‹ Histoire de Chartres (volume 3)Chapitre 29 sur 109 · DE CE MONARQUE · texte numérisé non relu

DE CE MONARQUE

M. de La Bourdaisière , revenu à Chartres avec deux compagnies de chevau-légers et une compagnie d'arquebusiers à cheval , au premier bruit de la marche des ennemis 1 , s'était empressé de renforcer les corps-de-garde des portes. L'événement prouva qu'il avait eu raison, car sa prudence sauva la ville d'une surprise méditée contre elle par les sieurs de Maligny et de Favières. Cette circonstance décida les bourgeois à recevoir une garnison de la Ligue ; mais La Bourdaisière ne put obtenir que l'on brûlât les faubourgs.

Le dimanche 10 février, on fit entrer dans les murs les débris de la compagnie d'arquebusiers à cheval du sieur de La Croix-Cottereau , qui avait été battue et détroussée, le premier de ce mois, dans le village de Prunay-le-Gillon, par les sieurs de Sourdis et de Marolles , et qui bivouaquait depuis lors sur le revers du fossé des Bas-Bourgs \ Le lendemain

1 Le document le plus curieux sur le siège de 1591 est un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal (catalogue 270, in-8°), intitulé: Journal des choses plus mémorables advenues à Chartres et ès environs , de l'année 1579 jusques en février 1592. Ce journal, écrit par un ecclésiastique grand ligueur, appartenait au siècle dernier, d'après une note du premier feuillet, à M. Delaroche, notaire à Chartres; il passa de là dans la bibliothèque de M. Mutte, doyen de la cathédrale de Canibray, lequel en fit cadeau, en juin 1770, à M. Fevret de Fontette, conseiller au parlement de Dijon.

Quelques historiens locaux manuscrits , copiés par Doyen et Chcvard , ont connu cet ouvrage; mais ils ont omis d'en tirer bien des détails intéressants.

« Voir Palma-Cayet (vol. 12, p. 268) et Cheverny {vol. 10, o. 511). Le Journal des choses plus mémorables (p. 78), dit que les gens de La Lroix-Cottereau perdirent leurs chevaux et lpurs bagages , estimés à cent mille écus , et que plusieurs de la diète compagnie s'en revindrent à Chartres ung haxtnn blant en main

soir, le sieur de Gramont, échappé à grand' peine aux royalistes de Sourdis, parvint à se réfugier sous les canons de la place , avec ses gardes sous la charge du sieur de Lougueville , deux compagnies de chevau -légers et quelques cuirassiers *. M. de La Pinellière, mestre-de-camp d'un régiment d'infanterie, réussit également à introduire quelques-unes de ses compagnies. Les forces de la défense se trouvant donc réunies, La Bourdaisière partagea les quartiers entre les capitaines : il se réserva la porte Saint-Michel, donna à MM. de Pescheray et de Longny la porte des Épars, à MM. de Rochambeau et de Réclainville , la porte Châtelet , à MM. de La Pinellière, de La Patrière de Beauce et de La Croix-Cottereau, la porte Drouaise , à MM. de Gramont et d'Intigny, la porte Guillaume , et à MM. Le Grand , des Monts et de Vaux , la porte Morard ; puis, il régla le service entre les soldats et les bourgeois, dressa un inventaire complet des armes et munitions , installa l'artillerie et les ateliers d'artifices , et envoya prévenir le duc de Mayenne de la présence des ennemis devant Chartres '.

1 Gramont se rendait à Paris près du duc de Mayenne , lorsqu'il rencontra vers Etampes les troupes royales qui le forcèrent à se replier sur Chartres au plus vîte. Sa brusque venue parut suspecte à quelques bourgeois qui disaient que c'esloit fourbe du lioi de Navarre qui l'envoyait devant luy. (Journal cité, p. 79.) La suite prouva la fausseté de ce soupçon.

* Voici les noms des principaux chefs qui concoururent à la défense de Chartres .

MM. de La Bourdaisière, gouverneur (de \.ja Gagnerie, son lieutenant: de Im Ijoupe. capitaine d'une compagnie de sa suite; Pierre Chapellain, son trésorier; Antoine Papillon, son maitre-d 'hôtel); — de Gramont (de Longueville, capitaine de ses gardes; de Villiers, capitaine d'une compagnie de sa suite; Pierre de La Houe, son secrétaire) ; — de La Pinellière , mestre-de-camp (de La Borde, son lieutenant; Jacques de Gremouville , son écuyer); — de Pescheray (de Longny. son lieutenant; de La Brelesche, son maitre-a hôtel); — Porcherie, de La Petite- Croix ou La Croix-la-Balâfrc , des Loges , Bretclevillc , capitaines des compagnies du régiment de La Pinellière; — Bouthelière, Sauvage (de La Vallée , son lieutenant), de La Carrière, de Jarrière, de Saint-Martin, de Lille, d'Arcisse, Fievéc, Nicolas de Besnard sieur du Plessis, de Montaigne, gouverneur d'Etampes pour la Ligue, Louis d'Allonvillc sieur de L'Etang, d'Intigny, de La Rivière, de Mézières, de Lamarre et de La Bouieardièrc , capitaines de compagnies détachées; — de La Croix- Cottereau et de La Brosse , capitaines de deux compagnies d'arquebusiers à cheval ; — Thomas Descorches sieur des Monts et Joachim de La Ferrière sieur de La Patrière de Beauce (de La Grassetière , son lieutenant) , capitaines de deux compa-

On eut bientôt lieu de se repentir d'avoir conservé tes faubourgs, car Sourdis s'empara, dans la nuit du 11 au 12, de celui des Êpars ; on essaya alors d'incendier les autres , mais , malgré les efforts de la garnison , ils furent occupés , dans la nuit du 12 au 13, par l'infanterie de Sourdis, qui s'y logea fortement. Les assiégés firent, pendant ces premiers jours, de nombreuses sorties dans lesquelles le sieur de Gramont se distingua extrêmement1. Henri IV étant arrivé le 15, les

gnies de chevau-légcrs; — de Vaux, de Réclainville , de Rocharabeau, Le Grand, gentilshommes volontaires.

Les troupes régulières et les six compagnies de la milice bourgeoise formaient un effectif de 3,500 hommes de pied et de 300 chevaux, environ; mais toute la population , accrue d'un grand nombre de paysans réfugiés , travailla aux fortifications et aux brèches.

Le service de l'artillerie fut confié aux maitres-canonniers Jean Aveline ( terrasse de la tour Saint-Père); François Martin (porte Saint -Michel); Girard Bouffineau (tripot Régnier); Denis Breton (tour Gaillard) ; Jean Lionnet , Mathurin Griveher, Gabriel Grandy (porte des Epars); Pierre Mallot, Etienne Lionnet (fort d'Hercule); Mathurin Plessis (tour Cour tepi nie ) ; Julian Texier (porte Chàtelet); Jean Texier, Maugin Blondel, Jacques Milleville (tour du Fer-à-Cheval); Nicolas Regnault (cavalier de la Précnerie); Jean Robert (porte Drouaise); Robert Droucllé, Gilles Vassor (porte Imbout); Thomas Mousset, Charles Mauny (porte Guillaume); Jean Bouffineau, Laurent Didier (porte Morard); Antoine Grois (tour des Herses).

M. Jean Chesncau , capitaine de la compagnie bourgeoise du quartier Morard , reçut la direction des ateliers de la fonte des halles et de l'artificeric auxquels travaillèrent Jean Chartier, Denis Berton, Michel et Maximilien Poillet, maîtres canonniers-fomleurs , Claude Chapellain , maître fourbisseur , Claude Guiet , Louis Frain , Claude Leloup, Pierre Bony, Philippe Marolle, Michel Brégent, Noël Cottereau, maîtres potiers-d'étain.

La veuve Pierre Denis , poudrière et salpétrière , fabriqua la plus grande partie des poudres; le surplus fut fourni par les sieurs Michel Bodeau, Claude Bnère , Lambert Léger, Jacques de Lépine et Toussaint Fournier.

Le service des vivres et de la solde des travailleurs incomba à M. Jean Bouteroue, échevin, et, en sous ordre, au bourgeois Denis Baudouin; M. le prévôt de Loudun , ingénieur, fut chargé de la direction des fortifications.

(Etat des dépense* faites pendant le siège de 1591; Arch. de la Mairie.)

' Mardi 12. — Sortie par le bourgeois Robert Contet, son fils et douze arquebusiers, qui incendient une maison voisine de la tranchée du marché aux Pourceaux. — Le premier défenseur de Chartres tué par l'ennemi fut un nommé Le Pont, soldat de la suite de M. de Réclainville, qui reçut ce mardi un coup d'arquebuse au ravelin de la porte des Epars.

Mercredi 15. — Sortie par Gramont et par Varenne, sergent de la ville , du côté de Saint-Barthélémy. Ce jour-là on brûla tant de poudre qu'on prétendit que le canonnier du cavalier de la Precherie en avait employé à lui seul cent livres par malice.

Jeudi 14. — Sortie par Gramont, du côté de la Croix-Sain t-Lubin , où le maréehal-des-logis de ses gardes fut (ait prisonnier, et nar La Pinellière, vers Saint- Maurice. (Journal des choses plus mémorables, p. 80 et 81.)

royalistes construisirent une barricade en face du ravelin do la porte Drouaise et ouvrirent une tranchée dans le marché aux Pourceaux, sous la protection d'une batterie masquée par des maisons en ruine et pointée contre le ravelin de la porte des Épars ; ils choisirent de préférence ce dernier poste, parce que les murailles du ravelin, inachevées en plusieurs endroits, donnaient prise à l'artillerie. Toutefois, avant d'entamer les hostilités, le monarque voulut tenter la voie amiable et il envoya, le 16, un trompette et un héraut pour sommer les Chartrains de se rendre. Le maire Suireau et le gouverneur La Bourdaisière répondirent qu'ils résisteraient tant que le Roi n'abjurerait pas son hérésie \ Les royalistes poussèrent alors leurs travaux avec une grande activité , et bientôt une tranchée de six pieds de profondeur, de laquelle partaient plusieurs mines et qui était couverte par un gabionnage de poutres, solives et sacs de terre, menaça le ravelin de la porte des Épars; M. de Pescheray, auquel les mouvements de l'ennemi n'échappaient pas, fit pratiquer sous le ravelin un réduit casematé, pour servir de tète aux contremines. La barricade du faubourg Saint-Maurice n'était pas moins inquiétante pour la porte Drouaise. M. de La Bourdaisière fit amener dans le ravelin des pièces de très-gros calibre qui parvinrent à faire brèche dans cet ouvrage ; ses défenseurs l'abandonnèrent le dimanche 1 7 , et les Chartrains le détruisirent complètement pendant la nuit". Malgré ce suc-

1 II parait que Suireau enchérit sur La Bourdaisière , parce qu'on se défiait d'eux et que le quatrain suivant avait été affiché sur les murs de la ville : Escouttez , Messieurs de Chartres , sy ne mettez bientost en Chartres La Bourdaisière et Sureau ils vous mettront tous au tombeau.

(Journal, p. 82.)

• On feignit une sortie contre cette barricade, et les ennemis s'étant groupés derrière pour la défendre , on démasqua le canon et on tira des bordées dedans ce nit qui en dénicha bien des oy seaux.

Le soir de ce dimanche et toute la nuit, il neigea et plut abondamment. — Le guet donna l'alarme , on y alla et on crut reconnaître que l'ennemi pratiquait une mine; on se mit aussitôt à contrc-miner. (lb., p. 82, 8J.)

cès, on ne put empêcher les assiégeants non-seulement d'épauler leurs travaux d'approche des Epars par de forts terrassements, mais encore d'ouvrir une autre tranchée dans le cimetière de l'Hôtel-Dieu , et de conduire d'autres mines dans la contre-escarpe du fossé , entre les portes Chàtelet et Saint-Jean. Afin de battre, s'il était possible , la barricade qui couvrait cette tranchée, on construisit précipitamment entre la tourelle du Fer-à-Cheval et la porte Chàtelet une plateforme que Ton arma de grosses pièces \

Le Roi , qui comptait un assez grand nombre de partisans dans la haute bourgeoisie, avait espéré prendre Chartres d'un coup de main ; il se voyait avec peine engagé dans un siège ; aussi, voulut-il, avant la canonnade, sommer de nouveau la ville, et il renvoya, le 21 , un trompette et un héraut à M. de La Bourdaisière ; mais ce fut inutilement*. Le dimanche soir, 24, le baron de Biron eut, sans plus de succès, un colloque

* Lundi 18. — On tacha d'abattre par un feu de mousqueterie bien dirigé les soldats ennemis que Ton voyait porter des terres derrière la contre-escarpe. 11 tut dit que le cordier de la basse-cour de la porte Chàtelet en tua neuf pour sa part tant il tiroit dextrement.

Ib. — M. Caillcau, cure* de Saint-Aignan , fit une procession dans sa paroisse avec tout son clergé, nus pieds, malgré le froid et la neige.

Ib. — On s'aperçut que les ennemis voulaient détourner l'eau de la Cour tille , mais il était trop tard car la ville avait déjà bon nombre de moulins à bras.

Ib. — On arrêta une jeune fille mendiante, de 12 à 14 ans, qui essayait de sortir de la ville; on trouva sur elle des lettres adressées au roi de Navarre qu'elle dit tenir du receveur du Domaine Bonhomme , des sieurs Adrien Auhcrt et Pigeard , et d'un pâtissier du Muret ; elle accusa aussi un jeune prêtre appelé Etienne Goussu; mais on ne put rien prouver contre eux.

Ib. — On s'aperçut que l'ennemi se retranchait dans le cimetière de l'Hôtcl-Dieu. Un chaussetier de la ville , nommé Mignon , capitaine de la porte Chàtelet , fit une sortie avec quinze hommes , tua une j«rtie des pionniers ennemis , mit les autres en fuite et détruisit à coups de hache et de pioche les gabions préparés par eux.

Mardi 19. — Un homme de Lèves rapporta qu'il avait vu le lieutenant-général Chouayne avec le roi de Navarre et que ce dernier disait qu'il resterait plutôt deux ans devant Chartres que de ne pas le prendre.

Ib. — On fait fournir six sacs de toile par ménage, pour le cas de brèche. (Journal, p. 82, 88.)

« Ib., p. 88.

Samedi 25. — Le greffier Lenoir fut blessé dans une sortie.

Ib. — On escarmoucha la nuit avec les ennemis au ravelin des Epars.

Dimanche 24. — Communion générale des habitués de Notre-Dame et grande procession. — Le canonnier de la porte Chàtelet, nommé Julian , reçut un coup de mousquet dont il mourut. (Ib., p. 88 et 89.)

avec Pescheray le 26, le Roi fit faire une troisième sommation ; puis, Biron et Sourdis s'abouchèrent avec La Bourdaisière et Suireau sur la planchette de la porte Saint-Michel ; mais les habitants coupèrent court à toute explication 8. Pendant ces tentatives de négociations, le gouverneur fit demander des secours aux garnisons ligueuses de Dourdan , Auneau, Orléans et Dreux, et à MM. de Nemours, de Montpensier et de Guise*.

Le 27, jour du mercredi des Cendres, à six heures du matin, les troupes royales firent jouer contre la muraille, entre Sainte-Foy et la porte des Épars, une batterie de sept pièces * établie dans la tranchée du marché aux Pourceaux.

1 Dimanche soir 24. — Après une alarme très-chaude , le colloque suivant eut lieu entre Biron et Pescheray : Biron. Qui commande ici? — Pescheray. C'est Pcsclterav, Monsieur le Baron. — B. Puisque vous ne voulez recevoir votre roi il va vous Lattre de quatre côtés. — P. Je n'en crois rien , car il n'a pas assez de canons ni de poudre ; en tous cas nous avons remparts et tranchées pour lui résister. — B. Il n'y a personne dans la ville. — P. Il y en a assez pour vous , quand il n'y aurait que moi , mes gens et les habitants. — B. Comment combattez-vous, car vous n'avez qu'un bras , ayant perdu la main droite ? — P. Je suis devenu bon gaucher; j'appuyerai la pique sur le bout de mon moignon. — B. M. de Mayenne est bien lourd e"t bien lent à vous secourir. — P. Ha de bons chevaux pour le porter. — B. Oui , mais votre secours n'est pas proche. — P. La ville n'a que (aire de secours humains d'ici à plus de trois ans. — B. Vous pouvez avoir des blés, mais vous n'avez pas de farines. — P. Il n'y a à présent maison en ville qui n'ait son moulin à bras. — B. Qui commande le grand éperon de la porte Saint-Michel? — P. M. de La Bourdaisière. — B. Et le petit cavalier de la porte Saint-Jean? — P. Ce sont d'honnêtes hommes. — B. Qui commande la porte Drouaisc? — P. M. de Gramont. — B. J'en suis bien aise, c'est mon cousin. Adieu, Monsieur, je suys rostre serviteur. — P. Adieu . Monsieur le Baron, je suis voslre, sauf le porty. (Journal, p. 89 et 90.)

* D'après le Journal, Suireau aurait été très-violent. Biron ayant dit : Nous qui reconnaissons le Roy, ne sommes-nous pas calholicques comme vous? Le maire aurait répondu : Nous vous répuions tels que vous estes , aussy méchants que luy , trahistres à voslre relligion , puisque vous militez pour luy contre elle. Stf vous ne le suyviez pas, il vous suivrait; sy vous ne couriez pas après luy, it courrait après vous. Vous estes cause d'empescher que il ne se faict catholicque (p. 91).

On lit dans Lestoile (vol. 2, p. Le lundi vingt cinquième dudxt mois de ftbvrier, qui estoit le lundi gras , Paris esloit plain de processions commandées qui se fesoient pour la délivrance de Chartres que le Boy tenait assiégée ; et le mercredi des Cendres tous les prédicateurs de Paris la recommandèrent aux prières du peuple comme la mère nourisse de Paris.

* Etat des Dépenses faites pendant le siège et Compte de Michel Bachelier; Arch. de la Maine.

» Il v avait trois doubles canons qui jettoient la boulle de 58 livres pesant et qui battoient en ruine le fort d'Hercule. (Journal, p. 93.)

Le feu cessa à midi et reprit à deux heures jusqu'au soir avec une incroyable fureur. Celte canonnade endommagea les tranchées et terrassements du fort d'Hercule, détruisit les gabions , abattit plusieurs maisons et jeta par terre le haut du clocher de Sainte-Foy1. Les assiégeants élevèrent, le 28, une épaule de gabions sur le chemin de Bailleau, pour balayer les remparts avec des batteries de coulevrines, et continuèrent à rainer la contre-escarpe du fossé Saint-Jean \ Pendant la nuit, leurs efforts se portèrent du côté de la porte Guillaume; qu'ils croyaient mal défendue, mais ils ne réussirent pas, et ils revinrent à leurs premières attaques Quoique les assiégés résistassent avec énergie, les ennemis parvinrent, en peu de jours, à étendre leurs galeries jusque sous les murs du ravelin des Épars \ Le Roi pensa alors qu'il était temps de donner l'assaut.

1 t'n boulet, dit le Journal, pénétra et fit un grand dégât dans une chambre de l'évèché où Henri 111 avait coutume d'assembler son conseil et dans laquelle on prétend que le massacre de Biois fut résolu. Un autre alla se loger entre les deux clochers de Notre-Dame et brisa une des grandes figures de la galerie au-dessus de la rose. (Journal , p. 93 cl 91.)

M. de La Bourdaisièrc envoya en présent à M. l'évéque de Thou le premier boulet de l'ennemi.

Un soldat de la garnison fit preuve , pendant cette attaque , d'une audace extraordinaire. Les ennemis, après avoir tiré une volée, pendaient un manteau devant leurs pièces pour recharger à l'aise. Ce soldat se glissa dans le fossé et alla s'emparer d'un de ces manteaux à la gueule du canon. Il dit en revenant, que s'il avait eu des clous et un marteau il aurait facilement pu cwlmicr quelques pièces. (Ib., p. 1)5.)

1 Jeudi 28. — M. de Uédainville, commandant au rempart de la porte Saint- Jean , fut blessé d'une pierre que la boule d'une artillerie lui fit voler contre la tète, dont il fusl longtemps entre les mains des barbiers, mays enfin {grâces à liieu) il en guaril. (ib.. p. 90.)

Ib. — Deux ou trois cents enfants de la ville prièrent Gramont de les employer â défendre la brèche lorsqu'il en serait temps. (Ib.. p. 98.)

Ib. — Les ennemis pendirent aux faubourgs deux hommes nue Ton pensa être les messagers que la ville avait envoyés à Dreux et près de M. de Mayenne. (Ib., p. 98.)

» Ib.. p. 97.

* Vendredi 1" mars. — Quelques volées contre lo fort d'Hercule. — Le soir, neige abondante.

Samedi 2. — Canonnade contre le ravelin depuis midi jusqu'au soir. Au milieu du feu, un capitaine et un religieux Jacobin nommé fr. Louis Frant, protégés par l'escopetterie des murailles, alhrent , avec quelques soldats, détruire une barricade que les ennemis avaient dressée assez près de l'escarpe du fossé.

Ib. — Une des grosses pièces neuves de la ville creva sur le ravelin Saint-Michel et blessa, entre autres personnes. M» Le Hoy, procureur au bailliage.

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