22,000 fr. ; un conseiller avait proposé d'établir deux cents mètres de bancs : il parait inutile de fournir des sièges pour 400 personnes ; il suflira de réparer les vingt bancs qui existent.
Sur le total de la dépense, il est attribué 9,100 fr. aux ateliers de charité.
Le Conseil général, en décembre 1826, adopte les plans de M. Damars, architecte, pour la construction d'un tribunal civil.
Depuis dix ans, le Conseil a le désir d'établir un
abattoir public ; en 1826, M. Bouton a proposé de l'installer à ses frais,, moyennant la concession des droits pendant un certain nombre d'années.
En 1828, l'affaire revient devant le Conseil. « La popula- » tion de la commune, expose le Maire, se monte à 13,714 » âmes ; il y a 30 bouchers, 14 charcutiers ; il existe 20 échau- » doirs ou tueries particulières en ville, 2 dans les faubourgs, » 7 fonderies de suif en branche dans l'intérieur.
» Année commune, il est abattu : 646 bœufs, 838 vaches,
» 4,379 veaux, 2,040 moutons, 1,333 porcs, non compris » 5,949 kilog. de viandes dépecées et débitées par des bou* )> chers horzains. »
Une commission est nommée.
Le budget, en 1818, attribuait la somme de 4,000 fr.
pour le pavage des rues ; après un très intéressant rapport de M. Damars, le 14 mai 1830, il sera porté une allocation annuelle de 10,000 fr. pour cet objet, lorsque les ressources de la ville le permettront.
Le service de Tenlèvement des boues et immondices est mal fait par les vignerons qui en sont chargés ; il y a des plaintes continuelles ; le Conseil décide d'affermer ce travail pour onze ans.
Le 15 janvier 1816, le corps des pompiers avait été
réorganisé par un règlement additionnel.
Pour le service des incendies, on conserve le règlement du 9 avril 1793; pour la police de la ville, subsidiairement à la garde nationale, le corps sera organisé militairement:
Un capitaine commandant,
Un lieutenant, un sous-lieutenant.
Deux commissaires aux incendies, un tambour.
Première escouade : un sergent, un caporal, 11 fusilliers. Deuxième — — — 15 travailleurs,
Troisième — — — 17 pompiers.
En totalité : trois officiers, deux commissaires, un tambour, 49 sous-officiers et pompiers.
Dans la nuit du samedi, 19 mars 1825, un incendie a détruit une grande partie du hameau de Beaulieu. Seize habitations (13 seulement étaient assurées) comprenant cent creux ou espaces de bâtiment, ont été la proie des flammes ; plus de soixante individus se trouvent sans asile, après avoir perdu leur logement, celui de leurs bestiaux, le produit de leur récolte et leur mobilier.
On a déploré la mort d'un vieillard, étouffé dans les flammes; quelques travailleurs ont été grièvement blessés. La perte parait être au moins de soixante mille francs.
Il sera fait une quête générale ; trente-deux dames
charitables se sont présentées dans toutes les maisons; elles ont reçu l'offrande du riche et le denier du pauvre.
La troupe des comédiens a donné une représentation au bénéfice des incendiés.
Le 23 mai 1825,1a foudre est tombée sur un des clochers; un incendie se déclare ; on parvient à l'éteindre et la Cathédrale est sauvée.
Au mois de juin 1827, violent incendie au Coudray ; en moins d'une heure, plus de 300 bâtiments, formant ensemble 57 habitations, sont détruits. Plus de 200 individus sont sans asile et sans ressources; la perte dépasse 200,000 fr.
Le vœu général était de voir amener l'eau dans la
ville. Le 19 décembre 1825, un plombier, nommé Petey, propose l'établissement d'un service hydraulique, à ses frais, devant coûter 200,000 fr., prenant l'eau près le pont de la Courtille.
Une commission est nommée pour examiner le projet ; M. Vallou de Boisroger, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, rapporteur, conclut en disant que les moyens d'exécution ne sont pas susceptibles de remplir le but que se propose le pétitionnaire.
Petey, par de nouvelles propositions, prend le tout à ses risques et périls, demande une concession de cinquante ans, avec un tarif modéré ; après cette période, il laissera toute son installation à la Ville. Il établira six fontaines publiques.
Mais le 16 mars 1828, « Petey père expose que son grand âge, la maladie dont il est atteint depuis plusieurs mois, le » dénûment de ressources pécuniaires, l'empêchent d'ache- » ver l'établissement par lui entrepris, de fontaines publi- » ques. Il propose à la Ville de lui faire l'abandon de ses » bâtiments, emplacements, mécanique, tuyaux et réservoir, » lui ayant jusqu'à ce jour coûté 50,000 fr. »
Une commission est nommée pour examiner si la machine hydraulique de Petey, peut fournir par jour, les mille poinçons d'eau nécessaires à la Ville, et s'il est possible d'atteindre ce but en la faisant mouvoir par deux chevaux.
Sont nommés : MM. Jumentier, Vallou de Boisroger, Jolly de Hayes, Cadou, Guillaume, Melin, Batteau et Postel.
Le 26 mars, première expérience; huit corps de pompe seulement, sur dix, «sont mis en activité, afin de donner moins de tirage aux chevaux ; en vingt et une minutes, le produit a été de six poinçons et demi.
Nouvelle expérience le 27 mars ; sept pompes seulement fonctionnent, la tige d*un piston s'étant brisée ; la résistance diminue encore. L'eau a coulé pendant une heure quinze minutes ; il y a eu 27 poinçons d'eau, en diminuant le temps perdu par les relais.
Le produit du travail d'une heure est de 20 poinçons, 80 élevés ; en multipliant par 48 heures, on trouve qu'en deux jours, la machine produit 1,002 poinçons; il faudrait donc une seconde machine pareille pour obtenir 1,000 poinçons en un jour.
Il y aurait aussi à savoir combien il faut de chevaux pour le travail journalier; en travaillant, comme dans les manèges, 6 heures sur 24, il faudrait 16 chevaux; quelquefois un cheval fait 8 heures de travail, il en faudrait alors 12.
Sur le rapport de M. Vallou de Boisroger, au nom de la commission, il n'y a pas lieu de traiter pour l'achat de la machine, qui est insuffisante.
De toutes parts, on s'occupait de puits artésiens. Le
9 janvier 1828, la ville traite avec MM. Degousée et Byerlay pour l'établissement d'un puits artésien, moyennant la somme de 14,000 fr., dans l'emplacement du Cloître Notre- Dame, point le plus élevé de la ville. Le tuyau aura deux pouces et demi de diamètre ; on percera toutes les couches de grès, sable, silex et de nature quelconque, jusqu'à une profondeur de 600 pieds, l'eau devant monter à la surface du pavé, ou à six pieds au plus en contrebas.
Si l'eau n'arrive qu'à 30 pieds du sol, les entrepreneurs établiront, à leurs frais, une pompe à balancier ou à manivelle, dont le corps sera en cuivre et le tuyau en plomb.
S'il y a plus de 30 pieds de profondeur jusqu'au niveau de l'eau, ils ne recevront que 5,000 fr., à titre d'indemnité.
En septembre 1829, Degousée se plaint de pertes considérables de temps et d'argent, par la trop grande épaisseur de silex pendant le forage; on lui promet 1,000 fr., lorsque le forage aura atteint la profondeur de 300 pieds.
Degousée demande, en octobre, que les frais soient supportés maintenant par la Ville,. renonçant aux primes ; il y a trop de difficultés ; son oflfre est repoussée. Le 24 octobre, l'entrepreneur abandonne le travail et retire ses ouvriers.
Le 17 mars 1830, résiliation du traité avec Degousée et Bierley, sans indemnité de part ni d'autre ; la somme de mille francs versée reste acquise, les outils seront enlevés dans le délai d'un mois, et le puits, ainsi que les tuyaux posés, appartiendront à la Ville : la profondeur atteinte était de 200 pieds.
MM. Flachat frères prétendent que l'on trouvera l'eau à 700 pieds; leur proposition, très onéreuse, n'est pas acceptée ; il est mis à la disposition du maire une somme de 6,000 fr., pour faire exécuter les travaux à la journée, par des ouvriers de la ville, ou par des compagnies de sondage.
Enfin, le 11 juin 1830, la ville traite avec Mulot, serruriermécanicien à Epernay, ayant une grande réputation pour les sondages ; le diamètre du tuyau lui parait insuffisant pour atteindre de grandes profondeurs, il faudrait huit pouces ; on devra forer un autre puits.
Le traité est passé pour un puits de 8 pouces de diamètre à l'orifice, et de 2 pouces au moins à son extrémité ; le tuyau, en fonte, aura 3 lignes d'épaisseur; l'entrepreneur ira à 600 pieds sans interruption.
S'il y a de l'eau jaillissante, il sera payé à Mulot, pour le succès à 300 pieds, 10,000 fr., à 400 pieds, 14,000 fr., à 500 pieds, 20,000 fr., à 600 pieds, 26,000 fr.
Si, à 600 pieds, on n'obtient rien, il sera payé à Mulot, 20,000 fr., à titre d'indemnité.
Agriculture, marchés, prix, correctionnelle. — Dès le mois de janvier 1815, en application de la loi du 23 septembre 1814, suivant laquelle doivent être vendus 300,000 hectares de
bois de l'Etat, il est procédé, à la Préfecture, à la vente du sol et de la superficie du bois de Vemouillet, 159 hectares, chêne et bouleau, estimé 67,981 fr. ; du bois de Digny, chêne, 60 hect. 21 ares, 72,662 fr. 46.
En novembre, les règlements des leveuses, des mesureurs et des portefaix sont réunis en un seul syndicat ; les syndicats des bouchers, des charcutiers et des boulangers simplifieront les rapports avec la police.
Il existe 67 leveuses, réparties en 15 sociétés ; les mesureurs sont au nombre de six; les portefaix, de 250; ces derniers porteront au côté gauche, une médaille ronde en cuivre, ayant en exergue. Département d' Eure-et-Loir, Ville de Chartres; pour inscription, portefaix, surmonté de trois fleurs de lys.
La communauté sera régie par trois syndics et six agrégés ; chaque portefaix, à sa réception, versera dans la caisse commune : les fils de maître, 25 fr., les gendres 30 fr., les étrangers 35 fr. ; les balayeuses sur la halle au blé devront être de bonne vie et mœurs.
En 1816, le Conseil délibère sur la tarification des foires et marchés.
Les boutiques en planches, sur les champs de foire de mai et de septembre, emplacements et loges de ceux qui montrent des animaux, emplacements des baladins et sauteurs, seront loués à fr. 45 le mètre carré.
Les tentes pour marchands de vins, les terrains occupés par les fripiers, revendeurs, ferrailleurs, potiers de terre, fayenciers, ouvrages en osier, etc., — le mètre carré Ofr. 25.
Les grains, farine, son, recoupe, légumes secs, l'hectolitre fr. 08.
Les moutons, bêtes à laine, par tête fr. 05.
Les chevaux, juments, mulets, bœufs, taureaux, fr. 40. Les vaches, génisses, porcs, mulets, ânes, fr. 10. Les veaux, chèvres, cochons de lait, fr. 05.
Les paniers et mannequins de fruits, beurre, œufs, volailles, légumes, gibier, poisson salé, à fr. 06 le mètre carré, etc.
A partir de mai 1818, les boutiques de la foire des barri-
cades seront transportées sur la promenade de la grande butte.
En octobre 1814, Thectolitre de blé valait 18 fr. 50,
le pain de 4 kilog. 1 fr. 12.
Le blé tombe, en février 1815, à 15 fr. 30 Thectolitre ; le pain à 1 fr., le pain bis à fr. 75.
Le café moka vaut 2 fr. le 1/2 kilog. ; le café Bourbon 1 fr. 50 ; le sucre en pain 1 fr. 90 le 1/2 kilog.
Les cours du blé à Thectolitre s'établissent comme suit, le 28 juin 1815 : Chartres 15 fr. ; Orléans 14 fr. 70; Angers 16 fr. 50; Troyes 14 fr. 08; Bayonne 22 fr. 44; Lyon 19 fr. 50; Amiens 12 fr. 85.
Les quantités de grains vendus par le carreau des halles a été : en 1813, de 259,330 hectolitres, d'après les appréciateurs; en 1814, de 173,009; en 1815, de 231,125. La vente par échantillons est défendue aux étrangers ; elle ferait tort aux marchés.
En mai 1816, Thectolitre de blé monte à 26 fr. 75. Le 26 décembre, il atteint le prix de 38 fr. ; le pain de quatre kilog., 2 fr. 15; le pain bis, 1 fr. 67, et à Paris, le sac de farine de 15 myriagrammes vaut 123 à 130 fr.
En janvier 1817, dans la seconde quinzaine, il est amené aux marchés de : Chartres 31,500 hectolitres, vendus à 38 fr. 52; Gallardon, 3,821 hect. à 35 fr. 67; Châteaudun, 3,868 hect. à 33 fr. 43.
Le 3 avril 1817, le blé est coté à Chartres 40 fr. 50 Thectolitre, et à Gallardon 36 fr.
Le prix du blé à Chartres atteint 58 fr. l'hectolitre, au 5 juin 1817 ; 60 fr. à Gallardon; la farine, à Paris, monte de 170 à 180 fr. le sac de 160 kilog., et descend un mois après à 100 ou 105 fr.
Une disette effroyable apparaissait; le peuple manquait de pain; il fallut donner à la classe indigente les moyens de subsister jusqu'à la prochaine récolte.
En juin, la dépense pour travaux atteint 20,000 fr. ; il est fait des distributions de pain à domicile. A'ingt-deux conseillers, à la séance, souscrivent pour une somme totale de 5,600 fr.
A partir de la récolte, une baisse survient sur lés grains; il est amené sur la halle, le 1*''' juillet, 2,925 hectolitres à 35 fr. 25 ; le 1*^ septembre, 8,800 hect. à 31 fr. 75; le 25 décembre 1817, le cours est de 33 fr. 50, le sac de farine, à Paris, vaut de 92 à 96 fr.
On ne tolérera plus que quatre mesures de blé soient cumulées dans le même sac, ce qui donne un poids de 155 kilog., trop fort pour les portefaix âgés; le sac sera réglé à trois mesures.
Une halle aux graines de trèfle, luzerne et sainfoin est établie ; ce marché se tiendra tous les samedis, le matin ; les ventes se feront au poids; chaque sachée, ou balle de graines ne pourra excéder 240 livres; le marché sera exempt de tous droits de placage.
Une halle publique, pour la vente des farines, sera ouverte les jours de marché, dans les bâtiments du grenier à sel.
Du 14 juillet au 5 août, depuis Tépoque de la maturité des grains ronds jusqu'à la récolte, les pigeons de la commune seront renfermés.
Sur la demande de MM. Cintrât, laboureur à Archevilliers et Guyot à la Banlieue, par chaque setier de terre, suivant la loi du 6 octobre 1791, on fixe le nombre de trois bétes à laine que les cultivateurs, faisant valoir, pourront envoyer au parcours, sur le territoire de la commune.
En 1818, le blé descend, de 25 fr. Fhectolitre en janvier, à 20 fr. en décembre ; le pain, de 1 fr. 42 les 4 kilog., à 1 fr. 12 ; la graine de trèfle, de 156 fr. les 100 kilog., à 90 fr.
L'ouverture des ateliers de charité a lieu seulement le 30 novembre, et le nombre des travailleurs est réduit à 150, le prix du pain étant redevenu normal.
En 1819, à cause de Tinsuflisance de la foire aux laines du samedi après la Saint-Jean, il est établi, à Chartres, une deuxième foire, le troisième jeudi de juillet et une troisième au 24 août, jour de la fête de Saint-Barthélémy. Une ordonnance du Roi accorde ces deux foires nouvelles.
En 1819, de 18 fr. 50 Thectolitre en janvier, le blé descend à 15 fr. en décembre; il monte en 1820, de 16 fr. à 26 fr. 50.
Mauvaise récolte de vins et autres boissons, en 1821 ; le produit de Toctroi a baissé beaucoup.
En 1822, le plus bas cours du blé est de 14 fr. l'hectolitre, en mai; les prix varient de 15 à 20 fr., jusqu'en 1828; au mois d'août, il remonte à 27 fr. l'hectolitre, le pain à 1 fr. 50, la farine à 68 ou 70 fr. ; en 1829, au commencement de l'année, le cours est de 34 fr., et dans le premier semestre de 1830, il reste aux environs de 23 fr.
La statistique, au commencement de 1830, indique,
pour la population totale de la France, 31,601,578 habitants. Eure-et-Loir en comprend 278,215, et doit fournir un contingent de 528 conscrits.
La surface de la France est d'environ 52 millions d'hectares, dont 1,852,480 en vignes; le produit moyen annuel s'élève à 4,014,300 hectolitres de vin, au prix moyen de 15 fr. 61 ; le produit total atteint 626,632,000 fr.
Un hectare de vigne produit, en moyenne, 21 hectolitres 2/3, d'une valeur de 336 fr. 26.
40 ans auparavant, en 1790, la France produisait 14 milliards de livres de grains ; sa population était alors de 25 millions d'habitants, ce qui portait la consommation, semence prélevée, à 583 livres de blé par tête, ou une livre dix onces de pain par jour.
La population s'est depuis augmentée d'environ six millions d'habitants ; les subsistances ont dû suivre cet accroissement ; elles s'élèvent en effet au niveau des besoins, les exportations et les importations étant nulles; la récolte devrait donc être d'environ 17 milliards de livres de blé, semence comprise, pour nourrir environ 32 millions d'habitants.
Mais loin de là, la récolte générale est à peu près la même qu'autrefois; cela tient à ce que, depuis la Révolution, les terrains en valeur ont été cultivés, plutôt en vignes et prairies artificielles, en plantes légumineuses et pommes de terre surtout, qu'en froment et autres céréales.
Les boulangers réclament ; le blé de la dernière récolte, pour 159 kilog. de farine, ne produit que 52 pains de
Un, pour une jetée par une fenêtre,
Un, pour porc gâté, que Ton enfouit sous terre,
Un, contre un marchand étalagiste, pour avoir étalé sa marchandise le dimanche,
Un, pour vente de grains sur échantillons,
Un, pour pierres jetées contre les demoiselles d'une pension qui étaient en promenade ; deux jours de prison,
Un, contre deux maîtres ouvriers, pour avoir occupé des ouvriers sans y avoir été autorisés.
Un, contre le propriétaire d'une cheminée en mauvais état.
A paçtir du mois de juin 1827, le tribunal de commerce tiendra ses audiences, le mardi de chaque semaine, à une heure précise de relevée, dans le local ordinaire. Hôtel de la Mairie.
Religion, charité, instruction. — En juin 1814, l'observation du repos du dimanche, consacré aux cérémonies religieuses, est obligatoire.
Un service funèbre, pour Louis XVI et son auguste famille, est célébré dans Téglise Saint-Pierre, le 6 juillet.
Le 15 août, procession pour le vœu du Roi Louis XIII, au milieu d'une foule immense.
Les fêtes de la bénédiction des deux cloches de l'église Notre-Dame eurent lieu le 28 juillet 1815.
Leurs A. R. Monsieur, comte d'Artois et Madame, duchesse d'Angoulême, sont parrain et marraine, représentés par le vicomte de Sesmaisons, lieutenant-général, et la comtesse de Gontaut-Biron.
Voici la nomenclature des anciennes cloches :
« Dans le vieux clocher : Marie, du poids de 27,000 livres, de 6 pieds 10 pouces de diamètre, de 7 pieds de hauteur; elle avait été fondue le 17 mai 1499 et refondue en 1520.
» Gabriel, de 20,000 livres, fondue en 1413; 6 pieds 4 pouces de diamètre, 6 de haut.
» Guillaume.
» Dans le clocher neuf : Anne de Bretagne, donnée en 1510 par la reine Anne, cassée par un coup de canon le
340 LA BBSTAURATION
3 mars 1591, lors du siège de Chartres, refondue en 1630, 1650, 1659 et 1669 ; 5 pieds 9 pouces de diamètre.
» Renée, refondue en 1683 et alors nommée Elisabeth ; 5 pieds dé diamètre.
» Le gros moineau; le petit moineau; Piat qui existe encore. »
Ces cinq cloches ont été fondues ou refondues, il y a environ 44 ans, vers 1770; il en restait seulement trois en 1815.
En 1824, est mis en vigueur un règlement nouveau du droit de fabrique, pour les mariages et inhumations.
« Mariage de premier ordre : deux fauteuils, un prie-dieu, avec garnitures et tapis de pied, deux carreaux, le poêle et Targenterie, 30 fr. ; les chaises, les serviteurs de Téglise et autres droits, 20 fr. ; ensemble 50 fr.
» Mariage de deuxième ordre, 25 fr. ; de troisième, 5 fr.
» Pour mariage de nuit, l'éclairage de Téglise, 6 fr., 3 fr., 1 fr. «
Convois :
« l®*" ordre, 328 fr. ; avec catafalque au chœur, mausolée à la maison du mort, 100 fr. en plus.
» 2« ordre, 175 fr. 75 ; 3° ordre, 73 fr. 57 ; 4« ordre, 25 fr. 25. »
Convois d'enfants : « 1**^ ordre, 16 fr. 50 ; 2® ordre, 3 fr. »
Au mois d'octobre 1819, le Conseil général et le
Conseil d'arrondissement ont émis un vœu, transmise S. M., pour l'établissement d'un siège épiscopal à Chartres; le Conseil municipal émet le même vœu.
L'ancien évêché de Chartres va être rétabli ; le 21 août 1821, le Conseil vote 10,000 fr. pour cet objet, améliorations aux bâtiments, etc.
Le 19 juillet 1822, M. Rémond abandonne à la commune l'Eglise de Saint-Aignan et le cimetière en dépendant, à la condition expresse que la dite église ne pourra servir qu'à l'exercice du culte catholique, après l'établissement d'une cure ou succursale.
La proposition est transmise à Monseigneur l'Evêque, lequel crée une paroisse.
Les ateliers de charité ont été fermés en novembre
Il restait au mois d'octobre 1816, une somme disponible de 18,000 fr., pour le travail à donner aux indigents valides. Les travaux de la filature commencent le 4 novembre ; les ateliers publics sont dispersés sur plusieurs points de la ville.
La disette est extrême, une souscription pour secourir les indigents, faite à domicile, par le maire, les adjoints et les membres du Conseil, produit plus de 20,000 francs.
En mars 1817, une économie de 10,699 fr., faite Tannée précédente, est utilisée pour les secours.
Au mois d'août, les distributions extraordinaires de pain cessent ; le prix du grain diminue : le pain avait valu 3 fr. 05 les 4 kilog.
Pour les trois derniers mois de 1816 et les neuf premiers de 1817, il a été donné 77,760 fr. 84 pour secourir les indigents ; on estime, pour Thiver, les besoins à une quarantaine de mille francs ; il y aurait un déficit de 16,000 fr. que Ton espère combler par la quête annuelle qui, en 1817, a produit 23,315 fr. 51.
» Le marquis d'Aligre, Pair de France et Madame la marquise d'Aligre, fondent, en juin 1818, à perpétuité, à rhospice des vieillards dit des bonshommes, six lits d'hommes et six lits de femmes, pour l'entretien desquels ils donnent une rente sur l'Etat, de 3,960 fr.
» La fondation est acceptée avec reconnaissance ; le maire rappelle les bienfaits signalés dont, depuis des siècles, la ville de Chartres est redevable aux ancêtres du noble Pair, qui les renouvelle aujourd'hui. »
Par testament, du 17 octobre 1827, M. Pierre-Paul Chasles, lègue 20,000 fr. à l'administration des hospices, pour faire apprendre des métiers auxjeunes garçons et aux jeunes filles pauvres ; il sera fondé une rente perpétuelle, dont les arrérages serviront à payer les frais d'apprentissage.
Au commencement de janvier 1829, les ateliers de charité ont plus que doublé, par suite de la cherté excessive du pain ; on travaillera jusqu'à la première quinzaine du mois de mars ; il est accordé 7,000 fr. en plus et en
342 LA RESTAU nATION
mai, le nombre des malheureux augmentant, le pain restant cher, et les travaux ne reprenant pas, un emprunt volontaire de 15,000 fr. est fait aux habitants aisés : il sera remboursé en 1832, sans intérêts.
En février 1830, Thiver étant très rigoureux, il a été admis aux ateliers, de 340 à 360 ouvriers indigents ; Tallocation portée au budget étant épuisée, le Conseil vote 9,000 fr.
Le budget de 1819, comprend, pour l'instruction
publique :
I Collège, déduction faite de la rétribution des élèves : 9,000 fr. — pour le maître de dessin 960
» Pour les frères Scholars, compris les frais de prix 3,100 } 14,260 fr. — la bibliothèque 1,000
> Entretien des bâtiments de la bibliothèque et des écoles 200
Depuis Tannée 1817, le nombre des frères Scholars avait été porté à 5, au lieu de 4 ; celui des classes, à 4 au lieu de 3. Le» frères touchent 600 fr. chacun, soit 3,000 fr. en totalité pour ce budget.
M. Chauveau, régent de mathématiques au Collège, après trente-quatre ans de services, reçoit une retraite annuelle de 1,000 fr.
Une pension de 400 fr., annuelle et viagère, est votée à M. Chevalier qui, pendant 40 ans, a instruit la jeunesse.
En 1819, M. de Paris offre 200 fr., pour la formation d'une école d'enseignement mutuel.
« Les frères des Ecoles chrétiennes sont établis en cette » ville, explique le maire, depuis 1699 ou 1700; ils se livrent » à renseignement primaire de la manière la plus satisfai- » santé; Futilité de leur établissement est si vivement senti, i) qu'il vient d'être fait un don de 10,000 fr. pour sa conser- » vation. »
L'offre de M. de Paris ne peut, en conséquence, être acceptée.
Au concours de l'université, en 1822, Greslou, élève de deuxième au collège Louis le Grand, DouUay élève de troisième au collège royal Bourbon, déjà couronné Tannée
dernière, ont obtenu : Greslou, le premier prix de vers latins et trois accessits, Doullay, les premiers prix de version latine et d'histoire, un accessit en thème; Billard Saint-Laumer, élève de troisième au collège royal de Charlemagne, un accessit en vers latins.
Le 25 août, à la fête patronale de S. M., les jeunes Greslou et Doullay recevront chacun un ouvrage de littérature, au nom de la Ville, et Billard Saint-Laumer, une couronne, le tout pouvant coûter 300 fr.
En 1824, au concours de l'université, Greslou et Doullay en rhétorique, Ledoux et Frédéric Saint-Laumer en cinquième, ont obtenu des récompenses ; une somme de 300 fr. est votée pour prix en leur faveur.
Ledoux et Frédéric Saint-Laumer sont encore récompensés en 1826.
A partir de 1831, le principal du collège cessera de recevoir un traitement.
« Le pensionnat du collège est régi, au compte seul du )) principal, quia à sa disposition de vastes bâtiments, entre- » tenus aux frais de la commune, et dont il ne paye ni loyer » ni contributions.
» Il est notoire qu'il en retire un bénéfice considérable » et c'est un abus réel de lui accorder un traitement ; il ne )> tient d'ailleurs point de classe. Les 1,800 fr. qui lui étaient » annuellement alloués seront retranchés au prochain » budget. »
La loterie avait été supprimée en France, le 1*' janvier
Sciences, arts, fôtes. — Au mois de novembre 1815, la duchesse douarière d'Orléans fait don des tapisseries, déposées à la Ville, dont elle a hérité de son père Monseigneur le duc de Penthièvre. Ces tapisseries seront déposées dans la grande salle.
Le 18 janvier 1816, les artistes lyriques, composant la troupe d'opéra du théâtre, donnent Le Roi et la Ligue^ opéracomique en deux actes, musique de Boschsa, La jeune veuve
de Chartres ou Les amants valets^ comédie-vaudeville en un acte, de de Rougemont ; Les deux boxeurs ou Les Anglais de Falaise^ vaudeville en un acte.
Voici l'annonce d'une fêle :
« Mairie de Champhol.
» Fête villageoise.
» Le maire de Champhol fixe au dimanche 8 octobre présent mois, l'assemblée de Sèche-côte, à l'occasion de la fête patronale de Saint-Denis, et il prévient que le lieu destiné aux danses sera bien éclairé.
Fait en mairie, le 1" octobre 1820.
Le Maire de Champhol, Gbnin. »
Les 20 et 21 décembre 1823, arrivent le deuxième
régiment de cuirassiers et le deuxième de hussards, revenant de la guerre d'Espagne. Voulant fêter la brave armée des Pyrénées, un arc de triomphe sera établi sur la place des Epars ; le Corps municipal ira à la rencontre des régiments et les complimentera; un repas sera ofiFert aux officiers des cuirassiers ; une bouteille de vin sera donnée à chaque soldat, ainsi qu'une ration d'eau-de-vie le lendemain matin, au départ.
Le lendemain, un bal avec souper sera offert aux officiers de hussards de la Meurthe ; chaque soldat recevra une bouteille de vin et une ration de viande.
« Le 23 janvier 1824, le Conseil règle les dépenses des fêtes :
)) Passage de Madame 191 fr. 40
» Annonce de la délivrance du Roi d'Espagne. 76 70
» Passage de Monseigneur le duc d'Angoulême. 484 45 » Fêtes à l'armée d'Espagne 5,847 61
» Total 6,600 fr. 16
Le 19 juin 1826, réjouissances pour le sacre du Roi Charles X. Danses, jeux publics, distribution de comestibles aux indigents ; illuminations et décors : 2,000 fr. ont été votés pour cette fête.
— M. Chevard, qui a été deux fois maire de Chartres, est décédé le 9 mai 1826, à Tâge de 78 ans. En quittant le notariat, il devint conseiller de préfecture, puis inspecteur des prisons, membre de la société d'agriculture ; il publia en Tan X, son histoire de Chartres et du pays chartrain.
Une subvention de 600 fr. est allouée, en 1828, au corps de musique.
Quatre concurrents se présentent, cette même année, au concours pour la pUce de maître de dessin. M. Gilbert, de Paris, élève du célèbre peintre M. le chevalier Régnault, est reçu le premier.
Le 4 février 1830, Hervé, libraire, cède \di feuille d'annonces du département à Félix Durand. A la fin de Tannée, Durand traite avec Sellèque, éditeur du Glaneur^ et les deux feuilles fusionnent.
Trois bals par souscription sont donnés, pour secourir la classe indigente ; ils produisent 1,728 fr. 75.
Au mois de mars, on joue Mignot au théâtre. « Cette
pièce, dit un critique, qui a fait grand bruit dans la capitale, n'a pu produire le même effet à Chartres ; les rôles principaux ont été fort mal rendus : le vieux Micallef ne savait pas un mot du sien, Troy s'est bien acquitté du personnage de Mignot ; Victor a fait du roi Casimir un véritable Cassandre.
» Que dirions-nous de la grosse Marion Delorme ? Au » moins, l'actrice, par sa tournure, ne dément pas l'origine » de la personne.
» C'est dommage que le personnage le mieux tracé de la » pièce ait été le plus mal rendu.
» Le rôle de Mignot, la blanchisseuse, n'a pas été senti » par Madame Troy.
» Si Troy veut se soutenir jusqu'à la fin de l'année théâ- » traie, qu'il abandonne l'opéra. »
Pas tendre pour les artistes, ce sévère critique.
Politique, mairie, banquets réformistes. — Charles X, après les journées de juillet 1830, abdiqua en faveur de son petitfils, Henri V ; il quitta Saint-Cloud pour Rambouillet et s'embarqua le 16 août à Cherbourg, à destination de l'Angleterre. Le 9 août, Louis-Philippe fut proclamé Roi par les Chambres.
Pendant les trois jours de lutte sanglante de juillet, 6,000 tués ou blessés à Paris, ont payé le triomphe de la liberté.
M. Isambert, conseiller à la cour de cassation, est élu député, par 271 voix; M. Adelphe Chasles, maire de Chartres, en obtient 154.
Après l'élection, M. Isambert prononce un discours et parle en ces termes de M. Adelphe Chasles :
« Que mon jeune concurrent se console de n'être pas en- » core arrivé au noble poste qu'il ambitionne. Vous ne lui » avez pas refusé vos suffrages, de même que je ne consi- » dère pas comme m'étant refusés, ceux qu'il doit à son ai- » mable caractère, aux talents heureux dont la nature s'est » plu à l'orner, aux services qu'il a déjà rendus à ses con- » citoyens, à ceux qu'il rendra certainement à la Ville » importante, dont l'administration lui est confiée. »
Les deux concurrents se pressent la main et s'embrassent au milieu des applaudissements.
M. A. Chasles, nommé maire de Chartres par le Roi, le 19 août 1830, est installé le 27.
Le 29 adresse au Roi :
« Sire,
» La ville de Chartres, comme toutes les autres cités françaises, aime la gloire et la liberté; c'est vous dire avec quel enthousiasme les Chartrains ont accueilli Tavènement au trône d'un prince, qui partagea la gloire de nos armes et dont le cœur brûla toujours de l'amour de la patrie.
» Sire, nous voulons, avec la liberté, la paix intérieure et l'indépendance nationale ; et, seul, à la suite de la grande semaine, vous pouvez calmer tout à coup la tempête, satisfaire à toutes les exigences de l'opinion, devenue défiante envers l'autorité suprême, et imposer aux puissances étrangères le respect de nos droits et de notre indépendance. Oui, nous répétons avec conviction ce mot d'un grand citoyen : « Vous êtes l'homme qu'il nous fallait. »
» Duc d'Orléans, vous fûtes l'ami de toutes nos libertés et de toutes nos gloires ; Roi des Français vous en serez le gardien et le protecteur; la grande nation compte sur vous; comptez aussi sur le dévouement et la fidélité de tous les Français.
» Régnez longtemps sur nous; que vos enfants régnent à jamais sur nos enfants.
» Vive le Roi ! Vivent les Orléans! »
Des remerciements sont votés à M. Billard, maire démissionnaire, qui a occupé les fonctions pendant 28 ans.
« Une administration toujours juste et bienveillante, un zèle éclairé, une sage économie dans l'emploi des fonds communaux, tels sont les titres qui ont acquis, à M. Billard, l'estime et la considération générale qui l'accompagnent dans sa retraite. »
La garde nationale s'organise ; elle envoie des adresses au Roi des Français, au Roi citoyen, au général Lafayette.
Il est voté 2,000 fr., pour le premier établissement et 1,500 fr., pour le service de la garde pendant les quatre derniers mois de l'année; 3,600 fr. pour l'année 1831.
Le Conseil d'administration se compose de Cabart, colonel commandant, Maugars chef de bataillon, Rogeard capi*
taine, Camiaille lieutenant, Ouellard sous-lieutenant, Boucher sergent-major, Parfait caporal et Bonnet chasseur.
A la réunion de la garde nationale, eut lieu la remise du drapeau par le préfet ; ce drapeau était un présent du Roi- Citoyen. Discours du préfet ; cris de : Vive le Roi ! vive Lafayette î vivent les Polonais !
Banquet, pour les officiers, à la Préfecture; feu d'artifice.
Les noms de place et de rue Marceau, changés le 31 octobre 1815, sont rétablis.
Le 16 novembre 1830, sont nommés conseillers : MM. Bellier de la Chavignerie, Coubré, Cosme, Jannyot, Barrier, Moline, Bonnet, Rozier, Hérisson, Guillaume de Bassoncourt, Maugars aîné, Compaignon, Vallet de Lubriat, Postel, Bouvel-Mézières, Brochant-Boisville, Raimbert, Chartier, du Temple Montafilan, Isambert, Didier-Texier, Letartre secrétaire, Levassor d'Yerville, Cadou, Thibault, Boisseau, Le Tellier, Brochand, Garnier-Courtois.
En décembre, M. Isambert, député, propose à la Chambre, que le nombre des archevêchés soit réduit à 9, celui des évéchés à 44, conformément à la bulle du Pape Pie VII, du 9 avril 1803. Cette proposition n'ayant pas été prise en considération, Tévèché de Chartres fut maintenu.
La souscription au profit des blessés, veuves et orphelins des combattants de juillet, a produit la somme de 11,375 fr.
La Belgique se sépare de la Hollande. Le duc de
Nemours, fils de Louis-Philippe est élu Roi ; Louis-Philippe n'accepte pas cette royauté pour son fils, afin de ne pas susciter une guerre européenne et Léopold I®*" prend possession du trône.
La statue de Napoléon est replacée sur la colonne de la place Vendôme.
En avril 1831, la nouvelle loi électorale est votée. Tout français jouissant de ses droits civils et politiques, âgé de 25 ans, payant 200 fr. de contributions annuelles, est électeur.
Le dimanche 5 mai 1831, fête de Louis-Philippe. Salves d'artillerie, illuminations, feu d'artifice, mât de cocagne, suivant l'usage.
Aux élections législatives du 7 juillet, M. Isambert obtient 345 voix, M. Chasles 337 ; la majorité absolue étant de 357, le ballotage a lieu le même jour. Au deuxième tour, la majorité absolue est de 354, Chasles est élu par 354 voix, contre Isambert, qui a 349 voix. Il se produit des protestations.
M. Didot est élu à Dreux; M. Texierà Nogent-le-Rotrou.
Le 28 juillet 1831, pour l'anniversaire des journées, un coup de canon est tiré à chaque heure, de six heures du matin à six heures du soir. A huit heures du matin, distribution de 5,000 livres de pain; à cinq heures du soir, mât de cocagne à la place Châtelet et danses publiques sur la butte des Charbonniers ; le soir, illumination de cette butte et des édifices publics ; à deux heures d'après-midi, revue dans les grands-prés de la garde nationale, des sapeurspompiers et du régiment de cuirassiers de la garnison.
La ville de Chartres est divisée en cinq sections pour
les élections ; les électeurs sont au nombre de 762.
La population chartraine est de 14,523 habitants ; quatre ans auparavant, elle n'était que de 13,706.
Pour la France entière, la population a augmenté en dix ans de 1,932,057 habitants; elle est de31,851,545 individus. La durée moyenne de la vie était, avant la Révolution, de 28 ans 3/4 ; aujourd'hui, de 31 ans 1/2.
Le Conseil municipal élu est installé le 16 novembre 1831 ; les membres prêtent serment. Ce sont :
MM. Chasles, maire, Durand et Letellier, adjoints ;
Durand-Ledreux, Chasles Adelphe, Coubré-Fonteny, Chartier-Rousseau, Moline, Boisseau, Thibault, Le Tellier, Lefebvre-Jourdan, Levassor d'Yerville, Bonnet Louis, Isambert, Jannyot, Maunoury avoué, du Temple Montafilan, Nancy père, Barrier-Latousche, Joliet, Mauzaize-Moulin, Duchesne- Mirey, Leviez-Huet, Marais-Leroy, Raimbert-Petit.
A partir du 21 mai 1832, les noms des conseillers qui ont pris part à une discussion ne seront plus publiés au procès-verbal, quel que soit le sujet ou la nature.
Le 14 juin 1832, violente émeute à Paris.
3H0 UËGNfi DE LOUIS-PHILIPPE
Quelques jours après, des Polonais, réfugiés en France, étant de passage à Chartres, les citoyens s'inscrivent pour les loger hors de tour ; le maire leur adresse une chaleureuse allocution à Saint-Maurice.
En novembre, quatorze chouans sont amenés à Chartres, pour être jugés par la cour d'assises.
Au mois de mars 1833, Laflitte est ruiné ; une souscription est ouverte en sa faveur.
M On sait avec quelle persévérance il a lutté, sous la Res- » tauration ; il a secondé, à la Révolution de juillet, l'élan » du peuple; c'est à sa générosité, à son désintéressement, » à son patriotisme qu'il doit la perte de son immense forn tune. 11 a droit à la reconnaissance de ses compatriotes.»
M. Chasles donne sa démission de maire, le 23 septembre, parce que le ministre a changé le tarif de l'octroi nouveau, proposé à son homologation. Cette démission est refusée par le ministre.
Noël Parfait fait paraître ses brochures : Les Philippiques au Roi: il est poursuivi, puis en septembre 1833, passe aux assises de Paris ; il est condamné à deux ans de prison et à 500 fr. d'amende : il avait 19 ans.
Noël Parfait fut ensuite impliqué, avec 26 accusés, dans la conspiration, dite du 28 juillet.
Élections législatives le 26 juin 1834: 1,012 électeurs; M. Chasles obtient 352 suffrages, M. Isambert, 298, M. Remond, ancien adjoint, 94; au deuxième tour, Chasles, 391, élu ; Isambert, 308, Remond, 29.
M. Isambert est élu à Lucon, Vendée.
Le Conseil municipal devant être renouvelé par moitié, il doit sortir quatorze conseillers sur vingt-sept. MM. Janyot, du Temple et Moline ayant donné leur démission antérieurement, le nombre des conseillers sortants, à désigner par le sort, est de onze seulement, à prendre dans les cinq sections.
Sortent MM. Marais, Joliet, Coubré, Thibault, Lefebvre- Jourdan, Levassor, Maunoury, Texier, Isambert, Boisseau, Bonnet.
Le 18 décembre 1834, les conseillers sortants sont réélus, à l'exception de M. Maunoury ; il s'est présenté seulement 358 votants, sur 740 inscrits.
Le 28 juillet 1835, le Roi passait, à midi, au boulevard du Temple à Paris, une revue de la garde nationale ; il revenait à la place Vendôme pour assister au défilé. Une machine infernale éclate; le maréchal Mortier est tué auprès du Roi; quinze autres personnes sont tuées ; il y a vingt-trois blessés. On aperçoit de la fumée, sortant de la fenêtre du troisième étage ; la maison est fouillée et Girard, mécanicien, âgé de 45 ans, auteur de l'attentat est trouvé la léte mutilée, la mâchoire fracassée. L'assassin, dont le vrai nom est Fieschi fut confié aux médecins ; la science fit presqu'un prodige pour conserver cette vie, destinée à l'échafaud.
Adresse du Conseil au Roi. Remerciements de celui-ci.
Le 30 juin 1836, attentat contre le Roi par Alibeau, âgé de 26 ans, né à Nîmes, ancien fourrier d'infanterie.
M. Gabriel Delessert, préfet, qui s'était distingué pendant l'incendie de la Cathédrale, survenu le 2 mai 1837, est nommé Préfet de Police ; il est remplacé par M. de Saint- Aignan.
A l'occasion du mariage du duc d'Orléans, fils aîné du Roi, avec la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, célébré le 30 mai 1837, réjouissances et distribution de 1,450 croix de la Légion d'honneur.
Le 26 juin, installation des nouveaux conseillers: MM. Durand, adjoint; Maunoury, avocat; Barrier, Clément-Juteau ; Maunoury, médecin; Guérinot; Leviez-Huet; Mauzaize; Ledreux; Nancy.
Étaient présents, les anciens conseillers : MM. Guillaume de Bassoncourt, Damars,Texier, Coubré, Isambert,Levassor, Lefebvre-Jourdan,Joliet,Moline, Letartre, Chasles,Letellier, Chartier- Rousseau, Thibault, Rémond, Duchesne-Mirey.
M. Chasles est maire; MM. Durand etLetellier, adjoints.
A la fin de janvier 1838, démission, bientôt retirée, de MM. Chasles et Durand ; ensuite de M. Letellier, puis de M. Letartre, qui est nommé conseiller de préfecture.
Aux élections législatives de septembre 1837, M. Chasles est élu par 442 voix, contre 363 réunies sur le nom de M. Isambert, qui est d'ailleurs réélu à Luçon. Il y av^it 1,124 électeurs inscrits.
Le célèbre agitateur, Blanqui, habite Auneau, où il a de la famille et des propriétés. Il subit deux ans la surveillance de la haute police.
Au mois de mai 1838, M. Thiers vient à Chartres, avec sa femme et M™* Dosne, sa belle-mère. Il descend à Thôtel du Grand-Monarque.
La princesse Marie étant morte, son corps est transporté à Chartres, le 24 janvier 1839 ; un service funèbre est célébré à la Cathédrale, ensuite le corps est emmené à Dreux.
« Tout le monde s'accorde à louer les précieuses quali- » tés de cette jeune femme, qu'une mort prématurée est » venue enlever à sa famille, ainsi qu'aux arts qu'elle culti- » vait avec tant de distinction. »
Le Roi, la Reine, Madame Adélaïde, la princesse Clémentine, le prince de Joinville viennent à Dreux le 12 avril; arrivés à 2 heures du matin, après une messe entendue à la chapelle, pour la princesse Marie, ils sont rentrés aux Tuileries le jour môme.
Le duc et la duchesse d'Orléans viennent à Chartres, au mois d'août 1839 ; réception, bal à la préfecture.
A l'anniversaire de la mort de la princesse Marie, princesse de Wurtemberg, le 9 janvier 1840, voyage du Roi à Dreux.
Au moment des élections législatives du mois de mars 1839, M. Chasles fut élu par 511 voix, contre 436 à M. Isambert.
A Nogent-le-Rotrou, M. deSalvandy, ministre, est élu par 153 voix, contre 112 à M. Laffitte. Nommé aussi à Lectoure, il opte pour Nogent.
Le Gouvernemental avait paru pendant quelques mois, en 1838: il cesse de paraître ; un autre journal n'avait pas duré plus longtemps.
Aux élections municipales de juillet 1840, dans la première section, sur 666 électeurs, il s'est présenté 317 votants.
Ont été élus : MM. Batault, Coubré, Doublet de Boisthibault, Boy, Lefebvre-Jourdan, Levassor-Prévoteau, Levassor d'Yerville fils, ancien notaire, Maunoury, médecin, Millon, Peluche fils, Rémond, Texier, Thibault.
Le ministère du l*"" mars 1840, dont M. Thiers, ministre des affaires étrangères, fut le président, tombe à la fin d'octobre.
Au mois d'août, tentative du prince Louis à Boulogne, succédant à celle de Strasbourg. Louis Bonaparte fut condamné à l'emprisonnement perpétuel, le 6 octobre, et incarcéré au château de Ham.
Les cendres de Napoléon sont transférées aux Invalides le 15 décembre ; cet acte fut accueilli avec une joie nationale.
Le 15 octobre 1840, à 6 heures du soir, attentat contre le Roi. Le Roi, la Reine, Madame Adélaïde allaient en voiture à Saint-Cloud : en passant devant le poste du Lion, place de la Concorde, le Roi baisse la glace, pour saluer les gardes nationaux rangés en bataille ; les tambours battaient aux champs.
Un coup de carabine est tiré sur lui, par un individu caché derrière un réverbère ; l'arme trop chargée éclate ; l'assassin a trois doigts de la main emportée et Tépaule fracturée.
Le Roi n'est pas atteint ; un valet de pied et un garde national à cheval sont légèrement blessés. L'auteur de l'attentat, Darmqs, de Marseille, est arrêté ; il portait encore deux pistolets chargés, un poignard.
Très exalté, Darmès répond aux questions qui lui sont posées. « Quel est votre état ?» — « Exterminateur de tyrans ; j'ai suivi l'inspiration de la nature. »
En 1841, la population de Chartres s'élève à 16,383 habitants.
M. Chasles aîné, frère du député, devient professeur à l'Ecole polytechnique ; M. Durand, adjoint est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
M. le duc de Nemours passa par Chartres au mois de décem-
334 BÈGïfE DE LOCfS-PBILIPPE
bre, ainsi que M. de Salvandy, nommé ambassadeur en Espagne, se rendant à son poste.
« Le 13 juillet 1842, le duc d'Orléans devait partir dans la soirée pour le ramp de Saint-Omer ; il se rendait, vers une heure de l'après-midi, au château de Neuilly dans un cabriolet à quatre roues, attelé de deux chevaux à la Daumont. A peu de distance de la porte Maillot, le cheval porteur donna quelques ruades ; attelé très court, il se sentit gêné et s'emporta, entraînant le cheval sous main, qui jusqu'alors était resté tranquille.
» Le prince se leva debout dans la voiture, sauta, tomba sur les pieds, puis violemment sur le pavé ; il perdit connaissance. On le transporta chez un épicier; à quatre heures et demie, il mourait dans les bras du Roi, son père.
» Quelques minutes après, le postillon s'était rendu maître des chevaux.
n La duchesse se trouvait aux eaux de Plombières ; elle revint aussitôt, avec ses deux enfants.
Le duc d'Orléans était né en Sicile, à Palerme, le 3 septembre 1810; son fils aîné, le comte de Paris, né le 24 août 1838 devint le prince royal ; le second fils, le duc de Chartres, était né le 9 novembre 1840. »
Le Conseil municipal, les membres du Tribunal de commerce, du Tribunal civil, les olliciers de la garde nationale, envoient des adresses au Roi à l'occasion de la déplorable mort de son fils aîné, le duc d'Orléans ; un service funèbre est célébré dans la Cathédrale.
Le 4 août, cérémonie des obsèques à Dreux; énorme aflluence.
Aux élections législatives du 14 juillet 1842, M. Chas-
les est élu à Chartres, par 471 voix contre 349 à M. Marescal.
En janvier 1843, le baron Jessaint remplace comme Préfet, M. Villeneuve.
Le 29 juin, élections municipales. Dans la première section, dite de la préfecture, il y a 80 votants sur 137 électeurs. MM. Chasles, 76 voix, Le Tellier, 56, élus.
Deuxième section, dite de Saint-Pierre, 97 votants; MM.
RÈGNE DE LOUIS-PHII.IPPE 355
Durand adjoint 85 voix ; Chartier-Rousseau, 66 ; Boy notaire, 63, élus ; au deuxième tour, Barrier pharmacien, 29.
La section Marceau fait subir un rude échec à Tadministration. Les conseillers sortants sont : MM. Nancy père et Leviez-Huet; au deuxième tour de scrutin, sur 115 votants, MM. Félix-Durand, 64, Damars, 56, sont élus.
Le lendemain, à la section des halles, grande bataille ; il faut élire trois conseillers.
L'administration portait MM. Lefebvre avocat, Jacquin greffier du tribunal de commerce, Pellerin. L'opposition, Lefebvre avocat, Leviez-Huet, Sellèque rédacteur-gérant du Glaneur.
Au premier tour de scrutin, sur 163 électeurs, 103 votants:
Lefebvre 56 voix, élu ; Jacquin 45, Sellèque 44, Leviez 42, Pellerin 42, Foiret-Raimbert 37.
Au deuxième tour 107 votants: MM. Sellèque 56 voix, Jacquin 42, élus.
Section du Muret : MM. Mauzaize et Guérinot aîné, réélus. MM. Guérineau de Boivillette et Bellier de la Chavignerie sont élus, à la section de la préfecture ; aux halles, Foiret- Raimbert ; ils complètent la deuxième série, comme nouveaux entrants.
Le 13 novembre 1845, M. Chasles père, conseiller général sortant du canton Sud, est élu, par 186 voix contre 66 à M. Maunoury.
La liste des électeurs communaux de la ville est de 692 noms pour les censitaires ; le cens le plus bas est de 95 fr. 71 ; Tannée précédente, il était de 91 fr. 98. La seconde partie de la liste est de 106 noms.
Au renouvellement partiel du Conseil, au mois d'août 1846, sont élus : MM. Batault, Bellier de la Chavignerie, Boutillier, Courtois, Devaureix, Doublet de Boisthibault, Doullay-Gillot, Foiret-Raimbert, Guérineau de Boisvillette, Lefebvre-Jourdan, Levassor-Prévosteau, Rémond, Thibault.
A rélection législative, sur 1,294 électeurs, 993 votent. M. Adelphe Chasles est élu, par 558 suffrages, contre 274 à à M. Barthélémy, et 114 à M. Maunoury.
356 nÈGNE DE LOUIS-I'HILIHPE
Le duc dWumale, avait été reçu à Chartres, au mois d'avril 1845, à son retour de Châteaubriant à Paris.
En septembre 1846, la population de la ville comprend 7,014 hommes, 8,568 femmes: ensemble 15,582; la population flottante étant de 1,771, le total atteint 17,353 habitants. En cette même année, il y a eu à Chartres 518 naissances, 117 mariages et 470 décès, dont un suicide.
La disette, en 1847, avait amené une grande misère dans le peuple; Chartres, comme beaucoup d'autres villes, destine au bureau de bienfaisance les fonds attribués d'ordinaire à la fête du Roi.
Ont lieu cependant les salves, la messe, la revue et Tillumination des édifices publics.
Au mois de juin, parait le journal, l'Abeille de la Beauce et du Perche ; sa polémique doit être loyale et modérée, annonce-t-il.
Les fleurs de lys sont rétablies dans les armes de la ville, au frontispice de l'annuaire d'Eure-et-Loir; elles avaient été supprimées en 1830.
Le 24 octobre 1847, banquet réformiste, à la salle de spectacle ; les commissaires sont: MM. Barthélémy, conseiller général, Bonnet conseiller général, Isambert propriétaire, Damars, juge au tribunal, de commerce, Cadou négociant, Marescal et Lefebvre avocats.
Il y eut près de 500 souscripteurs. Isambert, député de la Vendée, conseillera la cour de cassation, présidait; assistaient: MM. Vavin, député de Paris, Raimbault, député de Châteaudun. Odilon Barrot, Abbattucci, Garnier-Pagès, le général Subervic, député de Nogent-le-Rotrou, n'avaient pu se rendre à l'invitation.
A la fin du banquet, M. Antenor Isambert est monté à la tribune et, d'une voix vibrante, a chanté la Marseillaise^ dont le refrain a été répété par toutes les voix de l'assemblée.
De nombreux discours sont prononcés par MM. Barthélémy, président du comité, Isambert député, en faveur de la réforme électorale et parlementaire, Vavin pour les Polonais, Raimbault, Lefebvre, Pagnerre, Hennequin pour la
démocratie pacifique, Sellèque du Glaneur-, Cadou lit une pièce de vers ; Marescal porte un toast à la probité politique ; Maunoury avocat, Martin avoué, à la France régénérée, et Damars, lieutenant colonel de la garde nationale.
Le 16 décembre 1847, M. Ghasles donne sa démission de maire, pour raisons de santé; il a été maire de Chartres pendant dix-sept ans.
Le lendemain, M. Durand, premier adjoint, préside ; une délibération est prise, exprimant que M. Chasles emporte, en se retirant, les regrets de la ville de Chartres ; le Conseil se transporte en corps, auprès de M. Chasles, pour lui exprimer sa sympathie.
M. de Jessaint préfet est nommé dans la Haute-Marne, permutant avec M. de Mentque.
Par ordonnance du Roi, en date du 18 janvier 1848,
M. Durand est nommé Maire, M. Boy adjoint; M. Le Tellier adjoint reçoit leurs serments le 2 février.
Les banquets réformistes, à Paris et dans les départements, avaient eu un grand retentissement dans toute la France ; à l'occasion de l'adresse au Roi, dont la discussion fut ouverte le 17 janvier, la crise arriva à l'état le plus aigu. Le banquet du XII** arrondissement de Paris, fixé au 21 février fut interdit; des attroupements se formèrent le 22, la garde municipale les refoula ; plusieurs personnes furent blessées ; le 23, plusieurs légions de la garde nationale manifestèrent le vœu que le ministère se retirât, ou que des concofisions fussent faites.
Louis-Philippe troublé, ébranlé, demanda à M. Guîzot la démission du ministère, M. Mole fut appelé pour former un cabinet: il ne put le constituer.
Le même jour, 23 février, à 9 heures du soir, une colonne de gardes nationaux et de citoyens, formidable par sa masse, mais d'aspect et d'intentions pacifiques, arrive au boulevard des Capucines ; la treupe empêche le passage. L'ordre est donné aux soldats de croiser la bayonnette; un coup de feu part par inadvertance, la troupe tire : il y 35 morts et 47 blessés.
2"^ nkanz de locis-pbilippe
Dans la soirée, le préfet de police vient annoncer aux Tuilerie» le massacre du boulevard et le soulèvement de Paris ; le ministère est offert à M. Thiers qui réclame la réforme électorale et parlementaire. Lamoricière remplace le maréchal Bugeaud, comme commandant de la garde nationale.
Louis-Philippe est accueilli dans la cour des Tuileries par les cris de : Vive la réforme ! poussés par la garde nationale. Le Roi abdique au profit du comte de Paris. Il est trop lard, la Révolution est faite. Le Roi quitte Paris, passe à Dreux et va de là, sous un déguisement, s'embarquer au Havre pour l'Angleterre, où il retrouve sa famille.
Armée, garde nationale. — Le Conseil décide qu'une somme de 1,200 fr., provenant de la caisse de l'ancienne garde urbaine et nationale, sera mise à la disposition du Conseil d'administration de la garde nationale actuelle, et que ce conseil pourvoira aux besoins de la musique.
Une mésintelligence s'était produite entre les soldats du ^i" hussards, en garnison, et les habitants ; cependant ce régiment avait arboré spontanément la cocarde tricolore, lors des immortelles journées de juillet.
Au mois de janvier 1832, le 4" régiment de hussards va tenir garnison à Poitiers ; il doit être remplacé par un régiment de cuirassiers.
Le colonel de la garde nationale, Cabart donne sa démission, au mois de mai 1832 ; une épée d'honneur lui est offerte à la revue du 14 juin.
Le colonel (Cabart était né à Chartres, en 1770; son père était un pauvre vigneron. Commandant de la garde municipale, sous le règne de Murât, à Naples, il organisa cette force qui comprenait 9,000 hommes. Il refusa un grade supérieur, en 1814, pour ne pas combattre contre la France. En 1830, il se rendit à la mairie de Chartres, et s'opposa à la publication des proclamations des généraux en faveur de Charles X.
En 1834, sur la demande du colonel de 7® régiment de
chasseurs, la Ville a loué, sur la route d'IUiers, un champ de manœuvres pour la cavalerie ; le prix de location est de 200 fr. Location d^un champ de manœuvres de 5 hect. 51, à la Banlieue, moyennant 770 fr.
En novembre 1835, un escadron de chasseurs^ venant de Rambouillet, prend sa garnison dans la ville.
En octobre 1836, le 5' régiment de hussards vient tenir garnison à Chartres et à Châteaudun.
M. Guillaume de Bassoncourt est nommé colonel de la garde nationale en 1838 ; M. Clément-Juteau, lieutenantcolonel.
Au mois de novembre, un poste entier de garde est cité devant le Conseil de discipline ; tous les hommes ont abandonné le corps de garde, pour regagner leurs domiciles, malgré les observations d'un caporal qui était, pour le moment, seul chef de poste; le caporal, désolé du peu de respect que Ton avait eu pour ses galons, a envoyé sa démission au colonel.
En mai 1839, les deux compagnies d'infanterie quittent Chartres; viennent deux escadrons du 10* régiment de chasseurs ; TefiFectif comprend 235 hommes, dont 10 officiers et 250 chevaux. '
Au mois de septembre 1845, le 10^ régiment de cuirassiers, qui tenait garnison à Chartres et à Chàteaudun depuis plusieurs années, va à Vesoul ; le l" cuirassiers le remplace, venant de Vesoul.
Le lieutenant d^artillerie, Chavaudrey, a été cité pour sa belle conduite à la bataille d'Isly, en 1844, par le maréchal Bugeaud ; nommé capitaine en novembre, il fut décoré de la légion d'honneur, en 1847.
Un emprunt de 90,000 fr. avait été voté en 1837, pour Textension des casernes ; en 1843, la dépense doit atteindre 140,000 fr., au lieu de 90,000 fr. ; la ville, n'ayant qu'une somme réalisable de 70,000 fr., un emprunt nouveau de 60,000 fr. est voté.
Les travaux de la caserne de Saint-Père sont terminés au mois de février 1848 ; le ministère de la guerre fait remise
demandée au ministère de Tintérieur. La place des Épars est désignée pour recevoir le monument ; le sculpteur Préaux est choisi pour Texécuter.
Une représentation au cirque Bastien-Franconi, est donnée le 29 mai 1845; un tiers du produit est destiné à la souscription pour la statue de Marceau. La somme de 166 fr. 65 est versée à la caisse du comité.
Le 4 novembre 1847, le Marquis de Château-Giron, consul de Fraçce à Nice, envoie, au nom de Sergent-Marceau, décédé ce jour et de Antoine Bertin d'Haussy-Sergent, son fils adoptif, le sabre porté par Marceau à Altenkirchen. Des remerciements sont votés à M. Bertin d'Haussy.
Budget, caisse d'épargne, octrois. — Le budget de 1830 est réglé par une recette totale de 134,696 fr. 76, et celui des dépenses, à 129,937 fr. 87 ; il s'est produit des dépenses extraordinaires imprévues, par suite des glorieux événements de juillet; le reliquat est réduit à 50 fr. 92.
La recette des octrois était prévue à 85,000 fr., le déficit a dépassé 15,000 fr. On peut augmenter le droit de location des places sur la halle aux blés ; les mesureurs offrent de prendre le bail pour trois années, au prix annuel de 27,000 fr.: ce droit a été, en 1829, de 17,000 fr., en 1830, de 21,100 fr. ; la proposition est acceptée.
Les autres marchés rapportent, comme droit de placage, 11,630 fr. ; en totalité, le rendement sera de 38,630 fr.
En février 1831, à Gourville, des scènes déplorables sont provoquées par un octroi, sur les boissons et différents objets, existant depuis 25 années; un dixième de ces taxes constitue un des revenus de la ville.
Les cabaretiers demandent Tabolition de Toctroi ; ils offrent un abonnement de 2,500 fr. par année; cette pétition est rejetée : une réduction de tarifs est mise à Télude.
Lettres de menaces, troubles, proclamations, émeute ; puis menace d'assassinat contre le maire, M. Texier. « L'n émeutier, se tournant vers la demeure du maire, proférant les plus grossières injures, les menaces les plus atroces.
s'écrie : Descends donc, c'est à Tiin de ces réverbères que je vais te pendre. »
Le maire dut donner sa démission pour empêcher le pillage.
Une pétition signée de 150 habitants, demandant Auguste Chancerel pour maire, est présentée au Préfet; elle est bien accueillie — les troubles ont alors diminué.
En 1832, il se commettait de nombreux abus dans la perception des octrois; il y a décroissance dans le rendement; un projet est préparé pour la mise en régie. Sur les bœufs et taureaux, le droit sera à l'avenir de 15 fr. ; sur la vache, de 10 fr. ; sur la génisse, de 4 fr. ; sur le veau, de 1 fr. 50.
L'ancien droit uniforme de 3 fr. est maintenu sur les porcs.
Le bois de corde est taxé à fr. 70 par stère ; les souches et souchons à fr. 35.
L'exemption du droit d'octroi sur les charbons consommés dans les usines est adopté ; cette exemption, ne s'appliquant qu'aux machines fabriquées, transportées hors de la commune pour leur emploi.
L'ardoise sera imposée de 3 fr. par 1 ,000 ; la chaux de fr. 15 par hectolitre.
Les huîtres, étant consommées en assez grande quantité par la classe riche (c'est un comestible de luxe) seront imposées de 2 centimes 1/2 par douzaine.
Au moment de la formation du budget de 1834, le produit brut de l'octroi est évalué à 100,000 fr., au lieu de 80,000 fr. antérieurement ; les droits de location des halles, foires et marchés à 43,680 fr, au lieu de 41,080 fr.
L^importance du budget augmente progressivement, pour l'année 1838.
Le budget des recettes ordinaires est fixé j
à 171,890 fr. » 202,988 fr. 51
extraordinaires 31,098 51 i
Le budget des dépenses 1
ordinaires 136,461 68 202,988 fr. 51
extraordinaires 66,526 83 )
Dans la prévision de ce budget, de 1838, le collège
municipal présente un assez grand intérêt.
Le budget des recettes comprend :
La rétribution de 150 élèves, à 30 fr. pro-
4,500 fr.
duit
Celle de 70 internes, à 500 fr.
Le blanchissage, linge, vestiaire, plumes, encre, gages des domestiques, le service de santé, 70 internes à 85 fr 5,950
Subvention par la commune . 10,000
F^e budget des dépenses est réparti comme il suit :
Traitements
Principal 3,000 fr. 1
Régent : Mathématiques spéciales. . . » . 1,500
— — élémentaires 1,200
— Rhétorique . . . 1,500
— Seconde .... 1,400
— Troisième. . . . 1,300
— Quatrième. . . . 1,200
— Cinquième et sixièm. 2,400
— Septième et huitiè-
me, un seul . . 600
— Français et ensei-
gn;mentintermé.
diaire 1,500
— Dessin 1,200
— Econome .... 1,500 A ajouter pour supplément . 675 Nourriture de 11 professeurs, maîtres l
d'études et domestiques (1 fr. pari
jour, sur 365 jours) . . 4,015 fr. /20,395 fr.
70 pensionnaires à fr. 75 par jour, sur 312 jours . 16,380
Chauffage, éclairage 1,000 fr.
Blanchissage, etc 5,950
Divers 8,250
55,450 fr. »
18,975 fr.
54,570 fr.
364 RÈr.NE DE LOUIS-PHILIPPE
L'actif, provenant du budget du collège, est un peu inférieur à 1,000 fr.
Au mois de novembre 1838, peu de temps après la rentrée, le prix de pension des internes au collège, est diminué de 500 fr. à 450 fr., à cause de la concurrence.
En même temps, un vœu est formulé par le Conseil pour que le Collège communal devienne Collège royal, comme ceux de Versailles et de Reims.
La subvention du Collège municipal, pour Tannée 1847, est fixée à 13,873 fr. 56; la contribution pour suivre les cours reste fixée à 150 fr. ; le prix de Tinternat sera réduit à 410 fr., à partir du l*"" octobre 1846, celui de la demi-pension, à 180 fr.
Le 2 mai 1832, M. Texier notaire propose l'établissement d'une caisse d'épargne ; à la session d'août, le projet est imprimé.
(c La dotation nécessaire, pour la mise en activité de cette » institution, se trouvera chez les personnes riches qui y » trouveront une occasion d'appliquer utilement leur bien- » faisance. »
La création est votée ; les statuts approuvés ; le minimum de dépôt est fixé à 1 fr., le maximum à 50 fr. ; il ne sera dû aucun intérêt, au-dessous du dépôt de 10 fr. ; le taux de l'intérêt sera fixé chaque année ; pour 1832, il est arrêté à 5 **/„. Le nombre de directeurs sera de six ; trois pris dans le Conseil, trois au dehors.
La caisse d'épargne ne fut fondée que le 30 novembre 1834 ; les premières caisses dataient de 1819 ; elles ressemblaient aux tontines ; en 1830, il n'en existait encore que 13 ; il en fut créé 4 en 1832, 9 en 1833, 48 en 1834, dont celle de Chartres.
Après 64 années d'existence, le 31 décembre 1897, les dépôts de la caisse d'épargne de Chartres et des cantons de l'arrondissement s'élevaient à la somme formidable de 17,873,826 fr. 08.
En même temps, la fortune personnelle de la caisse atteignait la valeur nominale de 1,236,419 fr. 73 et la valeur
réelle des valeurs au cours du jour, de 1,450,000 fr. C'est alors que le conseil des directeurs, sur la proposition de M. Fessard, maire, son président, décida la construction d'habitations à bon marché dans la basse-ville, destinant à cet emploi, en conformité de la loi du 20 juillet 1895, une somme de 240,000 fr. sur 290,000 fr. disponibles, et pouvant fournir une annuité de 35,000 fr., montant de son revenu personnel.
Le 10 février 1835, la situation de la caisse d'épargne est la suivante :
Recettes: Dons volontaires . 4,880 fr. » ) /r joq f n^
Dépôts 40,249 7oJ "^^-l^y ^''•^^
Dépenses :
Acquisition d'une rente sur l'Etat 3,181 fr. 70 Versements au Trésor. . . . 41,800 » , ,^ ^«^ « Remboursement de dépôts . . 40 »■ ' * '
Frais d'administration. ... 49 25
Somme en caisse 58 fr. 75
Au mois de novembre de la même année, le déficit de la caisse est de 793 fr. 48 ; on établira le buget, au mois de juin de Tannée suivante :
En 1836, 559 déposants, somme versée 137,547 fr. 21.
En 1837, 716 — — 189,814 fr. 12.
En 1838, 778 — — 216,294 fr. 83.
Le taux de l'intérêt était fixé à 4 7o-
En 1839, le nombre des livrets est de 1,069, le total des versements atteint la somme de 213,175 fr. 33.
En 1840, il existe 1,314 livrets, les versements sont de 332,537 fr. 51.
Le Département donne une subvention de 600 fr., en 1841. Cette année, le nombre des déposants est de 1,627, et le total des versements, de 412,822 fr. 82; il reste en caisse, à la fin de l'année, la somme de 924,408 fr. 59.
En 1843, 2,654 déposants, somme versée 605,828 fr. 93.
Le maximum à verser par semaine, pour an déposant, est fixé à 200 fr.
L'importance du budget monte progressivement.
Le budget de 1844 est ainsi composé :
Recettes ordinaires .... 194,962 fr. 25 | ^^^^ ^
extraordinaires . . 50,000 » ) '
Dépenses ordinaires. . . . 153, 48() fr. 50 | ,.,,. /no ç or extraordinaires . . 89,992 85 j '
Excédent 1,482 fr..90
A citer, pour cette année, que la cote la plus élevée du royaume (électorat) est celle du marquis d'Aligre, qui paie plus de 27,000 fr. d'impôts.
En cette même année de 1844, est appliquée la nouvelle loi sur le colportage du gibier. Cent quatre -vingt cailles vivantes ont été saisies, chez un des plus habiles pâtissiers de la Ville.
« En 184G, les marchands de nouveautés se plaignent que des marchands ambulants s'intallent, pour quelques jours, dans une salle et à grand renfort de circulaires, d'affiches, de tambours ou de trompettes, de promenades par la ville, attirent à eux les chalands et surtout les chalandes, auxquels ils débitent leurs marchandises qui, suivant eux, sont vendues à des prix fabuleux.
» Ce trafic cause un grand préjudice aux commerçants sédentaires, qui supportent toutes les charges locales ; cette concurrence n'est pas loyale. »
Des plaintes ont déjà été adressées pour ces faits.
Vn emprunt de 123,000 fr. est proposé, pour être
employé, une partie à l'établissement des fontaines publiques, et pour une autre partie, à la contribution de la Ville dans la dépense de la caserne Saint-Père.
Le 11 mai 1846, le Conseil vote trois centimes additionnels pour l'instruction publique, et cinq centimes pour les chemins vicinaux.
La dépense du bureau de bienfaisance est prévue à 28,815 fr. 49.
Le 23 mars 1847, la grande cherté des denrées oblige la Ville à exécuter des travaux de charité ; le Conseil vote 24,000 fr. au budget extraordinaire, et afin de participer au
crédit de quatre millions, voté par TEtat pour cet objet, le total de ces travaux est évalué à 38,897 fr. 86.
Le budget de 1847 du bureau de bienfaisance est en déficit de 32,464 fr. 08 ; une subvention extraordinaire de 32,500 fr. est nécessaire.
Les dépenses du bureau de bienfaisance ont été, en 1846, de 36,848 fr. 45 ; en 1847, de 68,318 fr. 49 ; le budget pour 1848 est prévu à 29,321 fr. 74.
Le budget des hospices, pour Texercice de 1848, est établi: En recettes. . . . 214,689 fr.
En dépenses. . . . 214,642
Excédent 47 fr.
Le budget parlementaire de 1848 est arrêté, dans la séance du 9 mai 1847.
En recettes. . . . 251,564 fr. 72 En dépenses. . . . 245,589 fr. 33
D'où résulte un boni de 5,975 fr. 29.
Au commencement de Tannée 1847, certains droits
d'octroi sont modifiés :
Bœufs, vaches, etc., entrée: 2fr. 10 par 100 kil.
Viandes introduites par quartiers, par kilog. :
Bœuf, vache, fr. 04; veaux, génisses, porcs fr. 03.
Viandes dépecées, fraîches ou salées, par kilog. fr. 04.
Après la promulgation de la loi sur les monnaies,
un arrêté du ministre des finances a été pris en juillet 1845. Suivant cet arrêté, les pièces de 6 liards, celles de fr. 10 à la lettre N, et celles de 15 et de 30 sous ne seront plus employées dans les caisses de TEtat, pour les paiements. Le public pourra payer avec ces pièces jusqu'au 31 décembre
En septembre, un avis prévient le public qu'il sera tenu compte au déposant.
1** de la valeur nominale, en pièces françaises de bon aloi ;
2" de la valeur au poids, des pièces étrangères, au prix fixé par le tarif de la commission des monnaies, savoir : 35 fr. 20 le kilog., pour les pièces de 6 liards ; 42 fr. 90, pour
368 IIÈCNE DE LOLIS-PHILIPPE
les pièces de fr. 10 à la lettre N ; de la valeur au poids des pièces reconnues fausses, 1 fr. 60 le kilog., prix fixé par la Monnaie de Paris.
Travaux, abattoirs, éclairage. — Au mois de novembre 1830, le Conseil décide de changer les plantations des Grands- Prés; les peupliers d'Italie, plantés depuis vingt-cinq ans, au nombre de 1850, y végètent ; le produit de la vente de ces arbres est évalué à 8,000 fr.
En 1832, la plantation de peupliers suisses, dits carolins, dans les Grands-Prés est décidée ; ils seront espacés de 4 mètres. La promenade Saint-Michel sera replantée en ormes, dits tortillards, espacés de 6 m. ; les saules des fossés de la Porte-Guillaume seront remplacés par des peupliers suisses.
« La porte Saint-Michel va être démolie ; Tentrée est trop resserrée. Le pavillon de la Porte-Guillaume mérite d'être conservé pour son architecture gothique; celui de la porte Saint-Michel, quoique remontant à l'année 1613, n'a rien de curieux. »
a On cherche, expose le maire, pour y aménager le marché aux chevaux à agrandir le marché aux vaches. On propose d'enlever toute la butte des Epars, de l'aplanir au niveau de la place des Epars. Cela donnerait la possibilité de réunir, les jours de foire, presque toutes les parties du commerce dans un même lieu, la facilité d'établir de nouvelles promenades, l'occasion d'obtenir des travaux d'assez longue durée pour les ateliers de charité. »
.La proposition est acceptée, Tinstallalion du marché aux chevaux dans les Petits Blés est écartée.
Les travaux du marché aux chevaux et de la butte Saint- Michel coûteront 40,000 fr.; il y a 15,000 m. c. de terrassement.
A la session de mai 1831, les habitants des rues Saint- Michel, de la Tonnellerie et du Bois-Merrain réclament contre le projet d'ouverture d'une rue, allant de la place des Halles à la butte Saint-Michel ; ce projet anéantirait le commerce de leurs rues: invités à se présenter au Conseil, personne n'étant venu, la pétition est repoussée.
Au mois de novembre, M. Leviez-Huet, au nom des commerçants de la rue Saint-Michel, est introduit dans la salle du Conseil.
« La rue projetée, de la place des halles à la butte Saint- Michel, ne profite à personne, dit-il; elle portera au contraire un préjudice incontestable aux trois rues Saint-Michel, Bois-Merrain et de la Tonnellerie, même à une partie de la halle. L'encombrement dont on se plaint n'a existé que dans un petit nombre de marchés : il disparaîtra par l'élargissement de la rue Saint-Michel, à la porte; cette mesure n'est réclamée par aucun motif d'utilité publique ; elle porte atteinte à la sécurité et à la propriété des opposants. »
Après quoi, la députation s'est retirée.
Une proposition d'ajourner le percement de la rue, à dix ans est rejetée par 12 voix contre 11.
« Le dégagement de la place des halles est vraiment indispensable; les dommages que pourront éprouver les réclamants, s'ils en éprouvent, ne sauraient être mis en balance avec l'utilité générale, qui résultera de la mesure proposée. »
Le Conseil arrête, à la majorité de 13 voix contre 10, l'ouverture immédiate de la rue, sur 10 m. de largeur.
En 1832, la vente des terrains du boulevard Saint-Michel, y compris les murs des anciennes fortifications, est préparée ; il sera accordé quatre années pour bâtir ; la rue sera bordée d'une ligne continue de maisons, les écuries, magasins et autres dépendances étant sur la cour; le terrain est divisé en 14 portions inégales ; un trottoir de 1 m. 50 sera établi; les pignons ne pourront être considérés comme façade.
A la session de mai, M. Chasles, maire, demande que le terrain n** 4 soit réservé, afin de pouvoir plus tard établir une rue allant à la rue des Bouchers. Seul, il soutient cette proposition qui est repoussée par le Conseil.
Ce terrain, ajoute le maire, pour sauver son idée excellente, pourrait servir à l'ouverture d'une cheminée de nettoiement pour l'aqueduc des épars. Pas plus de succès.
Le Conseil accepte seulement de démolir les murs, avant de vendre les terrains.
En 1834, les charges et conditions de Tadjudication des terrains sont établies: il y aura 15 lots, comportant ensemble 6,399 m. c. ; le Tribunal de commerce pour 707 m. c. ; le passage de la nouvelle rue pour 235 m. c, restant en dehors.
La mise à prix des 15 lots est de 25,596 fr., à raison de 4 fr. le mètre carré; l'évaluation totale, en y comprenant le Tribunal de commerce et le passage de la rue, ressort à 29,364 fr.
La quantité de 675 m. c. pour la construction, est reconnue nécessaire ; les membres du Tribunal de commerce demandent que le Conseil abandonne le terrain à titre gratuit, afin que le devis se rapproche du crédit alloué par le Conseil général ; cette demande est accordée, à la condition de modifier un peu le plan, de rendre THotel Consulaire plus monumental.
Pour ne pas faire échouer le projet, Tadoption pure et simple est enfin votée, le 24 juillet 1833.
Le Tribunal civil doit aussi être reconstruit ; un terrain longeant la rue des Lisses est choisi pour cet objet.
Il avait été question d'établir Tabattoir dans Tenclos
des Vieux-Capucins ; ce projet est abandonné. L'affaire est reprise en 1831 ; l'établissement devant être abondamment pourvu d'eau, c'est dans la vallée qu'il doit être placé. L'installation devra être faite en aval de la ville, plutôt qu'en amont, et dans tous les cas, on évitera de laisser pénétrer les eaux de lavage dans le canal intérieur.
« La commission a jeté les yeux sur la caserne Saint- André ; la superficie est de 57 ares (un arpent quinze perches du pays).
» Après avoir consulté quelques bouchers en exercice, il est reconnu que l'installation doit comporter douze échaudoirs ou salles d'abattage ; deux en plus, pour les charcutiers et les bouchers de l'extérieur; chaque salle aura 6 "50 sur 4™.
» Les étables devront contenir simultanément, au moins 60 bœufs ou vaches, 400 moutons ou veaux, 30 porcs.
» L'établissement renfermera 4 fonderies de suif et 2 triperies.
» La superficie nécessaire pour tous ces services est de 2,300 à 2,400 m. c. Le corps d'écurie conservé, ayant 600 m. c, il faudra construire des bâtiments ayant 1,800 m. c.
» La dépense serait de 200,000 à 220,000 fr. Le devis établi en 1826, se chiffrait à la somme de 158,000 fr. ; on voit donc que l'estimation est faite très largement.
» L'abattoir d'Evreux n'a coûté que 100,000 fr. ; le rapport de population étant de 9,700/13,700, la dépense devrait être de 141,000 fr. seulement, en se basant sur la population.
» Le relevé des octrois en 1825, 1826 et 1827 donne les quantités suivantes; le maximum est établi par le calcul des quantités d'Orléans et d'Evreux.
Nombre de bétes abattues
Tarif
Produit annuel
Minimum
Maximum
■ p»T této
Minimum
Maximum
Bœufs 640
4fr.
2,584 fr.
3,328 fr.
Vaches 838
Veaux 4,380
Moutons 2,040
Porcs 1,333
Totaux. . . . 15,607 fr. 19,182 fr.
» Les suifs donnent un produit important. M. Damars,dans son rapport du 6 mai 1826, en porte la quantité à 125,000 kilog. ; mais ce poids parait exagéré. En admettant seulement 100,000 kilog., le droit étant en général de deux centimes, on peut évaluer le produit à un minimum de 2,000 fr., un certain nombre de bouchers ne fondant pas.
» Les fumiers donneront aussi un certain rapport.
» Le rapporteur, M. Moline, voulant être modéré, évalue à 16,000 fr. seulement le produit total. »
11 arrive aux moyens d'exécution.
« On peut traiter avec un concessionnaire, dit-il ; il vaut mieux emprunter et bâtir.
» L'emprunt n'a rien d'effrayant, son amortissement étant assuré. Ce serait un bienfait à Chartres; il tiendrait lieu en quelque sorte d'une caisse d'épargne, en offrant, un pla-
cernent à de petites sommes ; on fractionnerait en faibles coupons les actions d'emprunt. Les actions étant de l,000fr., une partie serait fractionnée en coupons de 100 fr., ce qui permettrait aux petites fortunes d'y prendre part. Le remboursement serait réglé par le sort.
» A 5^0, l'intérêt serait de 11,000 fr., sur 220,000 fr. empruntés; le produit étant de 16,000 fr., il resterait 5,000 fr. pour l'amortissement, qui n'exigerait qu'une durée de vingt-quatre ans. »
Les conclusions du rapport sont adoptées à l'unanimité.
« Dans la séance du 6 novembre 1831, le maire
expose qu'une loi de secours a été votée par la Chambre des députés; treize millions seront répartis comme aide, aux principales communes, pour payer le tiers des travaux votés par elles et entrepris promptement, d'une utilité réelle, et en dehors de toute prévision antérieure.
» La ville est déjà endettée de 75,500 fr. seulement, non compris l'emprunt de charité de 15,600 fr, : le Conseil est toutefois, d'avis d'exécuter des travaux. »
Le 28 novembre, le Préfet, introduit dans la salle du Conseil pendant la séance, dit: « quelle but de la loi est de procurer du travail à la classe ouvrière et indigente, pendant l'hiver ; qu'au surplus, la ville devrait voter dès à présent la somme suflisante pour acquitter les deux tiers de la dépense.
» Les travaux devraient être exécutés d'ici au mois de mai. »
M. Moline dépose alors une proposition, énumérant les travaux susceptibles d'être exécutés, d'ici au premier mai :
« Marché aux chevaux 12,500 fr.
» Terrassement du boulevard Saint- Michel, pavage, plantations. . . . 45,300
» Elargissement de la rue Saint- ^95,300 fr.
Michel 5,000
» Pavage en grès du centre de la place des Epars 32,500
» Le Conseil arrête qu'il sera fait un emprunt de 60,000 fr..
nÈGNE DE LOUIS-PHILIPPE 373
remboursable à raison de 3,000 fr. par an ; le gouvernement allouerait à la ville la somme de 32,000 fr. »
L'affaire revient au Conseil, le 29 décembre 1831.
Le gouvernement ne veut donner comme aide à la ville qu'une somme de 25,000 fr. ; les projets présentés sont supérieurs aux besoins de la classe ouvrière de la ville, dont la population n'excède pas 15,000 âmes. Le gouvernement donnant 25,000 fr., la ville devra dépenser 50,000 fr.
« Un emprunt de 60,000 fr., annoncé par voie d'affiches, ajoute le Maire, a été rempli en 24 heures ; il a fallu refuser des souscriptions; on réduira les travaux à 75,000 fr., en ajournant quelques-uns.
» Il restera 10,000 fr., et les 8,650 fr., dus sur l'emprunt de charité de 1829 seront remboursés. »
Le Conseil vote cette proposition.
On cherche toujours un emplacement pour l'abattoir.
En 1832, les pourparlers n'aboutissent pas avec MM. Mauzaize, Noël père et Madame Loiseau, pour leur terrain des Filles- Dieu ; la demande est de 47,000 fr., et la ville offre 38,000 fr.
M. Chartier-Rousseau refuse de vendre sa propriété du Gord, pour cet objet.
L'emplacement des Grands-Prés est proposé, puis le terrain des Vieux-Capucins.
Les bouchers redoutent dans les Grands-Prés l'humidité, l'éloignement ; ils préfèrent le terrain des Vieux-Capucins; il faudrait, par chaque jour d'abattage, cent poinçons d'eau.
Enfin, le 12 février 1833, le maire annonce qu'un terrain au faubourg Saint-Brice, près de la rivière, attenant au Préaux-Bœufs, est acheté conditionnellement à M. Lefebvre d'Ollemont, ancien juge de paix, au prix de 20,051 fr. 35.
Le 12 août 1834, le maire présente au Conseil deux projets, l'un de 237,000 fr., l'autre de 170,000 fr.
Une nouvelle Commission est nommée, et M. Damars dépose le rapport le 19 janvier 1835.
« Le projet de l'architecte voyer est dressé, suivant le système de Paris : le chiffre du devis, de 237,349 fr. 50 parait très élevé.
» Il y a luxe dans Tépaisseurdes murs, luxe dans la force des bois de charpente, luxe dans le choix des matériaux, luxe effréné de pierres de taille, luxe de massifs inutiles sous les dallages, luxe dans la hauteur et l'épaisseur des fondements.
L'auteur du plan emploie partout la chaux hydraulique, etc. ; il arrive à un chiffre de dépenses très élevé, malgré des omissions.
» Par des faits accomplis, la construction au quartier Saint- Père, en 1826 et 1827, de belles et vastes écuries qui ont beaucoup d'analogie avec les constructions d'un abattoir, les difficultés du terrain, on peut arriver aune comparaison. Elles ont coûté 70 fr. le mètre carré, malgré les difficultés des fondations.
» Voulant laisser à l'architecte quelque latitude, qui lui permette d'atteindre à la perfection, et lui donner facilité de faire face à une foule d'objets imprévus, la commission établit son calcul de dépenses, sur le prix de 80 fr. le mètre.
Superficie des bâtiments à élever 1,550"^ à 80 fr. 124,000 fr.
Pavage des cours .... 4,000"-^ à 6 fr. 24,000
Aqueduc, fosses à fumier et couches, grille d'entrée, conduits d'eau, murs de clôture, appropriation des bâtiments et puits 22,000
Total 170,000 fr.
» Le rabais servira d'imprévu.
» On pourra faire un emprunt, au taux de 4 ^o ; '^ produit annuel de l'abattoir, de 16 à 17,000 fr., permettra d'amortir la dette en douze ou quinze ans.
» L'adjudication des travaux se fera en masse et sans division aucune. »
L'emprunt fut émis peu après, et le travail exécuté.
En 1838, la permission, accordée aux particuliers de tuer chez eux des porcs, élevés et engraissés pour la consommation de leur maison, présentant des inconvénients graves, il est décidé que tout porc introduit dans la commune ne pourra être tué que dans l'abattoir.
Le bail d'éclairage de la ville expire le 1®*" mai 1839 ;
il est décidé que les appareils Pradal seront achetés à la compagnie Paban.
Peu après, Lèvent, depuis longtemps entrepreneur de Téclairage, offre d'éclairer la ville pendant un an, avec les appareils de la compagnie Paban, à raison de fr. 02 par heure et par bec, ou à 0,04 par Toléarigaz, ou à 0,07 par le bec Bordier.
Le 8 mai 1840, le ministre de l'intérieur autorise la ville à traiter avec la compagnie Paban, pour neuf années, avec le système Pradal.
Le prix des appareils qui, successivement, remplaceront les anciens, sera de :
Appareil à un bec, 2 réflecteurs 30 fr.
— deux becs 3 et 4 — 40 Le prix de l'éclairage sera de :
Réflecteur à coquillesde l'ancien système, par
bec et par heure 0fr.02 1/4
Appareil Bordier-Marcet, dit parabolique . 07
Réflecteur Oléarigaz 04 1/2
Réflecteur Pradal 033
(( Les rues sont noires pendant toute la foire de mai, dit un membre, il faudrait éclairer jusqu^au 25 mai, au lieu d'arrêter au 30 avril. »
A l'entrée de l'hiver 1843, la question est reprise ; on veut de la lumière ; la commission propose d'augmenter le nombre d'heures d'éclairage, qui serait de 352 h. 1/2 par an.
A 11 fr. 63 d'augmentation par bec, pour
229 becs, le coût sera de 2,663 fr. 27
La dépense de l'éclairage actuel est de . . 7,407 fr. 48 La dépense totale annuelle serait portée à . 10,070 fr. 75 Il sera créé 16 becs nouveaux, dont la dépense d'éclairage est de 42 fr. 52 par unité, et de 722 fr. 84 pour l'ensemble.
Le l*"" octobre 1845, une Compagnie offre d'établir l'éclai-
376 RÈGNE DE LOt'IS-PHILIPPE
rage au gaz, sans privilège exclusif; d*autres propositions sont faites.
L'année suivante, il est décidé que le prix ne pourra excéder fr. 03 par bec et par heure.
Le 30 avril 1847,1e traité avec Charles Lebon est approuvé. Deux gazomètres devront suffire chacun à Téclairage de 1,000 becs. La canalisation aura 6,500 mètres au moins; chaque bec devra consommer 120 litres par heure ; son pouvoir éclairant sera supérieur très notablement à celui d'une lampe dite Carcel, du plus fort calibre. Le minimum d'heures dépassera 250,000; le nombre de becs variera, de 180 à 200. Lebon déposera un cautionnement de 10,000 fr.
Dès le commencement de novembre, on se plaint que Lebon ne va pas assez vite pour l'exécution des travaux ; il est mis en demeure de verser le cautionnement de 10,000 fr.
En 1831, il est question de faire des embellissements
dans la ville ; la superficie des promenades, non compris les contre allées, est d'environ 30,000 mètres carrés ; il y a dix années qu'elles n'ont pas été sablées : le sablage de la totalité, à raison de 0"05 d'épaisseur et de 6 fr. le mètre carré, coûterait 9,000 fr. ; il est alloué 900 fr. pour le budget de 1832, et 750 fr. pour l'entretien ordinaire.
Au mois de février 1832, les ouvriers employés au terrassement de la place des Epars, manifestent un certain esprit de sédition ; l'intervention de l'adjoint suffît pour rétablir l'ordre.
Le prix de la journée de travail, pour les prestations, est fixé à un fr.
En 1837, le Conseil décide de percer des rues dans le quartier des Petits-Blés. Le clos de Notre-Dame avait été vendu, en 1791, au profit de l'Etat; l'emplacement de plusieurs rues fut alors réservé et en l'an XI, l'Etat ea céda la propriété à la ville.
Du boulevard Saint-Michel, la rue des Petits-Blés forme une impasse ; une autre part du pavé de Bonneval ; ces rues vont être prolongées et ouvertes. H est, à cet eff*et, acheté
treize parcelles de terres, la plupart en vignes, d'une contenance de 58 ares 99 centiares, à raison de 64 fr. Tare.
« Cette même année, les compagnons de diverses associations ouvrières ont entre eux des querelles, des luttes souvent fort vives ; dans une de ces luttes, il y a eu plusieurs blessés.
» C'est un reste de barbarie que le bon sens de la classe ouvrière devrait faire disparaître. »
Le plan général d'alignement est fixé en 1840.
En 1845, il y a beaucoup de travaux en exécution ou en perspective; l'établissement des fontaines publiques, les écuries du quartier de cavalerie, le changement de direction de l'ancienne route de Paris, ce qui adoucira la montée de la Courtille, le chemin de fer.
A la session de mai, en 1846, il est proposé une série de travaux considérables :
Le relèvement de la place des Epars, d'un peu plus d'un mètre au rond point, soit 4,500 mètres cubes en remblais et 1,500 en déblais 3,000 fr.
Le pavage de cette place, non compris la part de l'Etat 43,500 fr.
« Sur le rond-point, sera élevée la statue de Marceau, qui serait de trois mètres d'élévation, sur un piédestal de trois mètres, entouré d'une grille. »
La promenade de la foire, entre la place des Epars et la place Châtelet, aura 235 mètres; elle sera parallèle à la route royale ; sa largeur sera de 24 mètres. Coût 12,000 fr.
La rue allant à l'avenue de l'Embarcadère, parallèle depuis la place des Epars, de dix mètres de largeur, pavée sur 265 mètres, coûtera 20,000 fr.
En y ajoutant divers autres travaux, la dépense totale s'élèvera à 104,000 fr.
Un emprunt de 100,000 fr. remboursable dans les années 1857 et 1858, est proposé et adopté. Une partie de ces travaux fut exécutée.
Afin de régler les moulins à farine, établis sur la rivière dans l'intérieur de la ville, un crédit de 1,200 fr. est voté,
378 RÈG\é DE LOUIS-PHILIPPE
en 1847, pour rétablissement du barrage de la Courtille. Le déversoir aura 8 mètres de largeur, et le vannage 4 mètres.
Élévation des eaux, aqueduc de Maintenon, Pompiers. — Au
mois de mai 1831, la dépense effectuée pour les travaux de forage du puits artésien, s'élevait à la somme de 26,000 fr.; l'exercice 1832 comprend 3,000 fr. pour cet objet.
Le forage atteint 600 pieds, à la session de mai 1832 ; il est du 5,000 fr. à Mulot, maison n'a pas trouvé d'eau jaillissante.
Mulot demande 31,000 fr. pour aller, de 600 pieds à 1,000 pieds de profondeur. En cas de succès, il faudrait ajouter 6,000 fr. pour les tubes définitifs ; si Ton arrête* les travaux en chemin, on ne lui paierait que le nombre de pieds forés.
Quatre membres proposent d'abandonner les travaux.
Le forage à 600 pieds n'ayant pas donné d'eau jaillissante, le traité est résilié de plein droit. Le prix dû à M. Mulot est définitivement fixé à la somme de 20,000 fr.
Le forage sera continué jusqu'à 700 pieds, suivant un nouveau traité.
A la session d'août, le Conseil général vote 600 fr. pour le puits artésien, lesquels ne seront versés qu'après épuisement des fonds votés par la commune de Chartres.
« Au mois de décembre 1834, Mulot expose qu'il va arriver à la profondeur de 700 pieds : le traité sera consommé; il croit utile d'aller plus loin, étant arrivé à la craie inférieure et l'eau jaillisante étant trouvée immédiatement au dessous de la masse de craie.
» Il demande qu'il lui soit alloué, par un nouveau traité, 100 fr. par pied jusqu'à 800 pieds de profondeur, puis 9,931 fr., pour prix de tubes en fer laminé, actuellement placés dans le trou de sonde, ou la somme de 1,000 fr., pour location et indemnité de détérioration de ces tubes.
y> La ville, ajoute le maire, a déjà fait d'énormes sacrifices pour le forage du puits artésien ; le département l'a aidée de 6,000 fr., cette étude étant faite, autant dans l'intérêt des campagnes de la Beauce que de la ville de Chartres.
» Il serait fâcheux de ne pas profiter de cette subvention. »
Le Conseil vote 4,000 fr. pour parfaire la somme. On ira jusqu'à 800 pieds.
Le maire expose, le 13 mai 1835, que le forage est arrivé au-delà de 800 pieds, etTeau jaillissante ne paraît pas encore.
Mulot propose un nouveau marché, à raison de 120 fr. par pied, jusqu'à 900 pieds; il espère réussir, le forage se faisant maintenant dans un banc de craie verte argileuse, et la nappe d'eau jaillissante étant au-dessous de cette sorte de craie.
La ville renonce à la continuation de cette entreprise ; elle est obligée de recourir à des machines hydrauliques connues ; il a été dépensé plus de 40,000 fr.
Le Conseil invite le département à continuer, afin d'acquérir la certitude de pouvoir donner de Teau à la Beauce, trésor inappréciable pour elle.
Cette invitation, assez bizarre, n'aboutit point.
Au mois d'octobre 1836, il est payé 7,000 fr., somme nette, pour l'achat des tubes enterrés. La colonne tubulaire est encore à sa place, aboutissant au sol sur la place Marceau. Elle y restera longtemps, à coup sûr.
Dès l'année 1835, les conseillers Duchesne-Mirey et
Damars, avaient demandé l'établissement, près du pont de la Courtille, d'une ou de plusieurs pompes publiques, élevant l'eau de la rivière pour l'alimentation de la Ville.
On propose, à la session d'août, d'établir une pompe publique au pont de la Courtille : le prix du devis est de 1,550 fr. 65, sauf rabais. La proposition est favorablement accueillie.
L'année suivante, il est question de monter l'eau dans la haute ville, au moyen de la vapeur ; l'ajournement est prononcé à cause des dépenses faites pour le forage du puits artésien.
Enfin, le 11 décembre 1838,1a commission, composée de MM. Damars, Texier, Maunoury avocat, Moline, Leviez- Huet, nommée antérieurement pour étudier le projet de la distribution des eaux de la rivière, dépose son rapport.
« Deux systèmes sont en présence : l'un, de Pellerin, l'autre, de Lefort.
» Le premier impose un traité de 99 années, Tachât par la ville, d'eau pour le lavage des rues, à raison de 17,500 fr. Tan.
» Il faudrait acheter la chute du moulin de Saint-Père, utiliser le moteur. La chute est faible; on manque d'eau Tété. Le devis s'élève à 145,000 fr. »
« Le projet de M. Lefort comporte l'emploi de la vapeur: à 40 mètres d'élévation, un cheval-vapeur monterait, dans le réservoir, 45 hectolitres par heure ; pour élever 6,000 hectolitres, il faudra 13 heures 25 minutes de traA'ail d'une machine de 10 chevaux.
» Le devis total ne dépassera pas 240 à 250,000 fr.
» En comptant la dépense de la machine en charbon, à 5 kil. par cheval et par heure, on trouve pour l'année: 158,40 kilog., à 50fr. les 1,000 kilog., ou 7,920 fr. pour un fonctionnement de 240 jours; le calcul étant fait pour 4,000 hectolitres seulement par jour.
> Dépense de combustible 7,920 fr.
> Entretien des machines, faox frais, mécanicien,
chauffeur 3,300 » 27 470 fr
> Préposé au débit des eaux et fontainier. . . 4,000
> Abonnement pour le filtrage 1,000
» Intérêt à 4 1/2 d'un capital de 250,000 fr. . 11,250 Ou 27,500 fr., en chiffres rpnds.
» M. Lefort demande 0,07, à l'hectolitre d'eau élevée.
» Ainsi, un débit de 393,000 hectolitres dans Tannée, ou de 1,077 hectol. par jour couvre toutes les dépenses.
» La commission pense que ce débit ne saurait être audessous de 1,200 hectolitres, et il s'élèvera probablement de 1,500 à 2,000.
» A 1,500 hectolitres par jour, le produit de la vente s'élèverait annuellement à 38,325 fr., laissant 10,825 fr. pour l'amortissement du capital.
» En peu d'années, on arrivera à 2,000 hectolitres, donnant un produit annuel de 50,000 fr. et un amortissement de 22,500 fr.
» L'extinction du capital s'opérerait alors avec rapidité. »
Le Conseil décide que la ville conservera l'exécution et l'exploitation du service des eaux.
Mais ce rapport parut ensuite bien optimiste.
M. Cordier, adjudicataire de la ville de Chaumont, fait des propositions pour l'élévation des eaux ; M. Hubert également.
Le 14 juin 1839, le conseiller Damars, rapporteur de la commission, appuie la proposition Hubert, qui est adoptée.
Le projet coûterait 247,000 fr. à la Ville, et 24,000 fr. pour prime de filtrage, payée à la Compagnie Française pour son procédé breveté.
M. Hubert se chargerait, pendant vingt ans, de l'entretien des machines et conduites, de la fourniture du combustible, moyennant la somme de 14,500 fr. par année.
Avec l'achat du terrain, la dépense totale serait de 290,000 fr.
» L'eau de la rivière est salubre, expose le conseiller Texier, rapporteur, le 24 octobre 1839, et si elle n'est pas suffisamment limpide pour être potable, la quantité d'eau destinée à cet usage est si petite, proportionnellement avec l'eau devant servir au lavage, que dans chaque ménage, de petits filtres pourront facilement fournir la quantité d'eau de cette nature qui sera nécessaire.
» Et d'un autre côté, dans l'état actuel des choses, la vente de l'eau potable se faisant à Chartres par une classe de la population assez nécessiteuse, on tournera la difficulté et les inconvénients qu'il y aurait à détruire brusquement ce genre d'industrie. »
La machine aura la force de huit chevaux-vapeur ; elle sera capable d'élever 400 mètres cubes d'eau en seize heures, au moyen d'une pompe aspirante et de quatre pompes foulantes.
» La conduite menant au réservoir, situé près du Collège, aurait 558 mètres de longueur; elle serait en fonte, de 0^162 de diamètre, l'épaisseur de la fonte étant de 0^012.
» Le réservoir contiendra 200 mètres cubes.
n La dépense est évalué comme suit :
Machine et pompes 40,000 fr.
Bâtiment de la machine . . . . 33,000
Fourneau et chaudière de rechange 4,000 ; 112,000 fr.
Bâtiment du réservoir, réservoir, etc . . . 35,000
Conduite en fonte :
568 "» de ™ 162 à 33 fr 18,744 fr.l
380 " de " 135 à 29 fr 10,020 ^ ^^^'"^^i
5,651 "* de distribution, accessoires 74,627
Conduite en plomb, 270 " à 10 fr 2,700
Prise d'eau, robinets, regards, bornes-fontaines, appareils d'air, fontaine dans Tobélisque . . . 38,102
» Total de la dépense à faire par la ville . . 256,193 fr.
M. Hubert propose un bail, pour 9 ou 18 années, à 13,000 fr. par an ; il fournira 300 mètres cubes d*eau,parjourde douze heures, au réservoir et fera faire le service des bornesfontaines.
On renonce à Tinstallation des filtres.
Le 29 décembre 1839, le Conseil adopte les plans et devis de M. Hubert et le 13 avril 1840, sur le rapport de M. Maunoury, avocat, un emprunt de 300,000fr. pour les eaux est voté.
La question n'était pas résolue cependant : après le vote de principe, il fallait passer à l'exécution. On recherche encore des économies ; M. Hubert propose des diminutions; la dépense ne sera que de 180,000 fr., au lieu de 300,000; l'entretien et l'exploitation, 10,000 fr. au lieu de 13,000.
L'affaire revient le 13 mai 1841 ; un assez long débat s'engage; puis le projet est retiré. Une somme de 1,000 fr. sera remise à M. Hubert, pour frais de voyage, plans et devis.
Le 10 novembre 1843, le projet d'élévation d'eau par M. Hubert est repris; le 5 décembre, le maire traite avec M. Hubert; un emprunt de 240,00 fr. sera fait en 1845.
L'année suivante, les tarifs sont élaborés : le premier hectolitre d'une concession, à consommer par jour, coûtera 20 fr. annuellement ; le second 15 fr. ; le troisième 12 fr. ; le quatrième 10 fr. ; les suivants 8, 7, 6, 5 fr.
nèGNE DE LOUIS-PHILIPPE 383
Une concession de deux hectolitres d*eau par jour, reviendra à 35 fr. par an ; une de trois hecto, à 47 fr. ; de quatre hecto à 57 fr. ; de cinq hecto à 65 fr. ; de dix hecto à 93 fr. ; de cinquante à 293 fr. ; de cent à 543 fr.
Il y aura trois modes de concessions :
1® La concession illimitée, en rapport avec Timportance de la maison, du jardin, du nombre d'habitants, d'animaux.
2® L'écoulement continu, réglé par un robinet et un appareil de jauge, donnant deux hectolitres par jour au minimum.
3** L'eau sera vendue aux fontaines, lesquelles seront mises en adjudication; un compteur mesurera l'eau débitée; le prix maximum de vente aux habitants serait de fr. 05 par voie de 20 litres.
La cheminée pyramidale de l'usine à vapeur devait avoir 17 ™ 20 ; mais les riverains craignent tellement que la fumée les gène, qu'il est décidé de la monter à 25 mètres de hauteur; cela motive un supplément de 900 fr. pour le travail de M. Hubert.
L'exploitation commence le l®"" septembre 1845 ; il sera procédé un peu plus tard à la réception des travaux. M. Arago sera prié d'indiquer un expert pour cette réception; il sera néanmoins sursis à la réception du filtrage, qui ne donne pas un résultat satisfaisant.
Le produit de la vente des eaux aux fontaines a été de 900 fr., pour le premier semestre; il est inférieur de beaucoup au salaire des agents employés à cette vente. L'eau ne sera plus vendue.
Au mois d'avril 1846, l'expert Corot dépose son rapport sur les travaux Hubert; les honoraires sont fixés à 660 fr.
Deux mois après, M. Hubert assigne la ville, en paiement de la somme de 262,675 fr. 81.
Dans ce même été, le nombre des concessions est de 44, pour un débit journalier de 269,50 hectolitres, moyennant le prix de 2,777 fr. 50 par an.
Le 31 mars 1847, une concession pour le Cercle Chartrain, en construction, est accordée au prix annuel de 82 fr. 50.
Le 2 février 1848, le Conseil ajourne la demande des
384 nÈGNE DE LOUIS-PHILIPPE
citoyens qui réclament que Teau des fontaines publiques soit accordée gratuitement, dans la crainte que Ton ne prenne plus de concessions.
Nous dirons, en passant, quelques mots sur les travaux de Taqueduc de Maintenon, destiné par Louis XIV, à amener à Versailles et à Paris, les eaux de l'Eure, prises à Pontgouin. Si ce projet, grandiose pour Tépoque, avait abouti, il ne serait resté, à la traversée de la ville de Chartres, qu'un tout petit ruisseau, produit de sources voisines.
« Le château de Maintenon fut vendu en 1674, 250,000 livres à Françoise d'Aubigné, depuis marquise de Maintenon; elle y attira des Flamands pour faire de la dentelle, des Normands pour la toile ; elle y bâtit des écoles, des églises, des hôpitaux.
» La seigneurie de Maintenon avait été érigée en 1594 en baronnie, en 1641 en marquisat ; Louis XIV, en 1688, Térigea en marquisat pairie.
» Mademoiselle d'Aubigné, nièce de Madame de Maintenon, épousa le duc d'Ayen, fils du maréchal de Noailles ; elle reçut cette terre qui, depuis, est restée dans la famille.
» Louis XIV y vint souvent; Racine y demeura chez Madame de Maintenon, y composa en grande partie, pour les élèves de Saint-Cyr, les tragédies d'Esther et d'Athalie.
» L'aqueduc, ce magnifique projet, fut conçu par Vauban et La Hire en 1680. La rivière l'Eure à Pontgouin, était de 118 pieds plus élevée que la cour de maître du château de Versailles. Le canal, sur 24,000 toises, jusqu'à Maintenon, était à découvert jusqu'à l'endroit appelé Point à rien de Berchères. Dans cet espace, il aurait fallu traverser cinq vallons; de là, une levée de 3,900 toises jusqu'à l'aqueduc de Maintenon.
» L'aqueduc en maçonnerie, sur une longueur de 2,300 toises, devait avoir trois rangs d'arcades superposées, à l'endroit le plus profond de la vallée.
» Le premier rang a seul été construit; il est formé de 47 arcades sur 500 toises de longueur. Chaque arcade a 40 pieds d'ouverture, 45 de profondeur, 78 d'élévation sous la voûte.
» Le deuxième rang aurait eu 195 arcades, en tout 2,070 toises, 85 pieds d'élévation, 70 sous voûte.
» Le troisième, sur 2,331 toises de longueur, 390 arcades de 44 pieds d'élévation.
» L'élévation totale aurait été de 200 pieds.
» Le canal passait au-dessus, ayant 7 pieds de largeur sur 4 de profondeur; l'eau aurait été amenée à Tétang de la Tour. C'est de là que les eaux vont à Versailles.
» Vauban fit canaliser les rivières d'Eure et d'Epernon et le ruisseau de Gallardon, pour amener les matériaux. La Voise avait cinq écluses, la Brouette sept, l'Eure, entre Maintenon et Nogent, cinq.
» On commença les travaux en 1684 ; quatre ans après, la guerre les interrompit.
» Louis XIV occupait ses troupes à ce travail ; il y avait un camp de trente mille hommes.
» L'exécution de ce projet aurait permis de donner de l'eau potable à Versailles, Saint-Cloud et Paris. »
La quantité d'eau, dérivée de l'Eure, aurait atteint cent mille mètres cubes par jour, en moyenne.
Dans la nuit du 6 au 7 mars 1834, un violent incendie
éclate à Saint-Prest; vingt habitations, composant soixante-dix creux, sont devenues la proie des flammes.
« Dans une misérable bicoque qui brûlait, on a sauvé plus de 25,000 fr. en pièces d'argent. Cet argent a été emporté à plein seau et déposé en lieu sûr.
» La perte, en mobilier et en bâtiments, est évaluée à plus de 63,000 fr. Une représentation est donnée au bénéfice des sinistrés. »
« En septembre, nouvel incendie à Saint-Prest; vingt-deux habitations sont brûlées ; la perte est de 140,000 fr. au moins. On fait des quêtes à domicile, pour les incendiés. »
En janvier 1835, le feu détruit dix maisons à Saint-Piat.
Le 7 mars 1835, troisième incendie à Saint-Prest, en moins d'un an ; il se déclare chez le garde champêtre; quatre maisons contiguës, formant vingt creux sont brûlées ; la perte est de 10,000 fr.
:i86 BÈGNE DB LOUIS-PHILIPPE
Le 4 juin 1836, incendie de la Cathédrale; les combles et les charpentes des clochers sont brûlés.
Les Chambres ont voté 400,000 fr. pour la première moitié des travaux, à la charge de TEtat.
, Pour se prémunir contre de nouveaux désastres, le Conseil vote Tachât des petites maisons adossées à Fédifice, pour les démolir.
Des remerciements sont votés à M. Gabriel Delessert^ préfet, pour le dévouement et le courage qu'il a montrés pendant Tincendie ; une médaille sera frappée avec le métal des cloches fondues; 500 fr. seront distribués, conune récompenses, à ceux qui se sont signalés.
Peu après, six médailles d'honneur, avec diplôme, sont données par les ordres du Roi, aux personnes qui se sont distinguées au feu, savoir: à Mittier, tambour-major de la garde nationale; Darde dit Cadet, maçon, pompier; Brazon pompier ; Favrée, couvreur; Louis- André, sonneur-guetteur; Gillet Victoire-Pauline, femme Coëffé.
L'année suivante, le ministre de Fintérieur fait don à la Ville d'un tableau de Tincendie de la cathédrale, par Pemot.
Les pompes de Chartres, étant d'un vieux modèle, ne peuvent se raccorder avec celles plus récentes des communes voisines; on va les renouveler.
En février, feu à l'hôtel de France datis la nuit, il est rapidement éteint.
En 1846, une pompe à incendie supplémentaire sera déposée à l'Ecole normale ; la Compagnie d'assurances mutuelles a offert 600 fr. ; le Conseil général donnera 2 ou 300 fr. ; la Ville complétera la somme nécessaire.
Les élèves de l'Ecole, futurs instituteurs, s'habitueront à conduire et à manœuvrer la pompe.
Agriculture, animaux, blé, pain. — Un ancien auteur a dit que le sol de la Beauce est un sol triste, qui ne manque que de six choses : de fontaines, de prairies, de forêts, de pierres, d'arbres et de vignes.
La population totale de la France s'élève à 31,601,578 ha*
bitants en 1830 ; le département d'Eure-et-Loir en comprend 278,215 ; il doit fournir un contingent de 528 conscrits.
En 1834, la population de Paris s'élève à 720,286 habitants. Sur 32 millions d'habitants en France, il y a cinq millions de pauvres et trois millions qui vivent au jour le jour.
La superficie de la France est d'environ 52 millions d'hectares, dont 1,852,400 en vignes donnent un produit moyen de 62,663,000 fr. ; le produit moyen d'un hectare de vigne étant de 21,33 hectolitres de vin ou de 333 fr. , la valeur de l'hectolitre ressort à 15 fr. 80.
« Un auteur rappelle qu'il y a quarante ans, la France produisait 14 milliards de livres de grains ; sa population était de 25 millions d'habitants, ce qui portait la consommation (la semence prélevée) à 583 livres de blé par tète, ou une livre dix onces de pain par jour.
» La population s'est depuis augmentée d'environ six millions ; les subsistances ont dû suivre cet accroissement : elles s'élèvent en effet au niveau des besoins, les exportations et importations étant nulles.
» La récolte devrait donc être d'environ 17 milliards de livres de blé, semence comprise, pour nourrir environ 32 millions d'habitants.
» Mais loin de là, la récolte générale est à peu près la même qu'autrefois. Cela vient de ce que, depuis la Révolution les terrains en valeur ont été cultivés, plutôt en vignes et en prairies artificielles, en plantes légumineuses et pommes de terre surtout, qu'en froment et autres céréales. »
Plus de 20,000 moutons sont amenés à la foire de la
mi-juillet, en 1831; les agneaux de l'année sont vendus 16 à 18 fr. chaque tète ; les antenais 22 à 23 fr. ; les moutons de 4 ans, 20 à 22 fr. Bonne vente.
La foire de la Saint-André a attiré beaucoup de monde ; 16,000 moutons ont été amenés ; presque tous vendus : les mérinos 18, 20 et 22 fr. par tète, quelques petits troupeaux de choix 24 fr. ; les métis 16 à 18 fr. ; les antenais 22 à 24 fr. ; les agneaux d'un an 16 à 18 fr.
Le marché aux chevaux, bien approvisionné, a été tenu ferme, surtout en chevaux de poste et de trait. Un bon postier valait jusqu'à 750 fr.
A la foire de juillet 1832, le marché est peu fourni ; il y a seulement 70,000 toisons. Les laines ordinaires se sont vendues, de fr. 90 à 1 fr. 10 la livre ; celles d'agneau, de 1 fr. 25 à 1 fr. 50.
A la Saint-André, il est venu beaucoup de monde. 2,000 chevaux, 10,000 moutons, 500 porcs. Les chevaux de 4 à 6 ans se sont vendus de 600 à 1,000 fr. ; les postiers, de 400 à 550 fr. Le prix moyen des porcs a été de fr. 45 le kilog. sur pied ; les antenais, 20 à 28 fr. ; les agneaux, 18 à 20 fr.
Au landi du 16 juillet 1835, 18,000 moutons; les antenais se vendent 26 à 28 fr. ; les moutons de quatre ans, 24 à 32 fr. ; ceux hors-d'àge, 18 à 20 fr. ; ceux de Sologne, 9 à 10 fr. ; les béliers, 100 à 400 fr.
La foire comporte 60,000 toisons de laine ; la mère laine est vendue au prix moyen de 1 fr. 40 le demi kilog. ; la laine d'agneau 1 fr. 85.
Les vendanges de 1836 ont été magnifiques; la récolte est très abondante.
En 1837, réunion à Chartres du Comice agricole; une médaille d'or sera décernée pour le meilleur mémoire sur les moyens de prévenir ou guérir le charbon, qui fait depuis quelque temps tant de ravages parmi les bestiaux de la Beauce.
11 est amené 2,000 chevaux à la foire de mai : les prix varient de 6 à 800 fr. par tète ; 18,800 moutons ; les vaches laitières se vendent de 100 à 140 fr. ; les vaches grasses, fr. 55 le demi-kilog.
Aux landis de juillet et à la Saint-Barthélémy, 30,000 moutons ; 260,000 toisons vendues à raison de 2 fr. 10 le kilog. ; toisons d'agneaux à 2 fr. 50.
Aux assises du mois de décembre 1837, on juge les voleurs de moutons. Il a été volé 202 moutons, 174 poules, 7 oies grasses, 11 oies ordinaires, 7 canards, 8 lapins, des légumes, du beurre, du fromage, des ruches à miel.
La durée des assises a été de 7 jours, pour la bande de
34 voleurs; les jurés ont délibéré, du samedi à une heure du soir, au dimanche à deux heures du matin ; vingt-cinq inculpés ont été condatnnés à des peines plus ou moins fortes; neuf acquittés.
Le 21 mars 1839, sont nommés : MM. Adelphe Chasles, maire, président du Comice agricole de l'arrondissement de Chartres ; Fresnaye, ancien maire d'IUiers, vice-président ; Charles secrétaire en chef; Leroy secrétaire-adjoint.
Les membres du bureau sont : MM. Chasles père, conseiller général ; Charles conseiller de préfecture ; Garnier-Giraud, ancien commerçant; Bonnet aine conseiller général; Guérin père, ancien maire de Challet; Chartier-Rousseau ancien négociant ; Damoiseau médecin-vétérinaire.
A la loue du mois de juin, un homme est embauché pour quatre mois, à raison de 150 fr., une femme, 60 fr. de salaire.
11 y a eu de nombreux orages; cent quatre-vingt-dix-sept communes ont été frappées; une commission de secours est instituée. Les pertes dans le département s'élèvent à 8,191,725 fr. ; dans l'arrondissement de Chartres, à 1,574,631 fr. ; celui de Dreux a été le plus éprouvé.
Une souscription est ouverte; le Ministre accorde 50,000 fr. ; quatre millions sont votés par les Chambres, pour toute la France.
A la foire de mai 1839, il est amené 1,110 chevaux; les poulains sont vendus de 7 à 800 fr. ; les chevaux de service, 5 à 600 fr. ; de poste, 700 à 750 ; de diligence, 8 à 900 ; quelques chevaux hors ligne, 1,500 fr.
37,021 moutons ; les antenais valent 38 à 40 fr.
Le 18 juillet, il est présenté 28,512 moutons.
A la Saint-Barthélémy 35,952 moutons; prix des antenais 26 à 28 fr.
2,100 meules de cercles ; les grands cercles à cuve se vendent 30 fr. la douzaine.
La foire de septembre n'aura plus lieu dans la rue des Changes ; elle est transférée sur la butte.
A la Saint-André, 26,323 moutons; les antenais valent 35 à 38 fr. ; 1,228 chevaux sont présentés.
390 BàGNB DE L0U18*PH1L1PPE
Au premier landi de juillet 1840, 37,818 moutons; un cinquième vendu; il y a manque de fourrages dans les campagnes ; les agneaux 16 à 18 fr.
Au troisième landi, 26,150 moutons; 10,000 vendus mêmes prix ; 416,000 kilog. de laines, défaveur sur cet article, la mère laine se vend de 1 fr. 80 à 2 fr. 60 le kilog. ; la laine d'agneau 2 fr. 80 à 2 fr. 90.
Au dernier landi, 7,780 moutons, mêmes prix.
Le 24 août, à la Saint- Barthélémy, 32,173 moutons.
Il est représenté 218 chevaux, baisse; 18 ânes, 30 à 60 fr.; 315 vaches, les grasses fr. 80 à fr. 90 le kilog. ; les maigres, de 60 à 220 fr. par tête.
Il est amené 4,789 meules de cercles ; 80,500 kilog. de laine, en 75 voitures.
Au mois d'octobre 1840, M. Jonquet, meunier à
Cloyes, se plaint que la société des leveuses, les Barreis, lui doit la somme de 1,900 fr. qu'elle a reçue pour prix de blé, vendu par leur intermédiaire, au mois de mai précédent.
La femme Bonnette a pris la fuite ; plusieurs cultivateurs réclament; une autre leveuse est destituée, la troisième suspendue.
Le cautionnement de 200 fr. versé par chacune d'elles, en vertu du règlement de 1824, s'élevait à 13,400 fr. pour 67 leveuses ; sur leur réclamation, il a été restitué ; il en reste soixante quatre pour couvrir la somme d'environ 5,000 fr.
Le Conseil municipal vote une somme de 1,000 fr., pour dégrever celles des leveuses dont les profits hebdomadaires sont peu considérables. Ensuite, les autres sont taxées, dans les proportions de 80, 70, 55, 40 fr., suivant leurs profits, afin de sauver l'honneur de la corporation.
En janvier 1841, grande inondation ; les eaux de
l'Eure ont monté très vite à Courville et à Pontgouin, par suite de la fonte des neiges.
A Chartres, il y a eu beaucoup de dommages ; les jardins étaient couverts d'un mètre d'eau. A Jouy, beaucoup de murs et de bâtiments se sont écroulés ; plusieurs familles ont été sauvées avec des bateaux.
Le pont de Maintenon était couvert d'eau, ce qui empêcha le passage des diligences.
Nogent-le-Roi, Dreux, ont souffert ; aussi Chàteaudun.
La perte, dans la basse ville de Chartres, est de 18,000 fr.
Le mois suivant, une loterie au profit des inondés est tirée à la préfecture ; il y a 407 lots, 7,010 billets à 1 fr.
Il est question d'un canal du Loir à la Loire, allant de Cloyes à Orléans, par la Beauce. On estime qu'il y aurait un mouvement annuel de 60,000 tonneaux de mer.
La dépense, de Yaas à Bonneval, serait de cinq millions.
Il y a deux cents ans que la création de ce canal est le vœu de ces contrées.
Ce vœu ne sera jamais réalisé ; la locomotive vient d'apparaître.
A la foire aux laines du mois de juin 1841, il est
amené 102 guimbardes, contenant 51,200 kilog. de laine, et 357 carrioles chargées de 202,200 kilog, en totalité 263,600 kilog. Près de 500 chevaux sont attelés à ces voitures ; c'était le beau temps des aubergistes chartrains.
La laine de mouton est vendue 1 fr. 60 à 2 fr. 20 le kilog.; celle d'agneau, 2 fr. 80 à 3 fr. 60 ; 50 béliers sont exposés sur le marché; dix vendus, de 200 à 400 fr. par tête.
La foire aux laines de 1842 produit une vente peu active : la laine vaut 1 fr. 50 à 1 fr. 60 le kilog. ; il est amené 86 grandes voitures de 1,500 kilog. environ et 527 carrioles de 500 kilog; en totalité, 392,500 kilog.
Au deuxième landi, 31,000 moutons; 452,000 kilog. de laine, de 1 fr. 50 à 1 fr. 80.
A la Saint-Barthélémy, 41,000 moutons; vente diflBcile, de 17 à 15 fr. par tête.
A la Saint-André, vente difficile pour les chevaux, qui sont amenés au nombre de 1,500: les chevaux de gros trait, 600 à 1,200 fr. ;un étalon atteint 2,000 fr. ; un autre 2,500 fr., acheté pour le compte du Roi.
Il est présenté 650 vaches ; les grasses sont vendues de fr. 90 à 1 fr. le kilog. ; les laitières, 100 à 180 par tête.
18,000 moutons; ceux de trois ans se vendent de 23à30fr.
Par arrêté du 11 novembre 1843, le préfet d'Eure-et- Loir défend de couvrir aucun bâtiment en chaume, paille ou autres matières combustibles
« Il ne pourra être fait, aux toitures de cette nature actuellement existantes et jusqu'au premier janvier 1850, que de simples réparations d'entretien.
» S'il y a lieu de les renouveler, par suite de vétusté ou autre cause majeure, elles ne pourront l'être qu'en tuiles, ardoises, pannes ou autres matières non combustibles.
» Il n'y a d'exceptés que les bâtiments isolés. »
Cet arrêté fait beaucoup crier; il fera plus de malheureux que les incendies ; il n'offre aucune utilité pour le département.
La charpente actuelle ne sera pas assez solide pour supporter le poids ; elle devra être renouvelée, et le bois est cher. On n'a pas sous la main des tuiles ni des ardoises ; on verra des paysans assurer leurs bâtiments et y mettre le feu.
L'exploitation de la rouche, qui occupe beaucoup de bras, va disparaître ; ce sera un revenu important de moins pour les fermiers.
Une bonne couverture de paille dure trente ans, sans réparation, et cinquante ans en rebouchant les trous. En tuile, il faut appeler les couvreurs tous les trois ans.
Renouveler tous les bâtiments, 260,000 creux, en si peu d'années, coûterait 40 millions de francs ; c'est plus que ne coûteraient les incendies pendant deux cents ans.
•Il faut donc rapporter l'arrêté, donner un plus long délai, dire seulement que toute construction nouvelle, ou refaite à neuf, ne pourra à l'avenir être couverte en rouche ou en paille.
Malgré toutes ces plaintes, l'arrêté est exécuté et dès le mois de mai 1844, des contraventions pour infraction au dit arrêté sont dressées par la gendarmerie.
Au mois de janvier 1847, des troubles, occasionnés
par la cherté des grains, éclatent sur plusieurs points de la France. Emeutes à Rouen, à Tours. A Rennes la troupe a
tiré ; un homme est tombé mort, un autre est blessé. On jette des pierres dans les croisées des marchands de blé.
A Laval, des fermiers conduisant le blé au marché ont été arrêtés, et obligés de mesurer le blé à 4 fr. le quart d'hectolitre.
A la foire de mai 1847, 450 chevaux de trait sont présentés ; le prix par tête varie, de 600 à 1,000 fr. , pour le premier choix ; le lendemain, 650 chevaux de poste et de diligence, prix de 450 à 650 fr. ; le 13 mai, 450 chevaux de roulage ordinaires, 400 à 550 fr. La vente est faible.
60 vaches grasses, de 1 fr. à 1 fr. 20 le kilog.
Porcs gras, 145 vendus de 1 fr. 50 à 1 fr. 70 le kilog. ; porcs maigres, 25 à 55 fr. ; porcs de lait, 12 à 19 fr.
Moutons ; le 11 mai, 400antenais, de 28 à 36 fr. ; le 13 mai, 28,600 moutons de 3 à 4 ans, 28 à 37 fr. par tête ; le 15 mai, 11,000 moutons de cinq ans, 21 à 28 fr. ; brebis de 3 à 4 ans, 25 à 37 fr; un quart à peine est vendu.
1,350 chevaux, dont un cinquième a été vendu, sont présentés à la foire de Saint- André.
550 vaches; grasses, fr. 80 à Ofr. 85 le kilog.; laitières, 100 à 250 fr. par tête ; maigres, 40 à 60 fr.
25,000 moutons : agneaux 16 à 18 fr. ; antenais 22 à 25 fr. ; les prix sont inférieurs à ceux de Tannée précédente.
Le prix de l'hectolitre de blé est 22 fr. en décembre 1830; 18 fr., à la fin de décembre 1832.
Le sac de farine de 159 kilog., à Paris, vaut 69 et 53 fr., aux mêmes époques, et le pain de quatre livres 1 fr. 32 et 1 fr. 12 ; l'hectolitre d'avoine 6 fr. 60 et 6 fr.
Les boulangers, au mois de février 1833, prétendent que la base de la taxe du pain doit être établie sur le produit de 51 pains par sac de farine, de 159 kilog. brut ou de 157 kilog. net.
Le dire des boulangers est repoussé par le Conseil municipal. La taxe du pain de quatre livres est maintenue, sur un produit fixe, invariable, de 52 pains par sac de farine de 157 kilog., net.
Une expérience, faite au mois de mars 1833 sur un sac de
394 BÈGNE 0£ LOUIS-PHILIPPE
farine, de 157 kilog, a donné, en différentes sortes de pain, un produit net de 52 pains de 4 kilog. et 5 livres.
Pendant la session de mai 1834, le préfet demande si la taxe du pain est utile ou préjudiciable, et par suite, si elle doit être supprimée ou conservée.
« Cette taxe est justement faite, expose M. Durand, adjoint, qui presque toujours préside le Conseil, le maire, M. Chasles, étant retenu à la chambre des députés.
» Les boulangers ne peuvent se plaindre ; s'ils prenaient des bénéfices trop importants, ils pourraient craindre des violences dans les circonstances critiques. La taxe les met à Tabri.
» La liberté illimitée du commerce serait imprudente pour cette matière (le pain), qui a une si grande influence sur la tranquillité publique. »
Au mois de septembre, il est décidé que la taxation du pain aura lieu toutes les quinzaines, le samedi, après le marché; le prix pourra être changé, pour une différence de deux centimes et demi au lieu de cinq, comme auparavant, par pain de 4 kilog.
Une expérience est faite le 21 février 1835, pour la conversion en farine et en pain, d'un sac de blé de la récolte de 1834 ; la conclusion est que, pour Tannée courante, la taxe soit établie diaprés une base de 52 pains et demi, de 4 kilog. chacun, pour 2 hect. 75 de blé.
Au mois de février 1837, la taxe du pain est faite, sur un rendement de 52 pains, au lieu de 52 pains et demi, les blés de 1835 et de 1836 étant inférieurs en qualité à ceux de 1834.
Du mois de mai 1833 au mois de mars 1838, le prix du blé passe de 16 fr. à 19 fr. 25 l'hectolitre ; celui de l'avoine, de 6 à 9 fr. ; celui du sac de farine, de 46 à 58 fr. : celui du pain de 4 kilog., de fr. 97 à 1 fr. 12.
Les froids de l'hiver ont causé un grand dommage aux blés ; dans plusieurs endroits, il n'y a rien à espérer des semailles d'automne ; on passe la charrue sur les terres. Ce sont les blés de Saumur qui ont le plus souffert.
L'hectolitre de blé monte à 20 fr. 75; le pain à 1 fr. 25.
« Il y a quarante ans, le prix moyen du froment était de 24 à 25 fr. Thectolitre ; il est tombé à 20 et 21 fr.
» Les moyennes les plus élevées ont été de 44 fr. 02 rhectolitre dans la région du Nord, de 43fr. 05 dans TEst, en 1817.
» Les plus faibles : de 13 fr. 67 dans TOuest, et de 12 fr. 51 dans le Nord-Est, en 1835. »
Le 9 août 1838, la moisson n'est pas faite; tout est encore sur pied ; la maturité n'est pas complète et la pluie est continuelle. Il y a cependant bonne apparence pour la quantité seulement.
Le prix du blé atteint 24 fr. l'hectolitre au mois de novembre 1838; il ne cesse de progresser jusqu'au mois d'avril 1840, où l'hectolitre est coté 29 fr. 50 ; le pain de 4 kilog. coûte alors 1 fr. 87 et le sac de farine 81 fr.
Une baisse continue ramène le prix de l'hectolitre de blé à 15 fr. 75, à la fin de décembre 1842 ; la hausse reprend l'année suivante, et le maximum de 46 fr. est atteint en mai 1847 ; le prix du pain est alors de 2 fr. 17 et le sac de 100 kilog. de farine de 72 fr.
A la fin de Tannée, l'hectolitre de blé est coté 22 fr.
Le 9 août 1845, après six semaines de pluie, le beau temps reparaît.
« Les reliques de Sai^t Piat, qui procure le temps sec (Saint Taurin, comme chacun sait, amène la pluie), portées en grande pompe de la Cathédrale, ont parcouru une partie de la ville, sont allées par la porte Saint-Michel, jusqu'à la croix des Capucins et sont rentrées en ville par le pavé de Bonneval.
» Puis sont venues les paroisses des communes voisines, croix et bannières déployées, en pèlerinage auprès du Saint.
» La pluie qui durait depuis six semaines a cessé. »
Certains disent qu'au lieu d'attendre si tard, on aurait dû faire les processions un mois plus tôt, ce qui aurait sauvé les foins et les prairies artificielles.
Culte, instruction, hospitalisation. — Au mois de novembre 1830, ramélioration de rinstruction publique parait nécessaire. « Une école d'enseignement mutuel, expose le maire, s'est établie, grâce au zèle et aux cotisations d'un grand nombre de citoyens ; cette école a eu un grand succès ; elle a prospéré. On a construit un local vaste et commode, pouvant contenir 300 élèves ; ce sera un jour une École modèle. »
Le maire propose d'allouer une subvention de 1,000 fr.
« On économisera d'ailleurs le cours gratuit de dessin linéaire du collège, établi depuis dix ans, qui n'a jamais été fréquenté.
» Au surplus, il est accordé 3,000 fr. aux instituteurs primaires (frères des Ecoles chrétiennes), qui ont en plus une vaste maison, fournie par la commune et une allocation pour les prix. »
Dès le mois de mars 1831, il est reconnu que l'Ecole mutuelle ne peut soutenir la concurrence des frères de l'Ecole chrétienne. Elle a 145 élèves ; le coui*s d'adultes a été suivi pendant l'hiver par 62 jeunes gens.
Le capital social est de 40,000 fr. en 400 actions de 100 fr.
« La ville, propose le maire, pourrait acheter quinze actions par an ; elle deviendrait propriétaire et toucherait les revenus. »
Une somme de 1,000 fr. fut votée pour cet objet.
L'année suivante, l'allocation est portée, de 1,000 à 1,500 fr.
« L'Ecole primaire dirigée par les frères, ne paraît plus suffire aux besoins actuels ; elle est encombrée.
» 50 élèves de la campagne ont droit à être admis à cette école, suivant le testament de M. Remond. De la ville, il en restera 300 ; en totalité 350.
» Or, pour la commune, ajoute le Président, il y a 650 ou 700 garçons susceptibles de fréquenter les écoles.
» L'École mutuelle et celle des frères ne peuvent recevoir au delà de 550; il y a insuffisance; il faut établir une troisième école primaire.
» A l'Ecole des frères, il y a eu amélioration dans l'ensei-
gnement, depuis juillet 1830, mais Tadministration communale n'a pas encore toute Faction qui lui appartient.
« Des mesures sont prises pour que cette action s'exerce sans éprouver aucune résistance. »
En novembre 1832, cinquante élèves pauvres, ne trouvant pas place à TÉcole chrétienne sont admis, sans rétribution, à rÉcole mutuelle, à la charge d'être vêtus de la blouse uniforme, aux frais de la ville.
Le 13 août 1833, l'Ecole des frères est déclarée Ecole communale ; l'École mutuelle devient propriété de la ville.
Le traitement collectif des six frères est de 3,000 fr.
Le directeur de l'École mutuelle touchera 1,200 fr.; le loyer est de 2,500 fr. ; il est affecté en plus 1,800 fr.
Au mois de novembre, les frères refusent d'admettre, sous prétexte que leurs statuts s'y opposent, tous les élèves porteurs d'un billet d'admission, portant que la rétribution par les parents, non indigents, serait perçue par le Conseil.
— Un membre propose que les frères, ne pouvant accepter les conditions de la ville, leur École cesse d'être communale ; qu'ils quittent le local.
— Un autre membre, en leur laissant toucher cette somme contestée, propose d'allouer à chacun des cinq frères enseignants, un traitement annuel de 200 fr.
En 1834, il est créé une École primaire supérieure ; la dépense est évaluée seulement à la somme de 1,500 fr., le choix d'un local n'étant pas encore fait.
M. Sédillot, en 1835, fait une donation pour instituer une École de filles ; en 1837, une maison, sise rue des Béguines, sera achetée pour y installer cette École.
Enfin, en février 1839, les difficultés relatives à la rétribution mensuelle des élèves non indigents est aplanie ; le traitement intégral de 3,000 fr. pour les frères est rétabli.
Le 29 décembre 1840, M. Chasles, maire, offre un local au carrefour Saint- André, pour une succursale des Écoles des frères.
Cette offre généreuse est réalisée en novembre 1842 ; M. Chasles fait don à la ville de la salle d'asile ; il lui cède
398 nÈGNK DE LOniS-PHILIPPB
l'Ecole Saint-André, moyennant la somme de 7,600 fr-, la valeur locative de Timmeuble étant de 300 fr. nets.
Les constructions ont coûté 28,298 fr. 09.
Quant à la salle d'asile, des dons particuliers, des souscriptions, une subvention du Conseil général depuis dix ans, ont couvert ses dépenses annuelles.
A la rentrée de Tannée 1834, il est constaté, au Collège municipal, une augmentation de 42 élèves sur Tannée 1833, et de 67 sur 1832 ; le nombre croissant des élèves impose des changements de distribution intérieure.
On avait autorisé, Tannée précédente, les professeurs à admettre chez eux dix élèves pensionnaires.
« Cette année (1835), expose le maire, les professeurs, à Texception du professeur de dessin, ont refusé de faire leurs classes les lundi et mardi 27 et 28 juillet, malgré Tordre formel du Principal, sur une décision spéciale du bureau d'administration, et quoique la célébration des fêtes de juillet ait été indiquée au mercredi 29, par le programme arrêté par Tautorité supérieure.
» Cet acte de MM. les professeurs, ajoute le maire, a été dénoncé à Tadministration ; il n'y a point lieu par le Conseil de rien statuer à ce sujet.
Au concours général de Paris de 1840, les chartrains Perrault, Leviez, Maunoury, obtiennent des prix; Tasset a un accessit. Cette même année, est créé un cours d'anglais, suivant le nouveau programme ; le Conseil vote 800 fr. pour le professeur.
M. Chauveau, ancien professeur de mathématiques, meurt en 1843, à Tâge de 86 ans.
« Son caractère était aimable, dit le maire, gai, plein de bonté ; il avait une conversation spirituelle, légèrement caustique. Très érudit, son esprit était droit, élevé ; il jugeait comme un vrai philosophe la plupart des actions et des choses de ce monde. »
11 était prêtre marié.
Au concours général de Paris, en 1843, Perrault, Maunoury, Durand-Claye ont obtenu des accessits.
71,180 fr.
L'année suivante, l'étudiant Vangeon obtient un deuxième
prix au concours de troisième année.
Le budget du collège, à la session de mai 1847, est: Dépenses propres du collège :
Personnel, matériel, traitement du \
principal 22,500 fr.
Dépenses propres du Pensionnat :
Personnel 11,550 fr.
Matériel. 31,070 [ 48,680 fr.
Dépenses pour ordre . . 6,060 Recettes propres du Collège:
Rétribution collégiale . . 12,400 fr.) -2 fi^of
Droit d'entrée au dessin . 240
Recettes propres du Pensionnat :
Prix de pension et demipension 24,380 fr.
Frais accessoires. . . .
Frais d'études des élèves surveillés
Pension des professeurs nourris dans l'établissement
Recettes pour ordre. . .
1,755 ) 38,540 fr.
51,180 fr.
20,000 fr.
Différence en moins . . .
L'insuffisance pour le collège est de 9,860 fr. ; elle est de 10,140 fr. pour le pensionnat.
Le Conseil vote une subvention totale de 20,000 fr.
» En 1837, ajoute le maire, la prospérité du collège était passagère ; la subvention était de 10,000 fr. seulement avant la mise en régie. »
Incendie de la Cathédrale, église de Lèves, disette, secours. — En 1831, les processions extérieures n'ont pas lieu à Chartres, sur le refus par les autorités de les faire escorter par la force publique.
« La sonnerie des cloches, expose le maire, a lieu presque quotidiennement, de très grand matin, dans toutes les
400 IIËGNË OB LOUIS-HHILIPPB
paroisses ; cela gène le public ; elle sera diminuée et régularisée.
» En septembre 1832, le Conseil décide que le matin, à V Angélus, les sonneries ne dureront pas plus de cinq minutes par volées ; les cérémonies funèbres, annoncées par trois sonneries au plus. Il ne sera pas sonné pour les fêtes et solennités non reconnues par le Concordat. »
Au mois de décembre 1832, la commune de Lèves
s'insurge pour revendiquer son curé, TabbéLedru, qui dessert la paroisse depuis dix-sept ans et a Testime et Taffection des habitants.
Une adresse à M^"" TEvêque est couverte, en deux jours, de plus de cinq cents signatures. Les habitants, au nombre de 350 à 400, le Conseil municipal en tête, se rendent à rÉvèché ; ils y arrivent sur les deux heures deTaprès-midi, demandant que leur curé leur soit rendu. Refus de l'Evéque. L'abbé Ledru a souscrit pour les combattants de juillet; il a béni le drapeau tricolore ; il a habillé le tambour de la garde nationale de Lèves. La commune ne recevra pas Tabbé Langlois, successeur du curé Ledru; on fera affilier M. Ledru à l'église de M. Chatel ; il dira la messe en français.
L'Evêque, en janvier 1833, interdit Tabbé Ledru, qui cependant continue à dire la messe en français. Le maire Barrelier, qui était d'abord pour le curé, se met contre lui. Un habitant offre de prêter pour cinq ans, sans loyer, une grange toute neuve pour y dire la messe.
Le curé Ledru dit que les clefs de l'église vont être remises à l'autorité civile ; il exhorte ses concitoyens à recevoir avec calme les décisions de l'autorité ; il quitte l'église et le dernier dimanche de janvier, il bénit la grange.
A l'arrivée de l'abbé Duval et d'un séminariste, au mois de mars, un rassemblement de femmes se forme devant la porte de l'église ; le nouveau curé ne peut entrer et se réfugie chez le maire.
Un enterrement a lieu. Le défunt était partisan du culte adopté par l'abbé Ledru; les parents ne veulent pas deTabbé
Duval. Invectives, injures de part et d'autre. L'abbé Duval retourne à Chartres.
Au mois d'avril, Tabbé Auzou, prêtre de Téglise catholique française de Glichy, vient à Lèves. Beaucoup de monde y accourt ; l'ordre n'est pas troublé.
Le premier dimanche de mai 1833, a lieu dans l'église romaine de Lèves, l'installation d'un prêtre du culte romain. Le matin, un escadron du 4« chasseurs et une escouade de gendarmes prennent position en face de l'église. Il n'existait pas de garde nationale à Lèves.
. Le préfet, le général, le commandant de gendarmerie, l'abbé Dallier, prêtre romain, arrivent à Lèves.
Devant la porte de l'église, les femmes arrêtent le préfet. Un serrurier chargé d'ouvrir s'enfuit épouvanté. Le préfet se retire.
On envoie chercher le procureur du Roi, qui arrive avec nn substitut et un juge.
Le préfet, le général, les magistrats se présentent ensemble devant l'église. Nouveau tumulte. Ils se retirent.
Un nouvel escadron de chasseurs arrive ; viennent aussi des ouvriers pour ouvrir la porte.
Des barricades s'élèvent, faites au moyen de voitures, de troncs d'arbres, de planches, de pièces de charpentes, barrant les deux extrémités de la rue de l'église. Des approvisionnements de pierres sont amoncelés près des barricades ; beaucoup d'individus s'arment de bâtons.
Des hommes au clocher sonnent le tocsin. La troupe ne bouge pas.
Les gendarmes, placés entre deux barricades, se retirent; les chasseurs mettent pied à terre, attaquent la barricade de la route; des pierres sont jetées ; une atteint le général. Les soldats, le sabre et la lance à la main, sautent sur la barricade ; une douzaine la franchissent ; des coups sont donnés et reçus.
Plusieurs personnes s'interposent et réussissent à éviter de plus grands malheurs.
Le préfet et la troupe s'en vont, en laissant les deux prê-
très dans la salle de la mairie. La foule s^empare d'eux en les apostrophant et les maltraitant.
On les reconduit à rÊvéché; la foule s'accroit à Chartres, pénètre dans TEvéché. En quelques minutes, les vitres, les glaces, les pendules, le billard, une calèche, d'autres meubles, sont brisés.
L'Evéque, heureusement, n'était pas là.
Les chasseurs remontent à cheval; la foule fuit; une cinquantaine d'arrestations sont opérées.
A Lèves, l'adjoint est battu par quelques individus; des dégâts sont faits dans la maison du maître d'école.
A la suite de cette affaire, le préfet, M. de Rigny, fut changé et remplacé par M. Pompée, préfet de l'Yonne.
Trente-deux inculpés furent poursuivis : Bézard dit citro, Bézard dit chat blanc, Legoy dit gourdon, Sébastien dit loulou, Cochin dit bombance, Pierre dit rogron, Renou dit le pape, Maury, Chapon, etc. ; femmes Macé, Roby dite carnavale, Roussin, Cyprien.
Les habitants de Lèves, qui furent condamnés à trois mois de prison furent graciés, après avoir subi la moitié de leur peine.
L'abbé Ledru, curé de TEglise française de Lèves, mourut en 1837.
Le samedi 4 juin 1836, à six heures et demie du soir,
on sonne le tocsin.
On bat la générale dans tous les quartiers. Le feu était à la Cathédrale. Un concours immense de citoyens s'y porte rapidement ; le feu s'élançait déjà avec violence de divers points de la belle toiture, en bois de châtaigniers, recouverte en plomb, établie depuis huit siècles.
A près de cinquante mètres de hauteur, des travailleurs sont postés sur la galerie latérale ; des pompiers s'élancent sur le toit pour faire des coupures, d'autres pénètrent dans l'intérieur de la charpente, pour y exécuter également des coupures. Une pompe, dont le tuyau atteignit la galerie supérieure, est installée ; mais que peut son maigre jet d'eau sur ces torrents de flammes.
En un clin d'oeil, par un vent violent, le feu éclate sur tous les points de la toiture ; elle doit être sacrifiée ; la nécessité de la retraite devient pressante; il faut évacuer la galerie. On cherche à préserver les parties inférieures de Tédifice et les maisons voisines, menacées par des flammèches et des charbons ardents emportés par le vent.
La toiture disparaît ; une merde feu la remplace, le plomb fondu coule dans les rues comme de Teau ; les flècnes sont bientôt atteintes ; leurs charpentes, au sommet, consumées, les cloches tombent avec un horrible fracas ; le timbre seul, continue son tintement étrange dans ce désastre. On croyait entendre les derniers soupirs de ce magnifique monument.
A l'intérieur de l'Eglise, des fragments de poutres enflammées et du métal fondu tombent, par les œillards, dans le chœur et dans toute la nef. Le maire de Saint-Prest établit sa pompe à une porte latérale du pourtour du chœur, inonde les stalles et les boiseries, éteint les fragments de bois enflammés, au fur et à mesure de leur chute.
Les toitures des bas-côtés sont préservées par André, serviteur de l'église, aidé d'une douzaine de pompiers; les vitraux, si précieux, sont ainsi sauvés du désastre.
A dix heures du soir, le vieux clocher est encore indemne, mais la charpente et l'escalier sont déjà en combustion et vers deux heures du matin, les flammes jaillissent de toutes les ouvertures.
La charpente s'écroule avec un épouvantable fracas ; la flèche en pierre est portée au rouge blanc, resplendissante dans la nuit.
Les pompiers d'IUiers, Dammarie, Saint-Piat, Sours,Jouy, Thivars, Fontaine, Saint-Georges, Saint-Prest et Morancez, ont aidé les braves pompiers de Chartres ; tous ont fait preuve d'un dévouenient admirable. Le préfet, M. Gabriel Delessert, n'a pas quitté les travailleurs.
« Le général Fleury s'est prodigué, écrit le Préfet dans son rapport; la troupe, la municipalité, la population de la Ville et des environs, la gendarmerie; tous sans exception ont fait leur devoir. »
404 nÉGNB DE LOUIS-PHILIPPE
Dimanche matin, vers les neuf heures, le feu était éteint à peu près partout. Les flèches restées debout, paraissaient plus gigantesques encore.
Le feu a pris dans plusieurs maisons de la Ville ; mais il a été promptement éteint.
Des femmes, des maisons voisines, accroupies sur le seuil des portes, la tête baissée vers leur tablier, disaient en gémissant : « Ma pauvre cathédrale! ma pauvre cathédrale. »
La tristesse était sur toutes les figures; les Chartrains voyaient disparaître le monument qui faisait leur orgueil ; la consternation était générale.
La cause de ce terrible incendie doit être attribuée à la négligence des ouvriers plombiers, occupés à la couverture. Pour chauffer leurs outils à souder, du charbon de bois était allumé dans le cagnard, sorte de marmite en fonte. Ce cagnard avait été placé sous la toiture, en face d'une porte ouverte ; le vent a fait voler quelques étincelles, qui ont mis le feu à la charpente.
L'ouvrier qui s'en est aperçu a voulu l'éteindre ; n'ayant pu y réussir, il est descendu chercher du secours ; le feu a fait de rapides progrès : il n'était plus temps.
Trois jours après, le Garde des sceaux, accompagné de plusieurs architectes, vint à Chartres ; les architectes donnèrent les assurances les plus formelles que la solidité des clochers et de la voûte restait parfaite.
La dépense de réfection de la toiture s'éleva à plus de 1,200,000 fr. ; le poids total des métaux employés atteignit 700,000 kilog.
En 1839, M. Teste, garde des sceaux, vient visiter les travaux de la Cathédrale; ils sont bien avancés. La charpente métallique a remplacé la forêt de châtaigniers qui soutenait la toiture, la grande galerie extérieure est réparée.
Les traces du terrible incendie ont disparu.
Parmi les 2,000 statues des XII® et XIII* siècles qui décorent l'intérieur de la Cathédrale, on découvre la statue de la Liberté.
<c Elle est représentée par une femme de 25 à 30 ans, dans
le costume d'une Reine ; elle tient à la main droite une épée, à la gauche un écusson, qui porte en attributs deux couronnes royales.
» Son nom, Libertas, est gravé à sa droite en caractères du XIII'. Elle est suivie de douze autres vertus publiques, aussi habillées en Reines, parmi lesquelles : la Promptitude, la Sécurité, la Concorde et le Courage.
» La Statue est placée à la porte septentrionale, à la dernière arcade du côté de Tévéché. »
En juin 1838, pour la première fois depuis le règne
de Louis-Philippe, les processions des trois paroisses parcourent les rues, les places et les carrefours de la Ville.
A la fête de l'Assomption, en 1839, la procession
pour le vœu de Louis XIII a circulé dans les rues; quatre jeunes Saint Jean, vêtus de peaux de moutons, escortent un mouton vivant ; seize Madeleines, vêtues de robes brunes ; un grand nombre de Vierges; aux reposoirs, des petits enfants çn anges.
Le cardinal de Latil, ancien évêque de Chartres, meurt en décembre 1839, à Géménos, Bouches-du-Rhône.
En août 1840, décès de l'abbé Jumentier. C'était un simple et modeste prêtre ; il vécut et mourut pauvre, presque centenaire. On le nommait le prêtre du peuple ; parle froid de l'hiver, déjà cassé, le vieux prêtre allait péniblement, chargé d'un fagot qu'il portait à de pauvres malades. Il avait prêté serment pendant la Révolution, restant à son poste.
En septembre, bénédiction solennelle de quatres cloches. Parrains : MM. le duc de Noailles, le duc de Montmorency pairs de France, le général d'Astorg, Saillard ; Marraines : M"*' de Villeneuve, de La Rochejacquelein, Davelon et Chasles.
La grosse cloche Marie est conservée ; son poids est de 6,000 kilog. ; elle sonne le sol ; les quatres cloches neuves sonneront le re, le mi^ le fa^ Vut,
Au premier carillon, le maître sonneur André, eut quatre doigts du pied coupés par l'une d'elles.
La chapelle N.-D. de la Brèche est restaurée en 1842 ;
elle est de nouveau livrée au culte. La Vierge, lors du siège de la Ville par Henri IV, s'était portée sur la brèche et recevait les boulets lancés par les assiégeants.
Dans la lutte du clergé contre l'université, M«'' Clau-
zel de Montais, évêque de Chartres, prend une part très active.
« L'université, s'écrie-t-il, fait un horrible carnage d'âmes. »
En janvier 1844, le prédicateur Combalot en fait des tableaux hideux et repoussants ; il engage les familles à ne pas envoyer leurs enfants dans les Ecoles laïques.
Dans une nouvelle épttre, en février, TEvêque réclame la liberté de l'enseignement, telle qu'elle existe en Belgique; il ajoute que l'enseignement public de l'Université outrage la Divinité. L'université est une prison.
Le nombre des processions augmente ; à celles de la Fête- Dieu, du vœu de Louis XIII, du choléra s'ajoute l'Honneur de N.-D. de Délivrance.
L'Evêque de Chartres attaque M. Dupuis, qui a défendu l'université à la tribune ; il tonne contre la philosophie éclectique ; il proteste contre le débordement d'impiété et de déraison de cette philosophie, qui prétend que Dieu n'a pas tiré le monde du néant.
En octobre 1844, a lieu la pose de la première pierre de la chapelle de l'Asile d'Aligre.
En 1845, dans une nouvelle épitre, M»*" Clauzel prend à partie M. Michelet : « Ce professeur de l'Etat, trempe dans le plus noir vernis sa plume de forcené, publie les calomnies les plus infâmes contre le clergé, pontifes et prêtres. Il invective et blasphème, avec la passion la plus exaltée et la plus furibonde. Il excite à la haine, à la rage contre les ministres de la religion, les hommes capables de tout et cela, dans une ville immense où fume encore le sang du 2 septembre.
» L'audace et la fureur de cet écrivain ont-elles été réprimées! Non. Tandis que les prêtres qu'il a traînés dans la boue la plus noire, ainsi que tout le corps auquel ils appartiennent, sont dans les fers, pour lui, il triomphe; on lui
fait publiquement des ovations ; on a arrêté que ses traits seraient immortalisés sur'l'airain.
» Pour me résumer, M. le Ministre, j'adhère pleinement » au mandement de M. le Cardinal de Bonald. »
La lettre de rarchevéque de Lyon avait été déférée au Conseil d'Etat par le ministre, M. Martin (du Nord).
Au moment où, en 1845, les lois contre les congrégations religieuses vont être exécutées, TEvêque de Chartres offre un asile aux Jésuites.
Il s'en fera gloire, dit-il.
Nouvelle épître à propos de la dispersion de l'ordre des Jésuites.
Mff'Clauzel fait paraître, en 1846, plusieurs lettres sur l'enseignement universitaire.
« Les instituteurs, dit-il, peuvent être déistes, matérialistes, communistes, athées. On ne leur demande qu'un certificat de moralité. »
A la suite d'un dîner à Paris, chez M. Chasles, maire de Chartres et député, arrivent à la réception des dames fort décolletées. Sa Grandeur feignit d'être scandalisée et se retira de bonne heure.
« Vous partez déjà, Monseigneur, lui dit le maître de la maison. — Certainement, répondit le Prélat, ces dames me chassent par les épaules. »
Le règlement des cimetières est re visé, au commencement de l'année 1832; le produit est affecté aux établissements de bienfaisance et à la commune, d'après le tableau suivant:
Commune Etablissements
Terrain de 2 m. 200 100
Une concession temporaire de 2 m. seulement, pour 5 ans, 20 fr. ; pour une seconde période de 5 ans, 30 fr.
408 RÈGNE DE LOLIS-PHILIPPB
Le Conseil décide Tagrandissement du cimetière Notre- Dame, en 1842; on achète 50 à 60 ares de terrain; le mètre superficiel est payé fr. 60.
Le choléra a envahi TEurope ; Chartres paie son tribut
à ce mal nouveau. Des mesures de préservation sont prises; de nombreux dons sont faits pour les malheureux, qui sont plus exposés.
« En avril 1832, expose le Maire, le choléra est en décroissance à Paris. Les docteurs Durand, Maunoury, Greslou, ont été envoyés à Paris pour étudier la maladie; leur secours sera très utile; le fléau arrive à Chartres. La Ville est maintenue dans un état parfait de salubrité.
» Doit-on empêcher la foire de mai ? Non ; mais des mesures de salubrité sont imposées aux baladins et aux cabaretiers qui s'établissent sur le champ de foire.
» Il y a vingt-cinq départements envahis ; Eure-et-Loir est un des moins attaqués : 97 cas ont été signalés. »
Au Gault-Saint-Denis, en juin, en trofs jours, 25 cas de choléra ; 18 morts.
En juillet, 502 dans le département, 203 décès.
lUiers, Ymeray, Bailleau-sous-Gallardon, Rouvres et Montlouet sont les plus attaqués.
En septembre 1832, le nombre des cas à Chartres s'élève, depuis le début, à 291, avec 156 décès.
Le Roi envoie 3,000 francs comme secours. On considère en octobre que le choléra a disparu du département.
A cause du choléra morbus, le Conseil vote, en novembre, un crédit de 1,200 francs, pour payer les balayeurs, employés extraordinairement, sur les places et carrefours et dans les rues bordées de murs et non de maisons.
« Les médecins chartrains, expose le maire, veulent acquérir le mannequin anatomique du docteur Auzoux ; le prix est d'environ 3,000 fr. ; le Conseil général a voté un crédit de 1,500 fr. pour cet objet; la Commission des hospices, 750 fr. ; le surplus est demandé à la Ville. »
Le Conseil émet l'avis que le mannequin soit acheté, mais que la Commission administrative des hospices complète la somme.
Une épidémie de grippe éclate dans la population chartraine, en février 1837 ; tout le monde ressent Tinfluenza par un certain malaise; à la fin de ce mois^ le mal est dans toute sa force.
Sur la proposition de M. Doublet de Boisthibault, une
Commission est nommée pour étudier les mesures à prendre, afin d'assurer la police et le service de santé des filles publiques. Le rapporteur conclut, à la session de mai 1841, à ce que Ton prenne des mesures promptes et rapides.
« Le service de santé, explique le maire, doit être organisé par la Commission des hospices ; on appliquera sévèrement l'arrêté préfectoral du 13 pluviôse an XIII. Il a l'intention de défendre, par un arrêté, la circulation sur la voie publique des femmes notoirement connues, se livrant à la débauche; il avisera ultérieurement, si d'autres mesures sont nécessaires. »
En 1844, il est question de transférer THôtel-Dieu dans le faubourg Bonneval ; un vaste terrain est acheté à cet effet.
Une quête et une souscription, pour l'extinction de la mendicité, produit la somme de 8,693 fr. ; la quête du bureau de bienfaisance, 2,300 fr. L'année suivante, les deux quêtes donnent ensemble 8,000 fr.
A Maintenon, parmi les tailleurs de pierre, il y avait
deux corporations rivales, les chiens et les loups. En 1846, cinq compagnons des premiers sont assaillis dans une auberge, par une quarantaine de loups travaillant au viaduc du chemin de fer ; la gendarmerie disperse les loups ; les cinq chiens montèrent dans une voiture pour aller à Paris ; les gendarmes les escortèrent, ce qui les sauva d'une nouvelle attaque à la montée.
« Ces faits sont dignes des temps de barbarie, écrit un contemporain ». Les loups furent condamnés peu après, au tribunal de Chartres.
Cette même année, des bandes de mendiants, à l'entrée de l'hiver, se présentent à la porte de quelques fermes ; dans certains endroits, les poteaux qui indiquaient que la mendicité est interdite, sont arrachés.
410 RÈGN'B DE LOCIS-PHILIPPB
« Le préfet demande aide et assistance à Fautorité militaire; des détachements du 1'"' cuirassiers font des rondes et des patrouilles d% nuit.
» La garde nationale est organisée pour un service d'ordre et de sûreté ; des patrouilles devront parcourir les campagnes, principalement du côté des fermes isolées. »
Sur un crédit de quatre millions, ouvert au Ministère de rintérieur pour faciliter aux communes les moyens de procurer du travail aux ouvriers indigents, la somme de 5,(X)0 fr. est accordée à la Ville ; le Conseil vote un crédit de 14,000 fr. pour le même objet. Les ateliers de charité sont ouverts au milieu de novembre, à cause de la cherté des subsistances.
Au mois de mars 1847, la misère croissant, une Commission de six membres, pour les secours, est élue.
a La cherté des grains et des autres denrées, expose le maire, est excessive ; il faut prendre des mesures larges et promptes pour venir en aide aux indigents.
» 11 est fait un appel de fonds; chacun concourra, pour une somme égale au montant de ses contributions mobilière et personnelle ; ces fonds seront versés au bureau de bienfaisance et la distribution faite par ses soins. »
L'appel fait ne produisit que 3,928 fr. 60 ; en mars 1847, nouvel appel de fonds. Le devis des travaux de charité, dressé par Tarchitecte-voyer, s'élève à 38,600 fr.
Au mois d'avril, le total de la somme recueillie, par Tappel de fonds pour les pauvres, est de 22,521 fr. 56. 501 contribuables ont acquitté intégralement le montant de leur cote personnelle et mobilière; 113 ont versé des à-comptes ; 789 n'ont encore rien payé. La publication des noms aura lieu dans les journaux.
La subvention de TEtat est portée à 9,500 fr.
Au milieu de mai, le maire évalue à 56,000 kilog. la quantité de pain à délivrer jusqu'à la fin de Tannée ; au prix de fr. 50, la dépense sera de 28,000 fr. On espère que le prix baissera à fr. 40, ce qui diminuera le déficit. Un emprunt de 30,000 francs est contracté.
« Dans plusieurs communes, au début de juillet, les
ressources des bureaux de bienfaisance sont épuisées ; les pauvres, sans ouvrage, parcourent les campagnes par bandes.»
Heureusement la récolte se fait ; le prix du blé baisse dès le mois d'août.
En février 1848, le Conseil vote un crédit de 3,000 fr. pour la prolongation des ateliers de charité jusqu'à la fin du mois.
Arts, musique, théâtre. — En janvier 1831, un vaudeville: Le Collège de ReichenaUy est représenté sur le théâtre de Chartres.
« Dans cette pièce, paraît le Roi citoyen, professeur de géographie en Suisse en 1794, préférant cette vie obscure, mais noble et digne d'admiration, écrit le critique, à une émigration dégradante, à un engagement dans les armées étrangères. »
Le Moulin de Jemmapes rappelle une époque glorieuse de la vie du Prince ; la Convention le met hors la loi, et il doit reprendre sa vie errante et laborieuse. « Il semble qu'il y ait quelqu'inconvenance, ajoute le critique, à mettre ainsi sur le théâtre un Roi régnant. »
A la représentation de la Mort de Napoléon à Sainte- Hélène^ suivie de son convoi funèbre, en cinq tableaux, plus de deux cents personnes ne purent trouver de places.
Mais au mois de mars, les acteurs ne peuvent plus payer leurs dettes ; le maire est autorisé à traiter avec les propriétaires de la salle pour la location, à partir de novembre, et à la mettre à la disposition des comédiens à des conditions moins onéreuses.
En décembre, la nouvelle troupe donne l'opéra-comique de Fra Diavolo^ d'Auber.
« Jamais, écrit le chroniqueur théâtral, les acteurs n'ont joué avec autant d'aplomb, de verve, d'ensemble ; jamais il n'y eut autant de monde ; la place des musiciens, les coulisses étaient envahies et loges, galerie, parquet, orchestre étaient tellement encombrés, que la plupart des spectateurs étaient privés de l'usage de leurs membres, comprimés qu'ils étaient par leurs voisins. »
Au mois d'avril 1832, des jeunes gens de la ville donnent une représentation, au bénéfice des incendiés de Cbampfol.
La Ville reprendladirectionduthéâtre, rachetant, 2,000 fr. par an, le privilège de Pichon et Jousse.
En juin, la Muette de Porticiy d'Auber. C'est un événement.
Le carnaval de 1833 n'est guère brillant ; le goût des mascarades se passe. Une troupe, dans laquelle figure un âne et un veau, a fixé seule l'attention ; on remarquait parmi elle un marguillier portant une grosse poire de Bon Chrétien au bout d^une perche ; peu de monde aux deux bals masqués du théâtre.
En mars, monde énorme, excepté aux premières loges, pour la représentation de la Cure et V Archevêché ou le Bon ou Mauvais Pasteur. Beaucoup de personnes de la campagne ; tout Lèves était là ; bonne recette.
A la saison d'octobre, la fatalité s'attache au théâtre ; on n'y vient plus. Laissons parler le chroniqueur :
« Voici qu'on annonce un spectacle extraordinaire : cinq pièces; on en aura pour son argent. On entendra M. Adolphe, premier sujet du théâtre royal de l'Odéon, M^'* Aimé du théâtre de Bordeaux.
» Viennent quelques spectateurs. On s'attendait à des pièces entières ; déception , il n'y a que des scènes détachées, des monologues.
» Le public se fâche ; les murmures commencent, puis la scène est envahie, aux cris de : Au théâtre ! au théâtre ! on se saisit du premier sujet ; tout le monde réclame Targent.
» La foule emmène Adolphe chez M. l'adjoint au maire, la recette est mise en sûreté chez lui. Adolphe, ramené au théâtre, propose de rendre l'argent; quelques-uns acceptent. Des pierres sont lancées contre la salle de spectacle ; une voiture qui se trouvait près de là est brisée ; puis on va se coucher. »
Le mardi-gras de 1834 est très animé, très bruyant ; un grand nombre de masques parcourent les rues.
En octobre, Antony ou le Crime^ drame en cinq actes d'Alexandre Dumas, est fort bien accueilli.
Au mois de janvier 1835, le directeur Stokleit donne le Pâté de Chartres, ou la Nuit aux aventures,
« La troupe comique a beau faire, lit-on dans le compte rendu, le public ne digère pas du tout ce pâté d'un auteur du cru, mais non des illustres Lemoine ; un vacarme épouvantable a lieu comme dénouement; la chute est complète. »
Le carnaval de 1836 est plein d'entrain ; le mardi-gras est favorisé par un très beau temps, ce qui a encouragé la jeunesse chartraine à se travestir.
Les premières poésies de Ferdinand Dugué obtiennent un grand succès.
Au mois d'avril, des amateurs, réunis à des artistes de Paris, donnent Vatel, Sans Tambour ni Trompette, Les deux divorces y des frères Coignard.
Bertsmael, arabe bédouin, exécute pendant les entr'actes des jeux gymnastiques.
Pour les débuts de la troupe Pichon, à la saison de mai 1836, Héloïse et Abeilard,
Saint-Jules est le premier rôle en tous genres ; il soufflera aussi.
La troupe donnera tous les genres : comédie, drame, vaudeville, opéra, accessoire.
La foire de mai a été brillante par le beau temps, mais les artistes dramatiques n'ont pas été favorisés ; la troupe n'avait pas d'ensemble ; seul. Le Gamin de Paris bl eu quelque succès.
Les Voix du siècle, par Victor Leroux, paraissent chez Garnier et Landry; on remarque surtoulLe Rameau de buis, l'Esprit de Dieu,
A la fin de janvier 1837, débuts de la troupe de M"® Millard ; la direction offre des abonnements, au prix de 15 fr. pour dix représentations, pour les premières places, et de 9 fr. pour les secondes.
La troupe joue au mois de mars, la Nouveauté des Chartrains dans la lune ; la pièce est médiocre ; le public Ta mise en quartiers.
Le préfet refuse l'autorisation de jouer un drame sur le
général Marceau, bien que la pièce soit jouée à la Porte- Saint-Martin.
La foire de mai est inondée par de fortes pluies ; on regrette la poussière et la sécheresse de Tannée précédente.
Le théâtre s'en est ressenti, malgré Bastion, gosjonomane et ventriloque distingué, qui en même temps, possède un réel talent sur la trompette.
A la foire : Grande passion de N. S. Jésus-Christ ; Joseph vendu par ses frères ; Geneviève de Brabanty en prose et en vers, au choix des amateurs, avec costumes du temps.
En septembre, la famille Chéri Cisos-Garcin, quitte Chartres, en donnant les Enfants d'Edouard et le Napoléon de sût ans. Grand succès de larmes au premier, de rires au second.
Au mois de décembre, M*'* Rose Cheri-Cisos est très applaudie dans le rôle du chien, dans César ou le Chien du Château,
Grand succès avec le Chalet.
« La clôture de Tannée théâtrale arrive, dit un critique. La troupe Chéri avait conquis très vite la sympathie du public. Il y avait tant d'harmonie entre tous, un si bon ordre, une si excellente tenue, que Ton croyait être dans un salon où Ton jouait de la bonne comédie.
» M. Chéri était lui-même dignement compris et secondé par tous ceux qui Tentouraient, par ses jeunes filles si décemment gentilles et enfin par Bernard, doué d'un talent naturel hors ligne. »
En allant de Dreux à Reims, en plusieurs voitures. Tune d'elles verse ; la mère de M. Chéri, M™® Cisos est tuée, M. Bernard très grièvement blessé.
Voici la composition de la foire des barricades, en
mai 1838.
La foire a 728 pieds, sur 102 de largeur ; 588 pieds dans la longueur et 76 dans la largeur sont pris par les boutiques et les échoppes. De la place des Epars à la butte des Charbonniers, il y a 46 boutiques sur la ligne droite et 48 sur la gauche :
12 de pains d'épices et bonbons ; 4 de chapellerie, 8 de rouennerie et calicots, 3 de coutellerie, 2 d'optique, 3 de parapluies et cannes, 2 d'objets à six blancs, 10 d'objets à 10 et 25 sous; 2 de peignes, 2 de petite bijouterie, 2 de similor, 1 de parfumerie, 4 de lingerie, 20 de bretelles en caoutchouc, faux-cols, etc., 2 d'habits tout faits, 1 de musique, 2 de gravures, 3 de mauvaise librairie, 10 de jouets:
Sur le bas-côté, vers le marché aux chevaux, 11 marchands fripiers ; c'est le Temple.
Le bas-côté qui fait face à la préfecture comptait 29 boutiques en plein air: 11 de quincaillerie, 6 de vannerie, 4 de vaisselles en porcelaine, fayence, terre de pipe et poterie, 3 de grosses chaussures, 1 de bouquins, 4 d'objets de ménage. C'est le Quai de la Ferraille,
Sur 134 boutiques, une centaine est occupée par des Chartrains, ayant un magasin en ville.
4 cabarets sont installés sur le côté de la place des Epars, où finit la promenade Saint-Michel, près de la gargouille.
Comme baraques et théâtres, on remarque un cheval arabe, phénomène vivant, le seul qui ait paru en France. Pour deux sous, on visite l'Ile de Sainte-Hélèpe. Pour cinq sous, Geneviève de Brabant ou Joseph vendu par ses sœurs, sous la toile. La prise de Constantine. Pour deux sous, la Passion de N. S., le colosse du Nord, jeune fille de dix-huit ans, pesant 315.
Le samedi des barricades, au théâtre, sept actes.
Plaintes générales dans l'hiver de 1839 ; l'art dramatique est perdu à Chartres ; il n'y a pas de public ; on ne prend plus d'abonnements.
Au mois de septembre, foule au théâtre. Dessous-officiers du 39* de ligne donnent une représentation pour les pauvres ; la musique de la garde nationale forme l'orchestre. La soirée produit la somme de 500 fr. pour les pauvres.
La troupe de Stokleit revient en novembre, pour l'hiver : Le Sonneur de Saint-Paul attire beaucoup de monde. L'année suivante, même direction.
a On se battait, au mois de juillet 1840, pour pénétrer
416 nÈGN£ DE LOUIS-l'HILIPP£
dans le Cirque des frères Bouthors. Pendant cinq jours, la vaste tente était trop petite. Une amazone hardie galope autour du cirque ; elle s'arrête et joue de Tophicleide, avec un véritable sentiment de la musique.
» Les cinq frères Bouthors exécutent au vol des poses académiques ; deux clowns anglais, hommes en caoutchouc, sont effrayants d'élasticité. »
La foire de septembre est en décadence ; elle est triste cette année.
Morainville a fait, sur l'air de Troun la la, la chanson :
Qu'ils sont gros ï qu'ils sont longs !
Qu'ils sont fermes ! durs et ronds !
Qu'ils sont beaux ! qu'ils sont frais !
De Mainvilliers, les navets !
A l'ouverture de la saison théâtrale en octobre, la troupe Slokleit donne: le Chevalier de Saint-Georges^ puis Hernani de Victor Hugo, la Chanteuse des rues^ le Chevalier du Guet, la Tour de Nesles, le Verre d'eau de Scribe.
Au mois de novembre 1841, A la grâce de Dieu y grand succès, puis Marie Tudor de Victor Hugo.
A la représentation de Gaspard le Pécheur^ le public se plaint de la longueur des entr'actes et de leur nombre.
En mars 1843, Gaiffer, drame en cinq actes, de Ferdinand Dugué, en vers, déjà joué à l'Odéon. C'est le début de l'auteur chartrain ; il n'est pas heureux.
Au mois de décembre, Stockleit, donne le drame : En Sibérie, de Noël Parfait.
« C'est un épisode, écrit le chroniqueur, de la désastreuse campagne de Russie; ce mélodrame est écrit avec une chaleur qui se soutient jusqu'au bout ; il est écrit en bon style. Le drame a été chaleureusement accueilli. »
Le Sonneur de Saint-Paul; Antony, La laitière de Mont fermeil, de Paul de Kock.
En avril 1844, les Mystères de Paris, d'Eugène Sue ; Phèdre.
La foire de mai est très belle, le temps superbe.
« Le cirque Bouthors règne en souverain sur la place. »
nÈGNE DE LOUIS-PHILIPPE 417
« M"®* Rose et Anna Cheri, qui sont devenues des actrices hors ligne, viennent au mois de juillet donner deux représentations à Chartres; leur triomphe est la Polka.
» La polka vient de Prague, en Bohême, J.-Raab est son inventeur : c'est un compositeur et un maître de danse. Le succès fut énorme. Boisot, Cellarius, Lionnel, l'enseignaient. »
Carnaval de 1845, triste, froid ; mais le bal masqué attire beaucoup de monde.
« La musique entraîne, la foule roule, le parquet tremble, le quadrille de la Tulipe orageuse entraîne les danseurs. »
Le Béarnais, pièce en trois actes, en vers, de Ferdinand Dugué, jouée aux Français, est donnée à Chartres avec un grand succès.
En mai, représentation pour la souscription de la statue Marceau.
La Mort du Général Marceau, drame, puis le vaudeville Fick^ton-Ka ng.
« Le drame n'est pas très bon, mais la salle est pleine. La musique du 10** cuirassiers joue pendant les entr'actes.
» Le sergent Maurice, aux pieds de la statue de Préault, chante des stances de Noël Parfait, en l'honneur de Marceau. Thomas, peintre, a fait, tout exprès, un décor pour l'apothéose.
» Recette 723 fr ; frais, location, costumes, décors 420 fr. 40; teste 302 fr. 60 pour la souscription. »
A la foire de mai, théâtre d'animaux savants de Corvi ; cirque Bastien Franconi ; le grand samedi, envahissement par la foule ; la gendarmerie a dû intervenir.
Au théâtre, les Pharaons d'Egypte, par Dugué.
« M"** Georges joue Nephtys. C'est toujours la grande actrice. Elle joue, pour ses adieux, Nephtys et aussi Marguerite de Bourgogne, dans la Tour de Nesles. »
La troupe Stockleit, après avoir joué pendant l'été à Châteaudun et à Dreux, revient à Chartres en octobre, et donne Don César de Bazan, Trente ans ou la Vie d'un joueur.
La gardeuse de dindons, par M*'* Dejazet ; succès.
REGNE DE LOUIS-PHILIPPE 4id
Cette subvention est votée par le Conseil, à titre d'essai.
Le premier concert de la Philharmonique est donné, en décembre 1832, au théâtre, devant une assistance nombreuse et choisie.
En janvier 1837, deuxième concert de la saison de Chabriel, au théâtre; le premier a été satisfaisant.
« On pourra marquer sa place, en mettant son nom en grosses lettres sur une feuille de papier, que chacun attachera avec des épingles à la place retenue.
» Vobaron obtient un grand succès sur le trombone. »
Le nouvel institut musical est créé, MM. Chabriel et Genêt, en sont les directeurs.
La société philharmonique, après avoir brillé d'un vif éclat, pendant deux ans, se dissout en 1839. Elle renaît en 1840 ; elle possède des artistes de talent : Lescot, violoniste, professeur célèbre ; M"* Leprince, pianiste de mérite ; PoUet, un des rois de la harpe.
Le Conseil vote en 1842, à la Philharmonique, une subvenvention de 800 fr.
Au concert pour les inondés de la Loire, en novembre 1846, MM. Depas, Miné etM"* Leprince ont été, comme toujours, applaudis.
Vote additionnel, par le Conseil, en novembre 1847, de 600 fr. pour la Philharmonique, ce qui porte la subvention totale à 1,400 fr.
Au mois d'août 1833, une petite émeute éclate à
Morancez, contre M. Girot, maire, parce qu'il avait changé l'endroit choisi, depuis plus d'un siècle, pour les danses, sous prétexte que cela gênait la circulation des voitures.
Le Ministre de l'intérieur, en 1835, fait don à la
ville pour le musée, du tableau de Bouchot, représentant les funérailles du général Marceau.
Voici l'année 1840 qui arrive. On en parle beaucoup ; c'est le dernier délai pour l'emploi des mesures anciennes, poids et monnaies ; aussi le dicton est venu :. <f Je m'en moque comme de l'an 40 ».
Nostradamus, prédit la fin du monde pour ce moment.
Le Conseil décide que la rue neuve des Halles portera le nom de Régnier ; la famille de ce poète possédait une maison et le terrain que la rue a traversé. Mathurin Régnier y est né, le 21 décembre 1573.
Chauveau Lagarde, avocat, meurt à Paris, en 1841, à Tàge de 85 ans. Il défendit Marie-Antoinette, Brissot, Charlotte Corday, le général Miranda qull sauva de la mort.
Emprisonné à la Conciergerie, il allait être jugé par le tribunal révolutionnaire, lorsque la chute de Robespierre, au 9 thermidor, le délivra.
Nommé conseiller à la Cour de Cassation, il y resta jusqu'à 1828. Le nom de Chauveau Lagarde a, depuis, été donné à une rue de la ville.
Un cabaretier de Luisant, pour attirer les buveurs,
avait placardé une afliche que voici :
a Mésieur les abitans de la commune de Luisant, on vous fait savoir que aujourduit le trente septembre (1838), moi Jean Pierre P... caftier. à M... je fait tirés un codiende au sabre, la vue bandés et le codiende sera mangé chés moi. lUuiauras le tambour et le violon et la trompeté.
» Et les filles embraserons le garson. Ses vré, vré, vré, vré, bo.n, bon, bon, vré, vré, vré. Enfin, mes amis, je vous salus et je vous prie de venir maporté votre argans et boire mon bon vin et mon codiende. »
Le jeu de paumes, près la porte Drouaise, n'était
plus guère utilisé ; la mode était passée. Une grande partie de paume engagée, après défi, en 1834, avait été gagnée par les Chartrains contre les étrangers.
Une émeute des laitières éclate en 1541. M. Rabour-
din, de Sours, avait inauguré la distribution du lait à Chartres par voiture ; rassemblement, tumulte ; la voiture est saisie et emmenée à la mairie.
Les vieilles coutumes se perdent; les heures des
repas changent. Jusqu'au xv!"" siècle, on dtnait à 10 heures du matin; le souper avait lieu à 4 heures ; puis l'heure du dtner fut retardée jusqu'à 11 heures.
Au XVII® siècle, dtner à midi, souper à 7 heures.
Au commencement du xviii®, on dînait généralement à une heure. En 1842, on déjeune à 10 heures et le diner est fixé à 5 heures ; en 1900, déjeuner midi, diner sept heures.
A la distribution des récompenses de l'Exposition
universelle de 1844, faite par le Roi, aux Tuileries, une médaille d'argent est décernée à M. Fontaine, de Chartres, pour sa turbine ; à M. Lebert, charron à Champfol, une médaille de bronze pour un instrument aratoire.
Tribunal de Conunerce. — En 1831, les commerçants de Chartres présentent au Préfet des réclamations, sur le mode de nomination des juges consulaires.
» François I**" jeta, à Toulouse, les premières bases des justices consulaires, en juillet 1549, en établissant pour les marchands une Bourse commune, à l'instar du Change de Lyon, et leur permettant d'élire entr'eux et faire chaque an, un prieur et deux consuls, pour connaître et décider en première instance de tous les procès qui, pour raison de marchandises, foires et assurances, seraient intentés, entre les marchands et fabricants.
» En 1556, Henri II établit à Rouen une place commune, qu'il assimila à la Bourse de Toulouse.
» Charles IX, aidé du célèbre L'Hospital, par un édit du mois de novembre 1563, établit une juridication coi^sulaire, composée d'un juge et de quatre consuls, choisis parmi les marchands.
» Peu après, il créa de pareilles juridictions pour les grandes villes : Rouen, Bordeaux, Tours, Orléans, etc. En 1566, il en fut créé dans toutes les villes où il y avait un grand nombre de marchands.
» Plus tard, des créations nouvelles eurent lieu; en 1710 et 1711, 1715 et 1718.
» D'après la loi du 24 août 1790, la dénomination de juridictions consulaires a été changée en celle de tribunaux de commerce.
» Les électeurs sont les commerçants notables, dont le nombre ne peut être au-dessous de vingt-cinq, dans les
villes où la population n'excède pas 15,000 âmes. Dans les autres villes, il doit être augmenté, à raison d'un électeur par 1,000 âmes de population.
» On ne tient pas compte de la population de Tarrondissement, qui peut varier de 50,000 à 200,000.
» Le préfet désigne les notables.
» A son arrivée à Chartres, M. de Giressela Beyrie avait trouvé la liste composée d'une cinquantaine de membres. 11 la réduisit à vingt-cinq.
» M. de Rigny, préfet actuel, la reporta à cinquante. Six notables environ sont pris dans les centres ruraux, le reste dans la ville.
» Mais le choix reste toujours dans quelques familles privilégiées, dans un cercle étroit de certaines professions. II faut ouvrir la porte à tous les intérêts, que Télection des juges au Tribunal de Commerce par leurs pairs devienne une vérité,
» Malgré ces réclamations, le préfet n'a rien changé ; il n'a pas augmenté le nombre des notables. »
« La juridiction consulaire avait loué le 19 avril 1666, au sieur Gobineau, une maison, située rue de Chuisne, pour neuf ans, au prix de 260 livres, Thôtel occupé menaçant ruine.
» Cette maison fut vendue, moyennant 6,700 livres, le 18 novembre 1681, aux juges consulaires, corps et communauté des marchands de la ville, déjà locataires. Ils l'occupèrent jusqu'au 2 fructidor an II.
» Charles, apothicaire à Chartres, acheta la maison 20,000 livres à cette époque, et le 5 nivôse an III, la loua 1,200 fr. aux époux Gillôt, qui y établirent un café.
» En Tan XII, M. Charles en fit des magasins d'eau-devie. »
Cafés Jousse et de la Pituite. — Le 10 avril 1821, M. Jousse y créa un café de province modèle. Le café Jousse garda longtemps sa grande réputation. La première salle, brillante et longue, est le café ; la pipe et le cigare y sont inter-
dits. Là trône la dame de comptoir gracieuse et jolie. L'autre salle, de décoration plus sévère, est l'estaminet. Puis le jardin.
» Quelles personnes fréquentent le café Jousse. Tout le monde : le barreau, le notariat, le haut commerce, la bonne bourgeoisie, la noblesse, Tarmée active et la vieille armée, les administrations, tous y ont des représentants.
» Les habitués du café sont de respectables vieillards, pour la plupart, qui se bourrent le nez de tabac, dinent à 3 ou 4 heures, viennent sitôt le repas fini, prendre leur café ou leur verre de rhum, jouer leur consommation à la russe, au domino, au piquet à écrire, ou à l'impériale et vont se coucher, dès que neuf heures sonnent.
» En plus, un ou deux médecins, un ou deux muguets. Le café résume les habitudes du siècle dernier. »
A citer un article du journal le Glaneur, en 1844, sur le café de la Pituite.
» Sur la butte des Charbonniers, un banc de pierre circulaire, dit le grand pas. Les queues de billard sont des cannes, des parapluies et parfois, hélas ! des béquilles ; la pipe est détrônée par la tabatière, le café Royer par la réglisse, la guimauve et la gomme ; le tapis de la conversation remplace celui du billard.
y> Il ressemble à un café par ses tendances clubistes ; il a son opinion bien arrêtée, bien dessinée, bien prononcée ; il est pituitaire.
» A l'âge du pituitaire, dont les forces s'usent, dont les illusions sont perdues, la goutte, les rhumatismes, la gastrite, tout le cortège des infirmités envahit la pauvre mécanique ; le travail de dissolution commence ; les esprits vitaux se tournent en pituite ; le catarrhe et l'asthme obstruent les voies res{)iratoires ; en un mot, le vaisseau est pris au milieu des glaces de l'âge.
» Il faut donc, avant de mourir, faire ses préparatifs pour hiverner; alors, on se fait pituitaire. Le capitaine a passé la cinquantaine ; il est d'ordinaire garçon, partant égoïste ; c'est son droit. Il est infirme, c'est l'effet de l'âge; il accommode
sa vie, de façon à être le moins ennuyé possible, c'est son affaire.
» Regardez le venir. C'est un vieillard, vêtu à Tancienne mode : pantalon flottant, larges manches, haut collet. Son chapeau, qui surmonte un chef fourni d'un bonnet noir, va s'évasant vers le sommet en forme d'espingole ; c'est un tromblon de pipelet, comme dirait Eugène Sue.
» Il soutient sa démarche au moyen d'un bâton, d'une canne, souventes fois d'un parapluie.
» Il porte lunettes d'ordinaire, sa tabatière plonge dans la poche gauche de son vaste gilet.
» Dès qu'il fait un joli rayon de soleil, à l'heure où les limaçons sortent de leurs coquilles, le pituitaire se rend à son café. Les amis se rencontrent, le potin commence. »
Le Rubicon, ruisseau pour l'égout des eaux, barrait la promenade des Charbonniers, au point de la descente vers la place Drouaise. C'était le terminus de la promenade de bien des gens. Ceux qui le franchissaient, courageux piétons, fournissaient une course de plus de trois kilomètres, le Tour de ville. On a vu des chiens paresseux, suivant leurs maîtres, s'arrêter au ruisseau, retourner, n'ayant pas le courage de suivre César dans sa course, si longue.
Le Rubicon a été comblé en 1898.
Le musée avait été fondé en 1841 ; après quelques
mois, l'emplacement étant devenu insuflisant, le conseil vote une somme de 3,672 fr. 26 pour travaux d'agrandissement.
En 1847, la ville achète, moyennant la somme de 5,000 fr., la collection numismatique de M. de Villiers, décédé, fondateur du musée. Cette collection comprend 4,lf>0 pièceset 21 ouvrages.
Courses dllliers. — Au mois de juillet 1847, eurent lieu les premières courses d'Illiers. Malgré le temps affreux, l'aflluence des spectateurs était considérable.
Douze chevaux se sont présentés sur vingt-huit, seulement, à cause du mauvais temps. La distance était de 3,500 mètres.
Pour la première épreuve, les dix chevaux ont été divisés
nÈGNË DE LOUIS-PHILIPPE 425
par série ; les six premiers arrivés au but, devaient concourir seuls pour les primes à décerner.
Le premier est un cheval percheron, à Lahaye, cultivateur à la Chapelle, près Chàteaudun, en 8 minutes 55 secondes; le quatrième est à François, brasseur de bière à Chartres, en 9 minutes 33 secondes.
Dans la deuxième épreuve, le cheval de Lahaye arrive premier^ en 8 minutes ; il gagne le premier prix, une médaille d'or.
De nouvelles courses eurent lieu, le 13 septembre de la même année.
Chemins de fer. — A la session de mai 1835, le Conseil s'occupe du chemin de fer de Paris à Tours. Un tracé a été fait par Epernon ; il passe près des villes de Chartres et de Chàteaudun.
« Le département d'Eure-et-Loir, expose le maire, éprouve, plus que tout autre, le besoin d'un chemin de fer, parce qu'il est totalement privé de navigation, qu'il le sera toujours. La jonction et la canalisation de ses rivières, dont on a si longtemps parlé, sont maintenant reléguées dans la classe des projets chimériques. Cette navigation ne répondrait plus au besoin des relations commerciales actuelles ; elle serait trop dispendieuse pour devenir l'objet d'une spéculation ; elle entraînerait enfin la destruction absolue, sans équivalent possible, d'usines précieuses — c'est trop peu dire, de première nécessité pour le département tout entier.
» Le département consomme à peine la moitié de ses produits agricoles. Tout le reste lui manque : combustibles, vins, matériaux de construction, engrais surtout, dont son agriculture imparfaite a besoin.
» Il ne peut vivre sans un commerce d'échange extrêmement actif, qui n'aura lieu qu'au moyen de chemins de fer.
» Une compagnie se présente, qui demande à construire, à ses risques et périls, un chemin de fer de Paris à Tours, par Chartres; elle a choisi cette direction, parce qu'elle la croit moins dispendieuse ou plus féconde en objets de trans^
ports; elle la préfère aussi parce qu'elle est la plus courte.
» La compagnie peut se tromper sur le premier point; quant au second, celui d'une moindre longueur, il est réel, incontestable.
» Y aurait-il justice à imposer un surcroît de trajet, de près de huit heures, à la communication qui doit lier tout le Sud-Ouest de la France avec la capitale ?
» C^est ce que Ton ferait, en préférant un des tracés dirigés par Orléans.
» La route passant par Chartres est 'de première classe ; la route d'Orléans n'est placée qu'en deuxième. Le gouvernement a ainsi semblé reconnaître la justesse de ces observations.
» Il n'y a pas de rivalité entre les deux villes; la position d'Orléans l'appelle à jouir, un peu plus tôt un peu plus tard, des bénéfices des chemins de fer.
» Chartres et le département d'Eure-et-Loir se trouvent placés sur la direction la plus courte, de Paris à Tours et à Bordeaux.
» Une compagnie exécutante adopte cette direction la plus courte, et offre d'exécuter la ligne à ses risques et périls. »
Le conseil municipal recommande ce projet au ministre de l'intérieur.
Dans une séance du conseil, du mois d'octobre de la même année, la question est reprise.
» L'agriculture souffre du bas prix des grains ; le chemin de fer permettrait de les relever, en les envoyant à Paris; donc les intérêts, spécial et général, seraient satisfaits.
» On doit établir deux lignes. Tune par Orléans, l'autre par Chartres. Si une seule était faite, Chartres doit l'emporter, Orléans ayant déjà ses transports fluviaux. »
Le tarif projeté paraît fort élevé au conseil ; pour certaines denrées, il égale celui de la voie de terre.
En février 1838, le conseil d'Epernon vote une somme de 500 fr., pour la confection du chemin de fer de Paris à Chartres.
Le conseil de Chartres vote 50,000 fr., qui seront employés
en achats d^actions^ pour faciliter la réalisation du projet de Paris à Tours par Chartres, suivant le tracé étudié par M. Correard.
Le Conseil général a voté la somme de 10,000 fr.
Le projet de <jhemin de fer de Paris à Tours, par Chartres, fut repoussé en mai 1838, par la Chambre des députés. On lui donna, par ironie, le nom de la Mystification Chartraine.
Au mois d'août 1841, MM. Emile Péreire et Clapeyron, directeur et ingénieur du chemin de fer de Paris à Versailles, rive droite, se présentent au Conseil général d*Eure-et-Loir^ au nom des deux Compagnies de la rive droite et de la rive gauche, dont les intérêts sont aujourd'hui confondus, pour demander une subvention, à l'effet de faciliter le prolongement de ce chemin jusqu'à Chartres.
Le Conseil général vote un subside de 200,000 fr., payables en dix années, à partir du jour où le chemin de fer serait en exploitation.
Un projet est présenté aux Chambres, en 1842, pour le prolongement du chemin de fer d'Orléans à Tours. Cette nouvelle ligne nuirait à Chartres et au département.
M. Péreire fait savoir que les fonds sont faits, pour les travaux de Versailles jusqu'à Chartres ; mais pour aller plus loin, la Compagnie devra être secourue par les localités desservies.
Le Conseil exprime le vœu que la voie de Versailles à Chartres soit continuée jusqu'à Tours, et que celle d'Orléans à Tours ne soit pas exécutée.
En 1844, vient devant la Chambre, le projet du chemin de fer de Versailles à Rennes, par Chartres et Laval. Le gouvernement se chargerait des travaux.
Le tracé, par Le Mans ou par Alençon, reste indécis.
Le choix de l'emplacement de l'embarcadère est fixé en 1846. On veut l'établir derrière le marché aux chevaux, sur les terrains qui bordent la rue des Vauroux. La butte des Epars sera rasée ; une promenade, comme celle de Saint- Michel, sera créée; une large avenue conduirait, de la place des Epars à l'embarcadère.
Mais, à des rues nouvelles, il faut des noms; un membre du Conseil propose les noms de Fouré, Félibien et de Fleurus ; un autre préfère Nicole, Jehan de Beauce. On finit par s'entendre.
Le chemin de fer, jusqu'à Rennes, passera-t-il par Âlençon ou par Le Mans; la direction, jusqu'à Laval, reste incertaine.
Le Conseil émet le vœu que le tracé passe par Nogentle-Rotrou, le Mans, Sablé.
Le 30 avril 1840, avait eu lieu, à midi, l'exécution de
Pierre Marie, sur la place du Marché-aux-Chevaux. Une foule immense y assistait.
En 1846, le Conseil émet le vœu que les exécutions n'aient plus lieu sur cette place ; le carrefour Saint-Brice est proposé ; cet emplacement est repoussé par le procureur du Roi, comme étant trop éloigné de la prison.
Plus tard, la place, située entre les portes Morard et Guillaume, fut adoptée.
Le Conseil émet aussi le vœu que les exécutions aient lieu le matin, le plus tôt possible^ au lieu de l'heure de midi.
Table des f/lattépes
Politique, mairie, blé, pain, disette, eaux, pompiers,
bienfaisance, écoles, collège, fêtes, théâtre. ... 1
Politique, état économique 37
Grains, farines, pain, troubles 51