‹ Histoire de Chartres (volume 2)Chapitre 39 sur 123 · DE LA MORT DE LOUIS XIV, A LA RÉVOLUTION DE · texte numérisé non relu

DE LA MORT DE LOUIS XIV, A LA RÉVOLUTION DE

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Un édit du mois de juillet 1717 ayant supprimé les maires , lieutenants de maires, échevius et officiers municipaux en titre d'office, et rétabli les baillis, sénéchaux et autres juges dans tous les droits dont ils jouissaient «avant l'édit d'août 1692 l, M. le lieutenant-général Nicole du Plessis, déjà maire en titre d'office, rentra, par le seul privilège de sa charge judiciaire, en possession de la mairie perpétuelle. Ce magistrat se fit installer, en cette qualité, au bureau de la Chambre de ville, le 24 janvier 1718*, nonobstant les clameurs et les pétitions de la communauté des marchands, qui voulait un maire électif. Les échevius furent élus selon les anciens usages, sauf approbation du duc d'Orléans.

La nouvelle administration , devançant les projets du Gouvernement, s'occupa, au mois d'août 1718, de chercher un emplacement convenable pour la construction d'une caserne ; mais elle n'y put parvenir *, et l'on fut obligé cette

* Fleg. des Echevins; Séances des 17 septembre et <i décembre 1717.

* Messieurs de la compagnie allèrent le saluer apris la séance , lui offrirent douze bouteilles de vin et présentèrent six boites de conlilures à Mœe la Lieu tenante-générale. (Ib.i

» lb.; Séances des 17 juillet 1710 et 31 août 1717. — Les principaux chefs de l'opposition étaient les marchands Séuien l'aîné , Ktienne Senechau , Cliabert et Charles Faucheux. Il y avait eu arrêt du Conseil roval en faveur du Lieutenantgénéral, le 18 juin 1717, et le Conseil du duc d'Orléans s'était prononcé dans le même sens le 30 décembre suivant, (lb.; Séance du 6 décembre 1 4 18.)

* in août ili8. Le Lieutenant -général dresse un procès-verbal constatant qu'il s'est rendu , avec trois échevins délégués , chez les Cordeliers , pour examiner s'il ne

fois encore de loger dans quelques maisons vides le régiment de Saint-Simon, envoyé en garnison au mois de septembre \ Ce fut un triste surcroît de population , car les soldats commirent toutes sortes de désordres dans la ville et de violences sur les habitants *. La guerre contre l'Espagne, dont la publication eut lieu à Chartres le 1 4 janvier 1 7 1 9, fit partir le régiment, au contentement général, et procura aux Chartrains le plaisir de chanter un Te Deum, le 9 juillet, pour la prise de Fontarabie, et un autre, le 18 septembre, pour la prise de Saint-Sébastien \ Le rétablissement de la santé du Roi (10 août 1721), le sacre de ce monarque (25 octobre 1722), la cessation de la peste en Provence (21 février 1723), fournirent de nouvelles occasions de réjouissances à Chartres * ; mais l'horrible incendie qui détruisit complètement la ville de Chàteaudun le 28 juin 1723, et la grande sécheresse qui désola cette même année toutes les campagnes de la Beauce, tempérèrent bientôt la joie publique \

serait pas possible d'édifier une caserne sur le terrain de l'ancienne citadelle, et que ces religieux les ont tres-mnl reçus et mis à la porte. (Ileq. des Echevtns.)

1 /.) septembre 1718. Le régiment de Saint-Simon sera logé au Plat-d'Etain et au Grand-Cerf, rue des Fpars, au Cygne et dans une maison voisine, rue du Cul- Salé, au Bardé, nie du Cheval-Blanc, à l'hôtel des Carneaux , rue Sainte-Même, à la salle Saint-Cheron , près la porte Cuillaume , et dans quelques autres maisons vacantes. On tâchera de loger l.M> soldats dans la maison de la porte Cendreuse occupée par les sœurs de rL'iiion-Saint-Chaumont, non autorisées; ces religieuses se retireront pendant ce temps dans la chapelle Saint-Vincent. (Ut.)

* 21 octobre 1718. F'Iaintc devant le Lieutenant-criminel contre le répiment de Saint-Simon , à raison de IVsassinut des frères Tavaune , vignerons au Bourg-Neuf, commis par deux soldais.

Ï'J octobre 1718. Plainte contre deux soldats du même régiment, qui ont voulu rançonner M. Tronçon, procureur, l'ont hattu et lui ont enlevé son manchon.

5 Hrtj. des Echeuns. — Le répiment Royal-Marine était en garnison à Chartres au mois de mai 1721 et occupait les maisons qui avaient déjà servi au régiment de Saint-Simon, (lb.)

i Le Te Ueum pour le sacre n'eut lieu que le 22 novemhre. (Ih.) Le premier bataillon du régiment de Diesbac h -Suisse, fort de 000 hommes, était alors en garnison à Chartres.

• 14 juillet 1725. Attendu la sécheresse et les incendies fréquents, et surtout en raison de celte circonstance que l'on a trouvé dans des caves des paquets de pétards et d'artifices , il sera fait chaque nuit une patrouille par douze bourgeois désignés à tour de rôle, flb.j

Le cardinal Dubois, nommé premier ministre le 22 août 1722, avait inauguré son ministère par le rétablissement des charges municipales en titre d'office. La Chambre décida, dans sa séance du 26 octobre 1723, qu'elle solliciterait du ttoi un arrêt portant réunion de ces charges au corps de ville, moyennant finance, afin d'empêcher des particuliers de les acheter !. On convint, dans une seconde assemblée tenue le 22 novembre , que si la réunion des charges était obtenue , on ferait pourvoir MM. Nicole et Noël des deux offices de maire perpétuel et de maire alternatif, pour en jouir leur vie durant, après quoi la mairie serait élective \ Mais il se manifesta une si vive opposition à ce projet dans l'assemblée générale des paroisses du 2 décembre que l'on n'y donna plus suite \ Les places du corps de ville furent donc adjugées au plus fort enchérisseur, et M. Etienne-Miles Noël , seigneur de Chenonville et de Daigneaux, acquéreur des deux offices de maire perpétuel et de maire alternatif, fit enregistrer ses provisions au bureau de la Chambre le 4 janvier 1724 \ Le Conseil municipal se trouva alors composé d'un maire, de trois lieutenants de maire 5, de huit échevins 6, de cinq assesseurs \ d'un procureur $ et d'un avocat du Roi tous institués en titre d'offices. Mais un édit du mois de juillet 1724 supprima cette administration à peine organisée. Cependant on ne fit tout d'abord de nouvelles élections que pour les candidats à la mairie; le duc d'Orléans maintint provisoirement les

1 Itey. des Echevins.

» Ib. — » Ib. — 4 Ib.

5 MM. de Millevillc, conseiller au Présidial, Davitmon, ancien procureur du Roi en la prévôté, et Bouvart, receveur des tailles. (Ib.; Séance du 30 décembre 1723.1

8 MM. Jean Duhan, avocat, Louis Morin, avocat, Vaillant, marchand, S.»chon. procureur, Dollu, procureur, Pierre Delavolléc , notaire, Etienne Sénéchau , marchand, Martin .lourdan, marchand. (Ib )

7 MM. I^ouis et Jacques Huchedé , Constantin Petit. Jacques Barré, Claude Sochon. (Ib.)

* M. Charles Martin, déjà procureur du Roi en la pré voté. tlb> » M. Miles Brouilhet de la Carrière. (Ib.)

autres officiers municipaux et continua dans les fonctions île maire M. Noël, qui se trouvait au nombre des trois citoyens désignés par les suffrages \ Ce magistrat tint la mairie jusqu'à son décès, qui arriva le V septembre 1726 *; après lui, M. Bouvart, lieutenant de maire, reçut la présidence de la Chambre de ville.

Philippe, duc d'Orléans, régent du royaume et apanagiste du duché de Chartres, étant mort d'une attaque d'apoplexie le 2 décembre 1723, MM. Nicole, lieutenant-général, et Duhan, échevin, députés par le Présidial et le Corps de ville, se transportèrent à Paris, le 7 , pour saluer M"* la duchesse et complimenter le nouveau duc d'Orléans , seigneur du pays chartrain \ Ce devoir accompli, leséchevins, pour satisfaire aux ordres du Roi et de l'intendant, songèrent sérieusement à l'affaire des casernes; ils pensèrent que le local le plus convenable pour un établissement de cette espèce était le jeu de paume ou tripot du Maine, rue de Chinehe, et ils l'achetèrent dans ce but au mois de février 1724 \ Messieurs de la Chambre approuvèrent ensuite (5 avril) les statuts proposés par les délégués de la Jeunesse de Chartres, pour l'institution d'une compagnie d'arquebusiers, dite de l'Oiseau-Royal , destinée à remplacer l'ancienne compagnie du Vidante, tombée eu discrédit par l'indigence et la condition peu relevée de ses membres \

' Uer/. îles Erherius; Séances des 20, 2<> et 29 décembre 172i. — Lettre de M. d\\r:.V!i«.n , chamelier du duc d'Orléans, du 17 décembre 172i. (Ib.)

* 2 septembre /726'. La Comp.iL.nie va au convoi de M. Noël, maire, qui se frit en l'église S.iiut-llilaire.

3 Heg. des Edievins.

4 Ordonnance du Roi, du 25 septembre 1719, concernant les casernes qui doivent «"tre construites dan- les vinirl p'néralités du royaume. L état qui suit cette ordonnance li\e trois casâmes à Chartres, une à Anneau, une à Illiers et une à Coiirville. (Chartres, imprimerie île Claude Peipié, M. DCC. XIX.)

2S l' rrirr 1 72.7. La ville otlVe aux héritiers Krillon 8, iOO livres, pour prix du tripot du Maine, sauf ratification par le Conseil royal.

La vente a lieu par acte pi-é devant Simon et" Leredde . notaires à Cbartre>, le 17 février 1721. '/1V7. <A*.s Eclmms.)

5 Les statuts, proposés à la Chambre de ville par les sieurs François Jutcau, Pierre Hurean, Jacques lluchedé et Pierre M.won, députés de la jeunesse de Cliar-

On fit de grandes réjouissances, le 27 mai 1725, à l'occasion de la naissance du duc de Chartres , fils du jeune duc

1res, et adoptés dans la séance du 5 avril, furent envoyés à M. le Garde-des-sceaux et à M. de Maurepas, ministre et secrétairc-d'Etat , à l'effet d'obtenir des lettrespatentes du Roi. On n'attendit pas longtemps, car des lettres, datées de Versailles au mois d'avril , permirent aux exposants de former une nouvelle compagnie , sous le titre de Chevaliers de l'Oiseau-Iloyal , composée d'un capitaine, d'un lieutenant, d'un sous-lieutenant , d'un enseigne , d'un guidon , de deux sergents et de quarante chevaliers, laquelle jouirait des droits, privilèges et avantages octroyés jadis à la compagnie supprimée.

Lès statuts, en 29 articles et 16 articles supplémentaires, contiennent, notamment , les dispositions suivantes :

1° La Compagnie de l'Oiseau-Roval est subordonnée au gouverneur de la ville, et , en son abscuce , aux Maire et échevins ;

2° Le capitaine et le lieutenant sont nommés par le Gouverneur, et, en cas de vacance du gouvernement, par les maire et échevins; les cinq autres places d'officiers seront occupées h tour de rôle, pendant trois ans, par les cinq plus anciens chevaliers;

3° Les chevaliers auront au moins dix-huit ans , pratiqueront la religion catholique , apostolique et romaine , et appartiendront aux classes élevées et aisées de la société, comme officiers royaux, barreau, bourgeoisie et commerce; ils prêteront serment de fidélité au Uoi;

4° Le droit d'entrée est de 50 livres payables à la bourse commune ;

5° Chaque chevalier aura un fusil de quatre pieds et demi à cinq pieds, non rayé ni carabiné, uuc épée, un habit gris de fer, bordé d'un galon d'argent, doublé de rouge et garni de boutons d'argent, des bas rouges, un chapeau bordé 'd'un galon d'argent;

t>° Le premier dimanche de mai il y aura grand'messc à laquelle tous les chevaliers assisteront , sous peine de II livres d'amende ; puis , à trois heures et demie de l'après-midi , tir de l'oiseau à l'hôtel des chevaliers , sous même peine par chaque défaillant ;

7° De quatre dimanches l'un, il sera tiré un prix d'une valeur de 10 livres au

îf loi 0$ *

8° L'oiseau sera placé à une hauteur de 100 pieds et de la grosseur ordinaire. Le jeu sera commencé par le gouverneur, ou en son absence par le maire. Chaque chevalier ne pourra tirer qu'A balle seule;

9° Celui qui aura abattu l'oiseau jurera qu'il a tiré de beau jeu. Il sera proclamé Roi de l'oiseau et tenu de fournir à la compagnie, l'année suivante, un nouvel oiseau;

10° Celui qui jurera le nom de Dieu, de la Vierge ou des Saints paiera 3 livres à la botte commune ; celui qui insultera un de ses camarades paiera pour la première fois 20 sous à la boite et sera chassé en cas de récidive;

11° Il y aura un trésorier de la boite commune et un secrétaire qui tiendra le registre des délibérations de la compagnie ;

12° Lorsque la compagnie montera à cheval le guidon précédera l'enseigne; i pied , l'enseigne précédera le guidon ;

13° Le drapeau de ladite compagnie sera composé d'une croix blanche portant en coeur les armes de ladite compagnie avec celle devise : Pro Itcge et pro Potria reviresco. La croix cantonnée, au premier de bleu, avec les armes de Sa Majesté; au deuxième de rouge, avec, les armes de S A. R. M>r le duc d Orléans et de Chartres; au troisième de tanné, avec les armes de M<rr le garde des sceaux, gouverneur de Chartres: et au quatrième de pourpre , avec les armes de la ville. (Pièce imprimée chez Nicolas Besnard, rue des Trois-Maillets, au Soleil-d'Or, 1731.)

Ces statuts furent enregistrés au greffe de la Chambre de ville le 29 juillet 1 724 , et les chevaliers furent mis, le même jour, en possession et jouissance de la maison située hors la porte Chàtelet et faisant face au cours Philippe. (Reg. des Echev )

d'Orléans1. La joie des Chartrains se manifesta encore au mois de septembre, lors du mariage du Roi avec la princesse Marie Leczinska, fille de Stanislas, ex-roi de Pologne (15 août)*, et, au mois de septembre 1729, lors de la naissance du Dauphin (4 septembre) a. Il nous reste à mentionner, pour l'histoire municipale de ces années, l'opposition que la ville fit, au mois de novembre 172o, à l'introduction des Frères de la doctrine chrétienne et, au mois d'avril 1727 , à l'établissement des Sœurs sabotières de Saint-Maurice s; les échevins avaient coutume de s'opposer et de protester lorsqu'il s'agissait de la fondation ou de l'introduction à Chartres d'une nouvelle communauté religieuse , mais ils finissaient toujours par céder. Un service fut célébré, le 14 août 1726, pour MBe la duchesse d'Orléans, décédée en couches, à l'âge de vingt-deux ans 6. La mort de M. d'Ârmenonville , ancien garde-des-sceaux et ancien gouverneur de Chartres, donna également lieu, le 9 décembre 1728, à une autre cérémonie funèbre7. Le gouvernement, la capitainerie et le bailliage étaient passés, depuis 1725, à son fils M. le comte de Morville, ancien ministre des affaires étrangères \ Ce seigneur, dont la ville avait eu souvent à se louer , mourut aussi le 3 février 1732 9, et fut remplacé dans ses titres chartrains par M. le marquis d'Armenonville, son fils, qui fit enregistrer ses

1 Reg. des Echevins.

* Ib.

* 12 septembre 1729; Ib. Il fut tiré à cette occasion un superbe feu d'artifice.

4 5 novembre 112ô. Lettre du duc d'Orléans, approuvant cette résistance. (Ib.)

5 2 avril 1121; Ib. — Voir, sur les Dames de Saint-Maurice, aujourd'hui Dames de Saint-Paul, le dernier chapitre de cette histoire.

« Ib.

7 Ce service fut célébré à Saint-Martin-le-Viandier.

8 M. de Morville ne vint se faire installer que le 8 octobre 1729; la Chambre de ville alla le complimenter à son entrée , lui présenta les clefs dans un bassin d'argent , et lui offrit une douzaine de bouteilles de vin et à M"" la Comtesse six boites de confitures, (lieg. des Echevins.}

9 14 février 1752. La ville fait célébrer à Saint-Martin-le-Viandier un service solennel pour M. le comte de Morville. (Ib.)

provisions de gouverneur au bureau de la Chambre; le 24 mai !, «afin de remplir son office lors de la prochaine entrée de la Reine.

Sa Majesté vint en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres, le 27 mai. On avait fait de grands préparatifs pour la recevoir; on avait réglé avec un soin tout particulier le cortège composé des bourgeois en beaux habits avec cocarde au chapeau, de soixante jeunes gens de famille, en habits uniformes, de la compagnie de l' Oiseau-Royal, des gardes du gouverneur, du corps de ville, de toutes les autorités civiles et judiciaires et de toutes les communautés formant la haie; mais la pluie, qui ne cessa de tomber, troubla un peu la cérémonie. Néanmoins Marie Leczinska trouva, à la porte Drouaise, M. le Gouverneur qui lui présenta les clefs , écouta la harangue que M. Rouvart, lieutenant de maire, lui fit, à genoux, en téte du corps de ville, et fut conduite à Févéché sous un dais porté par quatre échevins \ La Reine partit le 29, après avoir laissé il WT de Mérinville 7,200 livres pour les pauvres 3.

Une affaire dix fois reprise et dix fois abandonnée, occupa le Conseil municipal en 1734. Un édit du mois de février 1717 avait prononcé la réunion au domaine de I mage île la rivière depuis Chartres jusqu'au Pont-de- l'Arche , concédé par Louis XIV à Mme de Maintenon *. 11 n'y avait donc plus d'espoir de voir reprendre le projet de navigation , lorsque Mme la princesse de la Roche-sur-Yon , propriétaire de la

1 lley. (1rs Echevins.

1 La Heine ('lait accompagnée de Ml,c de Clermont, surinlendante de sa maison, de la duchesse de Mazarin , si première dame d'honneur, du marquis de Nantis, son chevalier d'honneur, et du comte de Tessé, sou premier «'cuver. (Ib.)

3 lb.

* U 1 1 juin 17-25, conformément aux arrêts du Conseil des 14 et 10 juillet I7±i et Kl mai I72i, les commissaires généraux députés par le Hoi vendirent, par adjudication, à Jean André des Pommerais, bourgeois de Paris, moyennant une rente de tilO livres au Domaine e.t le sou pour livre du principal de ladite rente, à titre d'engagement et à faculté de rachat perpétuel , les hordages de la rivière d'Kurc depuis Chartres jusqu'à Nogeiil-le-Roi. (Arch. impér., carton 201, série 0, sectmn Domaniale.)

terre de Senonches , voulant faciliter l'exploitation de ses forêts, proposa de rendre l'Eure flottable depuis sa source jusqu'à Chartres. La Chambre de ville, saisie de l'examen de ce projet, au mois de novembre 1734, émit un avis des plus favorables qu'elle renouvela le 16 mars 1735. Les procès-verbaux des ingénieurs reconnaissaient que les travaux étaient d'une exécution facile, et les paroisses intéressées donnaient à l'opération une adhésion unanime ; mais les seigneurs riverains, et en particulier les hoirs du président d'Aligre pour la terre de la Rivière, le duc de Sully, pour le marquisat de Courville , le sieur Tubœuf , conseiller au Parlement, pour la chàtellenie de Ver et Morancez, et la dame Auvray, pour la chàtellenie de Gourdez, firent opposition, en se fondant sur ce que le flottage les empêcherait de vendre leurs bois plus rapprochés de Chartres. Ils disaient aussi que la rivière était leur propriété , attendu que , dans la partie comprise entre sa source et la ville , elle ne pouvait porter bateaux de son fonds, sans artifices cl ouvrages de mains, suivant le vœu de l'ordonnance des eaux et forêts du mois d'août 16G9 \ Il paraît que ces moyens furent admis, car on n'entendit plus parler du flottage, nonobstant les efforts de la Princesse et du corps municipal chartrain *.

Ce n'était pas la première fois que l'intérêt général était sacrifié à l'intérêt particulier. En établissant le flottage du Favril à Chartres et la navigation de Chartres au Pont-del' Arche, on aurait procuré des droits importants au trésor, mais on préférait combler le déficit annuel au moyen d'expédients qui n'avaient piis même pour eux le prétexte du bien public. Un édit du mois de novembre 1733 avait encore créé

1 Titres et papiers concernant la navigation de l'Eure ; Archives départem. — Séances dos 20 novembre 1731 et 1G mars 1735. flieg. des Echevins.)

* On trouve sur le registre des Kchevins, à la date du 1" mars 173 i, une mention assez singulière : Passage du prince du Mont-Liban , près Jérusalem , se rendant en Italie avec passeport signé Louis et Chauveltn ; on lui donne W litres de gratification et 4 chevaux pour aller a Châtcaudun.

des charges municipales en titre d'office. Cette fois, on pensa que la réunion de ces charges à la Chambre de ville serait avantageuse , et, grâce à l'appui du duc d'Orléans, on obtint, le 18 octobre 1735, un arrêt du Conseil qui la prononça moyennant une finance de 90,000 livres \ Pour réaliser cette somme énorme, on contracta un emprunt remboursable par annuités , on doubla les droits sur la boucherie et on constitua des rentes sur l'hôtel-de-ville \ Le Conseil du duc d'Orléans rédigea, le 16 décembre, pour l'organisation de l'échevinage et les élections, un règlement dont la Chambre eut connaissance le H janvier 1736, et qui renfermait, entre autres, les dispositions suivantes : 1° A l'avenir, le corps de ville sera composé d'un maire, de six échevins, de deux chanoines, députés par le clergé, d'un procureur du Roi et d'un greffier; 2° le maire sera éligible tous les trois ans et nommé par S. A. R. sur la présentation de trois candidats; 3° chaque année , Monseigneur choisira deux échevins sur une liste de six candidats élus à la pluralité des suffrages ; 4° Monseigneur se réserve la nomination du procureur du Roi , du greffier, du receveur et du contrôleur des deniers communs; 5° toutes les assemblées générales se tiendront a F hôtel-de-ville ; les élections se feront au mois de janvier, et les officiers élus et choisis par le duc d'Orléans entreront en charge le 1er février; 6° le maire et le procureur du Roi prêteront serment entre les mains de S. A. R. ou de son chancelier, et les échevins, le greffier , le receveur et le contrôleur entre les mains du maire. Transitoirement, le duc d'Orléans confia pour trois ans les fonctions de maire à M. Jean-Robert Rouvart, qui présidait le corps de ville depuis douze ans , conserva comme échevins MM. Rrochand, Sochon fils et Barré, nomma procureur du Roi en Fhôtel-de-ville M. Martin, procureur du Roi en Fé-

1 Anciennes archives du Palais-Roval , reg. 1,211 ; Parties castielles des offices, p. 315.

» Reg. des F.rAevins ; Séance du 9 novembre 1735.

leetion, cl continua le sieur Foisy dans l'uflice de grenier, le sieur Yalmale dans celui de receveur des deniers communs , et le sieur Dubois dans celui de contrôleur. Il fut convenu que l'élection de deux échevins , pour compléter le nombre fixé par le règlement, aurait lieu au mois de janvier 1730 \ L'assemblée générale se tint, en effet, le 22 janvier, et MM. Mathieu de la Malmaison , conseiller au Présidial , et Ollivier, avocat, qui avaient réuni le plus grand nombre de voix, furent nommés échevins par le Prince \

Cette administration , semblable à l'ancienne quant au personnel, quoique différente dans son institution, inaugura son entrée en fonctions par la fondation d'une nouvelle caserne pour la cavalerie, celle du Tripot ayant été jugée insuffisante. La ville choisit dans ce but, au mois d'avril 1730, remplacement de plusieurs maisons situées sur le quai de la Tannerie, entre le pont des Minimes et le chevet de l'église Saint-André \ Le 3 juillet suivant, Messieurs de la Chambre reçurent avec les plus grands honneurs M. le marquis d'Armenonville, gouverneur, qui venait se faire installer au Présidial en qualité de Grand-Bailli. Les métiers, au nombre de 42, représentés par 234 individus délégués, accompagnèrent . le corps do ville à cette cérémonie \ Le 17 novembre 1738,

1 Heij. des Echevins. — Pièce imprimée chez Nicolas Besnard , Imprimeur du Roi , de ta Ville et de la Polie*, rue des T rois-Maillets , au Soleil-d'Or. 1742.

« lb.; Séance du l'r février. — Des lettres-patentes, du 21 juillet 1735, enregistrées en Parlement le 31 août suivant, avaient également réglementé le mode d'élection, le nombre et le temps d'exercice des juges-consuls de Chartres. (Ordvnn., 0, z, f° 350; Arch. impér.)

3 Ces maisons, qui appartenaient en majeure partie au sieur Alexandre de Beaulieu, marchand-bourgeois et ancien échevin , furent achetées, le 20 avril 1730, moyennant la somme de 0,500 livres, pour laquelle la ville constitua au vendeur une rente de 325 livres et exempta du logement des gens de guerre Pierre de 1 (eau lieu , son fds, et Louis Olli\ier, son gendre.

Les frais d'appropriation à l'usée de caserne, exécutés en 173N, 1730 et 1710, s'élevèrent à iK.i>Oi liv. 5 s. 0 d. (Boite des Casernes: Arch. de la Mairie. — Heg. des Echevins; S'aucc du 20 avril 1730./

* .M. d'Armenonville lit son entrée, vers six heures du soir, par la porte Chàtelet. Il était vèlu d'un habit ecarlatc a brandebourgs de dentelles d'or. (Ibj Le Maire le harangua et lui présenta les clefs sur un plat d'argent ; il prit gîte à l'évèché < i

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