‹ Histoire de Chartres (volume 4)Chapitre 22 sur 118 · PAR HENRI IV · texte numérisé non relu

PAR HENRI IV

Le moment de répit dont jouissaient les Gbartrains fut de courte durée, car, au commencement de février 1568, les ennemis, franchissant la Marne et la Seine à leurs sources , se portèrent vivement sur le Gâtinais et la Beauce. Les généraux catholiques avaient, sinon entravé, du moins prévu ce mouvement , et pendant tout le mois de janvier ils avaient expédié des forces vers les points menacés. M. de La Trémouille, lieutenant-général au gouvernement de l'Orléanais, était arrivé, le 28, à Chartres ', et le Roi annonça, le 6 février, la venue prochaine de son cousin le Prince-Dauphin , chargé de donner ordre à son service dans les pays de par delà \

1 Le 25 janvier , il s'était abattu sur Chartres dix compagnies de gens de pied , trois compagnies de pionniers et une cornette d'arquebusiers à cheval , des bandes du comte de Martinango, sous la conduite des capitaines Francisque, Chavigny, Saint-Senac , (iuiadière , Plain , Lenyan , Launay , Sillion , Guingo , La Mothe et Saint-Martin. A peine installées, ces troupes eurent des démêlés avec les compagnies de M. de Fontaine, et les deux chefs conçurent l'un contre l'autre une telle inimitié qu'ils en vinrent un jour à faire mettre leurs gens en bataille au milieu de la ville , les armes à la main. Les échevins, effrayés de l'attitude de ces furieux, dépêchèrent en Cour le sieur Jean Robert (25 janvier), pour réclamer contre la garnison du comte de Martinango. La Heine-mère donna commission à M. de La Trémouille d'aller rétablir l'ordre à Chartres , et ce seigneur parvint , non sans peine , le 5 février , à éconduire la plus grande partie des bandes du Comte ; il en avait coûté à la ville, pour dix jours, 28,742 pains, 82 poinçons de vin, 25 minots d'avoine et une caque de poudre. (État des dépenses faites par la ville de Chartres pendant le siège de 1508; Arch. départ.)

L'échevin Louis Huvé fut chargé, les 29 janvier et 4 février, de porter en Ceur des messages de M. de La Trémouille concernant cette affaire. (ïb.)

* François de Bourbon, fils de Louis, duc de Montpcnsier, portait du vivant de son père le titre de Dauphin d'Auvergne; il avait épouse, en 1566, Renée d'Anjou,

Les préparatifs do défense furent repris , en effet , avec une grande ardeur : on ordonna aux habitants de s'approvisionner de farine pour deux mois ; puis, on instruisit le guet installé au clocher neuf à faire les signaux suivants : trois coups sur la cloche à la première découverte d'une bande ennemie ; trois autres coups si cette bande tire vers la ville ; si c'est de la cavalerie , bannière longue , arborée du côté où la troupe paraîtra ; bannière carrée , si c'est de l'infanterie ; tocsin, en cas de course rapide des huguenots sur les faubourgs. Une cloche fut placée à chaque porte pour correspondre avec celle du guet et faire armer le quartier \ Le duc d'Anjou avait prescrit, le 16 février, à M. de Linières, seigneur deBlainville, chevalier de l'Ordre et capitaine de 50 hommes des ordonnances, de se rendre à Chartres, en qualité de chef suprême ; le Roi et la Reine-mère ratifièrent ce choix le 21 et donnèrent ordre aux habitants d'obéir à ce seigneur distingué par ses qualités guerrières \ Sur la demande de secours adressée au Roi par les échevins , le sieur Jean de Bourdeilles, baron d' Ardelay , avait été dirigé , le 1 9 février , vers la ville avec douze enseignes de gens de pied gascons * ; il fut consi-

marquise de Mézières et dame de Saint-Fargeau. Cette princesse vint rejoindre son mari à Chartres, au mois de février 1568, et la présence de ces deux illustres personnages dans nos murs donna lieu à des réjouissances. La ville leur faisait tenir 4 pots de vin à chaque repas. (Reg. des Echevins.)

1 lien, des Echevins; février 1568.

Les Cordeliers, forcés d'évacuer leur couvent du Grand-Faubourg, qui devait être détruit quelques jours après, demandèrent à la chambre un asile en ville. On leur désigna provisoirement le prieuré de Saint-Etienne au cloître , appartenant aux religieux de Saint-Jean-en- Vallée, et on les invita à prier ces religieux de leur en laisser la jouissance. (Ileg. des Echevins.)

1 Antoine de Linières s'était particulièrement distingué dans les guerres d'Italie , sous le duc d'Aumalc (1554-1556), et à la défense de" Saint-Quentin (1557), où il avait été fait prisonnier. Son duel avec le capitaine espagnol Spinola (1549) eut un grand retentissement. (Mém. du duc de Guise, p. 24, et Mém. de Mergey, p. 564 et 565; coll. Michaud.) On n'admit pas ce gouverneur sans protestation, et la Chambre envoya, le 24 février, M. de Baigneaux en Cour, pour faire des remontrances à ce sujet. (Etat des dépenses faites pendant le siège ; Arch. départ.)

8 D' Ardelay , frère de l'historien Brantôme , avait une réputation de valeur si bien établie que Marguerite de Valois , dans ses mémoires adressés à Brantôme , dit , en parlant de Bussy d'Arahoisc , le plus accompli des chevaliers de l'époque: en

gné d'abord aux faubourgs que Ton voulait retrancher , mais l'approche précipitée des ennemis le contraignit à rentrer dans les murs , non sans avoir été inquiété par les coureurs huguenots. M. d'Ardelay fut suivit de près par le régiment français du baron de Cerny \

Le nouveau gouverneur, d'autant mieux accueilli qu'il succédait à M. de Fontaine-la-Guyon , s'occupa d'abord de faire monter les pièces d'artillerie sur d'énormes affûts et d'établir une forge à boulets ; ensuite il renforça sur plusieurs points les fortifications et régularisa le service des gens d'armes et de la milice bourgeoise. Les espions ayant annoncé , le 27 , l'approche de l'armée ennemie, M. de Linières, dans une dernière tournée d'inspection , fit couper les ponts Dinde, des Malades et de Saint-Martin-au-Val, et dépêcha un homme à Pontgouin pour lâcher les étangs de Boisard. Le lendemain dimanche,

quoy quelques uns pensoient que , s'il fallait croire la transmutation des âmes , sans doute celle de Hardelay , vostre brave frère , animoit celle de Bussi. (Mém. de Marguerite de Valois; coll. Michaud, vol. 10, p. 415.) D'Ardelay s'étant plaint de ce qu'on Pavait logé aux faubourgs, le Roi enjoignit à la Chambre , le 21 février, de recevoir dans les murs ce capitaine et toutes les troupes sous ses ordres. (Reg. des Echevins.)

Le régiment d'Ardelay avait pour mestre-de-camp le capitaine Bonnevin , pour chefs des compagnies les capitaines Saint-James , Bord , Mauvoisin , La Montjoie , Richcndre , Flojac , Pouillac et La Bastide , et pour sergent-major le capitaine Renty. (Etat des dépenses faites pendant le siège de 1568; Arch. départ.)

1 Le régiment de Cerny, arrivé le 27 février, avait pour mestre-de-camp le capitaine Jacques , l'un des plus vaillants soldats de ce temps , et pour chefs des compagnies les capitaines Saint-Epreuve, Péricard, Piébonneau, Fayet, Carruel, Manœuvre, La Neufville, Peyrre, de Rancé et Auzclle. Le capitaine de Rancé, qui commandait deux compagnies , avait pour lieutenants les sieurs de Linières jeune et de Brehainville.

Indépendamment des régiments d'Ardelay et de Cerny, il se trouvait à Chartres, pendant le siège , le reste des bandes Martinango , sous les ordres des capitaines Lenyan et La Mothe; les compagnies Linières, commandées par les capitaines de Thou, La Verrière et de Chaulx ; les compagnies Fontaine-la-Guyon , capitaines du Brosseron , La Barre et de Meurs ; deux cornettes d'arquebusiers à cheval , capitaines de Perretz et d'Ormoy; les bandes de pionniers et de mineurs, sous le commandement supérieur du chevalier Pollois , ingénieur du Roi , ayant pour capitaines les sieurs Bousquet, L'Herbette, Quierry, Col et Bourrelier. En tout 22 compagnies de gens de pied, d'une force de 4,i00 hommes environ, et 200 cavaliers.

L'artillerie était dirigée par les maftres-canonniers Jacques Chauveau, Thomas Mousset, Jean Deshayes, Jean Lionnet, Henri Godard, Jean Mauguin et Simon Flocquet. Le mattre-canonnicr Jean Texier était préposé à l'atelier d'artifices établi au Tripot.

dernier jour de février, dans l'après-midi , les bataillons huguenots vinrent camper à Lèves et Josaphat et dans les faubourgs des portes Drouaise, Guillaume, Morard et Saint- Michel \ Les quatre premiers jours de mars furent employés par les ennemis à se loger fortement dans leurs positions et par les catholiques chartrains à escarmoucher et à mettre le feu aux maisons des faubourgs voisines des murailles. M. de Linières, nonobstant les clameurs des intéressés, parvint à brûler Mainvilliers et les couvents des Gordeliers et de Saint- Jean *; les huguenots, de leur côté, s'efforcèrent de préserver de l'incendie quelques bâtiments derrière lesquels ils comptaient se retrancher, mais ils détruisirent, en revanche, les églises de Saint -Cheron et de Saint - Barthélémy * qui ne pouvaient leur être d'aucune utilité pour l'attaque. Ces préliminaires, accomplis par les partisans des deux armées, donnèrent le temps aux Chartrains de terminer un retranchement muni de cavaliers qui s'étendait du couvent de Saint- Père à la porte Morard ; ils construisirent aussi , près de la tourelle de la Prôcherie , un cavalier sur lequel fut hissée la pièce de canon nommée la Huguenotte, trophée de la bataille de Dreux. Le 5 mars, de grand matin , les reîtres et lanskeuets ennemis vinrent se poster à l'entrée de Saint-Maurice et

1 L'armée protestante se composait du régiment français de M. d'Andclot, fort de 10 à 12 compagnies, et des gens des capitaines Piles et des Champs, qui occupaient Saint-Maurice et les hauteurs de Saint-Jean ; du régiment gascon et provençal du capitaine Mouvans , posté à Saint-Nrice et dans le faubourg de la porte des Epars , des lanskenets , des reîtres et de l'artillerie allemande du capitaine Casimir , campés, avec Coudé, à Saint-Cheron et aux Filles-Dieu.

La Noue estime les forces du prince de Condé à 0,000 hommes de pied et 3,000 chevaux et ajoute qu'il n'avait pour toute artillerie que cinq pièces de batterie et quatre petites coulevrines. (Mém. de La Noue, p. (>18 , vol. 9; coll. Michaud.)

Le Livre de Bois de Saint-André, dit, avec l'exagération ordinaire aux chroniqueurs de ce temps , que le prince de Condé et ses adhérents huguenots estoient environ £5.000 hommes.

1 Litre des messes et obits de Saint-Marlin-le-\ïandier.

3 Après le siège , ou permit aux religieux de Saint-Cheron d'emporter chez eux les cloches, bois et tuiles provenant de la démolition de l'église Saint-Barthélémy f membre de leur couvent, et on lit défense aux soldats d'enlever ces débris, (fieg. des Echevins; Séance du 21 mars.)

aux Filles-Dieu ; ils dressèrent deux batteries, Tune, en face de la porte Drouaise , masquée par les murs de la maison des Trois-Maures , l'autre dans le clos des Filles-Dieu , destiné à prendre la porte de flanc \

La canonnade commença le 6, des deux côtés à la fois ; elle faisait peu de mal à la porte parce que le ravelin protégeait les assiégés. Il importait donc aux huguenots de s'emparer de cet ouvrage avancé. L'un d'eux , le sieur du Bordet , se glissa jusqu'au fossé avec quelques pionniers pour pratiquer une sape , mais , aperçu du haut du ravelin , il fut renversé d'un coup d'arquebuse * ; ses gens ne purent résister à une sortie que firent contre eux les capitaines Flojac et d'Ormoy, à la tête d'une compagnie d'arquebusiers ; ce dernier officier reçut une blessure grave. Le môme jour, le capitaine Jacques , escorté par une patrouille bourgeoise , détruisit un corps-degarde qu'une compagnie ennemie s'efforçait de construire à l'entrée du faubourg Saint-Brice.

Si tous les habitants ne poussaient pas la bravoure au môme degré, la honte et la terreur se chargeaient de donner du cœur aux plus pusillanimes. Un ordre du jour de M. de Linières enjoignit , sous peine de mort , aux bourgeois embrigadés, de quelque condition qu'ils fussent , de se trouver chaque jour en armes à l'appel de midi , au cloître Notre-Dame , et à ceux qui n'auraient pas le courage d'aller s'exposer sur les murailles, de déposer leurs corselets à l'hôtel-de-villc pour en armer les soldats \ Le 7, les huguenots , après avoir canonné pendant toute la matinée et ouvert une brèche , donnèrent l'assaut au ravelin qui leur avait été si fatal la veille. Le capitaine La Barre le leur abandonna assez facilement ; mais

1 Livre des messes et obits de Saint-Martin-le- Viandier.

1 La planche jointe à ce chapitre représente , d'après une gravure de Pemssim de 1570 (cabinet des Estampes; Bibl. impér.), l'attaque du ravelin de la porte Drouaise et la mort de du Bordet.

8 Rsg. des Echevins; 6 mars.

M. de Linièrcs, qui tenait beaucoup à conserver ce poste, s'élança résolument sur les assaillants à peine installés et leur fit lâcher prise. Cette action coûta la vie au capitaine Saint- Epreuve , l'un des bons officiers de la garnison ; les ennemis y perdirent beaucoup de monde. Au même moment, les huguenots tentaient l'escalade du ravelin de la porte Saint-Michel ; on parvint à les repousser , mais non sans perte , car le brave d' Ardelay , colonel des Gascons , reçut dans cette lutte une arquebusade au visage dont il mourut peu de jours après.

L'inutilité des attaques entreprises contre la porte Drouaise détermina les ennemis à diriger leurs efforts contre le pan de muraille qui s'étend de cette porte à la tour des Herses de Lethinière. Leurs batteries du Clos-l'Évôque et des Filles-Dieu jouèrent dans cette direction pendant toute la journée du 8 , et le mardi 9, à deux heures du soir, ils réussirent à pratiquer par un feu très-vif, une brèche de 30 pas d'ouverture. M. de Linières avait pris à l'avance toutes les mesures propres à neutraliser l'effet de la canonnade : à mesure que la brèche s'élargissait, elle laissait voir aux assiégeants un retranchement très-fort, construit avec des terres et revêtu de balles de laine ; mille pionniers, habitants et soldats, travaillaient sans relâche à cet ouvrage qui traversait la rivière par le pont du Massacre et par un bâtardeau de pilotis établi en arrière des Herses de Lethinière ; du point du jour jusqu'à midi , les corvées étaient faites par les paroissiens de Saint-André, Sainte-Foy, et Saint-Saturnin , et de midi à la nuit close, par les paroissiens de Saint-Hilaire, Saint-Martin-le-Viandier, Saint-Aignan ,

Saint-Michel, Saint-Maurice et Saint-Barthélémy sous

peine de la corde et du gibet contre les manquants. On distribuait par jour, à titre d'encouragement, 5 sous à chaque mineur des contre-mines , 10 sous à chaque chef d'escouade , 10 sous à chaque canonnier et 5 sous à chacun de leurs valets ; le service des vivres incombait aux sieurs Savait , Des-

marais , Dubois et Rossignol , qui s'en acquittaient avec un grand zèle \

Comme les excellentes dispositions adoptées par M. de Linières et la bravoure de ses soldats ne permettaient pas aux huguenots de tenter l'assaut avec chance de succès, ils se bornèrent, le 10 et le 11 , à tirer quelques volées, et transportèrent , le 1 2 au matin , leur artillerie en vue de la porte Morard. Ils se mirent ensuite à jeter les fondements d'un bâtardeau destiné à faire passer la rivière par les Vieux-Fossés , et à intercepter ainsi le cours principal qui traverse la basse ville. Cette manœuvre aurait pu être très-nuisible aux Chartrains , quoique M. de Linières eût fait confectionner des moulins à bras, si des bruits de paix ne fussent arrivés, sur ces entrefaites , jusqu'aux oreilles des belligérants. On disait dans la ville que les chefs protestants avaient entamé des pourparlers avec M. de Linières ; en effet , depuis trois jours , le camp de l'ennemi se dégarnissait et on pouvait suivre , pendant la nuit , du haut des clochers , le mouvement de retraite des lanskenets , à la lueur des flammes qui dévoraient Luisant, Mainvilliers , SainWulien-du-Coudray , Saint-Martin-au-Val et le Grand-Beaulieu. Le 1 3 , un trompette , porteur des préliminaires de la paix de Longjumeau , vint , de par le Roi , proclamer la trêve. Les chefs des deux armées n'eurent pas de peine à s'entendre ; les huguenots découragés avaient hâte de quitter la place ; aussi , toute leur artillerie fut-elle enlevée le dimanche 14, et le lundi 1 5 leurs derniers bataillons délogèrent définitivement par les routes de Bonneval et dilliers.

Aussitôt le siège levé, la Chambre expédia à la Cour le Procureur du Roi pour faire connaître la belle défense de M. de Linières et des habitants et pour demander de la poudre , des boulets et des canons , car on ne croyait pas à la cessation

1 Iteg. des Echevins.

immédiate des hostilités ' . Les échevins s'associèrent de tout leur pouvoir h la sollicitude du gouverneur envers les blessés ; certaines compagnies en comptaient plus de trente recevant les soins gratuits des médecins, barbiers et chirurgiens*; on leur réserva toute la viande qui était devenue si rare que les portions journalières ne dépassaient pas vingt onces par individu ; les greniers des étrangers fournirent le blé nécessaire à la nourriture des bourgeois et des soldats , sauf remboursement dans un temps plus prospère \ Le 20 mars , sur le bruit du retour de l'ennemi , on fit placer au couvent des Jacobins , dans les appartements réservés au frère Fourré * , les pots à feu , grenades et autres artifices préparés en cas d'attaque, et Messieurs de la Chambre firent avec M. de Linières une visite générale des fortifications, à la réparation desquelles quatre cents pionniers et un grand nombre de pauvres gens ne cessaient de travailler; les huguenots ne parurent pas \ Le len-

1 Heg. des Echevins; Séance du 18 mars.

1 Voici les noms des soldats et habitants qui reçurent les blessures les plus graves: les capitaines L'Uerhette, Linières jeune , La Mothe, Perretz, d'Ormoy, La Bastide, Bonnevin ; le baron de Monboissy ; les caporaux Jean de Maisons , Dastard , du Ru , Toison ; les canonniers Simon FÏbquet , Jean Mauguin , Jacques Martin , Marc Véron , Simon Lefèvre; les simples soldats et les bourgeois Robert Montaufroy, pionnier, Olivier Brebion , Guillaume Hotingcr , Jacques Caisson , Nicolas Porée , de Couvignon , Bonnet , Pierre Dubois , Claude Marouzot , Jean Bellechèvrc , Claude Perard , Simon Martin, Jean Morin, Jean Mouillac, François Dubreuil, Morret, (irimonois, de La Italie , Guillaume Sonnier , La Boete , Jean Coulommicrs , Grandmaison , Briango , Jean Schouvreulx , Claude Yerlangciu , Louis Bertrand , Mathieu Dumoustier, Jean Porteioie, Didier Thireau, Guillaume Pichon, pionnier, Robert Castille, Nicolas Yallet, Berlaud Synzac, Guillaume Desmarets, Jean Deslord, Martin Dupuis, Jean Pelucbc, le sieur de Noisement, Jean Guillot, Jean Pellier, Nicolas Clermont, Edme Guyon, Guillaume Fayct, Pierre Marche, Etienne Perricr, Pierre André, Alexandre* Flamand , Nicolas Feuillet, Alexandre Pécault , Louis Bothercau , pionnier, Matburin Fontenelle, Pierre Bidan.

Les blessés furent pansés à la broche par les maîtres-chirurgiens dont les noms suivent : Jean Verne , lieutenant du premier barbier du Roi , Gabriel du Tartre , Jean Leroy , Robert Ilézard , Robert Behorec , Renaud Jozcau , Jean Hac , Mathurin Bcaudouin , Toussaint Boisson. (Etat des dépenses faites pendant le siège et Heg. des Echevins.)

8 On prit ce blé par ordre du duc d'Anjou , qui en fit porter la moitié au camp du Roi. (Heg. des Echevins; 18 mars.)

* Fr. Jacques Fourré , religieux Jacobin de la maison de Chartres , confesseur du Roi et évéque de Cbûlon-sur-Saône.

5 Pour plus de sûreté , M. de Linières fit défense aux marchands , sous peine de

demain dimanche, 2i , on remercia le ciel par une procession géuérale, de la victoire qu'il avait accordée aux Chartrains, puis on inhuma les corps des combattants tués pendant le siège '. Les survivants reçurent des marques de la gratitude de la ville ; un emprunt forcé sur la bourse des pauvres et sur les plus riches habitants et un prêt de mille écus l'ait par M. de Lanières ' avaient procuré de quoi indemniser les compagnies françaises et gasconnes et les plus méritants des défenseurs de Chartres \ On doit citer parmi ces derniers le baron de Cerny,

mort, d'étaler leurs marchandises . les jnurs de marché, ailleurs que sur 11 place silure eu dehors île la porie dos Kjiars. (lieg. des Kchevim; 20 mars.)

1 Du rûlé des assiégés, les documents il».' l'époque ne font mention, indépendamment fi., capitaines ■l'Ar.].-l..v , Saint.- rqircnve et île ChauW, que des bourgeois Guillaume U'iuploif. el Charles lleslandes, lues à l.i linVhe. 11 y en eut cependant un sj'.utd ulii'f d'autres.

Ou procéda 1b 21 mars au nettoyage de la ville el des faubourgs, ainsi que le- fait nitiuailn; le passage suivant de l'Etal des dépeinte» du siège : A S hommes de bras, pour avnir f'iil /<'■> viiidauges des li«u»nr< murti, chiens, cheivux el autres charoigues qui estaient dans la rivière et aux fut**» de ladite ville, pour aroir nettoyé ta rivière el avoir ruidr. les i.u«« des Mes. vailles, mimtnus et autres infections estant audessus de Saint- Maurice . Saint-Jiilian et derrière les Filles-ltieu . 17 livret 10 sols.

' l.c sîcur Jean Robert el les veuves Michel Richard , Thierry Abraham el Pierre Lambert offrirent, chacun, 600 livres, pour in pasyr eonstiliiliou au denier 12, m

S m lui aiTijil/ A l'égan) des aulies itulaliles qui n'avaient pas (ait dVilTres . il fut é, i,lé, le dl mars, une M. de Litière- leur enverrait des fiarnisairos. (Ren. des Ediev\ns.\ Le rôle de l'emprunt drisse le !" avril 156N, en vertu de lettres du Roi, comprit, liitiir la suide île la lianiwin seulement, I1I.IH1N livres \ sous.

M il« I.inii res lui ii-uiliiiiir^- de >i>n jurl par l'édirviii Mare Trn-anl. (Estai des deniers, eh., levés depuis les troubles jtisquci à pièsent l 'ISÏOj ; Arcli. de la Mairie.) ' On donna à M. de lanières une chaîne: d'or avec, une médaille représentant, d'un enté , 1rs armes du Roi el , de l'autre , celles de la ville et la chemise de Notreliante, iif plus, ont' Minime d'aïeul et une maison; aux maré< lial-dos-logis, hommes d'armes et an tiers de sa niuipayjiie, 17.". livres tournois; au chevalier Pnllois, une chaîne el une médaille semlilahles el 7N0 I. I.; au baron de Cerny, une médaille et SOS I. t.; a chacun dis capitaines des . mupagnic-, nue médaille; au capitaine des mineurs, une médaille et 1X1) I. t.; au capitaine Marneuvre, pour avoir conduit les poudres de Mantes a Chartres, 65 I. t.; au capitaine L'Iterhcllc , pour l'avoir aidé dans ce travail, 26 1.1.; au sieur de la Salle, envoyé a la Cour el revenu incontinent en hahit de paysan, 50 I. t.; au sieur de la Vcrgnc, envoyé à l'aris el rentré pendant le siège, 190 I. L; au capitaine lientv, se ruent -major des Gascons, 26 I. t.; au sieur Diqtuis, rumniis aux poudres, 26 I. t.; à l'un des mmnii.vaires îles vivres. 26 1. I ; aux serments ci ilume-tiijues de la maison de M. de lanières, 651. t.; au capitaine Brosseron , pour 80 soldais de -a compagnie, 1201. t.;

an capiUÎ le Meurs, |Hiur les soldais de s,, compagnie , 270 I. [.; aux iltmiesti-

ques du capitaine îles mineurs, 10 I. I, ( filai ri>i dépenses faites pendant le siège el lleg. des Echevmt.)

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