TOME II
Les immenses travaux entrepris par Louis XIV pour conduire dans les bassins de Versailles l'eau de la rivière d'Eure amenèrent le monarque à Chartres le 4 septembre 1685 \ Il fut reçu à la porte Drouaise par la Chambre et par M. le comte deChàtillon, gouverneur, qui lui présenta les clefs. Le lendemain, le Roi examina les travaux jusqu'à Pontgouiu et il repartit pour Versailles le 6 , après avoir fait ses dévotions à Notre-Dame.
On vit, en 1686, lors des assemblées préparatoires pour le choix des candidats à l'échevinage, combien les élections populaires sont difficiles à diriger. Malgré les précautions prises en 1677, une cabale, organisée par des meneurs de la basse classe et dirigée contre la magistrature , donna un nombre considérable de voix au sieur Claude Cheron , commis à la re-
du 20 février 1670 et d'un arrêt du Conseil du 9 août 1G82 , la ville y fit comprendre au mois d'août 1685, son aveu et dénombrement pour les places, fossés, fortifications, etc., ainsi que ses droits d'usage et de pâture sur les prés l'Evéaue et des Reculés, constatés par la transaction du 2 octobre 1146. ( lieg. des tcMevins; Séance du 7 août.)
1 il août. Ordonnance de police pour l'entrée du Roi. Rues nettoyées, boutiques fermées; le soir, lanternes aux fenêtres du second étage de chaque maison. (ib )
4 septembre. Arrivée du Roi , sur les quatre heures du soir. Il se rend au Louvre (l'évéchéi où il est complimenté par le corps de ville. Compliments adressés également au Dauphin et à la Dauphinc, à Monsieur cl à Madame, à Mes de Conti et de La Roche-sur- Yon , à M. le Duc et à M»19 la Duchesse, à M. le duc du Maine, â M. le comte de Toulouse et à M"c de Ltlois.
Le départ du Rui eut lieu, non par la porte des Epars, mais par celle Chàtelet. parce qu'une de ses voitures avait été brisée au carrefour Sainte-Koy. (ib.) Cet accident fut cause que les érhevins prirent, le 11 septembre, un arrêté de police par lequel il lut défendu A tous les propriétaires de maisons de construire des auvents élevés à moins de dix pieds au-dessus du sol et ayant plus de deux pieds et demi de châssis en largeur, (ib.)
Le voisinage des troupes qui travaillaient à l'aqueduc de Maintcnon , sous le commandement du marquis d'Uxclles, lieutenant-général des armées de S. M., était loin de plaire à la ville. On craignit, au mois d'octobre , d'avoir à loger une partie de cette armée pendant l'hiver , indépendamment des trois ou quatre bataillons de la garnison ordinaire. La Chambre envoya le Lieutenant-général et M. de Millcviile vers le marquis d'Uxclles pour le prier d'exempter Chartres de celte charge. Au mois de juin 1686, on fut obligé de sévir contre les boulangers qui, sous prétexte que le camp de Maintcnon leur enlevait beaucoup de farines, n'approvisionnaient plus suffisamment leurs boutiques. Le 21 juillet, on fit défense aux cabaretiers et aubergistes de recevoir chez eux les soldats déserteurs des travaux de la rivière. Des maladies contagieuses s'étant déclarées dans le camp de Maintcnon pendant les premières chaleurs de 1687, la ville fut transformée en hôpital pour les officier» malades, (ib.)
cette des décimes, homme d'une naissance obscure et dont les antécédents s'accordaient peu avec une dignité municipale. Il y eut protestation de tous les corps constitués de la ville et requête présentée à S. A. R. par le Lieutenant-général, Maire perpétuel, pour obtenir que Cheron ne fût pas nommé. Le Prince accueillit ce désir, et il appela à l'échevinage , au mois de janvier 1687. MM. Claude Halgrain, conseiller au bailliage, et Alexandre Pintard, greffier du grenier à sel, qui avaient également réuni la majorité des suffrages \
Le Roi vint à Main tenon au mois d'avril 1687 la compagnie alla le saluer, et Louis honora Chartres de sa présence le lundi 20 ; il entendit la messe dans la chapelle des cryptes et il repartit aussitôt après 3.
Les créations d'offices , imaginées par le contrôleur-général Pontchartrain à la fin de 1689, affectèrent vivement les libertés et les finances municipales. Les charges de greffier et de procureur de la ville furent les premières que l'on mit à l'encan. M. le marquis de Creil, intendant de la généralité, fit comprendre aux échevins qu'il était de leur intérêt d'enchérir, surtout pour l'office de greffier, fonction qui initiait le titulaire à tous les secrets de la compagnie ; ils s'exécutèrent, et un arrêt du Conseil-d'État, du 21 novembre 1690, fixa la finance à payer à la somme de 20,000 livres \ Ce fut bien autre chose en 1692 ; un édit du mois d'août créa des maires et des assesseurs de maires en titre d'office. Cette disposition frappait
1 Iieg. des Echevins; Séances «les 28 septembre 1686 et 16 janvier 1687. — Les marchands commencèrent alors les sourdes menées qui devaient leur réussir peu après; ils sollicitèrent et obtinrent le 30 août 1088 un arrêt du Conseil , qui dérida que sur les six échevins deux au moins seraient choisis parmi eux. (Arch. impér., section Administ., E, 1,845 et 3,374, f° 2'Ji.)
* Le Roi venait d'être fort malade d'une fistule , pour la guérison de laquelle il avait subi une opération douloureuse. Le rétablissement de la santé du monarque fut célébré à Chartres, le 19 janvier 1687, par un Te Deum en l'église de* Cordeliers *t des feux de joie. (Ib.)
3 Les échevins , conduits par le Lieutenant-général , avaient été saluer le Roi à Maintenon le 19 avril et lui avaient offert quatre douzaines de bouteilles de vin. (Ib.)
* Ib.; Séances des 26 août et 17 octobre 1690.
surtout le lieutenant-général Nicole, jusqu'alors maire perpétuel. La Chambre laissa des particuliers acheter les charges d'assesseurs *, mais quand il s'agit de la mairie, elle décida qu'elle enchérirait au nom de la ville, et elle chargea le Lieutenant-général de traiter directement l'affaire avec le Contrôleurgénéral . Ce magistrat fit connaître, dans la séance du 1 0 février 1693, qu'il avait offert 20,000 livres et qu'on paraissait assez disposé à les accepter lorsque le sieur Vintant , marchand , s'était présenté et avait enchéri jusqu'à 35,000 livres, au nom
1 Les acquéreurs de ces offices, au nombre de huit, furent les sieurs Pierre de Beaulieu, marchand tanneur et ancien juge consul , Paul Goussard , notaire royal, Léonard de Braqucmont sieur de Feugerollcs , Edmc Jutcau , bonnetier, Michel Duhan, bourgeois, Eloi Fournier, avocat, Jean Girard, avocat, et Michel Tribalet, marchand. On fixa la finance à 3,000 livres par office. (Iieg. des Kchevins.) — Un arrêt du Conseil, du 10 juin 1093, décida que la moitié des écheviiis serait prise parmi les assesseurs , et nue ces derniers auraient rang , séance et voix déiibéralive dans les assemblées générales et particulières avant le Procureur du Roi. (lb.; Séances du 22 juin 1093 et du 20 septembre 100 i.)
D'autres Chartrains furent pourvus à la même époque d'offices nouveaux créés par le Roi ou le duc d'Orléans pour se procurer de l'argent :
2 décembre UVJH. Charge de vérificateur et rapporteur des défauts aux quatre mairies royales de Chartres, en faveur de Pierre Bignon;
Même, date. Charge de capitaine des guides du duc d'Orléans, au profit de Jean Champion ;
10 janvier tU95. Charge d'ét uyer-cavaleadour de la duchesse d'Orléans, au prolit de Théodore Lorin, sieur de Bussé;
Même date. Charge de grellier, garde et conservateur des registres de baptêmes, mariages et sépultures, au profit de Pierre Mahon;
Même date. Charge semblable, au profit de Claude Bance;
10 février. Charge de gouverneur des pages de la duchesse de Chartres, au proBl de Michel Baude ;
Même date. Charge d'essayeur des ouvrages d'clain de la ville et faubourgs, au profit d'Elic Jacquelin;
ï.> mars. Charge de commissaire particulier aux revues des gens de guerre, an profit de Michel Auvray;
11 mars. Commission délivrée à Pierre Romcray, marchand, rue de la Clouterie, dépositaire de François Damaiue , bourgeois de Paris , seul privilégié dans les terres du Rui, pour la vente des thés, cafés, choctAats, vanille et cacao;
22 juin. Charge d'expert-priscur arpeutcur-juré de Chartres, au profit de Pierre Salmon. (lb.)
Un édit de mars 1694 créa, moyennant finances, des offices de major, capitaines et lieutenants des compagnies bourgeoises. L'ollicc de major fut accordé à M. Jean de Gyvès (Séance du .'il mai 1095); les capitaines furent MM. François Janvier, Phili|")|ic Tochon, Jacques Pastey, Alexandre Olivier, Nicolas Lcbcau, Marin Taliouricr (12 octobre 1091), Jean Lebeau (19 octobre), Jarques Vallon (20 juin 1G(J5); les sieurs Charles Mallet, Marin Girard (\vr octobre 1091), Simon Tochon, Denis Boutrouc , Toussaint Boudou , Barthélémy Billette , Etienne Sénéchau , Pierre Compaignon et Etienne Barrier acquirent les offices de lieutenant. (12 octobre et 19 novembre 1694, 23 janvier 1095; lb.)
du corps des marchands de Chartres. Cette communication donna lieu à une discussion confuse dans le sein de Pèchevinage , les uns demandant une assemblée générale, les autres voulant que l'on offrit la même somme que les marchands, et les assesseurs tâchant de dissuader de pousser plus loin Penchère; on ne conclut donc à rien. Enfin, le 21 mars, M. Gilles Camiaille, marchand, ancien juge consul et échevin, se présenta à la Chambre, qui était présidée par M. LeFéron, conseiller en l'élection, doyen des échevius, et requit l'enregistrement des provisions de Conseiller du Roi, Maire de la ville de Chartres, à lui délivrées le 7 mars, moyennant quittance d'une finance de 35,000 livres, empruntée et fournie par la communauté des marchands. L'enregistrement eut lieu sur la réquisition de M. Beurrier, procureur du Roi, et M. Camiaille entra immédiatement en fonctions L'or du commerce avait brusquement changé un état de choses durant depuis la fin du XIIIe siècle.
1 Heg. des Echevins; Séances des 2 septembre 1002, 10 février et 21 mars 169.3. — Le nouvel échevinage ne voulut plus admettre d'échevins ecclésiastiques , mais le Chapitre en appela au Conseil, et un amH du 25 mai 1091 le maintint dans le droit d'envoyer à la Chambre deux chanoines échevius, droit dont il jouissait depuis 1491 . (Arch. impér.; sect. Admiu., E, 18N2. — lieg. des Echevins; Séance du 23 novembre 1691.)
Les agitations et révolutions municipales n'empêchèrent pas la ville de prendre part avec, le reste de la France aux succès de nos armes. Il y eut, le 10 octobre
1690, feu de joie pour la victoire remportée à Staffarde par Catinat; le 25 avril
1691, Te Deum pour la prise de Mous; le 13 juillet 1692, Te Deum pour la prise de Xamur. f lley. des Echevins.)
La ville envoya une députation à Paris, le 21 février 1692, pour féliciter M. le duc de Chartres et M"'5 de Mois sur leur mariage. M. Kobcrt, grand-archidiacre de Chartres, porta la parole. (Ib. et Mercure galant , lévrier 1692, p. 313.)
On chanta des Te benm, le 2 juin 1693, pour la prise d'Heidelbcrg par le duc de Lorges; le 22 juin, pour la prise de Hose en Catalogne; le 1 1 août, pour la victoire de Nerwindc, remportée par le maréchal de Luxembourg; le 27 octobre, pour la prise de Charlcroy. (hey. des Echevius.)
La Cathédrale, où avaient lieu ces cérémonies d'apparat, venait d'être dépouillée d'un de ses plus précieux ornements d'orfèvrerie : un mauvais sujet de Chartres nommé Duhan, tenant à une famille de haute bourgeoisie, avait volé, dans la nuit du 25 juillet 1690, la magnifique lampe d'or fin ciselé, pesant 2." marcs, avec dôme enrichi de peintures et de dorures, offerte en 1620 par Marie de Médicis, en témoignage de sa dévotion pour la Vierge-aux-Miracles. Ce vol, qui causa une profonde indignation dans la ville , donna lieu à un procès criminel dont tous les incidente ont été rapportes dans le Magasin pittoresque, année 1853, p. 142, 161 et 170.
Nous devons mentionner d'autres mutations survenues pendant ces dernières années dans les rangs des hauts fonctionnaires chartrains. M. le chevalier du Liscoët, capitainecolonel des Cent-Suisses de la garde du corps de Monsieur, fut nommé, le 28 avril 1686, gouverneur de Chartres, en remplacement de M. le comte de Chàtillon Depuis la paix intérieure c'était une charge absolument sans fonctions et qui ne donnait au titulaire que le droit de présenter les clefs au Roi , lors de ses eutrées , et de toucher 400 livres par an , sur la caisse municipale, pour indemuitéde logements *. M. l'évêque de Ncufville de Villeroi mourut à Paris le 8 janvier 1690, à Tage de quatre-vingt-deux ans; il fut inhumé dans la chapelle du séminaire qu'il avait fait construire au Grand-Beaulieu \ Ce prélat, qui laissa des regrets dans le diocèse, eut pour successeur le directeur et le conseiller de Mmc de Maintenou , M. Paul Godet des Marais, l'un des docteurs les plus estimés de l'église gallicane. 11 ne fit son entrée que le 16 septembre 1692, l'expédition de ses bulles ayant été retardée par suite des diflicultés survenues entre la France et la cour de Rome*.
1 fiey. des Echevins; Séance du 9 septembre 1087.
' 11 m'a été communiqué un certificat daté de Paris le 2 mai 1689 et sigué Usroët. par lequel ce seigneur déclare qu'en sa qualité de gouverneur de Chartres ii lui est attribué par les états du Roi la somme de 400 livres pour son logement en ladite ville.
En elfet, une délibération de la Chambre, du 10 février 1093, constate le paiement fait à M. du Liscoët de la somme de 2,000 livres pour cinq années de loyer de son logement, (lkg. des Echevins.)
4 On trouve à la page 1,525 du 10ic tome de Y Ordre du Saint-Exprit (cabinet généalog.; Bibl. imper.) un dessin au lavis du mausolée érigé dans l'église du séminaire à M. de Neuf ville de Villeroi , et une copie de l'épitaphc sur marbre noir et blanc qui était attachée au mur du chœur.
On a de M. de Neul'ville un Règlement pour son diocèse , imprimé en 1G00. {Recueil de l'ablui Biillon; catalogue des Mss de la Bibl. commun., p. 130, 11-8.1
* L'entrée de M. Godet des Marais lut très-solennelle. M. Noël, avocat de la ville, qui fit la harangue , n'oublia pas de parler de la direction donnée à la maison de Saint-Cyr par le sage prélat, assiste en cette œuvre par une pieuse dame beaucoup plus illustre encore par elle-même que par son élévation, (lieg. des Echevins.)
Les poètes chartrains célébrèrent à l'envi la venue de l'évêque Godet des Marais. I-e marchand Claude Savart , probablement l'auteur de l'histoire de Saint-Maurice . fit imprimer chez Claude Peigné une pièce de vers latins intitulée : Illustrissime ftrlcsur prtnnpt l'auto de Cod't d's Marais, eptsropatum Carnotensem soiem-
Le nouvel évêque se fit bientôt connaître par ses vertus ; sa charité sans bornes , pendant la disette et les maladies contagieuses qui désolèrent le pays en 1693 et 1694, lui gagna tous les cœurs *, et pourtant ses revenus allaient être largement diminués par la création de l'évêché de Blois au préjudice de celui de Chartres (1695-1097) *. En 1695 le bailli changea; M. Serviu, qui ne venait même pas à Chartres pour les convocations de l'arrière-ban 8, fut remplacé, suivant lettres de
niter ingredienti Epithalamium. 1692. On lit, à la fin de cette pièce, l'anagramme suivant, de la façon d'Eustache Pcny, élève de philosophie :
Paulus Godetus.
Ego pulsu datas.
jYon hominis pulsu , sed pulsu numinis adsum ; Ecce dalus candis et data cunclo mihi. (Collection Marchand; communiquée par M. Bcllicr de la Chavigncrie.)
1 Procession générale à Josaphat, le mercredi 7 juillet 1093, pour la famine, la perre et la peste. (Voir la Petite histoire de l'Ef/lise de CMartres, p. 178.) — Il semble résulter d'une délibération du 28 juiu l(i!>i qu'il y eut une autre procession générale le 7 juillet de cette année. Le pourpre fit de grands ravages dans la population en 1091. (lieg. des Echevins; Séances des 28 juillet 1093, 0 mai, G, 9 et 28 juin 109i.)
1 On donna à Blois les archidiaconés de Blois et de Vendôme et 54 paroisses de l'archidiacoué de Dunois. En compensation, on unit à l'évêché de Chartres l'abbaye de Jovenval , au val de Gally.
3 L'arrière-ban était convoqué presque tous les ans depuis la guerre. Voici la liste des gentilshommes du bailliage, ajournés au 8 mai 1091, par le marquis de Creil, intendant d'Orléans , pour servir pendant la campagne :
Gentilshommes qui serviront en chef.
MM. de Bruet de la Chesnavc, de Cosne de Rouvray, de Saint- Vincent , de la Noix des CMteliers, de Gravelfc d'Arpentijrny , Martel de Chambinc, de Reviens des Hayes, le comte de Vassé-E<milly, de la Prière, de Dessus-le-Pout de Bois^areunc, du Doigt de la Poirièrc, Baillcufde Pcrray, de Durcet de Tansonville, Feydeau de Rouville, Serizy de Cerna v, de Baigneaux de la Mairie de Dangers, de Bouglainval- Saillv, de llouville, de Prunelay, Dévoré de la Raguainière, Brissnmiet d'Essay, Le Mairat de Guibert , Bauchard de Mormoulin , Saillv de Breval , Saillv d'Aumeaux , Le Boulcur des Brots, de Bellouis de Donnemain, de Beaumais de Chavannes, de Caruel de Meray, de Vassé de Valièrc, de Loubert du Sauce, de la Ferriére de la Boulaye, Rohard de la Gojmerie, Contet de Mandeville, de Pronsac de la Hulière, de Saint-Paul de Masle, de Guérard de Maindreville , de Méréglisc.
Gentilshommes qui feront à deux un cavalier. MM. de Char train de la Soubliêre, Le Forestier de Douvre, de Comargon de Pré, Le Lieur de Poyers, de Tuiiliëre de la Chapelle, de Cafardel de Scry, de Chalet, Giraudeau de la Noue, de Neveu du Boulay, Maigret de la Haye, Fremont de la Merveillèrc , Pigucrre de la Motte-Loinville , Boisder de la Mezaudièrc , de Bellesaises-Bois-Saint-Amant , Loubert de Nantilly, Serizy de la Varcnne, Philemain de Laubinelte , de Beaumaitre de la Ferette , Dautin de Saiut-lllier , de Feugerolles , d« Bellesaises de la Monnerie . de la Motle-Saint-Loup , I«e Bouleur de Malnos , lmbert
commission du 28 mars, par M. Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau, seigneur d'Armenonville, Gas et autres lieux, Conseiller-d'État et Intendant des finances. Ce personnage présenta ses lettres à la Chambre, le 6 avril 1 ; il rendit aux échevins de très-bons
de Saint-Arnoul des Bois , de Taragon de Chatonville , de Chartres du Bourgneuf , de Chartres de Belsard , de Tuillièrc de la Guimonière , de Danncs de Tcssonvillc , Léger de la Coudrelle , des Mazis *le Neufbois , Pcllerin du Mousseau , des Essarts du Buisson-Maisonncuve , de Grenet du Cormier, de Courcelles de Beaulieu, du Doijrt de la Rifaudière, du Buisson du Tortov, Le Barbier de Bezus, de Vassé, clerc tonsuré, du Mouchel de la Mouchetière, de Vannier de Pré-Saint-Evroult, Egrot de Villcmorct, dame Souché, veuve Duchamps de Crcmainvitle , du Val du Bourg, de Vion de Prcsle, Laurent des Autels du Bouchot, de Lancé de la Morlièrc, de Phelines de Carcassonne, de l'Estang, dWrlange de Villarceaux, d'Escrones de Buttac, de Sacre de la Roulière, de Bongrain de Mondonville, de Lorville d'Ermenonville, de Villiers du Plessis, Uolant le Pelletier, Mari vas de Clercy, Moucheron de la Chevalerie, Léger de la Noue-Boizard , des Guets de Chevrignv, de la Garenne de Saint- Vincent , du Buat de Flacourt , Evrard de Heurteloup , Le Verrier de Guainville , des Mazis de Niiisemcnt, de Fonteny de Meiiainville, de Beaufils de Valainville, Le Fèvre-Bricaucville , dame Brcgcnî, veuve du Fresne, de Brossard de Montanbœuf, de Théais des Maignèrcs, de Marigny, de la Mire de Scmcrvillcr, de Sabrevois de Sermonville.
(Petite pièce imprimée; collection Marchand.)
1 La séance d'enregistrement des provisions de M. d'Armenonville à la Chambre de ville donna lieu à un fâcheux conflit. Le maire Camiaille avait cédé la place d'honneur au Bailli et allait s'asseoir à côté de lui lorsque le lieutenant-général Nicole prit cette place. Camiaille se Relia, Nicole excipa d'un arrêt du Parlement qui lui donnait la préséance après le Bailli; le Maire répondit que le Bailli n'avait pas lui-même séance à la Chambre et que l'on n'agissait en cette occasion que par pure courtoisie. M. d'Armenonville coupa court eu demandant l'enregistrement de ses lettres, ce qui lui fut accordé. Cependant le Maire ne s'en tint pas là; dès le tô avril il entama des poursuites devant le Parlement, contre le Lieutenant-général; le IX, M. d'Armenonville notifia son intervention en faveur de son lieutenant, et l'instance suivit son cours.
Le 2K, le Bailli dénonça à la Chambre une ordonnance par laquelle il faisait défense, en sa qualité de capitaine de Chartres, aux olliciers du Yidamc, d'assembler leur compagnie et de faire battre la caisse , pour quoique ce lïU , sans son ordre exprès ou celui de son lieutenant-général. On riposta par une ordonnance portant injonction aux vidamiers d'obéir à la ville, selon le droit immémorial, et de venir, Je premier dimanche de mai , prendre le Maire à l'hôtel commun pour le conduire en cérémonie au lieu où se lire l'oiseau, sous peine de 100 livres d'amende. Les vidamiers se conformèrent aux ordres des échevins. Cette nouvelle querelle fut apaisée par une transaction que la Chambre proposa le tit» juillet et que le Bailli accepta délinitivement le 12juil!et 1712, d'après laquelle on admettait que le commandement des vidamiers appartenait de droit à M. d'Anncnoiiville, cajiii'tin?. pendant sa présence à Chartres, mais qu'en son absence, ce commandement revenait de droit à la ville chargée de la police, à l'exclusion du Lieuteuanf-^énéral . simple lieutenant du Bailli et non du capitaine.
Ou tâcha d'arranger l'allaire du Maire et du Lieutenant-général au mois de novembre et on envoya à ce sujet une députation à M. le Bailli, qui se trouvait alors à sa terre d'Armenonville fiiry. des Kcherins); mais on ne réussit pas, et le procès ne fut terminé que par un arrêt du M juillet, qui donna gain de cause au Lieutenant-général et condamna la ville aux dépens envers ce magistrat , lequel en fit remise le 13 janvier !tî99. \\h.)
offices et acheta en 1702, de M. le chevalier du Liscoët, le gouvernement particulier de la ville, ce qui lui fit prendre le titre de Grand-Bailli, Gouverneur et Capitaine de Chartres*.
Cependant l'administration de M. Camiaillc n'avait pas tardé à soulever des plaintes il eut bientôt pour adversaires ses confrères les marchands eux-mêmes, qui le forcèrent à résigner ses fonctions et traitèrent de la place de maire , au mois de mars 1696, avec le lieutenant-général Nicole. La rentrée de ce magistrat à la Chambre, qui eut lieu le 23 mars, fut accueillie avec une vive satisfaction \ Au mois de juin 1698, M. Nicole, voulant consacrer tous ses moments aux affaires de la ville, résigna la lieutenance-générale du bailliage, au profit de M. Charles Nicole, son fils, et conserva la mairie \
I Reg. des Echevins; Séances des 5 décembre 1702 et 2 janvier 1703.
M. d'Armenonvilie s'entremit avec zèle dans plusieurs affaires concernant la ville, notamment dans celles des francs-liefs et des taxes. Pour reconnaître ses services , la Chambre décida, le H novembre 1707, quelle ferait faire son portrait par le peintre Rigault, pour la salle des séances. (Ib.j
II serait intéressant de rechercher si ce portrait . commande à un grand artiste , a été exécuté et en quelles mains il se trouve aujourd'hui.
* M. Camiaillc avait pourtant montré beaucoup d'activité et de dévouement pour les intérêts de la ville, au début de sa mairie; grâce à ses sollicitations et à la protection de M,ne de Maintenon et do .MM. de Pontcbartrain et d'Armenonvilie , on avait obtenu que le droit du pour les francs-liefs (les anciens privilèges de la ville à cet égard avaient élé mis à néant) lut réduit a 30,000 livres; d'un autre coté, d'excellentes ordonnances de police concernant les marchés et les boulangers étaient sorties du Conseil de ville aux mois de juillet et d'octobre 1093. La première querelle qui divisa le Maire et l'échevinage eut lieu à l'occasion des présents de vin du jour de l'an; M. Camiaillc voulait que l'on supprimât ces cadeaux, les echevins se récrièrent; on alla aux voix malgré le Maire, et l'unanimité fut pour le maintien de ce vieil usage. (10 janvier 10'Ji.) Les echevins accusèrent ensuite le Maire de commettre des exactions, en matière de billets de logement, de concert avec le sieur Auvray, commissaire aux revues; l'intendant d'Orléans fut obligé d'intervenir et de régler les tours de logements entre les non-privilégiés (-20 mars et 25 avril lOtli). Eu même temps , les assesseurs se plaignirent de ce que Camiaille ne prenait pas leurs avis , faisait tout à sa tète en consultant seulement quelques marchands , et soutenait le sieur Auvray dans ses manœuvres déloyales, (Ib.j Les choses allèrent si loin que les echevins, sachant que quelques quidams excitaient contre eux le peuple à cause de l«ur opposition au Maire, portèrent plainte au lieutenant criminel. (0 mai IGUi; lb.)
1 Les provisions de M. .Nicole, délivrées par le duc d'Orléans, étaient datées du 17 mars 1000. (lb.; Séances des 22 et 23 mars.) — • Par décision de la Chambre du 5 juin , le lieutenant-particulier Letelher fut réintégré dans le droit de séance et dans la présidence de la Compagnie , en cas d'absence du lieutenant-général, (lb.)
* Les pcovisions de M. Charles Nicole étaient datées du 18 juin. Ce magistrat fut maintenu au corps de ville, les lieutenants-généraux en ayant toujours fait partie,
Le duc Philippe, frère du Roi et apanagiste du duché de Chartres, étant mort le 9 juin 1701 , le corps municipal députa M. le Maire à Paris pour saluer le nouveau duc d'Orléans. Ce Prince reçut très-bien les compliments de la ville et promit que sou fils aîné prendrait le nom de duc de Chartres promesse qui fut réalisée au mois d'août 1703 *.
On revint en 1 704 au projet de la navigation de la rivière, et, cette fois avec toutes les apparences de succès, car l'affaire était en bonnes mains. En effet, le Roi accorda, au mois de novembre, à Mme la marquise de Maintenon l'autorisation de canaliser l'Eure depuis Chartres jusqu'au Pont-de-1' Arche, ensemble les affluents et ruisseaux , y compris les canaux ci-devant faits par Sa Majesté. Les travaux commencèrent au printemps de 1 705 ; le 1 7 août, M. le maire Nicole alla eu grande cérémonie poser la première pierre du nouveau port, et, le 9 novembre, ce magistrat put faire examiner à M. le bailli d'Armenon ville les gros ouvrages de maçonnerie et les écluses déjà terminés. Cependant l'entreprise eut le sort des précédentes et il n'en fut bientôt plus question 3.
au dire des érhevins. flkg. des Echevins.) D'ailleurs, M. Charles Nicole acquit en 1702 la charge de lieutenant de maire, ce qui lui donnait naturellement séance. (76.; 12 septembre 1702.)
1 lb.; Séances des 20 juillet et 22 août 1701 .
* 7e Detttn et feu de joie à cette occasion, (lb.: Séances des 11 et 10 août.)
On avait eu pendant ces dernière* années plusieurs autres occasions de chanter des Te Deum, savoir: le 10 septembre 101)0, pour la paix avec le duc de Savoie; le 10 juin 1097, pour la prise d'Alh; le 25 août, pour la prise de Barcelonne; les 21 novembre H 107 et !» janvier 1098, pour la paix; le 9 septembre 1702, pour la prise de Luzara et la victoire remariée en Italie par le roi d'Espagne; le 2o mars 1703, pour la prise du fort de Kelil.
La ville rendit encore au ciel de solennelles actions de grâce le 5 juillet 1704, à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne, (lb.)
5 lb.; Séances des 8 avril et 2o décembre 1704, 15 et 17 août et 9 novembre 1705. — Le 17 août, M. Nicole, maire, assisté de MM. Beurrier, procureur du Roi, Libour, garde-scel, Texier, échevin, et Koisy, greffier de la ville, se rendit au lieu où se construisait le port destiné à la retraité et décharge des bateaux, hors la porte Drouaise, et y posa la première pierre sous laquelle furent enfermés plusieurs jetons d'argent et autre métal aux armes de M. d'Armenon ville, gouverneur, et dudit sieur maire. M. Bouvart, receveur des deniers communs , donna une gratification d« 20 livres aux ouvriers. <lb.<
Les créations d'offices municipaux, moyen financier assez misérable, continuèrent pendant les premières années du XVIir siècle, si funestes à la fortune de la France et à la gloire de Louis XIV. Trois charges d'échevins héréditaires furent instituées en 1704; le sieur Gilles Camiaille , ancien maire, en acheta une \ Bientôt après on créa un Maire alternatif et un Lieutenant de maire ; M. Noël fut pourvu de la première de ces charges (1708) *; l'autre eut pour titulaire M. Robert Gouault (1708) \ M. Nicole n'en resta pas moins maire perpétuel et il exerça cette importante fonction à l'entière satisfaction des habitants jusqu'au mois de mars 1711, époque de sa résignation au profit de M. Nicole du Plessis, son second fils k.
Les malheurs et les deuils particuliers à la ville correspondirent à ceux de la France durant cette dernière et bien triste période du règne du grand Roi. Les gelées de mai 1708 endommagèrent les vignes, et la rigueur de l'hiver de 1 709 5 jeta la misère dans la population. Le bureau des Pauvres eut près de 5,000 personnes à secourir. L'évéque Godet des Marais, dont les aumônes n'avaient pas fait défaut aux malheureux
1 Httj. des Echevins; juillet 170i.
» Ib.; 8 mai 1708.
3 ib.; septembre 1708.
* Le lieutcnant-pénéral Charles Nicole , fils aîné du Maire , était mort le 25 février 1711; cette perle iufiua probablement sur la décision de son père, qui résigna immédiatement ses fondions munit i|>ales. M. Nicole du Plessis fut installe le 3 mars. (Ib.j
* Il y avait déjà eu de très-fortes priées en 1081 et 1098; pétulant nette dernière année lé vin vieux de 1007 valut à Saint-Père 02 livres la rondelle, soit 2 18 livres la queue; le vin nouveau se vendait 50 ou 00 écus la queue et le cidre iO livres le poinçon. Kn 1708, la pelée de mai fit le plus pnuid mal aux bourpeons des vignes. Le vin valut ri."» et 28 ecus le poinçon, le cidre 20 et oO livres. Â la Saint- Martin d'hiver la pinte de vin conta 0 sous, en avril 171W, 8 sous, et 1*2, 10 et 18 sous jusqu'aux vendantes. L'hiver de 1700 fut le plus rude que l'on eût vu de mémoire d'homme. La pelée commença le lendemain des Mois et ne finit que le 25 janvier. A llliers, le blé de semence se vendit 18 livres ie setier et le pain de neuf livres 30 sous. Presque tous les arbres fruitiers moururent. La vipne fut tellement endommagée qu'on parlait de la couper au pied. Kn 1710, la récolte en vins l'ut médiocre, mais on vendit au cloître une très-prande quantité de raisins en prappes dont les habitants faisaient des râpées. La queue de vin nouveau se vendit 200 livres, soit 50 livres la rondelle. jCnmïnualion du Journal rie Jean Rrmvnrt; mitai. Marchand.»
en cette triste circonstance , mourut le 26 septembre 1 709 1 ; il fut remplacé par son coadjuteur et neveu, M. Charles-François de Monthiers de Mérinville, qui fit son entrée le 2 juin 1710*. Ce nouveau prélat, héritier des vertus de son illustre prédécesseur, trouva bientôt l'occasion de manifester sa charité , car la rivière déborda le 1 7 février 1711, se répandit dans toutes les rues de la basse ville et dévasta les prairies de la vallée \ Le 25 du même mois, M. le lieutenant-général Charles Nicole , homme vivant cl mourant de la ville, mourut*; sa charge passa à M. Etienne Nicole, son fils. Le vieux lieutenant-général honoraire et ex-maire perpétuel , Jacques Nicole, ne survécut pas longtemps à l'aîné de ses enfants; il succomba le 7 janvier 1713, emportant les regrets de ses anciens administrés \ Enfin, la mort alla encore frapper cette honorable famille, le 21 mars 1714, dans la personne du
I M. Godet des Marais mourut d'un ulcère aux poumons pour lequel il était traité par M. Claude Bouvarl, docteur en médecine, iils du rédacteur de la coutinualioa au journal de Jean Bouvart.
Ce prélat fut extrêmement regretté dans son diocèse. 11 introduisit à Chartres les dames de l'Union Saint-Chaumont, pour la conversion des protestants. Plusieurs mandements de M. Godet d»'s Marais sont très-remarquables. On cite, en
Ïarticulier, celui qu'il lit en 1703 contre l'écrit janséniste intitulé Cas de conscience. antre de ses mandements, daté de 1097, supprime un grand nombre de fêtes chômées, qui enlevaient une partie de l'année à l'agriculture. (Chartres, chez Peigné.) Ces pièces, très-rares maintenant, font partie de la collection Marchand.
* M. de Mérinville prit possession a l'aigle du chœur le 2i avril 1710, en vertu des bulles du pape, et fut sacré par M. de Noailles, archevêque de Paris, le 20 mai suivant. On lit sur son nom l'anagramme suivant :
Charles-François de Monthiers de Mérinville; Je ferai des merveilles, chacun me louera.
(Journal de Bouvart; continuation.)
3 lb. — La misère fut très-grande pendant l'été, et, pour y remédier, on fit une loterie de 20,000 billets à 10 .sous, composée de 250 lots, savoir : i50 pièces de serge et 800 aunes de toile lissées par les pauvres. Celle, loterie, qui était la seconde imaginée par le bureau, fut lirée a l'évêché le 6 juillet. (Chapitre, Miscellanea; Bureau des Pauvres, n° 8, B, i; Arch. départ.)
II y eut le G octobre un tremblement de terre dont on sentit les secousses en quelques maisons de la ville; les guetteurs crurent que le clocher neuf allait tomber. (Journal de Bouvart.)
' Voir la note i de la page <i59 ci-dessus. — M. Nicole du Plessis, maire, fut présenté au duc d'Orléans comme homme vivant el mourant en remplacement de son frère, {lb.; 25 avril 1713.)
4 La Chambre alla en cerps à son convoi le 9 janvier. ( Heg. des Echevins.)
nouveau lieutenant-général, M. Etienne Nicole \ Ce magistrat eut pour successeur dans ses fonctions judiciaires M. Nicole du Plessis, qui reprit le titre traditionnel de Lieutenant-général et Maire perpétuel.
On vivait dans une ère de douleur, et les événements publics fournissaient à la ville plus d'occasions de réciter des prières funèbres que de chanter des Te Deum. Louis XIV n'eut pas seulement à déplorer les défaites des armées françaises ; il vit mourir, le 14 avril 1711, Monseigneur le Grand- Dauphin * ; le 12 février 1712, la charmante duchesse de Bourgogne, nouvelle Dauphine ; le 18 du même mois, le duc de Bourgogne, Dauphin, P élève chéri de Fénélon 3; le 8 mars, le jeune duc de Bretagne, l'aîné des enfants du duc de Bourgogne. Le duc de Berri, second des fils de Monseigneur, succomba aussi, au mois d'avril 1714 \
Cependant, la naissance du duc d'Anjou, troisième fils du duc de Bourgogne (février 1710) la victoire de Denain qui sauva la France (24 juillet 1712) 6, le traité de paix signé à Utrech, le 11 avril 1713, entre la France, l'Angleterre, la Hollande , la Prusse , le Portugal et la Savoie 7 , la prise de Landau (20 août), l'entrée solennelle de M. Fleuriau de Morville, Grand-Bailli par résignation de son père (3 septembre) 8, la prise de Fribourg (16 novembre), et enfin la
1 La Chambre alla à son convoi le 23 mars 1714, mais sans tirer à conséquence, le sieur Etienne Nicole ne tenant pas à la mairie. (lîeg. des Echevins.)
• 6' mai. Service funèbre pour le Grand-Dauphin. (Ib.)
• 20 février. Service semblable pour le duc de Bourgogne. (Ib.)
• Cette mort empocha le Te Deum projeté le 5 mai à l'occasion de la publication de la paix avec l'Empereur. (Ib.)
5 25 février. Te Deum pour la naissance de M. le duc d'Anjou. (Ib.)
• 14 août. Te Deum et grandes réjouissances pour la victoire de Denain. (Ib.) 7 0 juin. Te Deum pour la paix. (Ib.)
• M. Charles-Jean-Baptistc Fleuriau, seigneur de Morville, Procureur-général au Grand-Conseil , ayant fait connaître son arrivée et celle de son père pour le 3 septembre, les communautés , la maréchaussée, le Vidame, allèrent au-devant d'eux
rsqu'à Coltain ville. Les échevins, conduits par M. Noël, maire alternatif, les reçurent la porte Saint-Michel , et , après les compliments d'usage , ils les accompagnèrent
paix conclue entre la France et l'Autriche (7 mars 1714) tirent un peu diversion à la tristesse que les malheurs de la famille royale causaient aux Chartrains.
Louis XIV, en mourant le 1" septembre 1715 *, emporta la consolation de laisser le royaume sinon prospère, du moins en repos du coté de l'extérieur. Le nouveau Roi était un enfant de cinq ans; le duc d'Orléans, nommé seulement chef du Conseil de régence par le testament du feu Roi , fut investi de l'autorité la plus absolue par le Parlement. Le corps municipal députa à ce prince, le 10 septembre, MM. Nicole du Plessis, maire, Recoquillé, lieutenant de maire, Noël, maire alternatif, et Beurrier, procureur du Roi, pour le complimenter au nom des fidèles habitants de la seconde ville de son apanage \
Chartres fournit plus d'une œuvre remarquable à la littérature du grand siècle. Cependant la poésie n'entre que pour une très-faible part dans les productions des compatriotes et successeurs de Régnier ; mais ils s'illustrèrent dans la théologie, la morale, l'histoire, la philologie et l'esthétique.
Nous n'avons à citer en poésie que les traductions de Y erotique président Claude Nicole (1093) \ Nous n'appellerons
nu'à IWrlii', où leur jjîtc était préparé. Le lendemain ces Messieurs entendirent e Deum qui fut chanté pour la prise de Landau , allumèrent le feu de joie et remontèrent en carrosse pour retourner à Armenonville. Il y avait à cette réception plus de 500 hommes sous les armes , avec, piques, hallebardes et épées. (Iieg.d*s Echevins et continuation du Journal de iiouvarl.)
1 20 avril. 2/ mai e* 2o septembre il il. Publication de la paix, Te Deum et feu de joie. (lier}, des Echevins.)
* Services a la Cathédrale pour Louis XIV, les 21, 25 et 26 novembre 1715; M. de Mérinville ollicia et l'oraison funèbre fut prononcée par M. tiontier, théologal. (1b. et Calai, de la Hibl. imper., vol. 2, p. 310 , n° 1,171.)
s Le sieur Espitalior, chartrain, fit imprimer, en 1716, chez Nicolazzo. une pièce intitulée : ls pat fait et souverain rèqenl, ou les sublimes et excellentes qualités de S. A. H. Mar le duc d'Orléans. (KM. impér.; Calai., vol. 2, p. 327, n° 74.)
* Claude Nicole de Bainville , président en l'élection de Chartres , oncle du célèbre théologien Pierre Nicole et parent des lieutenants-généraux de ce nom, naquit à Chartres en 1616 (il fut baptisé à Sainte-Foy le 9 octobre) et mourut dans la même ville le 22 novembre 1686. Il donna au public deux volumes de traductions ou d'imitations des Amours d'Adonis du cavalier Marin , de la Proserpine de Claudien , des érotiqoes et des satiriques latins, du quatrième livre de l'Enéide, et des psaumes de
l'attention du lecteur ni sur les Questions pratiques et canoniques du doyen Nicolas-André Félibien (1080-1 7 H) f, ni sur les écrits théologiques du chanoine Félibien (1673-1710) dont quelques-uns firent du bruit, ni sur les remarques et descriptions artistiques de Jean -François Félibien , moins célèbre par son mérite que par son nom (1087-1733) s. Nous mentionnerons en passant les travaux sur l'histoire de la ville, de Notre-Dame et des monastères de Chartres, accomplis avec plus ou moins de bonheur par Pintard \
David. Une des rares pièces originales sorties de sa plume est intitulée le Parc de Rambouillet, caprice, et contient un éloge pompeux de M. de Montausier et de la divine Julie d' Ajufennes . (Paris, de Sercy, 1093 et Cl. Prud'homme, 1705.) Le président Nicole écrivait avec une grande facilité , mais son vers est languissant , peu harmonieux et dépourvu de trait. Ce poète magistrat demeurait à Chartres dans une maison nui avait une sortie sur la petite rue de la Uourdinière. (Voir volume l«, page 2io , note i .)
1 Questions pratiques et canoniques sur les cinq livres des Décrétâtes de Grégoire IX, ouvrage manuscrit, en six volumes, conservé a la bibliothèque communale. Nicolas-André Félibien, fils aîné d'André Félibien, dont il sera bientôt parlé, fut doyen du Chapitre. Il mourut le 16 septembre 171 i.
» Jacques Félibien , frère d'André , chanoine et archidiacre de Vendôme en l'église de Chartres, né à Chartres et baptisé à Saint-Maurice le 20 avril 1037, mort le 23 novembre 1710, fit paraître divers ouvrages de critique religieuse, dont l'un , intitulé Pcnlateuchus historicus (1703-1701), fut supprimé par arrêt du Conseil, parce qu'il avait été imprimé avec la seule permission de l'évèquc de Chartres et sans privilège du Roi.
M. Emile lîellierde la Chavignerie vient de faire paraître (1 8,*»0. Carnier à Chartres) une intéressante étude bibliographique sur le Pcnlateuchus de Jacques Félibien.
8 Jean-François Félibien , fils d'André et son successeur dans ses places , né à Chartres vers 1604 et mort à Paris en 1733, composa divers ouvrages d'architecture et de biographie artistique peu estimés aujourd'hui. (Voir le Mercure de France du mois d'août 1733, p. 1,818.)
* Alexandre Pintard (plus correctement Pintart) , ancien échevin , greffier du grenier à sel et percepteur des revenus des maladreries et léproseries du diocèse , a composé une Histoire chronologique de Chartres, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1700, dans laquelle il a très-souvent mis à contribution les ouvrages de Roulliard , de Duparc et de Souchet , mais qui contient quelques parties originales et assez bien étudiées, entre autres celle relative aux Monnaies. Celte histoire est inédite; le manuscrit autographe appartient à la bibliothèque de Chartres; il en existe plusieurs copies, dont l'une se trouve à la bibliothèque de l'Arsenal. M. Lejeune possède un recueil d'extraits de chartes et titres divers, fait par Pintard comme travail préparatoire. Le style de cet auteur est lourd et terne; comme ses devanciers, il accorde une très-large place h l'histoire ecclésiastique et s'occupe peu de l'histoire communale.
Chevard , qui cependant cite à tout propos l'histoire chronologique , a fait de Pintard un chanoine. (Voir Y Histoire de Chartres, par Chevard, vol. 1"\ p. 223 et 458, vol. 2, p. 129, 240, 362, 379, 390 et 480.)
Chaline Sablon % Jacques Anquetin *, fr. Etienne Gaultier *, fr. Nicolas Lefebvre \ dom Fabien Buttreux *, dom Bernard Aubert 7 et Claude Savart 8 (deuxième moitié du XVII" siècle), et nous nous arrêterons un instant aux ouvrages des cinq écrivains chartrains les plus distingués de cette époque : Souchet, Tbiers, André et Michel Félibienet Pierre Nicole.
Jean-Paptiste Souchet, docteur en Sorbonne et chanoine
1 Charles Chaline , premier avocat du Roi au Présidial , a écrit , dans les premières années du XVIIIe siècle, une Histoire de Chartres, inédite, qu'il a divisée en deux parties : Chartres puyenne et Chartres chrétienne. Cet historien a puisé aux mêmes sources que le précédent; il n'a rien tiré de son propre fonds, mais on doit reconnaître qu'il ne manque pas absolument de critique et que son style est assez correct. Les copies de l'ouvrage de Chaline sont rares.
Charles Chaline était probablement le bis d'un autre Chïrles Chaline, élu en l'élection en 1009, échevin en 1019, avocat du Roi en 1631, lequel prononça , à l'audience du bailliage du 30 octobre 1610, un panégyrique de Chartres qui lut imprimé à Paris, chez la veuve de Guillaume Pelé, Ùil'l, in-i°. (liibliot. chartraine de Dom Liron , avec notes de l'abbé Rrillon ; Bibliot. communale. — Voir aussi les séances de la Chambre des 28 novembre 1609, 13 octobre 1019 et 2i mai 1631.)
* On a de Vincent Sablon , charlrain , qui vivait dans la seconde moitié du XVU# siècle, une Histoire de l'auguste et vénérable Eglise de Chartres, imprimée chez Etienne Massot, réimprimée chez sa veuve en 1690, in-18, puis chez Nicolazzo, 1715, in-12. C'est un abrégé de la Parthénie de Roulliard.
3 Jacques Anquetin , notaire apostolique et procureur en Cour épiscopale , nommé greffier de la ville en 1607, fit paraître en 1681, chez la veuve Cottereau, une pièce intitulée : La Heausse desséchée , ou Discours sur la procession générale faite à Chartres le 18 juin 1681.
* Maiiyrologium conventus Carnutensis fratrum minorum per fratrem Ste-
phanum Gaultier, conventus filium et quondam fratrem gardianum. Parisiis apud Sebastianum Martin, 1655, petit in-8°.
8 Prœdicator Carnutensis. sive institutio conventus Carnutensis Fratrum Prœdicatorum, auctore Nicolas Le Febvrc doct. theolog. et relig. conv. Carn. ejusdem ordmis. Carnuti, Peigné, 1637,>in-8°.
1668; un vol. grand in-folio, manuscrit inédit de la Bibl. communale. Cet ouvrage renferme des renseignements assez curieux sur le couvent.
7 Véritable inventaire de l'histoire de la royale abbaye de Saint-Père en tollé* de Chartres, par dom Rernard Aubert, prêtre religieux et supérieur de ladite abbaye. 1672, petit in-folio, manuscrit inédit. Ce livre a élé utile à dom Muley et à M. Guérard. (Voir Prolégomènes du Cartulaire de Saint-Père de Chartres, 1er vol.; Recueil des documents inédits.)
8 Le sieur Claude Savart, ancien juge consul et marguillier de Saint-Maurice, composa une Histoire de l'Eglise collégiale et parochialle de Sainct-Maurice-lès- Chartres, 1671, manuscrit inédit, petit in-4°, qui appartient à la Bibl. communale. C'est un recueil de fables grossières entremêlées de quelques renseignements curieux, que l'abbé Brillon a dépouillé avec sa sagacité ordinaire.
4Go
de Notre-Dame, né à Chartres le 3 janvier 1588 et mort clans cette ville le 8 avril 1654 l, donna en 1647 une édition des œuvres d'Yves, évoque de Chartres (Paris, Laurent Cottereau , in-fol.) et, en 1649, une édition de la vie du bienheureux Bernard, fondateur et premier abbé deThiron, par Geoffroy Le Gros (Paris, J. Billaine, in-4°). 11 laissa en manuscrit une Histoire de la Ville et de l'Eglise de Chartres s qui dénote un immense savoir et un jugement généralement très-droit. Souchet connaissait à fond les archives du Chapitre et des couvents de Chartres ; aussi l'histoire ecclésiastique est-elle la partie la plus complète et la plus satisfaisante de son ouvrage ; quoique chanoine très-zélé, il n'accepte pas sans discussion toutes les traditions rapportées dans les anciennes chroniques de l'église J; il aime volontiers à s'appuyer de preuves, on
1 Le testament olographe de Souchet, daté du 21 août 1C>51 , fait connaître que cet écrivain avait alors 03 ans 7 mois et 18 jours, ce qui reporte sa naissance au 3 janvier 1588. Il était fils de Jean Souchet et de Marie Hersent, qui demeuraient sur la paroisse de Saint-Michel. D'après ce testament, déposé chez Contet , notaire et secrétaire du Chapitre, et dont j'ai sous les yeux une copie imprimée, la famille de Souchet habitait Chartres depuis trois siècleset avait sa sépulture dans la nef de Sainte-r'oy, en avant du dernier degré du jubé ; c'est aussi on cet endroit (pie le testateur exprima le désir d'être inhumé. Souchet institua l'Hôtel-Dien son légataire universel, à la charge de deux services perpétuels pour les âmes d'Edmond Rivière et de son neveu Jacques Cbasles , ses bienfaiteurs; ce legs comprit notamment des terres a Mnindrevillc; il laissa un souvenir à toutes les paroisses de la ville, au Chapitre de Saint-André, dont il avait fait partie, à l'église de Morancez et à celle d'Abondant, dont il avait été curé, aux abbayes des Hautes-Bru vères et de Belhomer, au monastère du Paradis, diocèse de Condom , en mémoire des bienfaits qu'il en avait reçus pendant qu'il étudiait à Agcn et à Toulouse. Il fit don à la bibliothèque du Chapitre de tous les manuscrits lui appartenant et particulièrement ries (Jbscrmtions de Jean de Hesdin sur l'Epitre a Titus {Catalogue îles mss. de la Biblint. communale, n° 425); il parla p. ea le surplus de ses livres entre les Jacobins , les Minimes, les Capucins et les religieux de Josaphat. Ses exécuteurs testamentaires furent le chanoine Bonaventure Oudincau et le bourgeois Claude Roussel.
* Le manuscrit autographe de Souchet appartient a la Bibliothèque communale. II en existe quelques copies, abrégées pour la plupart, dont l'une se trouve à la Bibliothèque impériale.
L'ouvrage de Souchet a été réduit en 1701 par le chanoine Etienne (manuscrit de la Bibliot. commun.) et donné par extrait, avec, des corrections et annotations, vers
Chartres antérieurement au XIe siècle. S'il n'admet pas l'incendie de 1194, fait dont la découverte est due en grande partie à une science qui n'existait pas encore de son temps , à l'archéologie , le savant chanoine reconnaît que le passage du frréme des Miracles relatif à l'incendie de 1020, dont l'interpolation a été démontrée dernière-