TOME II
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs 1 (juin 1578). Au môme moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d'Alençon) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) \ Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année, et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce \
On ressentit à Chartres , le 26 janvier i 579 , les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage *. En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville, hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur \ Ce fut le
lui et ses gens, on lui repondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gàtine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gtte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. des Echevins.i
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout l'été une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin , on fit plusieurs processions avec ta châsse de saint Taurin , jpour demander de la pluie. (Livre de Bots de Saint-André ; Arch. dép.)
» Heg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
8 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit à faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lestoile, 1« partie, p. Ii3. — Livre de Bois de Saint-André (Arch. dép.)
1 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février , sur les cinq heures du soir; ils venaient d'Ollainvillc , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 14 lieues de distance. Ils assistèrent le 2, jour de la féte, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout \ Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-dc-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Vassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser, en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté, en temps de paix, la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps, le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Dois de Saint-André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine, espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Les toile, p. ii 3.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où lis gagers retirent la cire et y estoit de la haulteur de la taule qui est audict lieu. (Litre de Dois de Saint- André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que . environ onze et douze, heures du soir , elles furent si grandes qu'elles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grands désastres és vallées ; comme aussi , à ceste mesme heure et jour, est advenu aux faux bourgs Saint-Marceau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint - Barthélémy; Arch. départ.)
Gallon , qui ne veuait pas plus souvent à Chartres que ses prédécesseurs; d'un autre côté, on n'était plus en temps de paix, car les huguenots remuaient en Gascogne et en Picardie. Il fallut donc se soumettre et fournir un logement au nouvel élu \
Le 22 septembre, le Roi vint en pèlerinage à Notre-Dame, accompagné de la Reine sa femme. Le 7 décembre, une lettre de M. de Sourdis apprit à MM. de la Chambre que le prince de Condé avait prisLaFère. Peu de temps après, le gouverneur vint présider lui-même à l'armement complet des fortifications et décida le clergé à contribuer aux frais des réparations de la porte Imbout On reçut, le 22 avril 1580, la nouvelle de la prise de Saint-Maixent et de Montaigu en Poitou par les ennemis. Ces succès encourageaient les huguenots de la Beauce; ceux de la campagne tenaient des conventicules, et ceux do Chartres s'évadaient pour les rejoindre. On pensa qu'il convenait de s'opposer à ces réunions suspectes, et, dans les mois d'avril et de mai, on Ct battre tous les environs par des volontaires chartrains auxquels se joignirent les paysans de Courville, d'Illiers, de Gallardon, de Nogent-le- Roi , de Brou et de Bonneval ; mais , par compensation , on plaça sous la sauvegarde du Roi, à la requête de M. de Sourdis, les hérétiques, qui restèrent paisiblement dans leurs maisons \ Aux approches de la Notre-Dame d'août, époque de l'arrivée des pèlerins et des vagabonds , les quarteniers placèrent à chaque porte deux escouades commandées par les dizeniers, et, à la fin du mois, on expulsa de la ville ces visiteurs trop souvent peu recommandâmes *.
Un ennemi sur lequel on ne comptait pas, la peste, vint, au mois de septembre, jeter l'effroi dans la population déjà si tristement préoccupée des orages politiques. De l'avis des mc-
* Iteg. des Echevins; Séances des 21 septembre et H décembre 1570.
* lb ; Séances du 11 décembi* 1579 ct du 5 janvier 1580. » lb.; 22 avril et 3 mai 1580
* lb.
decins , apothicaires et lieutenant du premier barbier du Roi, cette maladie provenait moins de la corruption de l'air que de l'infection de certains meubles apportés de Paris où elle sévissait cruellement *. Des mesures sanitaires furent prises immédiatement pour arrêter les progrès du fléau : on établit les malades au lieu de Beaurepaire , malgré l'opposition du clergé; on désigna les chirurgiens Jacques Boyer et Denis Boissay pour soigner les pestiférés, et ces délégués durent fermer boutique et porter la verge blanche ; on défendit aux convalescents de sortir sans cette verge avec une clochette au bout, et leurs maisons furent marquées à la craie ; on interdit aux bouchers de tuer ailleurs qu'au Massacre, à cause du mauvais air; enfin, on enjoignit au maître de l'Hôtel-Dieu de fournir un prêtre pour administrer les hôtes de Beaurepaire, sous peine d'y être contraint lui-même par prise de corps et saisie de son temporel \ La contagion cessa avec les premiers froids de l'hiver pour recommencer au printemps de 1581 \ Cependant les gens de guerre continuaient toujours leurs
1 Dès le mois de mars , on s'était préoccupé du fléau qui régnait alors à Paris ; car on lit dans le Livre des obils de Saint-Barthélémy : Le dimanche, 15 mars, procession génèraUe hault et bas, en l'église Kolre-uame, par le commandement de Monseigneur de Chartres, à cause de la peste qui est à Paris et aultres lieux.
* Beg. des Echevins; fin d'août, 9, 27 et 28 septembre, 4, 0 et 11 octobre, 29 novembre.
Ordonné que les morts seront enterrés de nuit dans les cimetières , et non dans les églises, et que les fosses auront cinq ou six pieds de profondeur.
Défense au messager de Paris d'apporter des meubles et des légumes , et , aux revendeurs , de les acheter.
Défense aux habitants de la ville et des faubourgs de nourrir des volailles, pigeons et connils (lapins).
Ordre aux nabitants qui iront pas de prives chez eux , d'en établir dans la huitaine , sous peine de 10 écus d'amende.
Défense de porter des habits ou étoffes à fouler ou rcteindre à la foulerie ou teinture de la ville.
Défense d'appeler les préposés au Sanitas Corbeaux; on pourra les appeler solliciteurs , garçons de santé , etc.
5 lb.; 21 et 24 avril, 20 août, 1er septembre, 3 et 5 octobre. — Les malades, cette fois, furent logés dans un bâtiment du cimetière de l'Hôtel- Dieu. On donna pour demeure aux barbiers et médecins la maison du bureau des pauvres, près du puits du Crochet.
Blois, Châteaudun, Orléans, Vcrncuil, Nogcnt-lcRoi et Epcrnon eurent beaucoup à souffrir du fléau.
courses dévastatrices. Le 6 février 1581 , les échevins d'Orléans avertirent ceux de Chartres qu'une grosse troupe d'inconnus et de gens sans aveu prenait route vers leur ville *. Le 1 3 du même mois, le Roi chargea la Chambre de s'informer si M . le prince de Condé tenait les champs , comme on le disait, près de Pithiviers, et quels étaient les chefs huguenots qui rôdaient en Beauce \ Le 23 mai , le bruit de l'arrivée prochaine des régiments de Lavtirdin et de Guitry fit redoubler de vigilance \ Le 25 juin, les compagnies des gens dermes mandés par Monsieur, frère du Roi, s'approchèrent de la ville et se répandirent dans tous les village environnants où elles commirent de grands excès. Ces mouvements de troupes avaient lieu contre la volonté du Monarque ; mais que pouvait cette volonté tenue en échec par les folies ambitieuses du duc d'Anjou, les sourdes menées de l'Espagne et des Guise, et les prétentions inconciliables des huguenots et des catholiques? Henri III laissa entrevoir son impuissauce à faire le bien dans la lettre qu'il écrivit à MM. de la Chambre le 4 juillet, en réponse au message des échevins Haligre et Boileau , députés par leurs collègues pour se plaindre des excès commis par les soldats ; « nous mandons au sieur de Sourdis , dit-il , d'aller » incontinent au dict Chartres afin qu'il ait à faire tout ce qui » sera possible pour le soulagement de nos subjcctz du plat » pais , ayant extresme regret et desplaisir des foulles et op- » pressions qu'ils reçoivent des dites troupes, que chascun » congnoist bien eslre assemblées contre nostre intention » et que faisons ce qui se peut pour les faire séparer l. »
Le Roi oubliait ses ennuis dans les plaisirs les plus disparates ; il partageait sa vie entre les bals et les processions , les spectacles et les pèlerinages. Notre-Dame de Chartres , qui
1 Beg. des Echevins.
* Ib. — Lettre du Roi. datée du 1 1 février. 3 Ib.
* Ib - lettre rontre-siguée Pinart, datée de Saint-Maur-les-Fossés le i juillet
l'avait déjà vu le 8 avril et le 8 juin 1581 , reçut encore sa visite le 9 août , et il toucha les écrouelles dans la grande salle de l'évêché \ Ces voyages et ses stations dans la grotto de la Vierge-Noire avaient pour but d'obtenir du ciel un Dauphin, et, le 26 octobre, le vicaire-général Cochard présenta à la Chambre des lettres de Sa Majesté qui demandait à ses sujets d'adresser de ferventes prières , pendant toute Tannée 1582, afin qu'il plust à Dieu lui donner lignée masculine \ Henri , la Reine et la Reine-mère vinrent encore passer à Chartres les fêtes de la Chandeleur 1 582 9 ; ils étaient accompagnés du chancelier de Cheverny, nommé récemment gouverneur du pays chartrain*. La ville tira quelque avantage de ce séjour de la Cour dans ses murs : un édit de décembre 1581 avait rétabli dans chaque ville et bourg du royaume un office de receveur des deniers communs , patrimoniaux et d'octroi ; à la prière de l'Evêque et de son neveu le chancelier, le Roi permit à la Chambre d'acheter cette charge et d'en remettre , comme par le passé , la gestion aux échevins désignés par la voie du sort; il consentit également au rachat, moyennant une finance de 7,000 livres , de l'impôt qui pesait sur le bétail à pied rond et fourché \
La guerre et la peste n'arrêtaient pas le Roi. Quoiqu'il sût et qu'il eût informé M. de Sourdis * que des bandes ennemies
1 Livre de bois de Saint- André.
* Heg. des Echevins.
* Leurs Majestés firent le voyage de Paris à Chartres , à pied , quoique les temps fussent très-mauvais et pluvieux. La Reine arriva le jeudi 1er février, à quatre heures du soir, et le Roi, le vendredi 2, sur les sept heures du matin. (Livre de Dois de Saint-André.)
Lcstoile dit que le Roi et la Reine omirent à l'église une Notre-Dame d'argent doré qui pesait cent marcs (1™ partie, p. 142).
* Il avait été nommé le 1«r janvier 1582, en remplacement du maréchal de Cossé, mort au mois de décembre 1581. Ce fut pendant ce voyage qu'il loua pour le Roi les perrons du cloître. (Mémoires de Cheverny, p. 480, vol. A; coll. Michaud. — Voir aussi le vol. 1" de cette histoire, p. 473.)
8 Reg. des Echevins; janvier et 20 avril 1582.
« Lettre du Roi, du 17 mars. (Heg. des Echevins; Séance du 19 mars.)
remuaient dans le Maine et dans le Perche, et quoique ces mouvements hostiles se fissent sentir jusqu'aux portes de Chartres, il accomplit avec la Reiue un pèlerinage à Notre-Dame le 25 juin \ La peste avait repris possession de la ville au mois d'août et elle durait encore pendant l'automne ; néanmoins Henri se trouvait dans nos murs le 3 octobre , et sa présence au milieu du danger inspira do telles inquiétudes à la Chambre, qu'elle fit défense expresse aux malades et aux médecins de sortir de chez eux pendant la visite royale , sous peine d'être tirés à coups d'arquebuse *.
M. de Sourdis, gouverneur, ayant été envoyé en Italie au mois de septembre 1582 , le Roi confia l'intérim de sa charge il M. Jean d'Allonville, seigneur de Réclainville. Ce capitaine arriva le 23 janvier 1 583, au grand contentement des échevins, qui comptaient sur sa fermeté pour réprimer les pillages des gens de guerre et les vexations de quelques seigneurs du voisinage3. M. Théodore des Ligneris, seigneur d'Ormoy et de Morancez, qui s'était mis sur le pied d'interdire la traversée de ses domaines aux marchands venant pour commercer à Chartres, fut atteint le premier par la nouvelle administration*. Dans les mois de mai et de juin , M. de Réclainville parvint à dissoudre des conventicules suspects qui se tenaient dans certaines maisons des champs \ On fut moins heureux avec la peste ; elle reparut au printemps, et elle sévit, au mois d'août, avec tant de violence que l'on fut forcé de licencier les élèves du collège \
\jh maladie n'empêcha pas les visites royales. On reçut, le
1 Journal de Lestoile, 1'* partie, p. 148. — lis donnèrent à l'église une lampe d'argent pesant 40 marcs et 50 livres de rente pour l'huile. ! lieg. des Echevins; Séance du 2 octobre. > //>
i Ib.; Séance du 27 janvier 1583. — La maison des Ligneris, lune des plus illustres du pays rhartrain. porto de gueules., frété dor, an lion de suNe.
» lb.; 7 mai et 15 juin.
* lh.; Séance du 2 août.
16 avril, le Roi et la Reine, qui avaient fait à pied le chemin de Paris à Chartres 1 ; le 10 août, la reine Marguerite de Navarre passant par la ville pour se rendre près de son époux , fut saluée avec toute la courtoisie réservée aux dames; on lui offrit du vin , des confitures , des fruits et des dragées * : le 28 septembre , le Roi , revenant de Cléry , arriva à Chartres où il fit ses dévotions pendant trois jours \ Mais tous les pèlerinages de Tannée 1 583 devaient être éclipsés par la grande procession du mois de décembre. Le 21 de ce mois, on annonça à la Chambre que les habitants de Dreux avaient fait vœu de venir en procession à Chartres, avec le Saint-Sacrement, le 28, jour des Innocents. Les échevins résolurent de faire à ces bons voisins une réception fraternelle ; ils ordonnèrent aux boulangers et bouchers, de faire des provisions pour deux jours et do vendre sans hausse de prix ; aux habitants , de tendre leurs maisons, sous peine de 10 écus d'amende, de mettre des lanternes aux fenêtres pendant la nuit et de donner l'hospitalité à ceux qui la demanderaient; aux taverniers, d'ouvrir leurs logis et de donner à manger à tout venant , sous peine de prison. Pour empêcher les huguenots du dehors de tenter quelque mauvais coup, on prescrivit de ne laisser ouvertes , pendant le séjour de la procession dans les murs , que les portes Drouaise, Guillaume et des Epars, et de placer à chacune d'elles un corps-de-garde de 20 hommes , et deux corps-de-garde de 10 hommes sous les porches du marché aux Chevaux et de l'Etape-au-Vin \
1 Ils furent de retour à Paris le 24* dudit mois , tous deux bien las et aians les plantes des pieds bien ampoullés d'avoir fait tant de chemin à pied. (Lestoile . lr* partie, p. 161.) — Ce récit n'est pas conforme à ce que rapporte le Livre des obits de Saint-barthélemy : Le mecredy, 13 avril , le roy est venu à pied à Notre- Dame de Chartres, et la royne est venue en coche; et lejeudy lendemain, le roy est parti pour aller à Notre-Dame de Cléry , et la royne est demourèe pour s'en aller retourner à Dolainville.
* Hcg. des Echevins.
" On tendit , nour la réception du Roi , les rues Saint-Michel , des Grcncts et des Changes. (Ib.; Séance du 27 septcmhre. — Lestoile, \™ partie, p. 165.)
4 Reg. des Echnins; StWe du 21 déVomhre
Le 28, le clergé de Dreux et 18 à 20,000 individus environ, tant gentilshommes que bourgeois et paysans, de 32 paroisses de cette ville et de son voisinage , tous habillés de blanc , portant chacun une croix à la main et chantant des cantiques , arrivèrent sur les midi à la porte Drouaise. Ils y trouvèrent le clergé chartrain , les gens du Roi et les échevins qui les conduisirent à Notre-Dame par les rues Saint-André , de la Corroierie , de Bourg , de la Croix-de-Beaulieu ou des Ecuyers , de la Porte-Cendreuse et des Changes. Mgr de Thou reçut le Saint-Sacrement des mains de M. Lefèvre, archidiacre, qui l'avait porté depuis Dreux jusqu'à Chartres; l'Evèque officia pontificalement , et le lendemain , après un sermon du P. Rembure, jacobin, la procession fut reconduite avec les mêmes honneurs jusqu'à la porte Drouaise, d'où elle regagna Dreux dans l'ordre qu'elle avait tenu en venant l.
Malgré le peu de sûreté des chemins, le Roi ne renonça pas à ses pèlerinages habituels; le 1 1 mars 1584, le chancelier de Cheverny annonça la venue de ce prince, avec notable compagnie, pour le mardi 1 3 ; Sa Majesté désirait être reçue comme l'avaient été les gens de Dreux. Au jour désigné, Henri III, après avoir dîné à Nogcnt-le-Phaye chez M. Bigot, l'un de ses valets de chambre, arriva, à pied, à sept heures du soir, avec sa confrérie de pénitents, au faubourg Saint-Barthélemy, où l'attendaient le clergé, les officiers et les échevins. 11 se recueillit un instant dans un oratoire qui avait été dressé près de la croix du carrefour, accepta les compliments et le vin de la ville et vint processionnellement faire ses dévotions à Notre- Dame \ La nuit se passa en prières, et, après les offices du
1 livre de Bois de Saint- André.
» Beg. des Echevins. — Lequel voyage le Boi fit à pied, accompagné de 47 frères pénitents des plus jeunes et dispos pour bien aller à pied , et tout du long de leur voiage portèrent toujours par les champs leurs habits de pénitents. (Lestoile, 1** partie, p. 170.)
Uvre de Bois de Saint- André raconte fort au long ce pèlerinage « Ilenru de patois , roy de France et de Poloingne , arriva à Chartres , accompagné de Xll religieux capucins et VI religieux de l'ordre des bons hommes et bien LX tant car-
matin , le cortège royal s'achemina , toujours à pied , vers Notre-Dame de Cléry. Quelque temps après cette visite, la peste reprit dans certains quartiers, ce qui n'empêcha pas les cérémonies religieuses et les séjours à Chartres de divers grands personnages. Le 26 juillet, des honneurs funèbres presque princiers furent rendus au corps de M"e Anne de Thou, épouse du chancelier de Cheverny et nièce de l'évêque Nicolas de Thou ; les services du mari et les mérites de l'oncle parurent exiger cette démonstration publique. Du mois d'août au mois d'octobre, Chartres reçut la reine Louise, M. de Cheverny et le duc d'Epernon *. Le Roi était attendu le 2 octobre, mais un redoublement de peste le contraignit à tourner les murs sans entrer. La contagion ayant diminué vers la fin de l'année , la Reine en profita pour venir passer la nuit de Noël dans la crypte de la Vierge-Noire 2.
Cette prédilection marquée du souverain, des deux reines et des seigneurs pour le sanctuaire de Chartres était peut-être encouragée par les exhortations de l'illustre poète chartrain Philippe Desportes, abbé de Thiron et de Josaphat, qui avait souvent la charge de prêcher les religieux hiéronymites du Roi quoi qu'il en soit, les poinçons de vin et les bottes de
dinaux , princes et grands seingneurs de son royaulme ; estant parti de sa ville capitale de Paris à pied, estant lui et toute sa compaignie habillé de linge blanc en façon d'aube et ceint d'une ceinture de cordelles et la plupart de ses compagnons nuds pieds, portant par lun desdits pèlerins un grand crucifix; tous marchant par ordre toujours chantant prime, tierce, sexte, noneet la litanie, etc.... (Arch. départ.)
1 Reg. des Echevins.
* Lestoile, 1M parti», p. 192. — L'abbé Philippe Desportes, dont j'apprécierai plus tard le talent poétique , était né à Chartres en 1546, de Philippe Desportes, Bourgeois, et de Marie Edeline. Une sœur de son père, appelée Simonne, avait épousé Jacques Régnier, père du célèbre poète satirique Mathunn Régnier; une autre s'était unie au sieur Noël, contrôleur des deniers d'octroi. Les familles Desportes, Edeline , Régnier et Noël faisaient partie de cette bonne bourgeoisie de la ville qui était en possession de fournir des membres à l'échovinagc.
Desportes joua , en politique, un rôle assez considérable; comblé de biens par Charles IX et Henri III , il exerça longtemps les fonctions de secrétaire de la chambre de ce dernier prince, qu'il avait accompagné en Pologne. Pendant la Ligue, il suivit la fortune du maréchal de Villars et contribua puissamment à la réduction de Rouen
conûtures que ces visites coûtaient à la Chambre étaient bien payés par l'argent que répandaient chez les habitants les séjours de Henri III et de sa suite. La ville sut reconnaître les bonnes grâces royales par la fidélité dont elle fit preuve pendant la première période de la reprise du pacte d'Union. Ce pacte, fabriqué, comme nous l'avons dit, en 4576, puis abandonné à la paix de 1577, venait d'être signé à Joinville, le 31 décembre 1584, par les Guise, le cardinal de Bourbon et le roi d'Espagne. Lu Ligue, car c'était elle, voulait s'assurer de l'éventualité de la succession à la couronne, en bravant à main-armée les tendances modérées du Roi et en excluant du trône le roi de Navarre. Les premiers mouvements commencés en Beauce au mois de février 1 585 , obligèrent à des mesures de défense concertées avec les gens de Bonneval, de Nogentle-Roi, d'illiers, de Courville, de Gallardon et de Chàteauneuf \ Le 28 mars, arriva à Chartres le sieur du Vau, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre, porteur des instructions du Roi pour la conduite à tenir pendant les troubles \ On était d'autant mieux disposé à faire bonne garde, que la peste obligeait à des allées et venues continuelles de l'intérieur à l'extérieur; le guet fut augmenté; on condamna les portes Saint-Michel, Chàtelet et Morard, et le vice-bailli, à la tête de sa compagnie, alla fouiller les environs \ M. de Réclainville, dont on n'avait pas oublié les bons services, vint, le 1 1 avril, occuper de nouveau le gouvernement, en l'absence de M* de Sourdis retenu à la Cour \ Au mois de mai, les ha-
sous l'obéissance du roi Henri IV. (Mémoires de Sully, vol. 2, p. 137 et suiv.; coll. Michaud. — Papiers de l'abbé Brillon , Notice sur Mathurin Régnier; Bibl. coram.)
Par lettres datées de Blois le 23 janvier 1577 , le Roi , en considération des services que lui avait rendus son secrétaire Philippe Desportes , prescrivit à la Chambre d'exempter du guet et de toutes autres charges de guerre la dame veuve Desportes , mère dudit Philippe; ce qui fut aceorde, en la séance du 17 février, à la requête de M. Noël, gendre de cette dame. (Heg. des Echevins.)
1 Lettre du Roi, à ce sujet, en date du 23 mars. (Ib.: 26 mars.)
a lb. — * Ib.; Séance du l avril.
* — M. de Réclainville, nommé par lettre du Roi du 7 avril, resta à Chartres
bitauts des campagnes, à trois lieues à la ronde, harcelés sans relâche par les gens de guerre des deux partis, furent contraints de prier les échevins de recevoir en dépôt leur mobilier et leurs blés, vins, lard, etc. 1
L'approche de quelques bandes de l'armée royale commandée par M. de Joyeuse et concentrée dans le Gàtinais et la Touraine, donna, il est vrai, aux Beaucerons un moment de répit, largement acheté par les fournitures que le pays chartrain expédia au camp d'Etampes , comme prix de protection \ Mais le moment approchait où les troupes du Roi ellesmêmes allaient cesser leur œuvre de police; les succès des Ligueurs dans presque toutes les villes du nord de la France devaient imposer bientôt à Henri III, malgré sa répugnance, la sanction des principes de l'Union et la révocation de l'édit de tolérance de la religion réformée; il accomplit, en plein Parlement, le 18 juillet, cette abdication de sa propre volonté. C'était rallumer le feu de la guerre civile sur tous les points du royaume; le pauvre monarque ne le savait que trop; aussi n'oubliait-il pas la contrainte dont il avait été l'objet, et sa haine secrète contre la Ligue débordait toutes les fois qu'il en rencontrait l'occasion. On raconte que se trouvant à Chartres, au mois de novembre , il fit rouer un capitaine catholique , ardent ligueur, et pendre trois de ses soldats, parce qu'ils avaient pillé la maison de M. de Dangeau, gentilhomme huguenot \ Le reste de l'année 1 585 se passa en préparatifs de défense ; les travaux des fortifications, en particulier ceux du ravelin de la porte Drouaise, furent poussés avec vigueur, et les ar-
jusqu'à la fin de mai, et, à son départ, les échevins certifièrent que ce haut et puissant seigneur s'était employé avec tout le zèle possible au service du Roi et à la garde de la ville. (Reg. des Echevins; Séance du 28 mai.)
» Ib.
* Cependant les échevins ne voulaient pas que ces troupes vinssent vivre trop près d'eux. Sur le bruit de leur arrivée en Beauce, la Chambre députa au Roi le sieur de Montcscot pour le prier de prescrire au duc de Joyeuse et à ses gens de rester à deux lieues au moins de Chartres. (Ib.; 20 juin 15H5.)
» Journal de Lestoile, 1" partie, p. 192.
quebusiers du Vidame firent l'exercice comme des troupes régulières.
Le Roi vint faire ses dévotions ordinaires à Notre-Dame le 28 mars 1586 \ et, quelque temps après, la Chambre reçut l'ordre d'expédier 1 00 muids de blé à l'armée de Guyenne et à l'armée navale *. Le moment était mal choisi, car la disette régnait à Chartres ; en avril , on fut obligé de défendre à chaque habitant d'acheter plus d'un setier de blé par marché , et, en mai , la cherté des vivres était si grande que les pauvres gens mouraient de faim \ Henri revint au commencement de septembre, et, cette fois, sa visite fut suivie de la demande d'un emprunt de 5,500 livres, pour contribuer au paiement de la solde des ligues suisses \
M. de Réclain ville fit expulser, au mois de septembre, les vagabonds et kaimans étrangers qui contribuaient à la misère publique \ Cette exécution était commandée, d'ailleurs, par la sûreté générale ; M. d'Entraigues, bailli d'Orléans, avait informé, au mois de juin, le gouverneur de Chartres de certains projets formés par quelques rebelles contre la ville, et il était parvenu de plusieurs côtés des avis annonçant l'approche de bandes de gens de guerre inconnus \ Le Roi trouva Chartres en proie à ces inquiétudes, lorsqu'il accomplit un nouveau pèlerinage le 29 novembre 7. Mais la rigueur exercée contre les mendiants ne fut que momentanée et dut céder devant les
1 Reg. des Echevins. — Pour rendre ta ville digne de re Roi pèlerin et de ses compagnons de pénitence, Pévéquc de Thou avait consenti, le 13 septembre 1585, à l'érection d'un couvent de Capucins. Nous parlerons, au dernier chapitre de cette histoire, de ce couvent gui fut fondé en 1587 dans le prieuré de Saint-Lubin et qui reçut plusieurs fois la visite de Henri III.
• Ib.; 1er mai.
5 Ib.; 25 avril et 13 mai.
• Le Roi accomplit ce pèlerinage en revenant des eaux de Pougues; il rentra à Paris le 12 septembre. (Lestoilc. 1" partie, p. 208). L'emprunt dont il s'agit fut porté à la connaissance de la Chambre dans la séance du i novembre.
• Reg. des Echevins; 18 septembre.
« Ib.
7 Journal de Lestoile, 1™ partie, p. 210.
nécessités de ce cruel hiver. La misère, qui était horrible dans les campagnes du Perche, poussait les malheureux vers les centres de population ; ils arrivèrent en si grand nombre à Chartres , aux mois de janvier et de février i 587 , que l'on prit le parti de les organiser en brigades de travailleurs, aux gages d'un sou et de trois pains de douze onces par jour \ Les passants qui refusaient de se soumettre à cette règle, étaient hébergés une nuit à l'hôpital Saint-Hilaire, puis chassés hors des murs. On avait déjà dépensé pour les pauvres, à la date du 1er mai, 44 muids 6 setiers 1 minot de blé, valant en argent 2,400 écus soleil ; il est vrai que le clergé s'était engagé, le 3 mars, à contribuer pour moitié, pendant trois mois, aux aumônes nécessitées par la cherté du pain \ Les craintes d'une surprise par les huguenots redoublèrent à partir du mois de juillet ; des lettres du Roi, datées du 10 de ce mois, et un message du chancelier^ reçu le 7 août, déterminèrent le gouverneur et la Chambre à donner la dernière main aux préparatifs de défense \ Les travaux de réparation des ravelins des portes Drouaise et Saint-Michel furent achevés pendant le mois d'août; en septembre, on donna commission à M. Lenoir, échevin , d'aller acheter à Paris 60 mousquets avec leurs équipages et 200 piques ferrées ; une revue générale fut faite par les capitaines , le 26 octobre , et on exigea que chaque bourgeois se pourvût d'une pique, d'une hotte, d'une pioche, d'un mousquet de six livres de poudre ou d'une arquebuse de trois livres de poudre, avec 120 balles au moins \ On
1 Reg. des Echevins; 12 février 1587.
* Ib. — Cette générosité valut au clergé l'exemption du tiers à sa charge dans la taxe des pauvres établie pour trois ans , avec paiements anticipés , par rassemblée générale du 28 avril. Cette exemption lui fut accordée par un arrêt du grand conseil du 9 mai 1587. (Arch. de l'Hotel-Dieu.)
* lien, des Echevins. — Comme on voulait garantir de toutes les manières la tranquillité publique , la Chambre se plaignit , au mois de juillet , de la sonnerie des cloches , qui vont à toute heure du jour et de la nuit, et au lieu d'inviter les /Wc/m o prier Dieu les excitent à tnaugréer à cause des insomnies quelles donnent et du mol qu'elles font aux malades.
* Ib.
apprit , en effet , que les Reîtres allemands , auxiliaires des protestants, avaient passé la Loire vers la mi-octobre, mais on sut presque en môme temps que les Guise leur avaient fait éprouver un échec près de Montargis (26 octobre). Réclainville, entre les mains duquel le gouvernement se trouvait placé de nouveau , était tenu parfaitement au courant des mouvements de l'ennemi par les princes lorrains , ses patrons ; il profita de la circonstance pour augmenter l'armement de la ville et fit venir de l'arsenal de Paris 100 mousquets, 400 piques , 4 milliers de poudre et 100 grenades à feu \
Le Roi se défiait du gouverneur intérimaire de Chartres, qu'il savait entièrement dévoué à la politique des Guise ; sous prétexte que la garnison n'était pas suffisante pour garder une place aussi grande et aussi menacée, il dépêcha, le 3 novembre, avec sa compagnie, M. de Pougny, de la maison d'Angennes , chevalier de Tordre et capitaine de 50 lances des ordonnances , et il voulut que ce seigneur partageât le commandement avec M. de Réclainville. Mais ce dernier ne consentit pas à souscrire à un pareil partage ; sur son invitation , la Chambre fit observer à Henri 111 , par lettre du 7, qu'il serait à craindre que deux gouverneurs égaux en dignité ne fussent pas d'accord ensemble et qu'il semblait plus convenable de laisser M. de Réclainville seul en possession de la charge , en raison de la grande concorde qui existait entre lui et les habitants ; en même temps on éconduisit courtoisement M. de Pougny et ses gens, sous prétexte que la crainte des soldats empêchait les paysans de venir travailler aux fortifications *. Le Roi n'osa pas insister, mais pour reléguer Réclainville au second rang, il donna ordre à M. de Sourdis, gouverneur titulaire, d'aller regagner sur-le-champ son poste. La défiance du Roi se manifesta à la même époque dans une circonstance
' Iieg, des Echevin»; 29 octobre.
* Ib.; Séance du 6 novembre.
de même nature. Le lieutenant-général Simon étant mort subitement le 16 septembre \ les échevins supplièrent Henri de lui donner pour successeur M. Jean de Gauville , lieutenant particulier \ Mais le monarque, craignant sans doute que ce choix n'eût été dicté par Réclainville , donna la place vacante à M. François Chouayne , parent de son bien-aimé poète Philippe Desportes \
A son arrivée, qui eut lieu le H novembre, le gouverneur trouva le moyen d'expédier à l'armée royale 100 muids de blé et 50 muids d'avoine, puis il Ct admettre dans les faubourgs le régiment de gens de pied de M. de Sarlabos et décida la Chambre à lever 200 bons soldats, aux gages de deux sous par jour, sous les ordres de deux vaillants gentilshommes à sa nomination , et de deux bourgeois , pour lieutenants. Ce complément de garnison permit, le 21 , de refuser l'entrée de la ville au régiment de M. de Gcrzay qui se présentait de la part du Roi \ Les Reîtres, remis de leur défaite, étaient enfin parvenus au cœur du pays chartrain où Henri de Navarre devait leur donner de ses nouvelles ; mais, surpris à Auneau , le 24 novembre, par le duc de Guise, ils furent obligés de battre honteusement en retraite, en laissant plus de 2,000 morts sur le champ de bataille. Cette victoire causa une immense joie à Chartres , d'abord parce que quelques bandes de Rettres tenaient la ville en échec depuis trois semaines, ensuite parce
1 Livre de Bois de Saint-André.
• Reg. des Echevins. — Jean de Gauville avait épousé, le 26 septembre 1566, Anne de Mineray , fille du lieutenant-général de ce nom et sœur de Marie de Mineray, épouse du lieutenant-général Simon, trépassé. C'eût été le quatrième lieutenant-général de la même famille. (Voir le Livre des messes et obits de Saint-Martin-le-Viandier ; Arch. départ.)
s Pintard dit, dans ses notes manuscrites, oue la lieutenance -générale avait d'abord été dévolue à Etienne Haligrc, fils du greffier Raoul Haligre, et que ce |iersonnage, qui devint plus tard le premier chancelier d'Aligre, permuta presque aussitôt avec Chouayne, alors conseiller au Grand-Conseil (coll. Lejcune). Chouayne était un savant distingué et un excellent orateur. De Thou le cite dans ses mémoires parmi les érudits dont il fit connaissance lors de son voyage avec Paul de Foix. (Mém. de de Thou, p. 278. - Voir aussi la Bibl. charlrame de Dom Liron.)
* Ikg. des Echevins; Il et 12 novembre.