X. - EMPIRE — NAPOLÉON V
Politique, guerre. — La rupture de la paix d'Amiens, ouvrait une guerre sans fin entre la France, chargée des destinées du monde, et l'Angleterre, champion du passé, obstacle à la régénération universelle. La dictature consulaire était insuffisante pour une pareille tâche ; la Révolution se fit homme et le 18 mai 1804, le Sénat déclara Napoléon Bonaparte, empereur des Français. Il fut sacré le 4 décembre à Notre-Dame.
Le 4 pluviôse, an XIII (24 janvier 1805), un Te deum est chanté dans la cathédrale, en actions de grâce pour l'élévation de Napoléon au trône impérial. Des réjouissances publiques ont lieu ; elles sont annoncées la veille par une volée de toutes les cloches, que Ton recommence le lendemain ; distribution extraordinaire faite aux pauvres ; inauguration du buste de l'Empereur dans la salle des séances ; feu d'artifice sur la place des halles : le soir, illumination générale et bal à la salle de spectacle, au profit des pauvres.
Peu après, par décret impérial, a lieu la nomination de nouveaux membres du Conseil, remplaçant ceux que le tirage a désigné pour sortir.
Les nouveaux membres installés sont : Messieurs Aillet, Le Tellier, Brochard-Bazin, Letexier de Montainville, Lion, Hue-Lorville et Coubré ; ils prêtent serment.
Après des revers maritimes, le camp de Boulogne est
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levé, la grande armée se dirige, à marches forcées, dans le bassin du Rhin et l'armée autrichienne, après une série de combats, capitule à Ulm le 17 octobre 1805 ; l'armée française entre à Vienne le 15 novembre.
Le 2 décembre, bataille d'Austerlitz contre les Russes ; le 26, la paix est conclue avec l'Autriche.
Le 25 mai 1806, ouverture à Paris d'une Exposition générale et publique de tous les produits de l'industrie ; cette exposition fait partie des fêtes consacrées à célébrer le triomphe des armées françaises.
La paix est rompue avec la Prusse, et la campagne se termine, le 14 octobre 1806, par la double victoire d'iéna et d'Auerstaedt ; puis l'armée entra à Berlin. La conquête de la Prusse était complète.
Le blocus continental fut établi contre l'Angleterre.
Mais cent mille Russes arrivaient sur la Yistule ; après la bataille d'Eylau, sans résultats, le 7 février 1807, TEmpereur reprit ses quartiers d'hiver. La victoire de Friedland amena l'empereur Alexandre à demander la paix, qui fut signée à Tilsitt le 7 juillet 1807.
Le 2 août, eut lieu la publication du traité de paix avec la Russie et la Prusse ; cette publication est faite avec solennité par S. M. l'Empereur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin.
A Chartres, la veille, décharge d'artillerie, volée des cloches.
Le jour, les deux traités sont proclamés dans les différents quartiers, au bruit des fanfares ; ensuite, jeux, danses, exercices divers ; le soir illumination.
Quelques jours après, amnistie complète pour les déserteurs de l'armée qui rentreront à leurs corps.
Le budget de 1807 ne comportait qu'une modique somme de 2,400 fr. pour fêtes nationales et frais imprévus ; elle aurait pu suffire pour les deux fêtes nationales ordinaires, mais 1807 a été pour la France une année de triomphes et de merveilles.
« Nous avons du, dit le maire, célébrer les victoires d'iéna.
d'Eylau, de Friediand, la oonqnête de la Prusse, la paix de Tilsitt et tous les prodiges de la grande Armée.
« 11 était du devoir de Tadministration, de seconder l'élan de Tamour et de la reconnaissance des citoyens envers le héros qui nous gouverne, et c'était surtout dans la Ville, chef-lieu du département, que devaient éclater les démonstrations de l'allégresse publique. »
Le crédit a été dépassé de 3,649 fr. 80.
L'Espagne est conquise, le Portugal envahi ; puis les revers surviennent, et Napoléon, après l'entrevue d'Erfurth avec le tsar Alexandre, veut se mettre à la tète des armées pour reconquérir la péninsule.
L'Empereur doit passer par Chartres, il faut le recevoir dignement ; une garde d'honneur, composée des principaux habitants et des jeunes gens, en état de porter les armes, s'organise ; cette garde s'habillera et s'équipera à ses frais; l'uniforme sera ultérieurement déterminé. Les musiciens, les tambours et les portiers de la ville seront habillés de neuf.
Un arc de triomphe va être élevé à la limite du territoire de la commune, sur le passage de Sa Majesté. La porte Châtelet, par laquelle Sa Majesté entrera dans la ville, les principales rues et places, seront décorées ; des jeux de bague, des mâts de cocagne, des danses, des illuminations auront lieu ; des distributions de comestibles seront faites aux indigents ; de nombreuses décharges d'artillerie annonceront la présence de Sa Majesté.
Dans la séance du 10 septembre 1808, tous les préparatifs sont décidés ; il est voté 6,954 fr. pour la réception de l'Empereur.
L'Empereur ne vint pas.
Victorieux en Espagne, maître de Madrid, Napoléon est rappelé par la cinquième coalition, et part de nouveau contre l'Autriche.
La victoire de Wagram fut suivie de la paix de Vienne, le 14 octobre 1809; ce n'était qu'un replâtrage, sans condition de durée.
Bien qu'à 400 lieues de Paris, Napoléon réunit les
Etats pontificaux à TEmpire, et fit enlever le Pape qui, traité avec égard et magnificence, n'en resta pas moins prisonnier à Savône.
La noblesse avait été réorganisée. L^empereur commença sa distribution de dignités, d'armoiries, de dotations prises sur les pays conquis ; les titres de princes, de comtes, de barons furent donnés aux principaux personnages militaires et politiques.
Au mois de mai 1810,1e Conseil supplie Sa Majesté l'Empereur et Roi d'accorder des armoiries à la ville de Chartres ; les conseillers Bouvet-Letexier et Jumentier étudient le projet d'armoiries : on conservera autant que possible les anciennes armes de la ville; y seront ajoutés les emblèmes qui caractérisent plus particulièrement le département d'Eure-et-Loir et Chartres.
L'écusson de la ville sera, de gueule à trois bisons d'argent, chacun d'un plan de forteresse, accompagnés de trois tourteaux de sable posés en pal ; sur le flanc cinq pierres de sable et sur le côté gauche (au lieu de fleurs de lys), une gerbe de blé, aussi de sable, au chef cousu d'azur. 11 sera entouré de deux branches de chênes, en naturel et surmonté d'un nœud de gueule en festons, avec l'ancienne devise : Servanti civem quarna corona datur.
La partie supérieure de l'écusson, sur laquelle étaient anciennement trois fleurs de lys d'or, provenant de la concession du Roi de France, recevra l'aigle impérial.
Les noms de la ville et du département seront gravés dans l'intérieur de l'écusson ; les dessins des anciennes armes, et celles proposées sont adressés au Préfet.
En 1809, MM. Bouvet-Jourdan, Montéage-Petit, Etienne Jumentier, et Boisseau notaire sont installés conseillers, en remplacement de MM. Parent et Grandet décédés, Quevanne et Paillard qui ont quitté la ville.
Il est levé un contingent de 28 hommes, dans la
garde nationale, par le sort; on prendra des individus, non mariés ou veufs sans enfants, de 18 à 30 ans. Quatorze
hommes se présentent volontairement. La haute paye de 1 fr. 50 est accordée à tous ; elle sera fournie par une cotisation sur les cinq cents plus imposés au rôle de la contribution mobilière, et sur les citoyens de bonne volonté. Cette cotisation est provisoirement fixée à 2fr. par mois et par individu.
En 1810 et 1811, la grande Armée est envoyée en Espagne. Mais Napoléon n'était pas là ; les forces étaient divisées, les chefs ne s'entendaient pas et la lutte resta stérile, pendant que la Russie se préparait à rompre la paix.
Le nombre des journaux avait été réduit; la censure établie ; un décret impérial du 3 août 1810, relatif aux journaux des départements porte :
« Article 1. Il n'y aura qu'un seul journal dans chacun des départements, autre que celui de la Seine.
« Article 2. Le journal sera sous l'autorité du Préfet et ne pourra paraître que sous son approbation. »
Par arrêté du Préfet du 20 février 1811, les feuilles d'annonces qui s'imprimaient dans les villes de Chartres, Dreux et Chàteaudun sont supprimées et remplacées par le Journal du département d'Eure-et-Loir.
Le sieur Hervé, libraire à Chartres, est chargé du soin de faire rédiger, imprimer et distribuer le journal départemental qui paraîtra le lundi de chaque semaine. Le prix de l'abonnement est de 20 fr. par an, pour Chartres, et de 24 fr., franc de port.
Pour consolider à jamais sa puissance, et couronner son œuvre dynastique. Napoléon rompit son union avec Joséphine, qui ne lui avait pas donné d'enfant et épousa Marie- Louise, fille de l'empereur d'Autriche.
Le curé de Notre-Dame de Chartres et les marguiUiers, conduits par M. l'évêque de Versailles, se font présenter à l'Impératrice par M™*' la duchesse de Montebello.
La députation remet à la souveraine le modèle d'une relique qui, suivant un usage immémorial, était offert aux Reines de France lors de leur première grossesse.
Cette relique de la Vierge existe dans l'église Notre-Dame
de Chartres depuis le neuvième siècle ; elle y lût apportée par Charles le chauve ; elle a été exposée, avec beaucoup de solennité, pendant la durée des prières qui ont eu lieu pour Theureux accouchement de Timpératrice.
Le 20 mars 1811, l'impératrice accoucha d'un fils qui fut nommé le Roi de Rome. Sitôt la nouvelle connue à Chartres, la publication en est faite, dans tous les quartiers, par des héraults d'armes accompagnés d'une musique militaire. Il était 9 heures et demie du soir ; la cloche de la principale église est mise en volée ; les hôtels de la préfecture et de la mairie sont illuminés. Toute la population se précipite hors des maisons, elle reste sur pied une partie de la nuit.
Le lendemain, messe solennelle à la cathédrale.
Le 17 mai 1811, proclamation du préfet, annonçant qu'au retour de son voyage de Cherbourg, S. M. l'Empereur et Roi, accompagnée de S. M. l'Impératrice, se rendra à Chartres. L'époque de son arrivée sera le 27 ou le 28 de ce mois.
Le Conseil municipal veut faire aux Augustes voyageurs l'accueil qu'ils ont droit d'attendre d'une cité, qui s'est toujours distinguée par son amour pour les souverains, et son respect pour les lois.
« Un bal sera offert aux Souverains, à l'Hôtel de Ville où se réuniront tous les fonctionnaires publics, les principaux habitants de la ville et des environs, avec leurs familles ; la grande cour de l'Hôtel sera transformée en salle de bal, pouvant contenir huit cents personnes. Le corps de musique sera habillé de neuf, les instruments réparés. Des guirlandes de feuillage, de branchage, et de fleurs orneront les rues et places publiques.
» Les anciens militaires et les jeunes gens formeront une garde d'honneur, dont les officiers seront désignés par le Conseil au préfet. Douze dames recevront S. M. l'Impératrice et l'accompagneront pendant son séjour en cette ville ; trente demoiselles offriront à Sa Majesté une corbeille de fleurs et des productions du pays.
» Sont désignés par le Conseil, pour ofliciers de la garde d'honneur :
cour y ont pris part ; à dix heures environ, leurs Majestés sont descendues de leur trône, ont parcouru la salle, adressant aux dames les paroles les plus obligeantes et les plus gracieuses, et se sont retirées au bruit d'applaudissements prolongés.
» Il a été ensuite tiré un feu d'artifice qui n'a pu être exécuté en entier, à cause d'un accident grave arrivé à l'artificier.
« L'empereur a fait remettre, comme témoignage de sa satisfaction, à M. Billard, maire de Chartres, une botte ornée de son chiffre en diamants.
M"** Billard et de la Bouëre reçoivent, de l'Impératrice, dé riches parures.
» Un don de 1,000 fr. est fait aux hospices, au bureau de bienfaisance et aux sœurs hospitalières.
» A sept heures du matin, le 4, le canon annonce le départ de Leurs Majestés.
» Peu après, MM. Billard, maire, et de Croismore, commandant en chef de la garde d'honneur, reçurent la décoration de la légion d'honneur. Le baron Delaitre, préfet, fut fait officier de l'ordre. »
Il avait été décidé qu'à la fête du 9 juin, pour célébrer la naissance de S. M. le Roi de Rome, il y aurait cinq mariages au lieu de deux. Les deux premiers sont désignés, mais aucun militaire ne se présente plus, les trois autres dots ne peuvent être distribuées. Il ne sera donc célébré que deux mariages ; la dépense est de 1,200 fr. ; le reste de la somme votée pour les dots (1,800 fr.) ne sera pas employé.
Le 16 août, nomination par l'empereur de quatre conseillers : MM. Masson, Courtois, Vallou de Lancé etdeGogué.
Au commencement de 1812, les relations avec la
Russie devenaient moins bonnes ; la guerre allait éclater, la plus terrible, celle qui devait ruiner l'Empire.
Déjà, en 1811, il avait été mis en activité 80,000 conscrits sur 120,000; le contingent affecté au département d'Eureet-Loir avait été fixé à 673 hommes. De plus, par décret, 180 hommes de la réserve de 1811 étaient levés.
PREMIER EMPIRE 27f
AU mois de mars 1812, la garde nationale est réorganisée ; cent cohortes sont mises à la disposition du ministre de la guerre. Eure-et-Loir, sur la levée générale de 88 cohortes du premier ban, fournira 479 hommes, surlçs six classes de conscription de 1807 à 1812.
L'Empereur part le 9 mai, pour inspecter la grande armée, réunie sur la Vistule ; le 14, il couche à Bayreuth ; le 18, il arrive à Dresde ; des fêtes réunissent les cours alliées.
Après la retraite de Moscou, Napoléon rentra à Paris, vingt-quatre heures après que son vingt-neuvième bulletin y eut répandu la consternation (10 décembre 1812). Il se mit au travail, avec une activité et une vigueur d'esprit plus grandes que jamais. Le Sénat lui accorda 350,000 hommes.
La répartition sur la conscription de 1812 pour Chartres, donna un contingent de 331 hommes, sur 94,702 habitants de l'arrondissement; le canton nord comprenait 50 hommes, le canton sud 56.
Pour le département d'Eure-et-Loir, 900 hommes.
En 1813, le contingent fut de 1013 hommes, pour le canton nord, de 55, et le canton sud, de 61. — 59 des conscrits, portant les numéros les plus élevés, devaient compléter la cohorte de la garde nationale.
Quant aux déserteurs, on poursuivra les pères et mères qui, au jugement du préfet, seront convaincus d'avoir favorisé la désertion de leurs enfants.
Un événement étrange avait dévoilé la faiblesse du gouvernement impérial. A l'époque où commençait la retraite de Moscou, trois généraux : Mallet, Lahorie et Guidai, répandant le bruit de la mort de l'Empereur, essayèrent une insurrection dans Paris. Traduit devant une commission militaire, Mallet fut condamné et fusillé, avec treize des conspirateurs. Le calme le plus absolu ne cessa de régner dans Paris.
Le Sénat est réuni le 10 janvier 1813 ; les ministres proposent :
1** De rendre à l'armée active les cent cohortes de gardes nationales ;
272 PREMIBn EMPIRE
2" De faire un appel de cent mille hommes sur les conscriptions de 1809, 1810, 1811, 1812. Le contingent pour Eure-et-Loir est de 800 hommes et, pour l'arrondissement de ChartreSj^ de 302;
3" De lever 150,000 hommes de la conscription de 1814, qui se formeront dans les garnisons et dans les camps. Le contingent pour Eure-et-Loir est de 1,219 hommes, pour l'arrondissement de 451, et pour Chartres nord et sud de
Ainsi, 350,000 hommes sont mis à la disposition du gouvernement.
Le préfet d'Eure-et-Loir invite tous les retraités, officiers, sous-officiers et soldats, qui désireraient prendre du service, à se présenter à la préfecture.
Dans la séance du conseil du 15 janvier, le maire, M. Billard, s'exprime ainsi :
« Messieurs,
« Toutes les fois qu'il s'agira de donner au Souverain des preuves de son dévouement, la ville de Chartres ne restera pas en arrière. L'exemple de la ville de Paris ne sera pas perdu pour nous, et nous nous empresserons de seconder de tous nos moyens l'élan généreux que son conseil municipal vient d'imprimer à tout TEmpire.
» Notre population est maintenant réduite à 13,000 habitants et plus, mais j'estime que, par suite des besoins de l'Etat, nous pouvons offrir à Sa Majesté dix cavaliers montés et équipés, et je vous propose, Messieurs, de délibérer de suite sur cet important objet, que vous jugerez comme moi ne comporter aucun retard. »
A l'unanimité, le conseil vote l'équipement, aux frais de la ville, de dix cavaliers pour le recrutement de l'armée.
L'adresse suivante est ensuite votée.
« Sire,
« Vos fidèles sujets, composant le conseil municipal de la ville de Chartres, partagent dans toute leur étendue, les sentiments exprimés par le corps municipal de votre bonne ville de Paris, dans son adresse du 12 de ce mois.
» Nous osons, en conséquence, supplier votre Majesté de vouloir bien agréer l'offre de dix cavaliers, équipés et montés aux frais de cette commune; nous avons Tespoir qu'ils se distingueront aux champs d'honneur, et que leurs bons services rappelleront quelquefois à votre Majesté le souvenir d'une antique cité, dont sa présence et celle de son auguste compagne ont naguère comblé tous les vœux.
» Puisse l'impulsion donnée à toutes les parties de l'Empire, prouver aux ennemis de votre Majesté que les Français sont disposés à tous les sacrifices, quand il s'agit de la seconder dans ses grands desseins, et que rien ne leur coûtera pour aider l'Empereur à conquérir une paix honorable et solide, objet constant de ses glorieux travaux.
» Billard, Marchand, Lion, Huard de Lamare, Aillet, Compain, Levassort, Bouvet-Jourdan, Et. Jumentier, Barré, Coubré, Letexier de Montainville, de Milleville-Boutonvilliers. Boisseau, M. Coubré, Le Tellier, de Touraille, Courtois père, Juteau, Brochard, Bécourt, Renault. »
Au mois d'avril 1813, levée de 100,000 hommes de gardes d'honneur à cheval ; 80,000 hommes sont appelés sur le premier ban de la garde nationale ; 90,000, de la conscription de 1814, sont destinés à la défense des frontières de l'ouest et du midi.
Les victoires glorieuses de Lutzen, de Bautzen, ne donnèrent pas de grands résultats, faute de cavalerie, et les pertes furent sérieuses ; dans le mois de mai la Saxe était délivrée, la Silésie à moitié conquise. Mais un armistice, conclu le 4 juin pour six semaines, permet aux armées alliées de se refaire.
Le 16 août, grande bataille de Dresde, les alliés sont repoussés, poursuivis, mais Napoléon tombe malade ; ses lieutenants n'ont plus d'ardeur ; l'armée se dirige sur Leipzig, où s'engage une bataille de trois jours, la plus terrible des temps modernes, la bataille des Nations comme l'appelèrent les Allemands, où les Français perdirent 50,000 hommes dont 20,000 tués, et les alliés 70,000, tués ou blessés.
L'armée française se retire et repasse le Rhin le 2 novembre.
Par un sénatus consulte du 9 octobre, une levée de 280,000 hommes est ordonnée, dont 120,000 sur la classe de
1814 et années antérieures, et 160,000 sur la conscription de
Par un autre, du 15 novembre, Tennemi ayant envahi les frontières de TEmpire, du côté des Pyrénées et du nord ; celles du Rhin et d'au-delà des Alpes étant menacées, il est décrété que 300,000 conscrits, pris dans les classes des années XI, XII, XIII, XIV, 1806, 1807 et années suivantes, jusques et y compris 1814, sont mis à la disposition du ministre de la Guerre.
150,000 hommes sont levés sans délai, pour être mis sur le champ en activité ; les autres 150,000 seront laissés en réserve, pour être levées dans le cas seulement où la frontière de TEst serait envahie.
Le 9 janvier 1814, ordre est donné à tout conscrit de
1815 de se rendre à Chartres, à la préfecture, pour la revue du départ des conscrits de son canton.
Le préfet, au mois de mars, sur la levée en masse des citoyens qui a dû avoir lieu, à l'approche de l'ennemi sur le territoire du département, marque que 3,000 hommes doivent être levés de suite et dirigés sur Chartres. Cette levée est faite sur les citoyens de l'âge de 20 à 50 ans.
L'armée alliée s'est approchée de Paris dans la soirée du 29 mars ; elle y entre le 31. Le même jour, l'empereur Alexandre fait une déclaration, portant que les souverains ne traiteront pas avec Napoléon Bonaparte, ni avec aucun de sa famille ; qu'ils respectent l'intégrité de l'ancienne France, telle qu'elle a existé sous les rois légitimes ; qu'ils reconnaîtront et garantiront la Constitution que la nation française se donnera.
Dans la séance du Sénat du l®"" avril, présidée par le prince de Bénévent, vice grand électeur, un gouvernement provisoire est élu ; ses membres sont : MM. de Talleyrand, prince de Bénévent ; les sénateurs : comte de
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Beurnonville, comte de Jaucourt, le duc D'Alberg, conseiller d'état, de Montesquieu, ancien membre de l'Assemblée Constituante.
Le 3 avril, le Sénat déclare et décrète la déchéance de Napoléon Bonaparte ; enfin le 4 avril, à Fontainebleau, TEmpereur abdique sa couronne en faveur de son fils, après avoir lutté contre les alliés, dans la campagne de France, avec un génie que les revers semblaient grandir.
Par le traité du 11 avril. Napoléon conservait son rang, son titre et ses honneurs, avec l'île d'Elbe en souveraineté.
Après des adieux à sa garde, à Fontainebleau, le 20 avril 1814, Napoléon partit pour la Provence et s'embarqua à Saint-Raphaël, pour l'île d'Elbe.
Finances, octrois. — Le 23 pluviôse an XIII, le maire M. Billard, expose le compte moral au conseil : « Messieurs,
« Mes observations sur le compte de l'an XII ne seront » autre chose que le compte moral que je dois vous rendre, » et je vous prie de les envisager sous ce point de vue.
» Le gouvernement, en comptant nos recettes pour » 58,495 fr., a réduit la masse des dépenses à 54,118 fr., d'où » résulte un reliquat actif de 4,377 fr. qui figure comme tel » au budget de l'an XIII.
» En comptant les recettes et dépenses de toute nature, » tant ordinaires qu'extraordinaires, la recette totale de » l'an XII s'est élevée à 74,361 fr. ; la dépense à 70,500 fr. » et le reliquat actif est de 3,861 fr. »
Le conseil, présidé par M. Bretel, après avoir approuvé les dépenses des exercices précédents, remercie M. le Maire des soins par lui donnés à son administration, pendant l'année qui vient de s'écouler.
Les revenus pour Tan XIV sont évalués à 64,073 fr., les dépenses à 64,065; l'excédent de 8 fr. paraît bien faible, mais le budget de 1807 fut rectifié peu de temps après et l'excédent disponible, fixé à 4,939 fr. 80, grâce surtout à l'octroi, porté pour 55,800 fr.
Les dépenses ordinaires étant fixées à 73,883 fr. 50, il reste disponible une somme de 31,691 fr. 50 qui sera utilisée pour différents travaux : pour payer les Grands-Prés 5,100 fr. ; pavage dans différentes rues 4,197 fr. ; pavage de la moitié de la rue du Cheval-Blanc 5,200 fr. ; nouvelle pompe portative, 1,975 fr. les trois autres ne pouvant être transportées; pont des Saints- Pères, 1,854 fr. ; plantation des Grands- Prés 4,000 fr. ; hospices, achat du linge 4,000 fr.
La maison servant d'Hôtel de la mairie appartient aux Hospices ; outre les frais d'entretien, la Commune paie 700 fr. de loyer ; il est fait un devis pour une nouvelle distribution des bâtiments, de 5,649 fr. 60. Il n'y a pas de salle pour la célébration des mariages, ni pour les assemblées de canton en collèges électoraux; le maire n'a pas de cabinet où il puisse travailler seul. Toutes ces améliorations vont être faites.
Pour l'exercice de 1809, les recettes totales sont de 94,881 fr. 49 et les dépenses de 94,806 fr. 20.
Le budget de 1810 comprend 91,369 fr. en recettes et 89,525 fr. 79 pour les dépenses ordinaires et extraordinaires.
Celui de 1811 est à peu près le même.
Au mois d'octobre de cette même année, il n'y avait
plus de prisonniers de guerre ; ils ont été remplacés par le premier régiment de lanciers.
Une colonne mobile, composée de divers corps de la garde impériale, avait été envoyée en juin 1811 pour la recherche des déserteurs ; les frais de garnisaires, placés chez les parents des déserteurs, ont été à la charge des communes, lorsque la pauvreté des parents ne leur a pas permis de les payer. La dépense pour Chartres n'a été que de 60 fr.
Les frais de gîte et de géolage pour les réfractaires et les déserteurs conduits par la gendarmerie, se sont élevés pendant les trois premiers trimestres à la somme de 323 fr. 17.
Le premier régiment de chevau-légers lanciers a été formé à Chartres; la caserne ne pouvant contenir que 200 hommes, il a fallu loger 150 hommes chez l'habitant pendant plus d'un mois.
Les frais de passage de Leurs Majestés (il a été présenté 60 mémoires) sont de 26,638 fr. 34.
La dette arriérée s'élève à 40,109 fr. 86 ; le budget de 1811 a donné un excédent de 16,000 fr. ; il a été fait des économies; les revenus ordinaires de la ville seront augmentés de 12,000 fr. au moins, par la location des places aux foires et marchés, au moyen d'une majoration des tarifs.
Cependant on ne changera rien aux foires de mai et de septembre qui rapportent 500 fr. par an, parce que le nombre des marchands diminue sensiblement tous les ans ; le prix de fr. 45 par mètre carré sera conservé ; il en sera de même pour le marché Marceau, loué à l'année aux bouchers en étalages mobiles et aux jardiniers, lequel donne un produit de 400 fr.
La dette provenant des frais, occasionnés par les fêtes du passage de leurs M. I.etR. et la naissance du Roi de Rome, s'élève à 30,000 fr. environ; elle sera acquittée par une addition de 20 0/0 sur chaque article compris au tarif de l'octroi ; le produit net de l'octroi étant de 79,000 fr., cette perception supplémentaire sera de 15,800 fr. pendant deux années.
Le traitement du receveur municipal sera fixé à 1,800 fr., à partir de l'année 1813.
La pension de retraite de Joliet, commissaire de police, est fixée à 600 fr. par an, bien qu'après 22 ans de services, il n'ait droit qu'à 440 fr.
Au mois de juin 1813, pendant l'établissement du budget de l'année 1814, le maire, M. Billard, fait observer que le revenu des hospices est calculé sur le prix moyen des grains pour une année ordinaire, à raison de 16 fr. l'hectolitre. Le prix a été plus élevé en 1813 ; il est probable que les hospices n'auront besoin d'aucun secours en 1814.
» L'octroi a produit 95,000 fr. en 1812, mais cela est dû à des circonstances absolument transitoires, comme passage extraordinaire de troupes et réunion des conscrits, qui ont occasionné un mouvement de plus de 60,000 hommes et
donné lieu à une consommation beaucoup plus considérable que de coutume. Il est fixé à 93,000 fr. pour 1813. »
Dix mille francs sont nécessaires pour la réparation des casernes.
La dépense des dix cavaliers, montés et équipés suivant la délibération du 15 janvier 1813, s'élève à 15,716 fr. 27.
Le 18 février 1810, un règlement nouveau pour les
droits d'octroi est présenté par le Maire.
« Les boissons, depuis l'établissement de l'octroi, expose M. Billard, ont présenté des différences énormes. Le minimum de la consommation des vins du département, pendant une année (l'an XI) ne s'est élevé qu'à 5,165 hectolitres; le maximum (an Xlll) a atteint 31,754 hectolitres; les années IX, X, XII, ne se sont pas élevées au-dessus de 10,450 hect., et les années 1806, 1807, 1808, 1809 n'ont pas descendu audessous de 22,788 hect., de sorte que la moyenne proportionnelle de tous les exercices donne, par année, une consommation commune de 19,008 hect. de vin du département.
» La faiblesse ou l'abondance des récoltes en sont la seule cause ; le produit des boissons forme plus que les deux tiers du revenu total de l'octroi, de sorte qu'une mauvaise récolte peut faire descendre le produit brut à 68,000 fr. et au-dessous, comme une bonne peut l'élever à 100,000 fr. et plus.
» L'expérience des neuf années précédentes a démontré que quatre mauvaises récoltes peuvent se succéder immédiatement, et qu'elles peuvent être suivies de cinq récoltes plus ou moins avantageuses.
» On peut craindre qu'il y ait de mauvaises années, une série ; que le fermier de l'octroi se ruine et qu'ensuite le prix de ferme baisse, après le bail de trois années. Cette période est trop courte ; il faut la porter à neuf années dans l'intérêt de la ville et du fermier. »
Pour la population de la commune de Chartres, de 13,800 habitants, les charges sont de 73,000 fr.
Les revenus, autres que l'octroi, se montent à 12,100 fr. ;
280 PBEMIEB EXPIBE
le produit brut de Toctroi étant de 86,731 fr. et les frais d'exploitation de 12,200 fr. ou 14 * «, leur produit net ressort à 74,531 fr.
Voici quelques données :
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Rapport d« la taxe à
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Vins do département
19,008 hec.
2 fr. rhec.
30 fr.
Vinaigres
Vins dn Loiret et de Loir-d-Oier 2, 150
Autres vins
Vins, liqueurs, eanx-de-vie en
boateilles
10 la boni.
Cidre, poiré
i l'hec.
Bière
Eau-de-vie en tonneau
Bœufs
10 la tète
Vaches
Veaux et génisses
Moutons, chèvres
Porcs
Viandes mortes
05 le kilo 1
Foins, regains, luzernes 255,864 bottes
751esceDtbo.25
Bois de corde, souches, souchons
13,482 stères
42 le stère
Bois de construction
3,690 chevaui 50p.chev.ch. 20
Les quantités indiquées sont les moyennes de neuf années, depuis rétablissement des octrois en Tan IX, le 20 vendémiaire.
L'adjudication de la recette des octrois des villes du Mans, de La Flèche, de Mamers, de Mortagne, de Nogent-le- Rotrou aura lieu au mois d'avril 1812 ; celle de Chartres est fixée au 2 avril de cette même année.
Travaux. — En Fan XI II, des plantations d'arbres sont faites aux portes de la ville ; il en coûte deux francs par pièce pour achat des arbres, de leurs tuteurs en épines, la fouille des terres et les frais de plantation.
Une réparation extraordinaire à l'horloge de la Cathédrale
a coûté 1,650 fr. ; le travail a été exécuté par Mazure, horloger. Le remontage journalier de cette horloge, ainsi que rhuile et le nettoyage revenaient à 300 fr. par an ; pour l'horloge de la mairie, la dépense est de 125 fr. chaque année.
Durand, meunier aux Filles-Dieu, en 1806, veut ouvrir dans les Petits-Prés un canal de dérivation pour éviter le regord de son moulin ; mais on voit bien qu'il cherche à s'attribuer la jouissance de la partie contiguë à son moulin, en le closant de haies ; il anéantirait ainsi le droit qu'ont les habitants de la Ville, reconnu par une transaction de 1446, de se promener dans les prés, de s'y ébattre, y faire jeux et courses^ etc.
(( Ce droit, dit le maire, remonte à la plus haute antiquité » puisque cette transaction ne l'établit pas, mais en constate » l'existence. »
La création du canal n'est point autorisée; on permet seulement l'élargissement du lit de la rivière au tournant, pour dégager l'eau du moulin.
La porte des Epars va être démolie; son ouverture est trop étroite ; il sera établi un passage assez large pour une circulation facile des voitures.
Au commencement de l'année 1807, le maire, M. Billard, se rend adjudicataire des prés, vulgairement appelés Prés- TEvéque ou Grands-Prés, vendus par la Sénatorerie de Montpellier; on conservera aux habitants le droit d'y envoyer paître leurs bestiaux toute l'année.
Les prés contiennent environ six hectares ; le prix d'achat est de 4,525 fr.
Par la transaction de 1446, les habitants ont jusqu'à ce jour exercé un droit d'usage très étendu ; la Ville ayant la propriété complète, les procès et les contestations seront évités.
Le revenu actuel, eu égard aux servitudes passives dont les prés sont grevés, s'élève à 300 fr.; le prix d'acquisition ne paraît donc pas trop élevé.
On plantera dans les Grands-Prés des peupliers et des saules, la dépense est évaluée à 4,000 fr.; une promenadç
agréable sera ainsi créée pour les habitants; déplus, on se prépare pour l'avenir des ressources incalculables; les plantations doivent être accélérées à cause de la rareté du bois ; elles comprendront 2,000 peupliers et 2,000 saules.
Mais en 1811, Deschamps, marchand de vaches, qui a acheté sept arpents de prés aliénés des Grands-Prés, tente de s'affranchir des droits de pâturage, en ne coupant pas les foins dans le délai prescrit, et en mettant des barrières pour empêcher les bestiaux d'entrer.
« La transaction du 2 octobre 1446, passée devant Gilon, tabellion de la chàtellenie de Chartres, termina le différend entre TEvêque et les habitants, en convenant :
» 1® Que les habitants pourraient faire pattre leurs bœufs, vaches, chevaux, juments, moutons, brebis et agneaux sur les Prés l'Evoque, depuis le 23 juin à trois heures de l'aprèsmidi, jusqu'au jour de Saint Lubin en mars exclusivement, et le pourraient encore le jour de Pâques fleuries, jeudi absolu, vendredi saint, veille et jour de grandes Pâques.
» 2® Qu'un chemin de quatre toises de large serait maintenu sur les prés de reculés (petits prés); que sur ces prés, les habitants ne pourraient faire paître leurs bestiaux, mais qu'ils y pourraient, quand bon leur semblerait, aller jouer, s'esbattre à pied et tirer de l'arc.
» Les habitants de Chartres et de Lèves pouvaient donc conduire leurs bestiaux aux époques ordinaires, moyennant la rétribution de 3 fr. par chaque cheval, de 50 sous par vache et de 45 sous par âne. »
Un procès s'engage devant le Conseil de préfecture.
En 1809, amélioration de l'éclairage, qui est insuffisant
aux abords de la ville; 12 à 15 nouveaux réverbères vont être installés; l'entretien reviendra à 1,000 fr. par an.
Renouvellement en 1810, du mobilier de la salle des séances du Conseil ; coùl 1,800 fr.
Pour le dépôt de mendicité, il est attribué 5,000 fr.
II est acheté 200 seaux à 4 fr. 50 pour le service des incendies et des boyaux de pompes; la dépense totale est de 1,033 fr. .
L'entretien des quatre bâtiments militaires abandonnés aux communes, en vertu du décret impérial du 23 avril 1810, exige, pour Tannée suivante, un crédit de 2,900 fr.
De grands travaux de réfection des casernes sont à Tétude ; mais en 1812, tous ces projets sont abandonnés ; toutes les ressources de la ville sont épuisées ; il n y a plus d'objets sur lesquels il puisse être établi de nouvelles per*ceptions.
Un sieur Buisson, sabotier, veut construire une cheminée pour fumer les sabots, dans un bâtiment sis 33, faubourg Saint-Jean ; il est autorisé, à la condition de donner à la cheminée huit mètres d'élévation, s'il n'y a pas inconvénient pour les voisins.
Le Préfet fixe le prix de la journée de travail pour 1812, à fr. 75 pour la ville de Chartres, à fr. 60 pour les villes de Dreux, Châteaudun et Nogenl-le-Rotrou, et à fr. 50 pour les autres communes du département.
Agriculture, marchés, blés. — Dans la séance du 23 pluviôse, an XIII, la question des marchés apparaît; elle reviendra souvent devant le Conseil.
« Avant la Révolution, dit le maire, les employés au » marché, portefaix et leveuses de sacs, ne pouvaient tra- » vailler sans l'autorisation de la police qui les recevait à » serment; les lettres de réception coûtaient jusqu'à 150 fr.
» Les troubles inséparables de la Révolution ont amené » dans cette partie, comme dans toutes les autres, une » confusion qui n'existe plus ; le nombre des employés est » fixé; le montant de leur salaire déterminé.
» Au lieu de 200 portefaix, le nombre s'était élevé jusqu'à » 380; les sociétés de leveuses de sacs avaient augmenté » dans la même proportion ; toutes les personnes étaient » reçues, sans examen de leur moralité, et sans aucun frais. » Aussi, des plaintes sans nombre arrivaient tous les jours » à la police; les laboureurs étaient rançonnés, souvent » volés et il devenait difficile de découvrir les auteurs dç » ces délits.
» Aujourd'hui Tordre commence à se rétablir; il me parait » important, ajoute le maire, d'employer tous les moyens » pour le maintenir; il faut revenir à une discipline rigoureuse.
» Les marchés et lieux où ils se tiennent, appartiennent » aux communes, l'entretien et le pavage sont à leur charge » et, bien qu'il n'y ait plus de corporation, les employés des » marchés peuvent être astreints à une rétribution, au profit » de la commune, pour exercer leur état. Ce sera un garant » de leur bonne conduite.
» Je propose, conclut le maire, de fixer la rétribution à » payer, au moment de leur réception seulement, savoir : » pour les leveuses à 24 fr., pour les portefaix à 12 fr., non » compris le papier timbré et les frais d'expédition de 3 fr. » Les commis paieront moitié des droits ci-dessus fixés.
En 1807, les marchés aux grains ont été beaucoup plus approvisionnés que Tannée précédente ; le produit des mesurages en donne la preuve ; le service des leveuses a été régularisé ; les aides pour les remplacer sont nommées par le maire, et doivent être attachées à chaque société:
Une faute commise par une leveuse a compromis les intérêts d'un laboureur et ceux de sa famille, elle a été punie sévèrement.
<( M. Chevard, ancien maire, a fait donation à la ville du terrain de la place du palais, situé sur la crête de la montagne, dominant la basse-ville. M. Lion, rapporteur d'une Commission nommée pour rechercher l'utilisation de cette place du ci-devant palais, conclut à Tétablissement d'un ^marché (les autres étant insuffisants) pour la vente du beurre, de la volaille, des herbes et légumes ordinaires, des fruits, des navets, des pois. Elle peut aussi recevoir une multitude de bouchers qui, depuis un certain temps, dressent leurs étaux sur la place Saint-Saturnin.
» Cette place contient en étendue 3,861 mètres (1959 toises) en dedans des murs ; on peut aliéner une superficie de 1,529 mètres.
» Sera-t-il possible, ajoute 'le rapporteur, d'établir un marché dans la place du palais ?
» S'il faut en croire les réclamations d'un certain nombre » d'habitants, ce marché ne vaudra jamais rien et on ne » pourra obliger les gens de la campagne d'y porter leurs » denrées, œufs, beurre, etc. Mais ces réclamations sont » intéressées ; elles viennent de marchands qui habitent les » environs de la halle, de la boucherie, du marché neuf, et » qui ont craint de voir s'éloigner les gens qui ont Thabi- » tude de se fournir chez eux.
» Pour nous, nous ne doutons pas que le marché ne soit » facilement établi. C'est l'intérêt des habitants de cette » partie de la ville qui, il y a 150 ans, possédait tous les » marchés. Le beurre, etc., se vendaient rue des Changes. » Depuis 30 ans, on a vu un reste de ce marché aux herbes » dans la rue des Trois-Etoiles, qui a pris le nom de rue » au Lait. La rue Serpente se nommait autrefois rue de la » Vieille-Poulaillerie. Depuis 20 ans, les fraises, poires, » pommes, cerises, noix, se vendaient au Cloître Notre- )) Dame. La poissonnerie seule est restée dans son ancienne » place, encore se fait-il, de temps en temps des immigra- » tions sur le marché neuf.
» Tout vient dans cette place et dans les rues adjacentes, » dans lesquelles il est impossible de passer les jours de » marchés, tant elles sont obstruées.
» Pour communiquer de la basse-ville au marché du Palais, » par la place de la Poissonnerie, il faudrait rouvrir le » tertre du Petit-Cerf, d'où les eaux descendent par la rue » aux Rats.
» On y vendra aussi les navets, et non plus dans la halle » aux grains ; les voitures de navets gênant le passage et y> la circulation.
» La place du Palais recevra en plus la vente du hareng, » de la morue, du maquereau en caque ; les revendeurs y » viendront d'eux-mêmes, poussés par leurs intérêts, car » telle personne qui ira pour acheter des fruits, de la viande, » des navets, des pois, flattée d'y trouver en même temps » du beurre, des œufs, des légumes, etc., les y achètera » pour s'éviter la peine d'aller plus loin.
286 PREMIER EMPIBB
» En outre, ce marché sera plus rapproché pour les habî- » tants de la basse-ville que le marché neuf. »
a En l'audience du 11 juillet 1810, du tribunal de commerce, séant à FHôtel de la Mairie, Madeleine Braquet, factrice de grains, femme de Mistral, instituteur, s'est livrée à des violences et à des emportements furieux jusqu'à tendre, à diverses fois, le poing sous la gorge du Président qui la rappelait à l'ordre, et lui disait de se comporter avec décence devant la Justice ou de se retirer.
» Elle s'est évadée avec fureur, en tenant des propos plus qu'indécents contre le tribunal.
» Elle a été interrogée et entendue dans les 24 heures, en chambre du Conseil, où elle a été conduite sous la garde de deux gendarmes qui l'ont retirée de la Maison d'arrêt ; elle n'a donné aucun signe de regret ou de repentir, dans ses réponses sur les interrogats qui lui ont été faits.
» La femme Mistral est condamnée, conformément au Livre II, titre V, article 91, du code de procédure civile, à huit jours de détention, 25 fr. d'amende et aux dépens. »
Le tribunal de commerce, depuis l'année 1806, ne tient plus qu'une audience par semaine, le jeudi, à deux heures de relevée.
Vers la fin de l'année 1811, a lieu la ferme des marchés.
On évalue à 150 ou 170,000 le nombre d'hectolitres de grains et légumes exposés sur les marchés. Cette grande quantité est exposée, vendue, mesurée, livrée, et payée dans Tespace de trois heures, de sorte que les laboureurs ont le temps de retourner chez eux avant la nuit.
Il importe de ne pas ralentir cette prospérité ; la taxe est portée à fr. 05 par hectolitre ; sur 160,000 hectolitres, en déduisant un dixième pour frais de perception, il restera 7,200 francs.
Il existe neuf foires et marchés de moutons ; trois pendant la foire de mai, quatre pendant le mois de juillet, appelés lendis, un à la Saint-Barthélémy, un à la Saint- André. II y est exposé, en totalité, au moins cent mille bêtes à laine ; le plus fort de ces marchés peut en contenir
20 à 24,000 ; ils n'ont jusqu'à* présent rien rapporté à la ville et sont disséminés sur différents emplacements.
Le vœu des cultivateurs est qu'ils soient concentrés en un seul point, et que Ton entoure les troupeaux de claies comme dans des parcs. La butte de la Courtille et la place Saint-Michel sont choisies. Il faut confectionner 2,400 claies, de un mètre de haut sur 3 mètres 50 de long, pour contenir 20 à 24,000 moutons ; en outre un bâtiment est nécessaire pour serrer ces claies après les marchés.
Les dépenses seront, pour les claies, 2,400 à 4 fr. 50 Tune soit 10,800 fr., pour le bâtiment 2,500 fr., au total 13,330 fr.
Un entrepreneur particulier fera les avances ; il aura droit à une part sur le produit annuel ; après un bail de neuf années, le matériel appartiendra à la Ville.
Le prix de location est fixé à fr. 25 par mètre carré ; or, 24 mètres carrés peuvent contenir un troupeau de cent bêtes; il en coûtera 6 fr. pour parquer 100 moutons, ou fr. 06 par tête. Pour 100,000 moutons, le produit sera de 6,000 fr. par an, ou de 54,000 fr. pour le bail de neuf ans.
Tous frais, intérêts, remboursements déduits, il restera à la Ville 20,558 fr. pour neuf ans, ou 2,284 fr. par an ; on évaluera seulement le produit à 2,000 fr.
• Le Conseil avait émis, en 1806, le vœu qu'une foire aux laines, annuelle et d'un jour seulement, eut lieu à Chartres le premier samedi qui suivra la saint Jean ; ce vœu a été transmis au Préfet.
M. Barrier, vétérinaire, directeur du troupeau départemental à Chartres, fait venir des mérinos d'Espagne. Ce premier troupeau a été retiré des cabanas du duc de Monténégro, d'une province située entre Segovie et le royaume de Léon.
Un autre troupeau était arrivé des montagnes de Soria, aux confins de la Navarre.
Les quatre races importées sont classées dans l'ordre suivant :
l*'' Estramena ou Leonesa.
2* Ségovianne.
3^ Albarrasin ou Burgalesa.
4* Soria, Cûença et Molina.
Les autres bestiaux tels que : chevaux, juments, mulets, ânes, bœufs, vaches, veaux, génisses, porcs, cochons de lait, chèvres, occupent dans Tancien 15,000 mètres carrés dans les foires et marchés. En fixant à fr. 10 par mètre, la location du terrain, et en déduisant dix pour cent pour frais de perception, il reste 1,350 fr.
Les étalages à terre de paniers de fruits, beurre, œufs, volailles, légumes, chanvres, filasses et autres menues denrées, paraissent devoir occuper dans Tannée 40,000 mètres carrés de terrain. En fixant à fr. 10 par mètre, et retirant 10 0/0 pour la perception, le produit net est de 1,800 fr.
Les étalages de poterie, verrerie, faïence, ouvrages en osier, ferrailles ; les marchands de chaussons, de cantiques, les marchands d'herbes médicinales, occupent annuellement 600 mètres de terrain. En taxant à fr. 10 le mètre, déduisant 1/10, il reste 54 fr.
Le merrein, les cercles et tonneaux, amenés à la foire de Saint-Barthelemy, occupent environ 200 mètres qui, à raison de fr. 30 le mètre, 1/10 déduit, donnent 54.
Le poisson de mer et d'eau douce : 3,000 mètres à fr. 01, 1/10 déduit, 27. On arrive à plus de 12,000 fr. pour le produit des places et marchés.
Par suite du blocus continental, le sucre de canne ne pouvant être introduit, il avait fallu créer des fabriques de sucre de betterave et, en 1811, 40 fabriques avaient travaillé 98,813,045 kilog. de racines, récoltées sur 6,785 hectares ; elles produiront 1,500,000 kilog. de sucre.
En Eure-et-Loir, 47 hectares ont donné 450,000 kilog. de betteraves ; une usine est établie dans le domaine de Rambouillet.
Par ordre supérieur, il sera ensemencé, en 1812, 100,000 hectares de betteraves ; Eure-et-Loir est compris pour 1,000 hectares dans la répartition, dont 400 pour l'arrondissement de Chartres.
Voici quelques prix de terres labourables, vendues en 1811.
Une terre de 1 hec. 58, au terroir de Louasville, commune de Theuville, 900 fr. ; à Toury, une terre en treize pièces de 3 hec. 34, 2,500 fr. ; 8 hec. 91 à Landelles, 6,850 fr. ; 7 hec. 87 à Bagnolet, 2,400 fr.
La chasse ouverte le 20 août, sera interdite sur les terres, non closes, môme en jachères, à partir du 15 mars. Les gardes champêtres sont commissionnés pour trois années ; ils touchent chacun 300 fr. par an.
La valeur du blé de Beauce sur le marché de Chartres
était, en décembre 1804, de 15 fr. Thectolitre ; en mai 1806 de 17 fr. 75 ; en janvier 1807, de 21 fr.
En février 1808, le blé élite vaut 16 fr. 50 l'hectolitre ; Torge 8 fr. 25 ; l'avoine 5 fr. 50. En octobre 1809, le prix du blé est de 13 fr. 25 ; celui du méteil de 9 fr. 25 ; celui de l'avoine de 6 fr.
Le blé monte à 20 fr. 50 l'hectolitre en décembre 1810 ; le méteil à 16 ; l'avoine à 7 fr. 25. Le pain jaunet vaut 1 fr. 17 les 4 kilog ; le p^in bis 1 fr.
En avril 1811, le blé élite est coté 21fr. l'hectolitre ; l'avoine 7 fr. ; le pain jaunet 1 fr. 20 les 4 kilog ; le pain bis 1 fr. 02.
A Paris, le sac de farine de 160 kilog. première qualité, vaut de 58 à 60 fr. ; deuxième, de 52 à 57 fr.; troisième, de 42 à 48 fr. ; quatrième, de 30 à 40 fr.
Le café Bourbon, le kilog. 7 fr. 60 à 7 fr. 80.
Le sucre terré Martinique 8 à 8 fr. 20 petit sucre.
— Havane 8 à 8 fr. 40 troisième qualité.
Le sucre en pain 9 fr. 20 à 9 fr. 30.
Le cacao Surinam et Guyaquil 6 à 6 fr. 20.
Au commencement de l'année 1812, hausse énorme. L'hectolitre de blé est coté 31 fr. 75 le 15 février, 36 fr. le 21 mars, 41 fr. 75 le 4 avril, 50 fr. le 18 avril. L'avoine monte de 7 fr. 25 à 10 fr. 50 dans le même temps. Le pain jaunet de 4 kilog., de 1 fr. 72 passe à 2 fr. 60; le pain bis, de 1 fr. 52 à 2 fr. 25.
Aussi le 4 mai 1812, un décret est pris par l'Empereur réglant les cours; l'exécution de ce décret prendra fin le premier septembre ; il signale que les grains existants for-
ment une masse supérieure à tous les besoins, interdit la spéculation, Temmagasinement provoquant la rareté sur les marchés.
Dans les marchés des départements de la Seine, Seîne-et- Oise, Seine-et-Marne, Aisne, Oise, Eure-et-Loir, les blés ne pourront être vendus à un prix excédant 33 fr. l'hectolitre. Cette fixation est obligatoire, jusqu'à la récolte seulement ; elle n'est pas applicable aux départements où le prix du blé n'est pas au-dessus de 33 fr. l'hectolitre.
Au mois de mai, le prix du blé est à 33 fr. le maximum ; le pain jaunet, 1 fr. 97 1/2.
Dans la première quinzaine de septembre 1812, A Chartres 12,160 hectol. de blé amenés 30 fr. 08 ; avoine 755 hectol. 8 fr. 88 GaBardon 2,869 — — 31 44; — 286 — 9 16
Maintenon 82 — — 31 25; — 125 — 9 »
Le 30 septembre, à Paris, le froment est coté de 28 fr. 66 à 30 fr. 66 l'hectolitre ; le sac de 160 kil. de farine première, de 84 à 91 fr.
A Chartres, deuxième quinzaine de novembre 19,605 hectol. ... 29 fr. 20 — — — décembre 16,100 — ... 28 75
Les marchés les plus approvisionnés de l'année 1813 sont ceux de janvier, qui reçoivent 32,800 hectolitres de blé ; les prix descendent de 26 fr. 73, en janvier, à 17 fr. 25 en décembre. Les prix du méteil de 22 fr. à 12 fr. 25; de l'avoine, de 9 fr. à 5 fr. 50. Le pain jaunet de 4 kilog. varie de 1 fr. 65 à 1 fr. 10; le pain bis, de 1 fr. 35 à fr. 85, dans cette même année.
En 1814, en janvier, le café moka est coté 4 fr. le demikilog; le sucre en pain 4 fr. le demi-kilog. A la fin d'avril, le blé vaut 17 fr. ; le pain jaunet 1 fr. 10 les 4 kilog.
Au mois de novembre 1807, Madame de Sabrevois
lègue à l'Hôtel-Dieu une somme de 600 fr. de rente, pour doter annuellement une jeune fille dont la sagesse et la bonne conduite auront été reconnues par le Conseil. Elle sera mariée, à l'anniversaire de la fête du couronnement, à un homme ayant fait la guerre.
PREMIER EMPIRB 291
Fêtes, arts, modes. — Le 23 messidor an XII, le préfet baron de FEmpire, demande la désignation de une ou plusieurs jeunes filles auxquelles les dispositions bienfaisantes du décret impérial du 13 prairial dernier pourraient être appliquées ; une somme de 600 fr. est destinée, par arrondissement, à la dotation d^une fille pauvre et de bonne conduite.
» Le Conseil ne peut désigner personne ; il renvoie la demande à Monsieur le maire Billard ». C'est la première fois que le maire est appelé Monsieur, et non plus citoyen.
Le 19 novembre 1809, le Conseil, présidé par M. Lion, adjoint, doit désigner une rosière qui sera mariée le 3 décembre suivant, fête anniversaire du couronnement; cette rosière sera dotée de 600 fr.
» Aucun militaire ancien ne s'est encore présenté pour contracter mariage; la mairie a cependant découvert une jeune fille dont la vie et les mœurs sont à Pabri de tout reproche. C'est Geneviève Placide Ringuenoire, née à Chartres en la ci-devant paroisse Saint-Maurice, le 5 octobre 1785; son père est vigneron; elle a un frère conscrit de 1809, soldat du train de l'ambulance de la garde impériale, maintenant à l'armée d'Espagne ; elle doit épouser Jean Jubin, vigneron au faubourg des Filles-Dieu, âgé de 34 ans, dont la bonne conduite est également notoire. »
Le président demande aux membres du Conseil, de déclarer s'ils ne connaissent pas d'autres personnes ayant des titres.
« A l'instant où le Conseil allait délibérer, s'est présenté un ancien militaire, porteur d'un congé, lequel a dit que l'on faisait pour lui la demande d'une jeune fille qu'il désire avoir pour épouse ; que, s'il est accepté, il la nommera au Conseil et se mettra sur les rangs pour obtenir pour elle la dot dont il s'agit.
» Il faut que le Conseil soit instruit avant midi de ce jour, pour la première publication du mariage, lequel sera célébré le dimanche, 3 décembre prochain. »
Le Conseil suspend la délibération jusqu'à Theure de midi.
Midi sonné, le militaire ne s'étant pas représenté, la séance a été reprise. Geneviève Ringuenoire est^ acceptée pour rosière, et une proposition en sa faveur est faite au préfet.
« Dans la séance extraordinaire, convoquée le 15 avril 1810, par le préfet, M. Billard, maire, expose que le Conseil doit désigner cinq filles, qui recevront une dot de 600 fr. chacune, accordée par S. M. I. et R., à l'occasion de son mariage, par décret impérial du 25 mars précédent.
y> Le maire présente la liste des candidates.
» 1* Véronique Dorange, épicière, place Saint-Pierre, née à Ouarville en Beauce, devant épouser Théodore Goblet, garçon boulanger, né et demeurant à Chartres, porteur d'un congé du 35* régiment d'infanterie, ayant fait quatre campagnes à l'armée d'Italie où il a été blessé.
» 2** Geneviève Foucault, domestique, rue de la Volaille, née à Lucé, devant épouser Teinturier, culotier, faubourg des épars, né à Courville, lequel est porteur d'un congé de réforme du 116* régiment de ligne, ayant fait quinze campagnes.
» 3® Marguerite Boinville, devant épouser Chesnault, journalier, réformé du 15" de ligne, six campagnes, a été blessé.
» 4^* Madeleine Bernier, couturière, devant épouser Nicolas Baptiste, garçon boulanger, réformé du 116* de ligne, 8 campagnes, blessures graves à la tète.
» 5® Catherine Villette, domestique, devant épouser Jean Jober, maçon, réformé du 2« régiment de la marine ; 15 ans de services.
» Le Conseil a reçu des témoignages satisfaisants sur la conduite et la moralité des jeunes filles ; les militaires, auxquels elles projettent de s'unir, remplissent les conditions exigées. 11 désigne ces cinq jeunes filles pour recevoir la dot de 600 fr. chacune. Les mariages seront célébrés le 22 de ce mois. »
En 1812, le titre de rosière fut disputé; il se présenta deux candidates : Rosalie Doullay, née à Chartres, âgée de
22 ans, domestique et Aimée Foucault, couturière, née et domiciliée à Chartres, âgée de 27 ans. On procède au vote. La majorité se prononce en faveur de Rosalie Doullay, la plus jeune, qui est proclamée rosière et sera dotée de 600 fr.
Elle épousera le dimanche 6 décembre, jour anniversaire du couronnement de Sa Majesté et de la bataille d'Austerlitz, Pierre Boussard, ex-caporal au 76' régiment d'infanterie légère, âgé de 35 ans, né à Chartres, retraité, a été blessé, 17 ans et 4 mois de services qui, d'après les pièces représentées, sont comptées pour 48 ans et 4 mois de campagne.
Sur deux candidates encore en 1813, Désirée Brière, née à Chartres, âgée de 20 ans, est désignée comme rosière. Elle épousera Victor Hoyau, tailleur d'habits, né à Chartres, ancien militaire, blessé.
Le 2 juin 1811, fête pour la naissance de S. M. le Roi de Rome ; un crédit de 1,200 fr. a été attribué, en plus des fonds affectés à la fête, dont le total était de 7,000 fr. pour doter deux filles pauvres et de bonne conduite, qui seront mariées ce jour à deux anciens militaires.
On n'a pu doter que deux jeune&^ filles au lieu de cinq, deux anciens militaires seulement s'étant présentés ; par ce fait, une somme de 1,800 fr. a été économisée.
Fêtes publiques le 15 août 1811, en Thonneur de la fête patronale de Saint-Napoléon, de l'anniversaire de la naissance de S. M., et en mémoire du rétablissement de la religion catholique en France.
Le corps de la musique de la garde nationale comprend seize individus, auxquels il est alloué 615 fr ; 10 tambours ont, de fr. 60 à 1 fr., par course.
M. Morin, architecte et propriétaire de la salle neuve des spectacles, donne le 27 janvier 1805, un bal paré et masqué, au profit des pauvres, et à l'occasion du Sacre et du couronnement de S. M. l'Empereur des Français.
Vaudrelen, directeur, demande une avance de 800 fr., pour venir avec sa troupe ; Garnier veut une assurance de 800 fr. également, par chaque spectacle.
Morin n'a loué en aucun temps sa salle plus de 18 fr. par
représentation, et 36 fr. pour chaque bal. Le produit de l'année n'excède pas 1,200 fr; les quatre bals derniers, au profit des comédiens, produisaient plus de 2,400 livres: on sait que dans les jours gras il va plus de 4 à 500 personnes au bal.
Par suite du désacord entre Morin et les musiciens, les bals n'ont pas réussi celte année. « C'est la faute à Morin, disent les musiciens ». Au nombre de 10 ou 12, ils ne touchent pas plus de 18 à 24 fr. par représentation.
c( C'est une erreur, riposte Morin ; l'échec des bals vient des musiciens. Aux répétitions, ils ont touché 20 sols par personne. Ils ont, entre les deux pièces, dans Torchestre, demandé à grands cris leur salaire ; ils se sont portés au bureau pour y palper les espèces ; ils ont même quelquefois menacé les comédiens d'emporter leurs sacs et leurs haubois, s'ils n'étaient payés de suite. »
On finit par s'entendre ; en l'an X, il y eut 35 représentations ; en l'an XII, 47.
CoUin d'Harleville meurt le 24 février 1806 ; il était né le 30 mai 1755, à Mévoisins, second fils d'une famille de huit enfants.
Son premier chef-d'œuvre est l'Inconstant^ représenté par les Comédiens Français, le 13 juin 1786; quelques années après, il donna le Vieiut célibataire.
Onze pièces en vers de Collin furent successivement représentées. Un acte léger, M. de Crac^ parut en 1791.
Collin devint membre de l'Institut; il reçut la décoration de la légion d'honneur.
Au mois de juin 1813, arrivée à Chartres du Cirque olympique de Franconi fils, écuyers, voltigeurs.
L'avis suivant est publié :
« Les frères Franconi donneront deux représentations » seulement de leurs exercices d'équitation, danse et voltige » à cheval, manœuvres de cavalerie, etc., etc.
» Parmi le nombre conséquent de chevaux dressés qu'ils » amènent avec eux, se trouvent le Zéphir, la jument grise » dite la Coquette et le Glorieux, nouvellement instruits.
» Sont aussi du voyage les deux fameux cerfs, Coco et » Rubi, qui ont paru vendredi dernier devant S. M. l'Impé- » ratrice, au palais de Saint-Cloud. »
Par décret impérial, en 1810, le tarif des pièces de
six sols est établi à fr. 25 ; les pièces de douze sols à fr. 50 ; les pièces de 24 sols à 1 fr. C'est la valeur intrinsèque de cette monnaie.
Le louis d'or a une valeur réelle de 23 fr. 80; l'écu de 3 livres, 2 fr. 80 ; Técu de 6 livres vaut 5 fr. 80.
Le gouvernement a retiré pour plusieurs millions de monnaie de billon.
Les anciennes pièces de 15 et de 30 sols, sont reçues dans les caisses de l'État, pour leur valeur nominale de fr. 75 et de 1 fr. 50.
Voici la mode pour l'habillement, au mois de mars
» Les vieillards, comme les jeunes gens, sont vêtus à la Gilles. Depuis l'opulent financier, jusqu'au modeste cireur de bottes, tous sont affublés de spencers, vêtement grotesque, de couleur aussi tranchante que Thabit d'arlequin.
» Les merveilleux portent des caleçons et des corsets, lacés très serrés. Le jeu des articulations est presqu'interrompu, la démarche est roide, embarrassée. L'adonis* a la contenance d'un vrai mannequin.
» Il existe deux factions qui aspirent au goût suprême. Les uns portent des habits, dont les basques sont au niveau du genou, la taille au bas des reins, le collet montant comme la cravate et à demi piqué, bourré et renflé. L'autre faction porte les collets très bas, très plats, des tailles longues à ne pas finir et des basques en miniature.
» Les belles passent du blanc au noir, du noir au blanc, et souvent elles emploient l'un et l'autre à la fois. On ne rencontre que capotes de velours bleu de ciel, capotes et chapeaux blancs, capotes roses coupées de blanc ; blanc sur le bleu de ciel, bleu foncé sur le jaune, rose sur le gris. Le jaune très éclatant est fréquemment employé, en satin comme en velours. Pour les robes, les chapeaux, les gants
et les chaussures, les couleurs favorites sont : le blanc, le rose, le noisette clair.
» Le chapeau à la Paméla est en paille jaune, quelquefois en paille blanche; quelques-uns ont un fond de velours noir. Le bord, qui ombrage Je front, est devenu si grand qu'on le prendrait pour une moitié de parasol déployé ; la partie qui couvre la nuque a seule conservé le dessin originaire à la Paméla.
» La fleur qui impose sa nuance à la coiflfure et aux vêtements est la rose, d'une pâleur intéressante. Viennent ensuite le lilas, rhumble violette, la fîère jacinthe, l'oreille d'ours qui sied aux blondes et la jonquille si favorable au teint des brunes.
» Sur le bonnet (à la paysanne) en crêpe, à barbes inégales, courtes et carrées, diflférentes fleurs se confondent en une grosse touffe.
» La douillette, appelée capuce à l'origine, est une imitation de la robe de Saint-François. Elle est en soie verte, relevée d'une garniture blanche. L'union de la mante provençale et d'un capuce très large, est d'un effet assez grotesque. Mais le privilège d'une jolie femme n'est-il pas d'embellir tout ce qu'elle porte.
» Bientôt le règne des oreilles d'ours, des tulipes et des jacinthes sera passé; les boules d'hortensia, le réséda et les roses reviennent avec le printemps. »
Religion, hospices. — La cathédrale a été découverte pendant la Révolution. Pour préserver les voûtes des pluies et des neiges, une couverture très légère a été substituée à l'ancienne. Le peu de plomb qui n'avait pas été enlevé fut coulé en tables minces ; l'entretien est énorme : il faudrait des tables de plomb plus épaisses ; la fabrique ne peut, faute de ressources, les remplacer.
En 1810, la dépense fut réglée ; elle s'élevait à 7,600 fr. , dont un tiers pour la ville.
Au mois de juillet, une pétition est présentée à M.
l'Evèque de Versailles, pour l'ouverture de la ci-devant
église de Saint-Aignan et son érection, soit en cure, soit comme succursale.
Les curés et marguilliers des deux paroisses ont donné leurs avis.
« Les deux églises de Chartres sont vastes, commodes, » d'un accès facile, et suffisantes pour recevoir tous les » paroissiens. Il y a dans chaque paroisse un nombre à peu » près égal de paroissiens aisés et d'indigents ; cette division » a fait disparaître les troubles religieux.
» Depuis, les hospices des aveugles, du bureau des pau- » vres, du collège, ont ouvert au public des chapelles spé- » ciales, ou oratoires ; ces divers établissements sont dissé- » minés dans tous les quartiers, pour la plus grande facilité » des infirmes ou des malades.
» Le Conseil est convaincu que cette pétition est, moins » l'ouvrage d'un zèle véritable pour la religion, que le résul- » tat de passions individuelles dont les personnes les plus » respectables ne sont pas toujours exemptes. Des nuages, » en vérité peu dangereux, se sont élevés entre les ministres » du culte catholique.
» Quelques anciens chanoines de l'église Cathédrale, très » respectables d'ailleurs par leur conduite religieuse, poli- » tique et morale, ne peuvent s'accoutumer à n'être plus » les premiers dans les églises paroissiales et surtout dans » celle de Notre-Dame. La prééminence des curés ne leur » convient en aucune manière ; ce n'est plus sur eux que » les regards du public sont fixés, et cette considération exté- » rieure leur paraît trop importante pour ne pas essayer de » la retrouver.
» Ils ont pensé que l'ouverture de Saint-Aignan pourrait » les conduire à ce but ; déjà ils se sont distribué les fonc- » tions à exercer; leurs prosélytes formeront un troupeau » d'élus qui, pour n'être plus sous la surveillance directe » des curés et des vicaires, croira valoir beaucoup mieux » que les autres citoyens.
» La paix intérieure va être troublée, et vont se renouveler, » au grand scandale des citoyens, les scènes affligeantes dont
» chaque jour était le témoin, avant que, rérection de deux )) paroisses et la nomination de deux curés, justement recom- » mandables par leurs lumières et leur amour pour la paix, » aient rallié toutes les opinions et dissipé tous les orages.
» La pétition n'a pu réunir que 208 signatures, sur 15,000 tt habitants ; la plupart ont signé par confiance et sans en «connaître l'objet; plusieurs ont offert leur rétractation; » plusieurs autres ne sont pas véritables.
» Le choix des motifs n'est pas des plus heureux ; le vent » ne souffle pas avec moins de force dans le cloître Saint- » Âignan, que dans celui de Notre-Dame ; l'accès n'en est )> pas plus facile en hiver ; cet édifice n'est pas moins froid )) que les autres.
)> On craint qu'un incendie ne détruise une des paroisses ; D mais la solidité de Saint-Aignan n'est pas sûre, malgré les » rapports d'un maître maçon et d'un maître charpentier. » Plusieurs années avant la Révolution, le défaut de solidité » occasionna, entre la fabrique et les propriétaires des maisons » voisines, un procès très considérable ; Tingénieur en chef » l'a constaté; on a refusé l'offre de Tédifîcepar le proprié- » taire, à cause de l'état de vétusté et de dégradation.
» On fait cette demande lorsque les campagnes sont dé- » pourvues de prêtres, que les cultivateurs qui veulent assister » aux saints mystères, sont obligés de faire plusieurs lieues » et que le nombre des succursales doit encore être dimi- » nué de vingt-cinq dans le département. »
Le Conseil, à l'unanimité, sur l'avis de M. le Maire Billard, rejette la pétition.
En 1812, les recettes des fabriques s'élèvent à
8,176 fr. 65; leurs dépenses à 9,597 fr. 65; d'où, un déficit de 1,426 fr.
Il n'y aura pas lieu à subvention pour l'année 1813, le prix de location des chaises étant porté de fr. 025 à fr. 05.
Le droit pour les pompes funèbres sera le même pour les deux paroisses.
Pour la première classe, en y comprenant les quatre
chantres, les deux serpents, les enfants de chœur, sacristains, porte-voix, suisse, deux bedeaux et un clerc de fabrique, tentures, ornements, cierges, il revient 184 fr. 50 à la fabrique.
Les droits du curé, six prêtres, le luminaire, 55 fr. : en totalité 239 fr. 50.
Pour chaque prêtre en plus, 3 fr. Si la famille demande Toffice du soir, il y aura en augmentation la bougie et les flambeaux, 36 fr., six porteurs de torches, 6 fr., soit 42 fr. Pour la deuxième dasse, fabrique 116 ir. 25 ; droits du curé, 36 ir. ; en totalité 152 fr. 25
— troisième — — 55 75; — 15 ; — 70 75
— quatrième — — 13 25; — 4 25; — 17 50 Les hospices demandent en 1807, un secours extraordinaire, pour renouveler le linge qui est dans le plus déplorable état ; les ressources sont insuffisantes ; le Conseil accorde une somme de 12,000 fr., pour les deux hospices des vieillards et orphelins et de THôtel-Dieu.
La journée des malades militaires, à Thospice civil est en 1812 de 1 fr. 35 ; Tétat des blessés exige une grande consommation de linge. Le gouvernement ne paie cette journée que fr. 90, d'où, perte de Ir. 45.
L'occupation des lits militaires a été la même depuis deux années ; il y a eu 66 lits de soldats et demi-fournitures pour la garnison, 205 fr. 20 ; et 562 demi-fournitures pour les prisonniers de guerre, 1,067 fr. 80; en tout 1,273 fr. pour un trimestre.
La recette a été de 93,588 fr. 24, la dépense de 96,366 fr. 73, d'où il résulte un déficit de 2,778 fr. 49.
Il a été question d'établir un dépôt de mendicité, pour 3 à 400 mendiants, dans Tancien couvent de Saint-Père ; le projet est ajourné ; il n'a jamais été exécuté.
Il sera fait dans tout l'Empire en 1812, du 1®' avril au 1" septembre, une distribution journalière et gratuite de deux millions de soupes dites à la Rumfort ; chaque soupe, avec les légumes, équivaut au moins à une livre de pain.
Une somme de 22 millions et demi sera mise à la disposition des préfets pour cette dépense ; des comités de bienfaisance sont établis dans chaque canton.
La misère était grande; Thectolitre de blé était monté à plus de 40 fr. au mois de mars.
En Eure-et-Loir, pour obtenir les fonds nécessaires à ces distributions, le Conseil général dut voter trois centimes additionnels.
Général Marceau. — Le !«" vendémiaire an XI 11 (23 septembre 1804), eut lieu l'inauguration du monument élevé à la mémoire de Marceau, sur la place du marché neuf.
Là, s'élevait l'obélisque, ombragé par quatre peupliers ; le maire, Chevard, prononça l'éloge de Marceau, à la cérémonie publique.
Au Conseil, il fit le résumé de la vie du héros :
» J.-J. Marceau naquit en 1769, à Chartres ; il apprit peu au collège, c'est le camp qu'il lui fallait. Son père le destinait à l'étude des lois ; à quinze ans, la passion pour les armes l'emporta.
11 entra comme simple soldat dans le régiment de Savoye- Carignan ; il apprit la théorie, la tactique et la castramétation ; il étudia sans maître les mathématiques. En deux ans, il avait lu, médité Xénophon, Polybe, Feuquîères, Saxe, Folard, le grand Frédéric et les meilleurs historiens.
» Le colonel de Seran le fit sergent. Son père conservait un fort ressentiment contre lui, pour avoir préféré la vie pénible du soldat au tranquille exercice du barreau. Une distance de 200 lieues le séparait d'une sœur qu'il aimait ; après cinq ans d'absence, il obtint un congé et vint près d'elle à Paris.
» Le 14 juillet 1789, à la tête d'un détachement de la section du Bon Conseil, il s'oppose à l'approche des troupes que la Cour faisait avancer sur Paris ; il reçoit son congé absolu de l'armée ; il vient alors à Chartres, est fait commandant du bataillon en formation contre les puissances voisines ; il met six mois à donner l'instruction militaire à ses hommes et part pour les frontières.
» Marceau était, dans Verdun, assiégé par les Prussiens ; il ofi*re de tout conduire ; il répond du succès ; mais la
terreur des habitants l'emporte ; la reddition est résolue. Le colonel Beaurepaire qui commandait dans la place, se donne la mort, indigné de la honte de ses défenseurs ; Marceau est choisi pour porter la capitulation au Roi de Prusse ; devoir cruel, que les lois de la guerre imposaient au plus jeune officier.
» Marceau fut envoyé dans la Vendée comme lieutenantcolonel de la légion germanique ; des fautes sont commises; Fétat-major est emprisonné; Marceau passe en jugement, accusé par le représentant Bourbotte. Sa défense fut simple et persuasive. Sa jeunesse, sa bravoure, les grâces naïves de son langage, firent expirer le reproche sur les lèvres de son accusateur qui le serre dans ses bras.
» Peu après, Marceau sauve Bourbotte de la mort, en marchant vers Saumur, attaqué par les royalistes. Il est nommé général de brigade et commandant en chef de l'armée de rOuest.
» Il livra tous les jours des combats; la bataille du Mans fut décisive ; il périt dans ce jour, funeste aux deux partis, dix mille républicains et trente-six mille vendéens.
» Un jour, une jeune fille vendéenne armée est prise en se battant contre les républicains. « Sauve-moi, s'écrie-telle, en tombant aux pieds de Marceau ». Celui-ci la relève, la rassure, Tadmire et la confie à une famille.
» Dénoncé, Marceau qui avait fait grâce à une vendéenne, prise les armes à la main, devait périr. Bourbotte accourt de Paris, se présente à la commission, demande indigné les pièces du procès, et les déchire. La jeune vendéenne, à peine âgée de 17 ans, fut guillotinée. Marceau désespéré, voulut la suivre dans la tombe ; il ne l'oublia jamais.
» Nommé général de divison, Marceau est bientôt appelé à Tarmée de Sambre-et-Meuse ; il assista aux grandes batailles les plus disputées, avec les généraux Jourdan, Lefèvre, Championnet, Bernadotte et Kléber.
» Dans un mouvement de retraite ds l'armée de Sambreet-Meuse, le 3® jour complémentaire, an IV, il est blessé à mort à Altenkirken d'une balle d'un chasseur tyrolien.
302 pneMiER empire
« Son corps fut enterré à Coblentz, auprès d'un fort ; Farmée lui éleva un monument, construit sur le plan de Kléber. »