tome n
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées ; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs ' (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d' Alençon ) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) \ Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année , et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce 8.
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur *. Ce fut le
lui et ses gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gatinc protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Rtg. des Echevins.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout Tété une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin , on fit plusieurs processions avec la châsse de saint Taurin , pour demander de la pluie. (Livre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
1 Reg. de* Echevins; Séance du 19 juillet.
3 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit à faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lcstoile , lre partie, p. 113. — Livre de Dois de Saint-André. (Arch. dép.)
5 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cinq heures du soir; ils venaient d'OUainville , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout !. Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Vassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser, en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté, en temps de paix, la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur , car, depuis longtemps , le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
<de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Bois de Saint- André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine , espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lcstoile, p. 113.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la cire et y estoit de la haulleur de la table qui est audict lieu. (Livre de Bois de Saint- André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que, environ onze et douze heures du soir, elles furent si grandes quelles passoient par dessus le pont de la barrière de Porlc-uuillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grandi désastres es vallées ; comme aussi , à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Jlf arceau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint - Barthélémy; Arch. départ.)
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs ' (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d'Alençon) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) f. Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année, et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce 8.
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur \ Ce fut le
lui et sos gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gàtine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. aesEchevins.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout l'été une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin , on fit plusieurs processions avec la chAsse de saint Taurin, pour demander de la pluie. (Livre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
1 Reg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
s Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit a faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lestoile, lre partie, p. 113. — Livre de Bois de Saint-André. (Arch. dép.)
5 Le Iîoi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cinq heures du soir; ils venaient d'OUainville , prés Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout \ Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Vassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser, en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté , en temps de paix , la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps , le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
<de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Bois de Satnt- André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine , espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lestoile, p. 113.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la cire et y estoit de la haulteur de la table qui est audict lieu. (Livre de Bois de Saint- André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que , ennron onze et douze heures du soir , elles furent si grandes quelles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grandi désastres es vallées ; comme aussi , à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Mat- -ceau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint - Barthélémy; Arch. départ.)
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées ; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les • fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs ' (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d'Alençon) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) \ Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année , et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce \
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre , ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur \ Ce fut le
lui et ses gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gàtine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. aesEchevins.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout Tété une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin, on fit plusieurs processions avec la châsse de saint Taurin, pour demander de la pluie. (Livre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
1 Reg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
3 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit à faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lestoile, lre partie, p. 113. — Livre de Dois de Saint-André. (Arch. dép.)
5 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cinq heures du soir; ils venaient d'Ollainville , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout \ Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Yassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser, en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté , en temps de paix , la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps , le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
<de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Bois de Satnt- André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine , espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lestoile, p. 113.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la cire et y estoit de la haulteur de la table qui est audict lieu. (Livre de Bois de Saint- André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que, environ onze et douze heures du soir, elles furent si grandes quelles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souc/èe , et firent de grandi désastres es mllees ; comme aussi, à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Marteau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint - Barthélémy; Arch. départ.)
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées ; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé , sinon tué, par les rôdeurs ' (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d' Alençon ) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) \ Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année, et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce \
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur \ Ce fut le
lui et ses gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gàtine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. aesEchevim.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout Tété une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin , on fit plusieurs processions avec la châsse de saint Taurin, pour demander de la pluie. (Livre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
1 Reg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
8 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit a faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lestoile, lre partie, p. 113. — Livre de Dois de Saint- André. (Arch. dép.)
5 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cinq heures du soir; ils venaient d'Ollain ville , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), a 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout \ Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Yassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser , en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté , en temps de paix , la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps, le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
<de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Bois de Saint* André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine, espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lestoile, p. 113.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la cire et y estoil de la haulteur de la table qui est audict lieu. (Livre de Bois de Sainte André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que , environ onze et doute heures du soir , elles furent si grandes quelles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grandi désastres es vallées ; comme aussi, à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Marteau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées, (titre des obits de Saint - Barthélémy; Àrch. départ.)
Gallou , qui ne venait pas plus souvent à Chartres que ses prédécesseurs; d'un autre côté, on n'était plus en temps de paix, car les huguenots remuaient en Gascogne et en Picardie. Il fallut donc se soumettre et fournir un logement au nouvel élu *.
Le 22 septembre, le Roi vint en pèlerinage à Notre-Dame, accompagné de la Reine sa femme. Le 7 décembre, une lettre de M. de Sourdis apprit à MM. de la Chambre que le prince de Condé avait pris La Fère. Peu de temps après, le gouverneur vint présider lui-même à l'armement complet des fortifications et décida le clergé à contribuer aux frais des réparations de la porte Imbout f. On reçut, le 22 avril 1580, la nouvelle de la prise de Saint-Maixent et de Montaigu en Poitou par les ennemis. Ces succès encourageaient les huguenots de la Beauce ; ceux de la campagne tenaient des conventicules, et ceux de Chartres s'évadaient pour les rejoindre. On pensa qu'il convenait de s'opposer à ces réunions suspectes, et, dans les mois d'avril et de mai, on fit battre tous les environs par des volontaires chartrains auxquels se joignirent les paysans de Courville, d'IUiers, de Gallardon, de Nogent-le- Roi , de Brou et de Bonneval ; mais , par compensation , on plaça sous la sauvegarde du Roi, à la requête de M. de Sourdis, les hérétiques, qui restèrent paisiblement dans leurs maisons \ Aux approches de la Notre-Dame d'août, époque de l'arrivée des pèlerins et des vagabonds, les quarteniers placèrent à chaque porte deux escouades commandées par les dizeniers , et , à la fin du mois , on expulsa de la ville ces visiteurs trop souvent peu recommandables \
Un ennemi sur lequel on ne comptait pas, la peste, vint, au mois de septembre, jeter l'effroi dans la population déjà si tristement préoccupée des orages politiques. De l'avis des mé-
1 Reg. des Echevins; Séances des 21 septembre et 11 décembre 1579.
' Ib ; Séances du 11 décembre 1579 et du 5 janvier 1580.
9 W.; 22 avril et 3 mai 1580.
* Ib.
decitts, apothicaires et lieutenant du premier barbier du Roi, cette maladie provenait moins de la corruption de l'air que de l'infection de certains meubles apportés de Paris où elle sévissait cruellement '. Des mesures sanitaires furent prises immédiatement pour arrêter les progrès du fléau : on établit les malades an lieu de Beaurepaire , malgré l'opposition du clergé; on désigna les chirurgiens Jacques Boyer et Denis Boissay pour soigner les pestiférés , et ces délégués durent fermer boutique et porter la verge blanche ; on défendit aux convalescents de sortir sans cette verge avec une clochette au bout, et leurs maisons furent marquées à la craie ; on interdit aux bouchers de tuer ailleurs qu'au Massacre , à cause du mauvais air; enfin, on enjoignit au maître de l' Hôtel-Dieu de fournir un prêtre pour administrer les hôtes de Beaurepaire, sous peine d'y être contraint lui-même par prise de corps et saisie de son temporel f. La contagion cessa avec les premiers froids de l'hiver pour recommencer au printemps de 1581 \ Cependant les gens de guerre continuaient toujours leurs
1 Dès le mois de mars, on s'était préoccupé du fléau qui régnait alors à Paris; car on lit dans le Livre des obits de Saint-Èartheïemy : Le dimanche , 13 mars , procession généralle hault et bas, en l'église Notre-Dame, par le commandement de Monseigneur de Chartres, à cause de la peste qui est à Paris et aultres lieux.
* Reg. des Echevins; fin d'août, 9, 27 et 28 septembre, 4, 6 et 11 octobre, 29 novembre.
Ordonné que les morts seront enterrés de nuit dans les cimetières , et non dans les églises , et que les fosses auront cinq ou six pieds de profondeur.
Défense au messager de Paris d'apporter des meubles et des légumes, et, aux revendeurs, de les acheter.
Défense aux habitants de la ville et des faubourgs de nourrir des volailles, pigeons et connils (lapins).
Ordre aux nabitants qui n'ont pas de privés chez eux , d'en établir dans la huitaine, sous peine de 10 écus d'amende.
Défense de porter des habits ou étoffes à fouler ou reteindre à la foulerie ou teinture de la ville.
Défense d'appeler les préposés au Sanitas Corbeaux; on pourra les appeler solliciteurs, garçons de santé, etc.
' lb.; 21 et 24 avril, 20 août, 1er septembre, 3 et 5 octobre. — Les malades, cette fois, furent logés dans un bâtiment du cimetière de l'Hôtel- Dieu. On donna pour demeure aux barbiers et médecins la maison du bureau des pauvres, près du puits du Crochet.
Blois , Cbâteaudun , Orléans , Verneuil , Nogent-le-Roi et Epernon eurent beaucoup à souffrir du fléau.
courses dévastatrices. Le 6 février 1581 , les échevins d'Orléans avertirent ceux de Chartres qu'une grosse troupe cTtnconnus et de gens sans aveu prenait route vers leur ville \ Le 13 du même mois, le Roi chargea la Chambre de s'informer si M. le prince de Condé tenait les champs , comme on le disait, près de Pithiviers, et quels étaient les chefs huguenots qui rôdaient en Beaucc \ Le 23 mai, le bruit de l'arrivée prochaine des régiments de Lavardin et de Guitry fit redoubler de vigilance \ Le 25 juin, les compagnies des gens (Pannes mandés par Monsieur, frère du Roi, s'approchèrent de la ville et se répandirent dans tous les villages environnants où elles commirent de grands excès. Ces mouvements de troupes avaient lieu contre la volonté du Monarque; mais que pouvait cette volonté tenue en échec par les folies ambitieuses du duc d'Anjou, les sourdes menées de l'Espagne et des Guise, et les prétentions inconciliables des huguenots et des catholiques? Henri III laissa entrevoir son impuissance à faire le bien dans la lettre qu'il écrivit à MM. de la Chambre le 4 juillet, en réponse au message des échevins Haligre et Boileau , députés par leurs collègues pour se plaindre des excès commis par les soldats ; « nous mandons au sieur de Sourdis , dit-il , d'aller » incontinent au dict Chartres afin qu'il ait à faire tout ce qui » sera possible pour le soulagement de nos subjeetz du plat » païs , ayant extresme regret et desplaisir des foulles et op- » pressions qu'ils reçoivent des dites troupes, que chascun » conynoist bien estre assemblées eontre noslre intention » et que faisons ce qui se peut pour les faire séparer \ »
Le Roi oubliait ses ennuis dans les plaisirs les plus disparates ; il partageait sa vie entre les bals et les processions , les spectacles et les pèlerinages. Notre-Dame de Chartres , qui
1 lieg. des Echevins.
5 lh. — Lettre du Roi, datée du 11 février
» lh.
♦ lh. — Lettre rnntre-signée Pinart , datée de Saint-Maur-les-Fossés le 4 juillet.
l'avait déjà vu le 8 avril et le 8 juin 1581 , reçut encore sa visite le 9 août , et il toucha les écrouelles dans la grande salle de l'évôché '. Ces voyages et ses stations dans la grotte de la Vierge-Noire avaient pour but d'obtenir du ciel un Dauphin, et, le 26 octobre, le vicaire-général Cochard présenta à la Chambre des lettres de Sa Majesté qui demandait à ses sujets d'adresser de ferventes prières , pendant toute l'année 1582 , afin qu'il plust à Dieu lui donner lignée masculine \ Henri , la Reine et la Reine-mère vinrent encore passer à Chartres les fêtes de la Chandeleur 1 582 * ; ils étaient accompagnés du chancelier de Cheverny, nommé récemment gouverneur du pays chartrain \ La ville tira quelque avantage de ce séjour de la Cour dans ses murs : un édit de décembre 1581 avait rétabli dans chaque ville et bourg du royaume un office de receveur des deniers communs , patrimoniaux et d'octroi ; à la prière de l'Evêque et de son neveu le chancelier, le Roi permit à la Chambre d'acheter cette charge et d'en remettre , comme par le passé , la gestion aux échevins désignés par la voie du sort; il consentit également au rachat, moyennant une finance de 7,000 livres , de l'impôt qui pesait sur le bétail à pied rond et fourché \
La guerre et la peste n'arrêtaient pas le Roi. Quoiqu'il sût et qu'il eût informé M. de Sourdis * que des bandes ennemies
1 Livre de Bois de Saint-André.
• Heg. des Echevins.
8 Leurs Majestés firent le voyage de Paris à Chartres , à pied , quoique les temps fussent très-mauvais et pluvieux. La Reine arriva le jeudi 1» février, à quatre heures du soir, et le Roi, le vendredi 2, sur les sept heures du matin. (Livre de Bois de Saint- André.)
Lestoile dit que le Roi et la Reine offrirent à l'église une Notre-Dame d'argent doré qui pesait cent marcs (1™ partie, p. 142).
4 11 avait été nommé le 1er janvier 1582, en remplacement du maréchal de Cossé, mort au mois de décembre 1581. Ce fut pendant ce voyage qu'il loua pour le Roi les perrons du cloître. (Mémoires de Cheverny, p. 480, vol. A; coll. Micbaud. — Voir aussi le vol. 1er de cette histoire, p. 473.)
• Reg. des Echevins; janvier et 20 avril 1582.
• Lettre du Roi, du 17 mars. (Reg. des Echevins; Séance du 19 mars.)
remuaient dans le Maine et dans le Perche, et quoique ces mouvements hostiles se fissent sentir jusqu'aux portes de Chartres , il accomplit avec la Reine un pèlerinage à Notre-Dame le 25 juin \ La peste avait repris possession de la ville au mois d'août et elle durait encore pendant l'automne ; néanmoins Henri se trouvait dans nos murs le 3 octobre , et sa présence au milieu du danger inspira de telles inquiétudes à la Chambre, qu'elle fit défense expresse aux malades et aux médecins de sortir de chez eux pendant la visite royale , sous peine d'être tirés à coups d'arquebuse f.
M. de Sourdis, gouverneur, ayant été envoyé en Italie au mois de septembre 1 582 , le Roi confia l'intérim de sa charge à M. Jean d'Âllonville, seigneur de Ré cl ai n vil le. Ce capitaine arriva le 23 janvier 1583, au grand contentement des échevins, qui comptaient sur sa fermeté pour réprimer les pillages des gens de guerre et les vexations de quelques seigneurs du voisinage \ M. Théodore des Ligneris, seigneur d'Ormoy et de Morancez , qui s'était mis sur le pied d'interdire la traversée de ses domaines aux marchands venant pour commercer à Chartres, fut atteint le premier par la nouvelle administration4. Dans les mois de niai et de juin , M. de Réclainville- parvint à dissoudre des conventicules suspects qui se tenaient dans certaines maisons des champs \ On fut moins heureux avec la peste ; elle reparut au printemps, et elle sévit, au mois d'août, avec tant de violence que Ton fut forcé de licencier les élèves du collège \
La maladie n'empêcha pas les visites royales. On reçut, le
1 Journal de Ustoile , 1" nartie, p. 118. — Ils donnèrent à l'église une lampe d'argent pesant 40 marcs et 50 livres de rente pour l'huile.
» Iieg. des Echevins; Séance du 2 octobre.
8 Ib.
4 Ib.; Séance du 27 janvier 1583. — La maison des Ligneris, l'une des plus illustres du pays charlrain. porte de gueules, frété d'or, nu lion de sable.
5 Ib.; 7 mai et 15 juin.
• II.. Séance du "2 anflt
16 avril, le Roi et la Reine, qui avaient fait à pied le chemin de Paris à Chartres ' ; le 10 août, la reine Marguerite de Navarre passant par la ville pour se rendre près de son époux , fut saluée avec toute la courtoisie réservée aux dames ; on lui offrit du vin, des confitures, des fruits et des dragées f: le 28 septembre, le Roi, revenant de Cléry, arriva à Chartres où il fit ses dévotions pendant trois jours \ Mais tous les pèlerinages de Tannée 1 583 devaient être éclipsés par la grande procession du mois de décembre. Le 21 de ce mois, on annonça à la Chambre que les habitants de Dreux avaient fait vœu de venir en procession à Chartres, avec le Saint-Sacrement, le 28, jour des Innocents. Les échevins résolurent de faire à ces bons voisins une réception fraternelle ; ils ordonnèrent aux boulangers et bouchers, de faire des provisions pour deux jours et de vendre sans hausse de prix ; aux habitants , de tendre leurs maisons , sous peine de 1 0 écus d'amende , de mettre des lanternes aux fenêtres pendant la nuit et de donner l'hospitalité à ceux qui la demanderaient; aux taverniers, d'ouvrir leurs logis et de donner à manger à tout venant , sous peine de prison. Pour empêcher les huguenots du dehors de tenter quelque mauvais coup , on prescrivit de ne laisser ouvertes , pendant le séjour de la procession dans les murs , que les portes Drouaise, Guillaume et des Epars, et de placer à chacune d'elles un corps-de-garde de 20 hommes , et deux corps-de-garde de 10 hommes sous les porches du marché aux Chevaux et de l'Etape-au-Vin \
1 Ils furent de retour à Paris le 24e dudit mois , tous deux bien las et aians les plantes des pieds bien ampoullcs d'avoir fait tant de chemin à pied. (LestoUe , 1™ partie, p. 161.) — Ce récit n'est pas conforme à ce que rapporte le Livre des obits de Saint-Barthélémy: Le mecredy, 13 avril, le roy est venu à pied à Notre- Dame de Chartres, et la royne est venue en coche; et lejeudy lendemain, le roy est parti pour aller à Notre-Dame de Cléry , et la royne est demourée pour s'en aller retourner à DolainvUle.
9 Heg. des Echevins.
* On tendit , pour la réception du Roi , les rues Saint-Michel , des Grenets et des Changes. (Ib.; Séance, du 27 septembre. — Ltstoile, 1™ partie, p. 165.)
4 Reg. des Echevins; Séance du 21 décembre.
bon , et tes soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées ; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les * fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs ' (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d'Alençon) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) f. Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année, et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce \
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur §. Ce fut le
lui et ses gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gatine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte, il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. aesEchevins.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout Tété une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin , on fit plusieurs processions avec la châsse de saint Taurin , pour demander de la pluie. ( Litre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
» Reg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
8 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit à faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
* Journal de Lestoile, lre partie, p. 113. — Litre de Bois de Saint-André. (Arch. dép.)
5 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cinq heures du soir; ils venaient d'Ollain ville , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), à 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout '. Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Vassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser , en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau, seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté , en temps de paix , la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps , le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à M. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
4e M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. (Livre de Bois de Saint-André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine, espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lestoile, p. 113.)
1 L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la cire et y estoit de la haulteur de la table qui est audicl lieu. (Livre de Bois de Saint-André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que , environ onze et douze heures du soir , elles furent si grandes quelles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grandi désastres es vallées ; comme aussi , à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Mat- -ceau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint- Barthélémy; Arch. départ.)
bon , et les soldats de passage furent hébergés aux faubourgs pendant plusieurs années. Mais il en résulta que la ville, réduite à ses propres ressources pour sa défense, n'eut d'autre parti à prendre que de tenir ses portes constamment fermées ; que les habitants purent contempler à leur aise du haut des murailles la dévastation des campagnes et prévoir la disette qui en serait la suite ; et que le citoyen assez audacieux pour franchir les fossés, fut à peu près certain d'être dévalisé, sinon tué, par les rôdeurs * (juin 1578). Au même moment, certains individus se disant commissaires de l'armée que le duc d'Anjou (François, connu auparavant sous le nom de duc d'Alençon) rassemblait près d'Angers, enlevaient de force dans tous les villages des environs le peu de vivres échappés au pillage des vagabonds (juillet) \ Les Chartrains eurent donc beaucoup à souffrir pendant tout le reste de l'année, et une taxe de 6,000 livres que le Roi imposa en novembre ne contribua pas à leur rendre la vie plus douce \
On ressentit à Chartres, le 26 janvier 1579, les secousses d'un tremblement de terre, ce que bien des gens interprétèrent à mauvais présage \ En effet, il n'arriva rien de bon cette année à la ville , hormis la visite que le Roi et la Reine firent à Notre-Dame le 2 février, jour de la Chandeleur \ Ce fut le
lui et ses gens, on lui répondit par un refus formel motivé sur les privilèges. M. de la Gatine protesta et fit connaître que sa compagnie s'acheminerait le lundi suivant vers Chartres, et que si on lui refusait la porte , il saurait bien faire repentir les habitants du mauvais gîte fourni à ses soldats dans les faubourgs. (Reg. des Echevins.)
1 Les incursions des pillards ne furent pas cette année le seul fléau des campagnes; il y eut pendant tout l'été une grande sécheresse qui nuisit beaucoup aux récoltes. Au mois de juin, on fit plusieurs processions avec la châsse de saint Taurin, pour demander de la pluie. (Litre de Bois de Saint-André; Arch. dép.)
1 Reg. des Echevins; Séance du 19 juillet.
3 Sur les représentations du corps de ville, le Roi consentit a faire une diminution de 500 livres. (Ib.)
4 Journal de Lestoile, lre partie, p. 113. — Livre de Bois de Saint-André. (Arch. dép.)
5 Le Roi et la Reine arrivèrent à Chartres le dimanche 1er février, sur les cina heures du soir; ils venaient d'OUainville , près Châtres (aujourd'hui Arpajon), a 14 lieues de distance. Us assistèrent le 2, jour de la fête, aux offices et au sermon
commencement de ces dévotions de parade si affectionnées par Henri III et que ce prince accomplit périodiquement pendant tout le reste de sa vie. Les 8 et 9 avril suivants, la rivière grossit de telle sorte que l'eau passa par-dessus le premier pont de la porte Guillaume, inonda toute la basse ville et enleva un grand pan de murailles près de la porte Imbout f. Les démolitions avaient comblé une partie du fossé ; mais comme on ne pouvait réparer immédiatement la brèche, faute d'argent, un corps-de-garde de milice bourgeoise fut établi sur ce point pour empêcher les tentatives des batteurs d'estrade.
Au mois d'août, M. de Vassé, fatigué de la position équivoque qui lui était faite à Chartres, donna sa démission de gouverneur, au grand contentement de la Chambre. Les échevins croyaient être débarrassés à tout jamais de cette sorte d'officiers, mais une lettre du Roi, du 13 septembre, vint les désabuser , en leur annonçant que le poste vacant avait été donné à M. François d'Escoubleau , seigneur de Sourdis, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre. On objecta que de toute ancienneté , en temps de paix , la dignité de capitaine ou gouverneur de Chartres avait été unie à celle de bailli. Mais ces raisons n'avaient pas une grande valeur, car, depuis longtemps, le bailli ne résidait pas et n'exerçait en réalité aucunes fonctions ; ce titre honorifique appartenait alors à If. René de la Ferrière, chevalier, seigneur de Saint-Maurice-de-
<de M. Charpentier, chanoine, et ils s'en retournèrent le mardi matin. ( Livre de Bois de Saint- André.)
Le Roi remporta de son voyage deux chemises de Notre-Dame , Tune pour lui et l'autre pour la Reine, espérant obtenir lignée par l'intercession de la belle Dame. (Journal de Lestoile, p. 113.)
^ * L'eau pénétra dans la crypte de l'église Saint-André où les gagers retirent la €Ân et y estoit de la hauiteur de la table qui est audict lieu. (Livre de Bois de Saint-André.) — Le mecredy 8 avril, environ mydi, les eaues commencèrent à acroistre de telle sorte que, environ onze et douze heures du soir, elles furent si grandes au elles passoient par dessus le pont de la barrière de Porte-Guillaume et passoient la maison de la Souche , et firent de grandi désastres es vallées ; comme aussi, à ceste mesme heure et jour, est advenu aux fauxbourgs Saint-Mar- <eau à Paris et en plusieurs aultres lieux et contrées. (Livre des obits de Saint - Barthélémy; Arch. départ.)
Le 28, le clergé de Dreux et 18 à 20,000 individus environ , tant gentilshommes que bourgeois et paysans , de 32 paroisses de cette ville et de son voisinage , tous habillés de blanc , portant chacun une croix à la main et chantant des cantiques , arrivèrent sur les midi à la porte Drouaise. Ils y trouvèrent le clergé chartrain , les gens du Roi et les échevins qui les conduisirent à Notre-Dame par les rues Saint-André , de la Corroierie , de Bourg , de la Croix-de-Beaulieu ou des Ecuyers , de la Porte-Cendreuse et des Changes. M*' de Thou reçut le Saint-Sacrement des mains de M. Lefèvre, archidiacre, qui l'avait porté depuis Dreux jusqu'à Chartres; l'Evêque officia pontiûcalement , et le lendemain , après un sermon du P. Rembure , jacobin , la procession fut reconduite avec les mêmes honneurs jusqu'à la porte Drouaise, d'où elle regagna Dreux dans l'ordre qu'elle avait tenu en venant \
Malgré le peu de sûreté des chemins, le Roi ne renonça pas à ses pèlerinages habituels ; le 1 1 mars 1 584 , le chancelier de Cheverny annonça la venue de ce prince , avec notable compagnie , pour le mardi 1 3 ; Sa Majesté désirait être reçue comme l'avaient été les gens de Dreux. Au jour désigné, Henri III, après avoir dîné à Nogent-le-Phaye chez M. Bigot, l'un de ses valets de chambre , arriva , à pied , à sept heures du soir, avec sa confrérie de pénitents , au faubourg Saint-Barthélémy , où l'attendaient le clergé, les officiers et les échevins. Il se recueillit un instant dans un oratoire qui avait été dressé près de la croix du carrefour, accepta les compliments et le vin de la ville et vint processionncllement faire ses dévotions à Notre- Dame \ La nuit se passa en prières, et, après les offices du
1 Livre de Dois de Saint- André '.
* Heg. des EcJievins. — lequel voyage le Roi fit à pied, accompagné de 47 frères pénitents des plus jeunes et dispos pour bien aller à pied, et tout du long de leur voiage portèrent toujours par les champs leurs habits de pénitents. (Lestoile, lre partie, p. 170.)
Le Livre de Bois de Saint- André raconte fort au long ce pèlerinage « Henry de Valois , roy de France et de Poloingne, arriva à Chartres, accompagné de Xu religieux capucins et VI religieux de l'ordre des bons hommes et bien LX tant car-
matin , le cortège royal s'achemina , toujours à pied , vers Notre-Dame de Cléry- Quelque temps après cette visite, la peste reprit dans certains quartiers, ce qui n'empêcha pas les cérémonies religieuses et les séjours à Chartres de divers grands personnages. Le 26 juillet, des honneurs funèbres presque princiers furent rendus au corps de M-' Anne de Thou, épouse du chancelier de Cheverny et nièce de l'évèque Nicolas de Thou ; les services du mari et les mérites de l'oncle parurent exiger cette démonstration publique. Du mois d'août au mois d'octobre, Chartres reçut la reine Louise, M. de Cheverny et le duc d'Epernon '. Le Roi était attendu le 2 octobre, mais un redoublement de peste le contraignit à tourner les murs sans entrer. La contagion ayant diminué vers la fin de l'année, la Reine en profita pour venir passer la nuit de Noël dans la crypte de la Vierge-Noire *.
Cette prédilection marquée du souverain , des deux reines et des seigneurs pour le sanctuaire de Chartres était peut-être encouragée par les exhortations de l'illustre poète chartrain Philippe Desportes, abbé de Thiron et de Josaphat, qui avait souvent la charge de prêcher les religieux hiéronymites du Roi *; quoi qu'il en soit, les poinçons de vin et les boites de
UnauT. , princes et grands seingmurs de son rogaulme; estant parti de sa ville capitale de Paris à pied, estant lai et toute sa eompaignie habillé de linge blanc en façon à" aube et ceint d'une ceinture de cordtlles et la plupart de tes c omputmons nuds pieds , portant par lun desdits pèlerins un grand crucifix; tous marchant par ordre toujours chantant prime , tierce, sexte, noneet la litanie, etc.... (Areh. départ.)
' lieij. des Echevins.
* Lestoile, i" partie, p. 192. — L'abbé Philippe Desportes, dont j'apprécierai
il le talent poéfinue , l'i.iit né a Chartres en 1546, de Philippe Desportes,
is. et île Marie Céline. Une sœur de son père, appelée Simonne, avait
té Jacques Régnier. |«>re du célèbre poêle satiribuc Mathunn Régnier; une autre
■ "" sieur Nof 1 , roniiflleur des deniers d'octroi. Le» familles Desportes ,
r et Noël faisaient partie de cette bonne bourgeoisie de la ville qui
on de fournir dus membres à l'échevinage.
r...js joua, en politique, un rôle assez considérable; comblé de biens par
Charte* IX et llenn 111 , il e\i>n a longtemps les fonctions de secrétaire de la chambre
le ce dernier piwe, qu'il avait accompagné en Pologne. Pendant la Ligue, il suivit
- — Ju maréchal de Villare et contribua puissamment à la réduction de Rouen
confitures que ces visites coûtaient à la Chambre étaient bien payés par l'argent que répandaient chez les habitants les séjours de Henri m et de sa suite. La ville sut reconnaître les bonnes grâces royales par la fidélité dont elle fit preuve pendant la première période de la reprise du pacte d'Union. Ce pacte, fabriqué, comme nous l'avons dit, en 1576, puis abandonné à la paix de 1577, venait d'être signé à Joinville, le 31 décembre 1584, par les Guise, le cardinal de Bourbon et le roi d'Espagne. La Ligue, car c'était elle, voulait s'assurer de l'éventualité de la succession à la couronne, en bravant à main-armée les tendances modérées du Roi et en excluant du trône le roi de Navarre. Les premiers mouvements commencés en Beauce au mois de février 1 585 , obligèrent à des mesures de défense concertées avec les gens de Bonneval , de Nogentle-Roi, d'Illiers, de Courvillc, de Gallardon et de Châteauneuf1. Le 28 mars, arriva à Chartres le sieur du Vau, chevalier de l'ordre et gentilhomme de la Chambre, porteur des instructions du Roi pour la conduite à tenir pendant les troubles \ On était d'autant mieux disposé à faire bonne garde, que la peste obligeait à des allées et venues continuelles de l'intérieur à l'extérieur ; le guet fut augmenté ; on condamna les portes Saint-Michel , Chàtelet et Morard , et le vice-bailli , à la tête de sa compagnie , alla fouiller les environs \ M. de Réclainville , dont on n'avait pas oublié les bons services, vint, le 1 1 ami , occuper de nouveau le gouvernement, en l'absence de M* de Sourdis retenu à la Cour *. Au mois de mai, les ha-
sous l'obéissance du roi Henri IV. (Mémoires de Sully, vol. 2, p. 137 et suiv.; coU. Michaud. — Papiers de l'abbé Brillon, Notice sur Malhurin Régnier; Bibl. comm.) Par lettres datées de Blois le 23 janvier 1577, le Roi, en considération des services que lui avait rendus son secrétaire Philippe Desportes , prescrivit à la Chambre d'exempter du guet et de toutes autres charges de guerre la dame veuve Desportes , mère dudit Philippe; ce qui fut accordé, en la séance du 17 février, à la requête de M. Noël , gendre de cette dame. (Heg. des Echevins.)
1 Lettre du Roi, à ce sujet, en date du 23 mars. (Ib.; 26 mars.)
* Ib. — 8 Ib.; Séance du i avril.
* Ib. — M. de Réclainville, nommé par lettre du Roi du 7 avril, resta à Chartres
bitants des campagnes, à trois lieues à la ronde, harcelés sans relâche par les gens de guerre des deux partis, furent contraints de prier les échevins de recevoir en dépôt leur mobilier et leurs blés, vins, lard, etc. *
L'approche de quelques bandes de l'armée royale commandée par M. de Joyeuse et concentrée dans le Gàtinais et la Touraine , donna , il est vrai , aux Beaucerons un moment de répit, largement acheté par les fournitures que le pays chartrain expédia au camp d'Etampes , comme prix de protection \ Mais le moment approchait où les troupes du Roi ellesmêmes allaient cesser leur œuvre de police; les succès des Ligueurs dans presque toutes les villes du nord de la France devaient imposer bientôt à Henri III , malgré sa répugnance , la sanction des principes de l'Union et la révocation de l'édit de tolérance de la religion réformée; il accomplit, en plein Parlement, le 18 juillet, cette abdication de sa propre volonté. C'était rallumer le feu de la guerre civile sur tous les points du royaume ; le pauvre monarque ne le savait que trop ; aussi n'oubliait-il pas la contrainte dont il avait été l'objet, et sa haine secrète contre la Ligue débordait toutes les fois qu'il en rencontrait l'occasion. On raconte que se trouvant à Chartres, au mois de novembre , il fît rouer un capitaine catholique , ardent ligueur, et pendre trois de ses soldats, parce qu'ils avaient pillé la maison de M. de Dangeau, gentilhomme huguenot \ Le reste de l'année 1 585 se passa en préparatifs de défense ; les travaux des fortifications, en particulier ceux du ravelin de la porte Drouaise, furent poussés avec vigueur, et les ar-
jusqu'à la fin de mai , et, 4 son départ , les échevins certifièrent que ce haut et puissant seigneur s'était employé avec tout le zèle possible au service du Roi et 4 la garde de la ville. (Reg. aes Echevins; Séance du 28 mai.)
« Ib.
1 Cependant les échevins ne voulaient pas que ces troupes vinssent vivre trop près d'eux. Sur le bruit de leur arrivée en Beauce, la Chambre deputa.au Roi le sieur de Montescot pour le prier de prescrire au duc de Joyeuse et à ses gens de rester 4 deux lieues au moins de Chartres. (Ib. ; 20 juin 1585.)
1 Journal de Lestoile, 1™ partie, p. 192.
quebusiers du Vidame firent l'exercice comme des troupes régulières.
Le Roi vint faire ses dévotions ordinaires à Notre-Dame le 28 mars 1586 *, et, quelque temps après , la Chambre reçut Tordre d'expédier 1 00 muids de blé à l'armée de Guyenne et à l'armée navale \ Le moment était mal choisi, car la disette régnait à Chartres ; en avril , on fut obligé de défendre à chaque habitant d'acheter plus d'un setier de blé par marché , et, en mai , la cherté des vivres était si grande que les pauvres gens mouraient de faim \ Henri revint au commencement de septembre , et , cette fois , sa visite fut suivie de la demande d'un emprunt de 5,500 livres, pour contribuer au paiement de la solde des ligues suisses \
M. de Réclain ville fit expulser, au mois de septembre, les vagabonds et kaimans étrangers qui contribuaient à la misère publique1. Cette exécution était commandée, d'ailleurs, par la sûreté générale ; M. d'Entraigues, bailli d'Orléans, avait informé, au mois de juin, le gouverneur de Chartres de certains projets formés par quelques rebelles contre la ville , et il était parvenu de plusieurs côtés des avis annonçant l'approche de bandes de gens de guerre inconnus \ Le Roi trouva Chartres en proie à ces inquiétudes, lorsqu'il accomplit un nouveau pèlerinage le 29 novembre \ Mais la rigueur exercée contre les mendiants ne fut que momentanée et dut céder devant les
1 lier/. des Echevins. — Pour rendre la ville cligne de ce Roi pèlerin et de ses compagnons «le pénitence, l'évéqtie de Tlmu avait consenti, le 13 septembre 1585, à l'érection d'un cou vont de Capucins. Non s parlerons, au dernier chapitre de celle histoire, de ce couvent qui fut fondé en 158/ dans le prieure* de Saint-Lubin et qui reçut plusieurs fois la visite de Henri III.
1 lb.; 1er mai.
8 Th.; 25 avril et 13 mai.
4 Le Roi accomplit ce pèlerinage en revenant des eaux de Pougues; il rentra i Paris le 12 septembre. (Lestoile, 1re partie, p. 208). L'emprunt dont il s'agit fut porté à la connaissance de la Chambre dans la séance du i novembre.
* Iieg. des Echevins; 18 septembre.
• Ih.
7 Journal de Lestoile, 1™ partie, p. 210.
nécessités de ce cruel hiver. La misère, qui était horrible dans les campagnes du Perche, poussait les malheureux vers les centres de population ; ils arrivèrent en si grand nombre à Chartres, aux mois de janvier et de février 1587, que Ton prit le parti de les organiser en brigades de travailleurs , aux gages d'un sou et de trois pains de douze onces par jour \ Les passants qui refusaient de se soumettre à cette règle, étaient hébergés une nuit à l'hôpital Saint-Hilaire , puis chassés hors des murs. On avait déjà dépensé pour les pauvres, à la date du 1er mai, 44 muids 6 setiers 1 minot de blé, valant en argent 2,400 écus soleil ; il est vrai que le clergé s'était engagé, le 3 mars, à contribuer pour moitié, pendant trois mois, aux aumônes nécessitées par la cherté du pain \ Les craintes d'une surprise par les huguenots redoublèrent à partir du mois de juillet ; des lettres du Roi, datées du 10 de ce mois, et un message du chancelier, reçu le 7 août, déterminèrent le gouverneur et la Chambre à donner la dernière main aux préparatifs de défense \ Les travaux de réparation des ravelins des portes Drouaise et Saint-Michel furent achevés pendant le mois d'août; en septembre, on donna commission à M. Lenoir, échevin, d'aller acheter à Paris 60 mousquets avec leurs équipages et 200 piques ferrées ; une revue générale fut faite par les capitaines , le 26 octobre , et on exigea que chaque bourgeois se pourvût d'une pique, d'une hotte, d'une pioche, d'un mousquet de six livres de poudre ou d'une arquebuse de trois livres de poudre, avec 120 balles au moins \ On
1 Reg. des Echevins; 12 février 1587.
* 1b. — Cette générosité valut au clergé l'exemption du tiers à sa charge dans la taxe des pauvres établie pour trois ans , avec paiements anticipés , par rassemblée générale du 28 avril. Cette exemption lui fut accordée par un arrêt du grand conseil du 9 mai 1587. (Arch. de l'Hôtel-Dieu.)
8 Reg. des Echevins. — Comme on voulait garantir de toutes les manières la tranquillité publique , la Chambre se plaignit , au mois de juillet , de la sonnerie des cloches , qui vont à toute heure du Jour et de la nuit, et au lieu d'inviter les fidèles à prier Dieu les excitent à maugréer à cause des insomnies quelles donnent et du mal qu'elles font aux malades.
apprit , en effet , que les Rettres allemands , auxiliaires des protestants, avaient passé la Loire vers la mi-octobre, mais on sut presque en même temps que les Guise leur avaient fait éprouver un échec près de Montargis (26 octobre). Réclainville, entre les mains duquel le gouvernement se trouvait placé de nouveau , était tenu parfaitement au courant des mouvements de l'ennemi par les princes lorrains , ses patrons ; Q profita de la circonstance pour augmenter l'armement de la ville et fit venir de l'arsenal de Paris 100 mousquets, 400 piques , 4 milliers de poudre et 100 grenades à feu \
Le Roi se défiait du gouverneur intérimaire de Chartres, qu'il savait entièrement dévoué à la politique des Guise ; sous prétexte que la garnison n'était pas suffisante pour garder une place aussi grande et aussi menacée, il dépêcha, le 3 novembre, avec sa compagnie, M. de Pougny, de la maison d'Angennes , chevalier de Tordre et capitaine de 50 lances des ordonnances , et il voulut que ce seigneur partageât le commandement avec M. de Réclain ville. Mais ce dernier ne consentit pas à souscrire à un pareil partage ; sur son invitation , la Chambre fit observer à Henri III , par lettre du 7, qu'il serait à craindre que deux gouverneurs égaux en dignité ne fussent pas d'accord ensemble et qu'il semblait plus convenable de laisser M. de Réclainville seul en possession de la charge, en raison de la grande concorde qui existait entre lui et les habitants ; en même temps on éconduisit courtoisement M. de Pougny et ses gens, sous prétexte que la crainte des soldats empêchait les paysans de venir travailler aux fortifications \ Le Roi n'osa pas insister, mais pour reléguer Réclainville au second rang, il donna ordre à M. de Sourdis, gouverneur titulaire, d'aller regagner sur-le-champ son poste. La défiance du Roi se manifesta à la même époque dans une circonstance
1 Reg. des Eehevins; 29 octobre.
• /£.; Séance du 6 novembre.
de même nature. Le lieutenant-général Simon étant mort subitement le 16 septembre \ les écbevins supplièrent Henri de lui donner pour successeur M. Jean de Gauvillc, lieutenant particulier \ Mais le monarque, craignant sans doute que ce choix n'eût été dicté par Réclainville , donna la place vacante à M. François Chouayne , parent de son bien-aimé poète Philippe Desportes 8.
A son arrivée, qui eut lieu le H novembre, le gouverneur trouva le moyen d'expédier à l'armée royale lOOmuids de blé et 50 muids d'avoine , puis il Gt admettre dans les faubourgs le régiment de gens de pied de M. de Sarlabos et décida la Chambre à lever 200 bons soldats, aux gages de deux sous par jour, sous les ordres de deux vaillants gentilshommes à sa nomination, et de deux bourgeois, pour lieutenants. Ce complément de garnison permit, le 21 , de refuser l'entrée de la ville au régiment de M. de Gerzay qui se présentait de la part du Roi \ Les Reltres, remis de leur défaite, étaient enfin parvenus au cœur du pays chartrain où Henri de Navarre devait leur donner de ses nouvelles ; mais, surpris à Auneau, le 24 novembre, par le duc de Guise, ils furent obligés de battre honteusement en retraite, en laissant plus de 2,000 morts sur le champ de bataille. Cette victoire causa une immense joie à Chartres , d'abord parce que quelques bandes de Reltres tenaient la ville en échec depuis trois semaines , ensuite parce
1 Uvre de Bois de Saint- André.
1 lîeg. des Echerins. — Jean de Gauville avait épousé, le 26 septembre 1568, Anne de Mineray , fille du lieutenant-général de ce nom et sœur de Marie de Mineray, épouse du lieutenant-général Simon, trépassé. C'eût été le quatrième lieutenant-général de la même famille. (Voir le Litre des messes et obits de Saint-Martin-le-Viandier ; Arch. départ.)
3 Pintard dit , dans ses notes manuscrites , que la lieutejiance -générale avait d'abord été dévolue à Etienne Haligre , fils du greffier Raoul Haligre , et que ce personnage, qui devint plus tard le premier chancelier d'Aligre, permuta presque aussitôt avec Chouayne, alors conseiller au Grand-Conseil (coll. Lejcune). Chouayne était un savant distingué et un excellent orateur. De Thou le cite dans ses mémoires parmi les érudits dont il fit connaissance lors de son voyage avec Paul de Foix. (Mém. de de Tfiou, p. 278. — Voir aussi la Bibl. chartraïne de Pom Liron.)
4 Heg. des Echevins; H et 12 novembre.
que les vaincus étaient des hérétiques, enfin parce que le héros de la journée était ce grand duc de Guise, l'idole du parti catholique. Une fois les Reitres battus et dispersés, les bourgeois chartrains allèrent nettoyer les villages qu'Us avaient occupés: ils trouvèrent à Saint-l^gcr-des-Aubécs deux gros pétards qui furent tirés, le 21 décembre, pour la réception du Roi et emmenés à sa suite \
1 Ileg. des Echevins: décembre 1T>87 et février 15K8. — Voir sur la défaite des Heitrcs, les Mnn.de Chevcruy. p. M.V, col historien fixe l'action au 26 novembre. Cheverny ajoute, que Ton trouva dans les campements des Retires douze assez bonnes nièces, tant canons </uc confrvrincs , qu'on fit conduire à Chartres.
La Iwutte. et de/fa icle générale des lieistres donna lieu à beaucoup d'opuscules dont la plupart se trouvent à la Bibliothèque impériale et sont classés à U page 316, Lbn, n°* :iSr>, 38(1 et suivants, V* vol. du Catalogue.
On conserve dans les archive* do la Mairie un Estât des fraiz faits en la ville et Chartres pour le service du lift/, tuitimi et défense d'icelle ville durant la présente année 13S7. Ce document, qui constate une dépense de 5,179 ccus 18 sous. contient les passades suivants :
Tour avoir tait venir de Paris le capitaine Augustin Ramcli, ingénieur du Rot, pour visiter les fortifications et y ordonner ce qui serait nécessaire; tant pour sa dél>ense (pie pour celle de quatre hommes à cheval venus avec lui , sept vingt dix escus, y compris un cadeau de cent escus.
Achat à Paris, moyennant cinq e>cus pièce, transport compris, de huit vingts mousquets garnis de leurs bandnuillières, fourchettes et moules, huit cents escus.
*2(K> piques ferrées, achetées à Paris moyennant 50 sous pièce, transport compris, huit vingt six escus deux tiers.
Nourriture et entretien pendant deux jours au\ faubourgs de la ville des troupes commandées par le sieur de Sarlahos, i7<> escus 2 tiers, suivant certification du sieur de Sourdis.
Nourriture et entretien de la compagnie de gens d'armes du sieur de Sourdis en la ville durant 1 i jours , du samedi 1 i novembre jusqu'au vendredi 27 , 5#3 escus un tiers comme appert des certifient* du Heur de Sourdis et du fourrier de sa compagnie.
Dépense, faite durant les mois d'octobre et de novembre au matériel de l'artillerie, comme cartouches , uffnix , artifices du- feu pour chandeliers de guerre, grenades, etc., sous la direction du capitaine Snu\ou, coinmi>sairc ordinaire de l'artillerie, qui a séjourné en la ville pendant les mois d'octobre et de novembre, avec deux canonnière, 17ÎM) escus .'{«S sous, suivant e>tat >i^né dudit Sauxun le dernier novembre 1587.
Maçonneries de pierres de. taille lvasonuées de barres de fer attachées à plomb dans la rivière , pour empêcher rennemy de la retrancher en trois endroits où cela se pouvait, \)T} escus.
Uois, chandelles et charbon fournis extra ordinairement aux corps- de-garde de la ville et des faubourgs pendant trois semaines que rennemy a été devant la ville et es environs, six vingt dix escus.
Fairt , arresté et vérifié, par nous snuhs-sitjnez à Chartres le dixième, jour de décembre l'an mil v" iiijJX vij
Iifclainville , Cainville . de Mnntesent , liobine , Tunais . Hacher, Brebion . Hnulroue , Let/ny, Trossard.
Yéri/ié et contrôlé pur Jrhuu .W/. contrôleur des deniers communs , les jour . mois et an que dessus . Signé Aoè/.
Le séjour à Paris du roi de France et du roi de la Ligue, de Henri de Valois et de Henri de Guise, amena des conflits qui se terminèrent par les barricades des 12 et 13 mai 1588. Henri III, craignant d'être cerné dans le Louvre par les Guisards, partit furtivement de Paris le 13 au soir et arriva le lendemain 14, sur les onze heures du matin, aux faubourgs de Chartres, accompagné de quelques seigneurs et précédé par le chancelier de Cheverny , gouverneur de la province * . Les fugitifs crurent au premier abord qu'ils ne pourraient pas entrer sans parlementer, car ils trouvèrent les portes Drouaise et Châtelet fermées ; mais la porte des Epars était ouverte et le Roi se risqua ; il descendit à son logis du cloître et fut trèsbien accueilli par la population \ Les gardes suisses accoururent, le 1 5, sur les traces du monarque, qui avait déjà inauguré sa venue par une grande procession à Saint-Père-en-Vallée , avec la châsse de Notre-Dame \ Ce brusque départ de Henri déconcerta les Parisiens qui perdaient ainsi l'espérance d'obtenir les concessions qu'ils pouvaient imposer quelques jours plus tôt. Les députations du Parlement, des cours supérieures, du clergé se succédèrent près du Roi pour le supplier de pardonner à sa bonne ville de Paris; il fut inflexible. On imagina alors de l'émouvoir par un de ces spectacles religieux si fort à son gré: « Le jeudi, 19 mai, dit le Livre de Bois de Saint- » André, sur les huict heures du soir , arrivèrent de Paris les » Capusins dudict lieu , accompagnés de Mr du Bouchage, ca- » pusin , portant la croix avec très grande et singulière dévo- » tion ; et estaient avecques eux les pénitens gris qui précé- » doient à l'entrée de Notre-Dame les dictz capusins, chantans et » psalmodians les ungs et les autres; et estans lesdictz religieux » entrez dedans le cueur de Notre-Dame, les dictz pénitens » crièrent à haulte voix par trois fois : Miséricorde, ce frappans
1 Lestoile, i™ partie , p. 251 et 252.
1 Mémoire* de Cheverny, p. 487 et suivantes.
9 ÎÀvre de Bois de Saint -André.
» et gettaus par terre ; lesquelles choses excitèrent plusieurs » manans et habitans de Chartres et aultres à plorer et gémir \ »
» Le dimanche , 22 , le Roy toucha les mallades des écru- » elles sur les dix heures du matin; et là ce trouvèrent bien » huict à neuf cens mallades tant Espaignolz que autres. Le- » dict jour, sur les cinq à six heures du soir, les capuscins et » pènitens gris vinrent de l'église de Mr S1 Piat en l'église de » Notre-Dame, et de ladicte église ce transportèrent en l'église » de Mr S1 Martin le Viandier en procession , faisant plusieurs » mistaircs de la Passion, dont nul c un s des assistants se trou- » vérent édifiés, et la plusparl des autres schandalisés *. » Le Roi suivit dévotement les offices, mais il ne s'attendrît pas.
Le duc de Guise et le corps de ville de Paris, redoutant, dans T intérêt de leur propre cause, une rupture ouverte avec l'autorité royale , envoyèrent, le i 7 et le 24 , des députés porteurs de paroles de conciliation ; le Roi remit l'examen des griefs mutuels aux Etats généraux qui devaient se tenir à Blois le 15 septembre. L'ordonnance de convocation de cette assemblée fut, en effet, publiée le 21 mai, jour du dépari de Henri 111 pour Rouen.
La présence du Roi à Chartres avait été signalée par des bienfaits fort appréciés alors. \jg monarque avait fondé , par lettres-patentes du mois de mai , une foire franche de huit jours ouvrables consécutifs, à jMirtir du 11 mai de chaque
1 Voiri comment les registres de l'Œuvre font mention du m^me fait : • I* jeudy. 10 mai , les pènitens cl capucins de l'aris .sont vmuz en procession en reste ville, et sont arrivez environ lut ni heures du stiir, et ont fairt quelques prières dedans le cœur et pin/ s sont allez siatbz terre là où Hz ont fairt te pareil, et sont sortis par la porte vers le chtrher vieil; et une partie sont allez aux Capucins, Vautre chez Mr Uonneaux , chanoine de la dicte église. Ije lendemain vendredi/, Mr le duc d'Epemon est venu à Chartres trouver te roy qui y estait. »
* Cette dernière réflexion est exprimée en ces termes dans le Journal de Lestoile : « 35 capucins , procèdes par frère Anixo ( naguères sieur du Bouchage I mii portoit la croix .... entrèrent dans la ville île Chartres chanlans , comme si c'eust este une procession ; dont tout ce peuple de Chartres espandu par les rues pour les regarder, estoit étonna, les uns (romans beaux ces nouveaux mystères, les autres s en rians et s'en moquans , et beaucoup s'en offrnsuns, vomme si on eust voulu se servir des cérémonies de la religion catholique . apostolicqur et romaine pour masque et risée » (p. 254).
année. Cette foire qui subsiste encore et qui, en mémoire de l'époque de sa fondation , porte le nom de foire des Barricodes, fut établie, disent les lettres, en récompense de la fidèle obéissance des habitants et en considération de la belle et grande estendue de la ville, située en fertile pays où se fait un grand et ordinaire traficq de toutes sortes de marchandises \ Henri avait, en outre, accordé à perpétuité aux habitants l'exemption des droits de franc-fiefs et nouveaux acquêts , pour les maisons , terres , seigneuries et fiefs tenus par eux noblement et en foi et hommage *.
On s'occupa pendant le mois de juin de la rédaction des cahiers de doléances pour les Etats généraux, et M. Lemaire, avocat de la ville , représenta la Chambre à la réunion préparatoire qui eut lieu devant le lieutenant-général Chouayne , pour la nomination des députés du Tiers \ Les suffrages des trois ordres du bailliage de Chartres se portèrent sur Renault de Beaune, archevêque de Bourges et abbé commendataire de Bonneval, Raoul Charpentier, docteur en théologie et archidiacre de Blois , et Mathurin Baudouin , curé de Prunay-le- Gillon , pour le Clergé ; sur Louis d' Angennes, sieur de Maintenon , chevalier de l'ordre, capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances et conseiller au Conseil privé , pour la Noblesse ; et sur Claude Suireau et Jean du Ru , avocats, pour le Tiers \
A Rouen , le Roi se montra de meilleure composition qu'à
1 Ces lettres, dont l'original a été perdu, furent enregistrées en Parlement le 29 juillet; mais les troubles sopposèreut longtemps à rétablissement définitif de la foire des Barricades , ainsi que de celle de Saint-Barthélémy que Henri 1H avait rendue franche au mois d'août 1588, comme je le dirai plus bas, et ce ne fut que le 23 mars 1018 que la ville obtint de la Cour des Aides l'enregistrement des lettrespateutes primitives et de celles données en renouvellement par Louis XIII , les 23 février 1612, 2 octobre 1617 et 13 mars 1618
* Patentes de mai 1588, vérifiées en Parlement le 23 juillet et registrées le 2 août en la chambre des Comptes. (Pancarte municipale, vol. 2; Arch. de la Mairie.)
3 Reg. des Echevins.
k L'ordre des Estats généraux tenus à Blois l'an 1588, soubs le très rhrestien Roy de France et de Polongne Henry IIIe du nom. A Lyon , par Benoist Higaud , MDLXXX1X; par commandement de Me le Séncschal; in-8°. (Pièce de la Bihl. impériale.)
Chartres , car il consentit à se déclarer Je nouveau le chef de la Ligue ' ; il nourrissait peut-être dès-lors certains projets qui se réalisèrent à Blois. Henri revint à Chartres le 28 juillet * et ne tarda pas à être suivi par le duc et le cardinal de Guise , le cardinal de Bourbon, la Reine-mère et plusieurs autres princes et seigneurs. Le duc de Guise, logé au cloître Saint-Martin , probablement dans l'ancien hôtel-de-ville, avait été l'objet d'ovations qui ne plurent pas à Sa Majesté ; on prétend même qu'un incendie fut allumé dans une maison du marché aux Chevaux , occupée par le surintendant d'O , pour favoriser l'exécution d'un complot tramé contre la vie du prince lorrain, et que la vigilance des bourgeois empêcha le coup. Le fait n'est pas prouvé. Le monarque avait en ce moment l'esprit distrait par d'autres soucis ; il suivait avec anxiété les mouvements du plus puissant allié de ses ennemis , Philippe H , roi d'Espagne, qui avait envoyé une flotte gigantesque contre l'Angleterre . On sait que cette flotte vint se briser contre les falaises de Normandie et les rochers des Hébrides. La nouvelle en fut donnée au Roi le 10 août, pendant son séjour à Chartres, et l'on doit supposer qu'il ressentit un secret mouvement de joie en apprenant l'échec arrivé au premier promoteur de la Ligne. Le gouverneur de Calais lui envoya 300 forçats turcs et barbaresques recueillis sur la plage ; ces malheureux , agenouillés sur les degrés de la cathédrale, s étant misa crier Hisericordia quand le Roi passa pour aller à la messe, ils furent reconnus libres par le Conseil privé et reconduits à Constantinople 8.
1 ls dimanche 2i juillet, entre resprrs et compiles, a esté faict procession par If h a ult et bas de l'esfjlise . et à l'issue a este chanté en la neif et avec les orgues et chantres Te Dcuin latidumus, pour rendre grâces à Dieu de la paix faicte entre les princes catholicaues et le rmj. (Hegistre du Clerc de l'œuvre; Arch. départ.)
2 /Je//, des Kchevins. --- Le monarque fut mu au bruit de 12 pièces d'artillerie. — Le Livre de liais de Suint-André dit que l'arrivée du Roi eut lieu le 27, jour de Saint-I'antalcon , et qu'il partit pour Rlois le 5 septembre; mais le Registre du Clerc de l'œuvre qui raconte jour par jour les événements, avance l'époque du départ du Ptoi jusqu'au lundi 27 août au matin.
1 L'ambassadeur d'Espagne , Don Bernardin de Mcndoça , s'était rendu à Chartres pour annoncer au Roi la victoire qu'il disait que la flotte de son maître avait rem-
Avant de partir, le Roi voulut octroyer aux Chartrains une faveur semblable à celle qu'il leur avait déjà accordée au mois de mai. Par lettres-patentes datées du mois d'août, il fixa à quatre jours la foire de Saint-Barthélémy qui n'était ordinairement que de 48 heures , et il décida que cette foire jouirait de la franchise des droits , sauf du denier pour livre.
La présence de la Cour avait attiré dans le voisinage de la ville des rôdeurs huguenots qui faisaient beaucoup de mal ; le départ de Henri III en débarrassa le pays. Le monarque, en quittant Chartres à la fin du mois d'août, prescrivit aux habitants de prêter le serment d'union ; en conséquence , le greffier du bailliage dressa le 30 septembre un acte par lequel les échevins s'engagèrent à mourir dans l'union de l'église, à s'employer à la manutention d'icelle et à observer les édits royaux \ Ainsi la ville, déjà secrètement ligueuse, le devint officiellement par Tordre du prince qui détestait le plus la Ligue.
On attendait avec anxiété le résultat des Etats, lorsqu'un fugitif de Iîlois, ce fut le père du maréchal de Bassompierre *, annonça à Chartres la fin tragique du duc et du cardinal de Guise, assassinés le 23 décembre, sur le commandement du
portée sur celle d'Angleterre; il avait même t'ait imprimera l'avance la harangue de ce triomphe. (Lb3», n° i72; BihI. impér.) Ce seigneur fut grandement surpris lorsqu'en réponse à son discours, Henri 111 lui montra la lettre du gouverneur de Calais et qu'il vit les forçats composant l'équipage de la galéasse capitane espagnolle. 11 pria alors le Roi de remettre ces malheureux entre ses mains , mais le Conseil jugea qu'ils avaient recouvré la liberté en posant le pied sur la terre de France. (Introduction à la chronologie notenaire de Palma Caget, lre partie, p. 62 et suivantes; coll. Michaud.)
L'historien de Thou, alors à Chartres en qualité de conseiller d'Etat, dit qu'au mariage de son beau-frère le sieur de Cany avec la demoiselle de Schomberg , célébré en présence de Leurs Majestés et de toute la Cour , le sieur d'Anglure de Givry , blessé à une jambe, se travestit en roi des Indes et se fit porter en palanquin sur les épaules de quelques-uns de ces forçats dont la ville était pleine , et que ce spectacle inattendu réjouit fort le Roi.
De Thou cite Michel de Montaiguc au nombre des personnages qui avaient suivi la Cour à Chartres. (Mèm. ne J.-.4. de Thou; vol. II, p. :të8, :&> et 330; coll. Michaud.)
1 Heg. des Echevins.
2 Mémoires de Bassompierre , t. <i, p. \*2; coll. Michaud.
Roi. Cette nouvelle causa une émotion extrême dans la ville; cependant le gouverneur Sourdis parvint pendant tout le mois de janvier à maintenir les habitants dans le devoir * ; il fit expulser les gueux et les mendiants , et s'opposa avec énergie à toutes prises d'armes, quoiqu'il n'eût à sa disposition qu'une poignée de soldats. Mais sa résistance ne pouvait être de longue durée , car les ligueurs gagnaient chaque jour du terrain dans le pays. Le 6 février 1589, le duc de Mayenne, que Paris venait de nommer chef de l'Union à la place de son frère le duc de Guise , informa les échevins de la prise de la citadelle d'Orléans par les bourgeois ses amis * ; de leur côté , les magistrats municipaux d'Orléans engagèrent vivement leurs collègues de Chartres à les imiter ; il n'en fallut pas davantage. Le 9 février, tandis que l'assemblée générale des < habitants , réunie à Saint-Père , sous la présidence de Sourdis , discutait la cause de la Ligue, en présence de l'évèque de Thouetde M. de Iaï Guesle, procureur-général au Parlement, envoyé par le Roi, quelques ligueurs chartrains qui avaient prévenu à l'avance le duc de Mayenne , allèrent lui ouvrir la porte Morard et l'introduisirent dans les mure avec cent chevaux. Le prince prit immédiatement possession de Chartres au nom de la Ligue, et, après avoir inutilement essayé d'amener Sourdis à quitter le parti royaliste, il installa Réclainville dans les fonctions de gouverneur et fit jurer le pacte d'union à tous les habitants 3, puis il repartit le lendemain vendredi après dîner. Sourdis fut retenu prisonnier pendant dix ou douze jours, ainsi que le procureur-général \jï Guesle, qui avait été arrêté dans
1 M. de Sourdis fit mémo célébrer le 5 février un service solennel on l'église Notre-Dame à l'intention de lu feue rmjne mère du roy Henry troisième (Catherine de Médicisi.
8 lieg. des Echevins.
3 Voir les Mémoires de de. Thou , p. ,'135, V Introduction de Palma Cayct, p. 102, et les Mem. de Chevemy , p. 19:2 et 493. Ce dernier écrivain dit que le sieur des Lignons tourna les Chartrains à la Ligue , en haine de M. de Sourdis et de M. de Mainteuon , qui avaient cmpèVhé son élection comme député de la noblesse aux Etats de Blois.
le faubourg par le seigneur des Ligneris 1 , au moment où il essayait de gagner Paris. On célébra à Notre-Dame, les 18 et 1 9 février , un service solennel pour le repos des âmes des deux frères martyrs*.
Réclainville signala son entrée en fonctions par une activité remarquable ; il fît prêter serment aux paroisses de la banlieue, envoya des émissaires à M. de La Ferrière, bailli, alors à sa maison de Saint-Maurice-de-Galou , près La Loupe , pour découvrir quel parti tenaient certaines troupes rassemblées dans ces quartiers, hâta la levée d'une compagnie d'arquebusiers destinée, sous les ordres de M. de Tivernon, son gendre, à partager avec la milice le service du guet, mit à l'étude une restauration générale des murailles et parvint à expédier aux princes catholiques, généraux de l'Union, 200 chevaux d'artillerie pour la part du bailliage de Chartres \ Tout cela fut fait avant le lw mars. La Chambre municipale, qui s'était réservé la surveillance de l'esprit public , remplissait sa mission avec un grand zèle. Les sieurs de Montescot et René Dolandon, reconnus contraires à l'Union et proditeurs de leur patrie, évitèrent l'emprisonnement par la fuite ; on saisit leurs biens meubles. Plusieurs autres politiques, c'est le nom que l'on donnait aux royalistes , furent appréhendés au corps ; d'autres réussirent à se faire cautionner par des personnes nota-
1 L'historien de Thou , conseiller d'Etat , se trouvait à Chartres près de l'Evoque , son oncle. Théodore des Ligneris, qui était son ami, le prévint que la ville allait se déclarer pour la Ligue et lui facilita les moyens de s'enfuir. (Mém. de de Thou , p. 335.)
* ht dimanche et le lundu , fut faict en l'esglise un service fort solempnel à l'intention des feuz sieurs le cardinal et le duc de Guize . où ont assisté tous Messieurs du Chapitre et Messieurs de la justice , avec plusieurs des manans et habitants de la ville. Ce fut Mr Robert soubz-doyen qui officia au soir , et le lendemain Mr de Chartres dist la messe de l'obit , et après l'offerte fut faicte une prédication funèbre dedans le cœur : et pour lequel service fut dressé dedans le cœur une chapelle ardente, sur laquelle y avott 57 cierges poisant chacun un auarteron avec quatre gros cierges poisant chacun cinq livres qu'on appelle les bourdons avec deux processionnaires sur l'autel; et aussy le tour fut mys sur le pulpitre; et fut porte à l'offerte du pain et du vin par des bonnes damotselles de la ville. (Livre au Clerc de l'œuvre; Arch. départ.)
8 Reg. des Echevins.
blés \ mais ils n'y gagnèrent que la liberté de leurs personnes, et il leur fut interdit de prendre part aux délibérations de la commune et d'aller au guet. Les prisonniers étaient visités et interrogés sommairement par MM. de Lépine et Broisset, échevins, tandis que les capitaines des quartiers, accompagnés d'un docteur en théologie et des curés, faisaient des visites domiciliaires chez les bourgeois soupçonnés d'hérésie et chez les libraires, pour saisir les livres et papiers défavorables à l'Union et à la foi catholique (premiers jours de mars) \
Le conseil de ville avait besoin , dans une conjoncture aussi grave, de consulter fréquemment les habitants; on convint donc , le 4 mars , que les assemblées générales se tiendraient à jour fixe et qu'elles se composeraient de quatre classes distinctes, ayant chacune voix délibérative , à savoir: les échevins, les capitaines des quartiers, les délégués du clergé et ceux des paroisses. L'argent manquait pour la solde de la compagnie de M. de Tivernon et pour les travaux des fortifications; mais, comme on était en révolte ouverte contre le Roi, on ne se fit aucun scrupule d'appliquer à ces dépenses le montant des tailles et des recettes du grenier à sel ; bien plus, le receveur du domaine royal et ducal , le contrôleur et le receveur des tailles furent nommés trésoriers et payeurs de la Ligue à Chartres 3.
On employa encore d'autres moyens pour remplir la caisse municipale: l'Evoque, suspect de royalisme , donna, bon gré mal gré, 400 écus à la commission des fortifications ', et, d'après l'avis de M. de Mayenne, on élargit quelques politiques riches, moyennant le versement de sommes d'argent, à titre
1 Ueg. des Echevins; G mars. — Ma Mathuriu Leroy, conseiller au présidial, suspect de royalisme , fut pleigé par le curé de Prunay-le-Gillon et Robert Tulloûe , procureur.
» Ib.; 9 mars.
3 Ib.; 4 et 7 mars.
4 Cette commission était composée de MM. de Boisbissay, vice-bailli, Lcclerc, Cheron et Haligrc de Chonvillers.
de prêt (7 et 13 mars) \ Quand on eut des fonds, il fallut trouver des ouvriers maçons ; les maîtres du métier de Chartres élevèrent alors des prétentions si exorbitantes, que Ton dut appeler, à leur défaut , des Limousins auxquels on promit la maîtrise gratis (16 mars) \ Afin que les réparations des murailles pussent être mieux suivies, M. de Réclainville fît substituer , le 1 7 mars , à la commission temporaire des fortifications, un bureau permanent siégeant en la chambre aux bourgeois de la Tour-le-Roi, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine \
Les sentiments ligueurs de Chartres n'avaient pas été adoptés par toute la province ; le Perche et la partie du pays chartrain qui l'avoisine tenaient, en général, pour le Roi, encouragés en cela par M. de Sourdis et autres capitaines dont les gens occupaient les petites villes d'Hliers, Bonneval et La Loupe. Effrayés par les rassemblements huguenots et royalistes qui se formaient dans ces contrées et qui lançaient leurs enfants-perdus jusqu'aux faubourgs de la ville , les échevins redoublèrent de sévérité à l'égard des suspects. On remit, le 13 mars, les rôles de l'Union entre les mains des gagers des paroisses pour les faire signer de maison en maison ', et cette revue individuelle détermina des arrestations, des saisies et des suspensions d'offices. MM. Claude Acarie et Jean Grenet, avocats du Roi et du duc de Ferrare au bailliage, eurent beau protester de leur dévouement à l'Union et de leur horreur pour les crimes de Blois, ils durent recourir au Conseil général de la Ligue à Paris, pour conserver leurs charges (arrêt
1 lieg. des Echevins.
* Ib.
3 Ib. — Ce bureau fut composé de MM. le Prévôt, Trouillart, Pasté, Suireau, Chesnel et Quedarne , capitaines des quartiers , Régnier et Brébion , échevins , de deux membres du clergé, et de MM. de Boisbissav, vice-bailli, Cheron, élu, Bonhomme, receveur du Domaine, Dutcmple et Le Tunais, procureurs.
* Ib. — Le 16 mars, M. de Réclainville adressa à tous les nobles et gentilshommes du pays une circulaire pour les inviter à venir jurer l'Union. ( Pièce cataloguée Lb'S n° 695"; Bibl. impér.)
du 18 mars) \ Les sieurs Pierre Chesneau, Macé Lapoustoire et Mathurin Leroy, conseillers , moins heureux ou plus francs, furent tenus de cesser leurs fonctions par ordre du duc de Mayenne \
La police arrêta, le 16 mars, un laquais que M"- de Versigny envoyait, de Paris, à son mari, maître des requêtes de l'Hôtel et ardent royaliste, pour l'informer de l'état et déportement des princes ligueurs. Le 17, on saisit les blés appartenant aux politiques et huguenots fugitifs , et on en distribua une partie aux troupes de l'Union commandées par M. du Bourg et gttées à Amilly 8.
Le Conseil général de la Ligue , séant à Paris , désirant entretenir des relations suivies avec une ville qui, par sa position, lui servait de poste avancé, l'invita avec instance à lui envoyer un député. La Chambre désigna pour cette mission, le 18 mars, M. Jean du Ru, avocat au siège présidial, qui reçut ses instructions le 21 et se rendit immédiatement à son poste \ On informa les échevins, quelques jours après, de la prochaine entrée en campagne de M. le duc de Mayenne, qui devait passer par Chartres (29 mars) ; il fut décidé que Ton rendrait à ce prince, en sa qualité de lieutenant-général du royaume, les honneurs réservés au souverain \ Mayenne partit, en effet, de Paris le 8 avril , mais il se dirigea sur Châteaudun par Etampes , sans traverser Chartres ; il se contenta d'accréditer près des magistrats municipaux M. de Dampicrre, maître des requêtes de l'Hôtel, pour organiser d'une manière définitive le gouvernement de l'Union. On avait constitué, le 20 mars, le nouveau mode d'assemblée générale ; mais les délégués de
1 l\eg. des Echevins; M et 2i mars.
- Ib.
* Ib. — I^cs officiers, échcvins et notables, iront à cheval au-devant du prince, et les capitaines feront la haie avec leurs soldats depuis la porte d'entrée jusqu'au logis qui lui sera préparc.
chaque corps formant une voix, étaient si nombreux qu'il se trouvait quelquefois jusqu'à 72 personnes en séance , ce qui faisait que les secrets n'étaient pas bien gardés \ M. de Dampierre réduisit ce nombre à trois délégués par paroisse et à quatre membres du clergé , indépendamment des échevins et des capitaines ; le gouverneur fut même autorisé , en cas d'affaires délicates , à ne convoquer au conseil que douze personnes (17 et 18 avril) \ Ce seigneur fit ensuite donner une dernière sommation , emportant prise de corps et de biens , aux habitants qui n'auraient pas signé le pacte d'union sous huitaine, puis il se rendit à Châteaudun, près du duc de Mayenne, avec le prévôt et l'échevin Régnier, dans le but d'obtenir des lettres d'octroi de 4,000 écus sur les tailles , applicables à l'entretien des fortifications \
Le Roi , voyant que tout espoir de rapprochement avec les ligueurs était perdu, se décida, les 26 et 27 avril, à donner une déclaration de lèze-majesté contre les seigneurs et les villes engagés dans l'Union. Chartres figurait en tête de la liste, ce qui ne fit qu'exciter davantage le zèle ultra-catholique des
1 L'assemblée générale tenue le 20 mars se composait de m\. de Réclain ville , gouverneur, François Chouayne , lieutenant-général, Guy Robert, prévôt; Charles de La Chaussée , chanoine, Michel Gobineau, receveur des deniers communs, Martin Baucher, Jacques Régnier, Pierre Boutroue , Mathurin Brébion , Michel Bachelier, échevins; Cantien Carte, contrôleur des deniers communs, François Lemaire, avocat de la ville; Mathurin de La Chaussée, religieux de Saint-Père, Yves Gaudeau, prieur de cette abbaye, demis Moussu, curé de Saint-André, pour le clergé; Pastey, élu, Jean Chesnel , procureur , tous deux capitaines , Claude du Ru , Pierre Duhan , lieutenants , Pierre de Ganeau , enseigne , pour les capitaines et officiers des gardes ; Michel Nicole et Nicolas Fresnot, avocats, pour Saint-Aignan ; Jean du Ru, avocat, Jean Arondeau, procureur, et Pierre Langlois, bourgeois, pour Saint-Martin; Raoul Haligre, sieur de Chonvillers, Jean Pintard, procureur, et Guy Trouillart , bourgeois, pour Saint-Saturnin ; Louis Lesmelin , Nicole Lefêvre , Nicolas Quedarne et Gilles Boulanger, pour Sainte-Foy; Jacques Leroy, pour Saint-Michel; Simon Boisset, enquêteur, pour Saint-André; Jean Beurrier, pour Saint-Hilaire. (Heg. des Echevins ) Mais cette assemblée n'était pas au complet , car les délégués de chaque paroisse devaient être au nombre de quatre.
* Ib.
s Ib. — Dans une assemblée du clergé tenue le 24 avril, M. l'Evéque offrit aux habitants la somme de 2,000 écus, applicable à la réédification du ravelin de la porte Drouaise , à la condition d'être déchargé de la garde des murailles , sauf en cas de siège. (Papiers du Chapitre; Arch. départ.)
habitants. Le 8 niai, M. Chouayne, lieutenant-général du bailliage , présenta à la Chambre la formule de serment arrêtée le 6 avril par le Conseil général et annonça 'l'ouverture des Etats-généraux de la Ligue , pour le 15 juillet, dans la ville de Paris \ La rébellion de Chartres étant ainsi dûment constatée , les royalistes de la Beauce , concentrés jusqu'alors dans les paroisses de Dangeau, La Loupe et Favières, entrèrent décidément en campagne ; ils s'avancèrent , le 13 mai, jusqu'à Saint- Arnoult- des -Bois qu'ils ravagèrent \ Quelques jours après, une troupe de cavaliers royaux, conduite par Châtillon, Rosny et Sourdis , surprit et tailla en pièces dans les environs de Bonneval 300 maîtres ligueurs commandés par le sieur de Saveuse qui mourut de ses blessures \ Dans la nuit du 1* au 2 juin, un corps d'arquebusiers protestants, sorti de Bonneval, vint attaquer dans le faubourg des Epars quelques compagnies de chevau-légers qui devaient entrer en ville le lendemain ; ils en tuèrent une partie , firent prisonniers les capitaines Vaupillon et Falandre et brûlèrent plusieurs maisons \ Cette fois, les bourgeois se crurent toute l'armée royale sur les bras ; ils se hâtèrent de boucher avec de la terre les portes Morard , Drouaise et Châtelet ; le gouverneur décida qu'il serait formé immédiatement une réserve de 100 muids de blé (2 juin); 200 livres de poudre à canon furent remises au capitaine Picard qui , logé avec sa compagnie dans les faubourgs , était exposé à recevoir les premiers coups (3 juin); on déposa 1,500 fagots dans chacun des cimetières Hàlé et Sainte-Foy et dans le couvent des Cordeliers ; on garnit les herses de la
1 lieg. des Echevins.
. * lb.; 13 mai.
3 Cette rencontre , qui eut lieu entre Luplanté et Bonneval , est racontée avec détails par Palrna Cayet dans sa Chronologie novenaire, p. 129, et par les rédacteurs des Mémoires de. Sully, 2e série, vol. 2, p. 09 et 70; coll. Micliaud. — Héclain ville était sorti de Chartres avec sa compagnie, mais, après une escarmouche avec l'avant-gardc de M. de Châtillon , il avait jugé convenable de battre en retraite.
4 L'auberge du Chariot , appartenant au sieur Aubert Lesmelin , fut détruite de fond en comble dans cette surprise. (Rtg. des Echevins; Séance du 20 juillet.)
Courtille de pieux et barres de fer (4 juin) \ Certains bruits malveillants s'étant répandus sur le compte des religieux de Saint-Jean , on leur enjoignit d'achever la démolition des combles et charpenteries de leur ancien couvent de la Vallée , et on alla visiter l'hôtellerie de la Rose , près de la Couronne, pour voir quels gens y tenaient conférence (8 et 12 juin) \
Le 1 2 juin, la Chambre reçut une lettre du duc de Mayenne, en date du 9, qui lui annonçait que les ennemis avaient l'intention d'tissiéger Chartres. Un message d'un esprit tout opposé arriva le 1 7 : il était de M. de Montescot , réfugié à Beaugency, qui mandait à Messieurs que , malgré les indignités dont il avait été victime , il voulait bien se charger de faire leur paix avec le Roi. Cette lettre, saisie sur le porteur, devait être remise aux échevins non aveuglés de jmssion par M. Gobineau, receveur des deniers communs , ainsi que l'indiquait un petit billet particulier. Il fut aussitôt décidé que le sieur Gobineau , détenteur de titres et papiers intéressant la ville, serait retenu chez lui sous la garde de deux bourgeois , jusqu'à plus ample informé \ On prit texte de cette circonstance pour déclarer de nouveau M. de Montescot * traître et ennemi de la sainte Union ; la môme déclaration atteignit les sieurs Jérôme Rotrou, sergent à cheval , Jean Poussemotte , orfèvre , Michel Chauvet , Martin Cottereau et Nicolas Jarry , tailleur ; d'autres furent condamnés à l'amende (20 juin) *.
La Chambre décida , le 24 , que les ordonnances et commissions expédiées en son nom porteraient désormais le titre suivant : Le Conseil de l'Union établi en la ville de Chartres, tenu en l'hôtel commun et Chambre de la dite ville; ainsi la
1 Reg. des Echevins.
« Ib.
5 lb.
4 M. de Montescot est tantôt qualifié secrétaire du Roi, tantôt procureur-général des affaires du duché, tantôt trésorier de la maison du Roi.
* Reg. des Echevins.
politique absorbait entièrement l'administration \ Pour compléter les rouages de ce conseil directeur, M. de Réclainville communiqua, le 28, une décision du Conseil général de Paris, prescrivant aux Chartrains de faire choix d'un substitut du procureur- général de l'Union, à la résidence de Chartres. M. Claude Suireau, licencié ès-lois, avocat au bailliage et capitaine de quartier, fut élu à Y unanimité à ce poste qu'il n'accepta, dit-il, que dans l'intention d'y faire le plus de bien possible et sous la condition d'en être débarrassé au plus tôt *. La nomination de cet officier ne donna que plus d'activité à l'exécution des dispositions militaires et politiques. On prononça, le 19 juillet, la confiscation de vingt poinçons de vin appartenant à M. Daniel du Cormier, chanoine de Chartres, atteint et convaincu d'hérésie; on défendit, le 23 , à tous les habitants, quels qu'ils fussent, de correspondre avec l'ennemi et de garder les lettres qu'ils pourraient recevoir de lui, sans les montrer au gouverneur; les hôteliers furent invités, le 25 , à venir donner chaque jour aux magistrats les noms des voyageurs descendus chez eux ; enfin , sur l'avis d'un arrêt de lèzemajesté rendu, le 20 juillet, par le parlement de Tours contre Réclainville et son gendre Tivernon, il fut prescrit à chaque bourgeois , le 3 1 , de faire provision , sous trois jours , de trois setiers de farine, de deux livres de poudre et de balles et cordages, de travailler aux murailles et de détruire les bâtiments élevés dans un rayon de 200 pas des murs \ En même temps, on expédia au sieur de Faucon, inattre-d'hôtel du duc de Mayenne, 50 livres de poudre à canon, un demi-muid de farine et un poinçon de vin, jxmr la munition du château de Villecoi en Beauce, dont il s'était emparé dans le but de contribuer à la tuition du pays \
1 Reg. des Echevins. — * Lb.
s lb. — Le 25 juillet, on fit défense aux aoûtrons (moissonneurs) d'entrer en ville pour la loue: ils durent rester hors des portes, sur les glacis, (lb.)
4 lb.; 31 juillet. — Le 30 janvier 1 590 , M. de Mayenne récompensa les services
L'assassinat de Henri III, qui eut lieu à Saint-Cloud le 1er août, occasionna à Chartres un moment d'indécision dont le parti ligueur finit cependant par triompher. 11 se vengea des modérés , et particulièrement du lieutenant-général Chouayne, en demandant, le 25 août, au Conseil général de l'Union, des lettres-patentes pour la création d'un maire, en la manière dont en jouissaient les villes il Amiens, Bourges, Poitiers et antres bonnes villes \ Le Conseil fit attendre sa réponse, mais, provisoirement, M* de La Châtre, gouverneur du pays chartrain pour la Ligue , donna commission de président de la Chambre de ville à M. du Ru, avocat au siège présidial. Les vexations n'épargnèrent pas, non plus, certains membres du clergé : on assigna devant la Chambre M. Le Houic, chanoine, caporal d'une escouade, M. le sous-doyen et M. Lenoir, autre chanoine, tous deux miliciens, pour s'être fait remplacer à la garde sans autorisation : // n'y a pas de privilèges en temps de guerre, dit à cette occasion le procureur de la Ligue8. Le 30 août, Mc Michel Chaillou, procureur au siège présidial et bourgeois du quartier Chàtelet, arrêta dans le faubourg de la porte Drouaise un trompette du roi de Navarre venant de Nogent-le-Roi et allant à Blois. Comme cet homme n'avait pas fait les trois chamades d'usage, il fut déclaré de bonne prise et saisi avec son cheval, son argent et ses hardes \ Le môme jour, M. de La Voisièrc, commissaire des vivres de l'armée du duc de Mayenne, obtint de la Chambre 100 muids de blé et 25 d'avoine pour les troupes de son maître \
A coup sûr on ne pouvait pas épouser plus franchement les intérêts de la Ligue; cependant, comme il arrive d'ordinaire, les meneurs, eux-mêmes, furent promptement dépassés
du sieur de Faucon en lui donnant le revenu temporel du prieure' de la Madeleine du Petit-Beaulieu , saisi sur M. de Montescot auquel il appartenait. (Hrg. drs Krhei'insj
1 lb.; Séance du 25 août.
» lb.; 22 août.
» lb.
* lb.