TOME U
par les prises ri'Àudenardc, de Menin et d'Yprcs (septembre) 7 de nouveaux aliments à l'allégresse chartraine.
La guerre, même heureuse, coûte cher. Depuis 1654, la ville donnait chaque année au trésor royal 12,000 livres sur If1 produit de ses octrois, sans compter la somme ordinaire pour la subsistance des troupes !. 1^3 secours en argent, demandé \m- l'entremise de M. deSourdis, le 8 septembre 1659, parut moins lourd que les précédents, parce qu'il était destiné aux nécessités de la paix générale et du mariage projeté entre le Hoi et l'infante Mario-Thérèse \ Le duc Gaston mourut à Blois le 2 février 1660 3, pendant que la Cour gagnait les frontières d'Espagne pour les noces royales. Cette mort réunissait de nouveau le duché de Chartres à la couronne; mais, au mois de mars 1661 , Louis le donna en apanage , ainsi que l'Orléanais , à son frère unique Philippe , à l'occasion du mariage de ce prince avec Henriette d'Angleterre \ Les lettres d'apanage ne furent reçues , publiées et enregistrées à Chartres que le 11 septembre*.
1 Arrêt du Conscil-d'Etat du 23 mars 1(>5i, réduisant à 12,000 livres la somme de 2i,(MMJ livres demandé»» à la ville par le sieur François Ferrand, commis du porteur des quittances du sieur de Li ltaziuière, trésorier de l'Epargne, pour représenter la première moitié des ««'trois de Chartres retranchée chaque année au profit de S. M. L»s érhevins avaient été autorisés, par lettres-patentes des 21 décembre 1647, 17 juin i C>r>1 et li avril 1 (><>!, à lever la moitié retranchée par doublement . c'est- .i-dire à augmenter tous les octrois d'un tiers, de telle sorte que la part du Hoi ne diminuât pas le< revenus de la ville. Cet arrêt et ers lettres-patentes sont visés dans I arrêt du 2\ juillet \i\('ù), dont il sera ci-après parlé.
" Lettre du marquis de Sourdis aux éclievins. (Original; Arcli. de la Mairie.) IHnmnrlir 22 février ÎOiUl. Chanté un Te Deum Lnudnmus pour la paix générale, et, le soir, lait un l'eu de joye devant la porte royale. ( Itegistre du Clerc de i'iiirrc ; Arcli. départ.)
;< \jc lundi et mardi ensuivant (2?* et 2i février). Service pour et à l'intention de (eu M. le duc d'Orléans, tlhi.
v ;> aiv'/V KUii. Lettre de M de Sourdis aux éclievins, touchant le salit t à faire à M. le dur d'Orléans et de Chartres. tlieg. des Eehevins.)
•'» U septembre. Lettre de M. le duc. d'Orléans et de Chartres, frère unique du Itoi , contenant ordre au corps de ville d'assister à la publication et à Penregist rement de se> lettre^ d'apanage. - i2 septembre. (Mi donne au sieur Lamliert , secrétaire de> finances du duc d'Orléans, venu pour l'enregistrement îles lettres d'apanage, une < haine d'or et une rltrmise de Sutre Imm*' en toile d'or. — /."> septembre. Te Deum (hanté à trois heures, <|an^ l'église Saiiit-Ai^uan , par ordre de LEvéque , au sujet de l'enregistrement des lettre* d'apanage. tll> >
La nouvelle de la naissance du Dauphin (1er novembre 1661), qui parvint officiellement à la Chambre le 6 novembre !, fut suivie du bruit de la prochaine visite du Roi et des deux Reines au sanctuaire de la Vierge-Noire. Une lettre de l'Evoque, en date du 19, confirma ce bruit*, et Louis XIV, sa mère et sa jeune épouse arrivèrent , en effet , dans nos murs le mercredi 7 décembre \ Quoique le monarque eût demandé une réception toute simple , les officiers et le corps de ville ne laissèrent pas échapper une si belle occasion de protester de leur dévouement et de leur respect pour la personne royale \ La Cour fit ses dévotions le 8, jour de la Con-
1 Dimanche 2 octobre. Fait et commencé la procession pour la grossesse de la Reine.
Dimanche 6 novembre. A esté chanté le Te Deum pour la naissance de Mr le Dauphin , et le feu de ioyc fait devant la porte royalle , allumé par Mr le Chantre à cause de l'absence de Mr le Doyen, (lieg. du Clerc de l'œuvre; Arch. départ.)
* On avait écrit, le 15 novembre, à TEvéque, qui se trouvait alors en Cour à Fontainebleau , pour savoir si le Roi viendrait à Chartres. Le Prélat répondit le 19 que le voyage roval était décidé; mais <hjc Sa Majesté désirait qu'on ne lui fît aucune entrée ; que le hoi et les Reines partiraient le i er décembre pour aller coucher à Yillerov; que le lendemain 2, M*r le Dauphin prendrait la route de Paris, et que Leurs Majestés iraient coucher à Dourdan pour se rendre le samedi 3 à Chartres. M. de Villeroy ajouta que la Cour ne serait guères grosse à Chartres et que l'escorte ne serait composée que des chcvau-légcrs et des mousquetaires.
Malgrécette lettre, on commanda treize armoiries : quatre du Roi, quatre des Reines, quatre de la ville et une de M. de La Frettc, gouverneur, pour être placées, savoir : trois à la porte Guillaume, trois à l'hôlel-de-villc , six à Pévéché, et celle de M. de La Frotte à sa porte. (Séance du 22 novembre; Ueg. des Echevins.)
2f novembre. On charge M. Thibault, échevin, d'acheter des confitures et du vin, de faire raccommoder les robes de MM. de la Chambre et de commander des armoiries pour appliquer sur icelles robes.
On sortira de l'arsenal 12 pièces de canon qui seront montées sur le rempart de la porle Saint-Michel et desquelles on tirera trois salves : la première, à l'entrée de Leurs Majestés; la seconde, pendant le trajet qu'elles feront dans la ville; la troisième, au moment de leur arrivée au Louvre (a l'évéché).
2!) novembre. Arrivée des fourriers du Roi et du sieur de La Gaignerie, son maréchal-des- logis.
0 décembre. Ordre aux habitants de nettoyer les rues demain matin et d'éclairer, le soir, leurs maisons avec des chandelles placées à l'extérieur des fenêtres. (lb .)
3 7 décembre. Le Roi arrive à quatre heures du soir avec les deux Reines; le corps de ville l'attendait à la barrière, hors la porte Guillaume. Le Lieutenant-général fait le compliment et présente les clefs (cependant M. de La Frette, gouverneur, se trouvait alors à Chartres). Sa Majesté étant rendue à l'évéché, MM. les Fchcvins, conduits par M. Nicole, avocat des habitants, veulent faire la révérence aux illustres hôtes de la ville; le Roi les remet au lendemain matin, (lb.)
4 S décembre. MM. de la ville, conduits par M. Nicole, sont présentés au Rot
ception , et repartit le lendemain \ M. le marquis de La Fretie, qui venait de faire enregistrer ses provisions % remplit dans cette circonstance , pour la première et la dernière fois , les fonctions de gouverneur. Enveloppé dans une affaire de lèzemajesté, il fut condamné à mort par arrêt du Parlement du 24 avril 1662 8. Le Roi donna, le 7 octobre, sa charge de lieutenant-général au gouvernement de l'Orléanais et du Chartrain à M. le comte d'Orval , ancien compétiteur de M. de La Frette le père, pendant la Fronde \
par M. de La Frette; M. Nicole fait la harangue. On offre à S. M. deux grandes corbeilles de poires de bon chrétien et quatre douzaines de bouteilles de vin. La compagnie va ensuite saluer les deux Reines et leur offre des boites de confitures.
0 décembre. MM. de la ville, conduits par M. Nicole, vont saluer et haranguer M. le prince de Coud*' et M. le duc d'Knghicn. On fait présent de deux douzaines de bouteilles de vin à chacun de ces priuces. (llcy. des Echevins.)
1 i) décembre. La compagnie va saluer S. M. au moment où elle monte en carrosse pour retourner à Paris; M. Simon fait le compliment et l'assure du respect et de la fidélité de la ville.
On a donné :
1° Aux valets de pied de la Reine, i pistoles d'or, valant 4i livres;
±° Aux grands valets de pied de la Reine , \\ pistoles d'or ;
3° Aux archers gardes de la porte du Roi, 2 pistoles d'or;
4° Aux gardes-du-corps de la Reine , 2 pistoles d'or ;
5° Aux trompettes du Roi, 2 pistoles d'or;
(>° Aux suisses du Roi, 2 pistoles d'or;
7° Aux suisses de la Reine-mère,*, pistoles d'or;
8° Aux valets de pied de la Reine -,nère , 2 pistoles d'or;
9° Au cocher du Roi , une pislole d'or; 10° Aux postillons du Roi , une pistole d'or; 11" Aux archers du (Jrand-Prévôt, une pistole d'or;
12° Aux gardes écossaises, pour In rc.stitutiun des clefs, <> pistoles d'or, valant (>(> livres, (ib.f
- Les provisions de M. de La Frette lurent enregistrées, à s;i requête, le 21 novembre. Les echevins allèrent le silucr et le coniplimenter le ±2; M. Nicole prononça la harangue. (Ib.)
:l Arrêt rendu par défaut contre les deux frères La Frette et consorts , pour fait de duel. (licy. du Varlcmrut ; Areh. impér.i H s'agit du duel des La Frotte, de Saint-Aignan et d'Argenlieu contre C.lialai>, Noirmoulier. d'Antin et Flninarcns, que le président llénault reporte fau^ement à l'année llKi.'J.
4 Lettre du Roi datée de l'ari< le 7 octobre et contresignée Guénègaud. ( Heg. des Echrvins.) — Le comte d'Orval lit aussi connaître sa nomination aux echevins par lettre du 7 octobre; il leur témoigna son affection pour la ville en ternies chaleureux et leur dit qu'il ne tarderait pas à venir les visiter. Son secrétaire présenta ses provisions , qui lurent enregistres le 10.
M. d"Orval arriva, en ellet, le li{ octobre. La Compagnie alla le saluer à l'auberge» du (irand-Dauphin et lui offrit le vin de la ville. Le lendemain, Messieurs firent ta révérence à Mm(' la comtesse d'Orval et lui donnèrent des boîtes de confitures. (Ib.)
Les récoltes de 1660 et de 1661 <i valent été mauvaises ; la ville obérée ne put faire d'achats suffisants, et il en résulta une véritable disette pendant les premiers mois de 1662 \ Les vagabonds et les rôdeurs de nuit profitèrent, comme toujours, de cette calamité publique, et les vidamiers durent marcher contre eux au mois d'avril \ C'était en même temps une époque de crise pour les finances municipales : la ville avait à lutter contre un fermier des aides et octrois 8 qui refusait de se contenter des 12,000 livres payées chaque année, par transaction, depuis 1654. Les octrois et entrées, y compris le doublement et le droit de dixième sur le vin , produisaient environ 60,000 livres par an ; mais le dixième accordé aux habitants en 1403 et 1459 et confirmé en dernier lieu par
1 18 juin 1661. Défense aux portiers de laisser sortir les accapareurs, qui enlèvent tout le blé des marchés.
Grande cherté du blé pendant les mois de décembre 1661, janvier, février, mars, avril et mai 1602.
21 avril 1662. Visite faite des greniers, on adresse un mémoire au Parlement touchant la misère du pays. (Reg. des Echevins.)
* 10 janvier 1662. Ordonnance de police relative au* vagabonds, aux revendeurs, au nettoyage des rues et aux jeux de paume et de boule pendant les offices.
22 avril. Ordre aux compagnons du Vidamc de marcher contre les rôdeurs de nuit, ilb.)
Les agitateurs des campagnes n'étiient pas toujours des gens sans aveu. Il était resté en Beauec, comme dans beaucoup d'autres provinces, quelques gentillâtres , anciens frondeurs, auxquels le désordre plaisait et qui ne manquaient pas une occasion de vexer les pauvres gens. On accusait surtout certains nobles du Perche, confinés dans des châteaux , au milieu des bois , et dont la vie ressemblait beaucoup à celle d'une bande de brigands. Les frères Saint-Bonnet, de Blévy, se distinguèrent tellement par leurs crimes, que Ton fut obligé d'envoyer des troupes contre eux eu 1665. L'un d'eux fut décapité à Orléans le 25 janvier 1666, et sa tôte fut exposée, le 21), sur Tune des tours de la porte Guillaume de Chartres. (Ib.)
Une scène de meurtres et de violences eut lieu le 20 octobre 1669 dans l'église de la même paroisse de Blévy , entre plusieurs gentilshommes des environs , au sujet de droits honorifiques. Quatre d'entre eux furent tués et plusieurs autres blessés. Cette affaire se termina par un jugement du Présidial de Chartres, rendu le 16 janvier 1670, qui condamna les coupables, dont la plupart étaient contumaces, à la dégradation de la noblesse, à l'amende honorable et à être pendus sur la place des Halles; de plus à 10,000 livres d'amende, dont i,000 pour la réfection (le la chambre du Conseil dudit Présidial, 2,500 pour le bureau des Pauvres de Chartres, 250 pour les pauvres de Blévy et 250 pour le pain des prisonniers. La sentence est signée Nicole, président, Gobineau, lieutenant-général criminel, Garnier, lieutenantparticulier, Recofiuillé , Proust, Gallais, Estienne, Maubuisson , de Ganeau, Davignon, Leconte, llalgrain, Chaline, Genvret, du Temple et Garnier, conseillers, Mestivier, greffier. (Pièce in-8° de 8 pages, sans nom d'imprimeur.)
s Me Gabriel de Villars , fermier-général des aydes de France , entrées de Paris et liouen, moitié d'octrois des villes et communautés, et autres fermes et droits y joints*
lettres-patentes du 28 décembre 1632, avait une destination spéciale; quant aux droits d'entrée, ils étaient consacrés à l'acquit successif des dettes contractées par la ville pour le service de Sa Majesté. Nonobstant cette triste situation et la défense des échevins, le Conscil-d'État décida, le 21 juillet 1663, que, pour représenter la moitié des droits d'octroi attribuée au Roi et le droit de subsistance des troupes, il serait versé au fermier des aides, à compter du 1er octobre 1662, tous les droits d'entrée établis sur les marchandises, et évalués à la somme de 30,000 livres ; qu'au moyen de ce paiement, la ville serait déchargée à l'avenir de toute subsistance, et qu'elle ferait face à ses dettes et dépenses avec la recette du dixième sur le vin montant à 20,000 livres, et celles des abonnements pour droits d'entrée, consentis par diverses communautés ouvrières ', revenant à 4,900 livres. On peut juger de l'émotion que causa cet arrêt, qui retranchait d'un seul coup le plus clair des revenus municipaux et semblait rendre impossible l'amortissement des emprunts.
Cel état de choses ne pouvait durer longtemps. La ville ayant demandé au Conseil-d'État de faire vérifier et liquider ses dettes ainsi que ses revenus, des commissaires furent députés par arrêts des 19 février, 6 mai et 5 août 1665, et un arrêt définitif, rendu sur leur procès- verbal le 14 janvier 1G00, fixa le principal des dettes à -290.700 livres % les arrérages au .'M décembre KiO.'i à s:>,7Sl livres, et le montant annuel des revenus patrimoniaux et d'octrois à 29,400 livres ';
1 Merriers , drapier> , laiuiers, lnni«*li«»rs , rliarruitiers , tanneurs, oorroymrs r marchands de saline el trinturier.v t l'amurlr municipale, vol. 2, p. 187; *Arrh. de la Maine.)
2 lMie* cnnlrarlée* depuis l<»2!> jiiM[u'à UmO, inclusivement.
3 Savoir : l" le dixième et (InuNemrnt mi tiers-en-sus du vin et autres breuvages rendus au détail, adjum'> à Henri de Puyseux , à raison de 21, (RM)
livres, par au 2i,(»(H) liv. »
2" \.i'* alionm-iiH'iils des riiiii!iiiiuauli'>, montant , par an, à 1,200 ■»
il" Le droit de haritiifr, moiiUml, par an, à .150 •
iM l.e.s revenus patrimoniaux (eens, rentes, lo\er> de maisons, etc.). .150 •
Total. . . . 29,-100
disposa que, sur cette dernière somme, celle de 6,000 livres serait réservée pour les charges ordinaires ! et extraordinaires * de la ville, que celle de 14,535 livres serait appliquée au paiement des intérêts au denier vingt du principal des dettes, et que celle de 8,865 livres restant serait employée à l'amor-
1 Charges annuelles ordinaires :
1 ° Au sieur Simon , lieutenant-général , pour cens , rentes et
droits d'indemnité 9liv. 10 s
2° Au Domaine , pour cens et rente 16
3° Aux Jacobins , pour messes 25
1° Aux Cordeliers , pour messes 25
5° Pour les processions 150
6° Gages du Lieutenant-général 20
7° Gages de l'avocat du Conseil du Roi 150
8° Gages des avocats du Parlement , procureurs et solliciteurs
des aftaircs de la ville 220
9° Gages du greffier de la ville 25
10° Gages du messager de la ville 16
11° Gages des serviteurs et portiers de la ville 60
12° Gages du paveur 30
13° Pour les feux ordinaires 15
1 1° Pour le loyer de la maison du gouverneur ii2 10
15° Pension annuelle du recteur du collège 200
16° Pour les messes dites au collège 75
1 7° Pour la bougie de cire oui brûle toute Tannée devant l'image
de la Vierge , suivant le vœu ue la ville 150
18° Pour les étreimes et présens ordinaires et accoutumés . iOO
19° Pour l'entretien de la butte des arquebusiers .... 13
20» Pour le Roi de l'oiseau 200
Total. . . . 2,2 i2
1 Cbargcs annuelles extraordinaires :
1° Pour les réparations des murailles, ponts, portes, pavés, etc.,
ai pour les salaires des ouvriers employés par la ville .... 2,200 liv. * s
2° Pour les frais des procès de la ville iOO »
3° Pour les parties du greffier de la ville 100 »
i° Pour celles des fourriers de la ville 20 *
5° Pour celles de la concierge de la maison de ville ... 40 »
0° Pour celles des serviteurs et portiers de la ville ... 115 •
7° Pour celles du messager de la ville 16 «
8° Pour frais de voyaues 600 »
9° Pour l'imprimeur de la ville 10 •
10° Pour le trompette de la ville 12 »
11° Pour l'enregistrement des baux des octrois en la Cour des
Aides; tous les cinq ans, 500 livres, soit, par an 100 »
12° Pour la reddition des comptes des deniers d'octrois et patrimoniaux en la Chambre des Comptes; tous les cinq ans, 500
livres, soit, par an 100 *
Total. . . 3,713 »
tissement îles arrérages; décida, enfin, qu'à l'avenir la ville ne pourrait contracter aucun emprunt sans la permission expresse du Roi.
Le duc Philippe, dont on entendait peu parler depuis l'enregistrement de ses lettres d'apanage, écrivit aux échevins, le 13 février 1663, en faveur des Capucins, qui voulaient quitter Saint-Lubiu pour Saint-Martin-au-Val % et demanda à la Chambre, le 16 juillet 1664, des prières publiques et des actions de grâces jKuir remercier le ciel de lui avoir donné un iils \ On s'empressa d'obtempérer aux désirs du prince apanagiste. 11 y eut en février 1663 des iuondations qui causèrent de grands dégâts dans la basse ville et défoncèrent les chemins 3, ce qui n'euq)écha pas Leurs Majestés de venir en pélerimige à Chartres le jour de l'Annonciation *. La Reinemère Anne d'Autriche, dont la grandeur s'était inclinée plus d'une fois devant la Yierge-aux-Miracles, mourut le 20 janvier 1666; les ehartrains célébrèrent un service solennel usa mémoire et s'abstinrent, par ordre, de toutes mascarades )RM)daiit le carnaval \ Les Te Dcum et les réjouissances re-
1 Voir, sur le nmvi'iit des Capucins, le dernier chapitre de cette histoire. — Lettre insérée dans le Ileeueil manuscrit de Janvier de Flainville. (llibL commun.)
* Lettre originale. (Areli. de la Mairie.)
• IS frrrter. Ordre d'enlever le> neiges des mes et de les porter dans les fossés de la ville, >ous peine de .~>0 livres d'amende, f lift/, des Echevins.)
Li's urainlis eau\ arrivèrent l»*s "2\ et ~2'2 lévrier; elles s'élevèrent de huit ou neuf pied> au-de»u< du pont «le la porte Morard. enlevèrent le pont de la Courtille , ruiuèrent le ponl «I.- la porte Cuillaume et envahirent tentes les rues de la ba>se ville iiM|u'à ^i\ et vr-,| |.|,>(!n de hauteur, i Continuation du .huit mil de Jean Boururt.j
l'7 frrrii'r C"ii>lahlio[i des dé^àt.v 'lie//, des Echenns.)
' 2i murs. Le lioi et la Heine arrivent sur les rini| heures du soir. La Compagnie |e> reeoii à la barrière de la porte Morard et M. Simon leur présente les clefs.
lV> murs. MM. du eov\\< d«- viMr . eomluil^ par M. Nicole, vont saluer le Koi à >ou lever et lui ollïeni d«'u\ li. "!(!.•> i orheilli'^ de poires de hon chrétien et quatre douzaines de limiieil!e> de mu. ll< \ . »i 1 1 <'!i>uite taire la révérence à la Heine, à laquelle ilx oiVreut do hoiif< de rouiiture; jniiv à M. le due d'Orléans et de Chartres. «jrn re:-.-,;t iju.ilre don/aine^ d»* ho»ile:!le> de \iu: eulin à M. le prince de Cuiulé , au-
i|llel oïl cil d<>:i!ie dell\ doll/aliies.
Jfi n.'trs. |.a Coinp.iL-uir va vdiii-r le lîm au moment de sou départ , mais S. M
// rtt.tih' l»!\ ht l.'iriUt'/lh- . i ///. '
*' Lettre du «lin d'Or|é,iii>, du ï.\ jaiixier !<»«►<» . .uiiioïK.aiil olliciclle.incnl- la mort de la lîeiiie-inère. Smvih ^ -olenueK à l'intention de eette Princesse, célébrés à
prirent en 1667, à l'occasion des heureux débuts de la guerre contre l'Espagne \
Nous n'aurions rien de plus à dire sur cette dernière année, si nous ne trouvions dans nos archives un document assez intéressant pour l'histoire municipale : c'est une sorte de procèsverbal des séances de la Chambre des 24, 25 et 27 septembre, dans lequel on fait connaître les usages en vigueur à cette époque lors de la nomination des échevins. Suivant cette pièce, les deux échevins sortants proposaient à leurs confrères quatre candidats et votaient pour deux; l'échevin chanoine opinait ensuite , puis les autres échevins par rang d'ancienneté. Après deux épreuves qui fixaient irrévocablement les choix, MM. du corps de ville se rendaient en robes à l'assemblée générale tenue dans la grande salle de la Tour-le-Roi ; ils prenaient séance au barreau des avocats, à droite, et le greffier de la Chambre et le procureur des habitants occupaient le petit banc, au-dessous du Lieutenant-général. A cette assemblée se trouvaient les gens du Roi, les officiers du Présidial et les délégués de toutes les paroisses. L'élection avait lieu à la pluralité des suffrages; le résultat était fait par le greffier du Présidial, et le Lieutenant-général, maire perpétuel, proclamait les noms des nouveaux échevins. La Chambre n'obtenait pas toujours les nominations qu'elle désirait; ainsi, dans l'élection de 1GG7, le sieur Bouvart, l'un de ses candidats, fut supplanté par le sieur Styves, porté par les paroisses \
La conquête rapide de la Franche-Comté par le prince de
Notre-Dame le 11 et le 12 février. — Ordre de police, du 5 février, défendant toutes mascarades, sous peine de 200 livres d'amende. (Heg. des Echevins.)
1 11 septembre. Te Deum et feu de joie pour la prise de Lille en Flandre. (Ib.)
* Ib. — Les nouveaux promus étaient tenus, à leur entrée en charge, de faire cadeau à chacun de leurs confrères d'un petit couteau à ressort. (Ib.; Séance du 38 septembre 1<tti9.)
Je ne dois pas laisser passer un fait qui se rapporte à Tannée 16G7 et qui est intéressant pour Fliistoire de la rôtisserie chartraine. Le 21 octobre, les échevins prescrivirent aux rôtisseurs d'expédier au Roi deux douzaines de guignards par semaine pendant tout l'hiver, et leur firent défense d'en vendre vnaA «ni «'«ai AèA nmirvu à la provision de Sa Majesté. (Ib.)
Condé, au mois de février 1668, fut célébrée à Chartres, le 18 mars, par un Te Deum solennel \ On répéta l'hymne d'actions de grâces, au mois de juin, à l'occasion de la paix conclue avec PEspagne à Aix-la-Chapelle \ La nouvelle de cette paix avait été donnée à MM. de la Chambre par M. le marquis d'AUuyes , nouveau gouverneur de la province. Fils de M. de Sourdis, et, par conséquent, connu dans le pays qu'il était appelé à administrer, ce personnage ne tarda pas à visiter Chartres. On le reçut en grande pompe, le 4 août, et la courtoisie c h art rai no n'eut garde d'oublier la marquise, qui accompagnait son époux \ Un Te Deum fut chanté, le 15 août, en réjouissance de l'accouchement de la Reine d'un prince qui reçut le nom de duc d'Anjou \
Les années 1669, 1670 et 1671 virent mettre en pratique dans notre ville la réforme commerciale et financière de Colbert; les métiers reçurent de nouveaux statuts à la fin de
1 Après le Te Deum il devait y avoir un feu de joie, mais cette partie du programme faillit manquer par suite d'une dispute de prérogatives entre les ëchevins et le sieur Chaline, premier avocat du Roi. Le feu était ordinairement allumé par le lieutenant-général et le procureur du Koi; ce dernier magistrat étant absent, M. Chaline revendiqua l'honneur de le remplacer; la Chambre s'y opposa, en prouvant que, dans les cas semblables , le fou était allumé par le lieutenant-général et le plus ancien écbevin , auxquels les portiers remettaient les torches, (lieg. des Eclèevins.)
* Ib. — Lettre de M. d'AUuyes du 11 juin. — l.'n grand nombre de soldats furent congédiés et passèrent par Chartres. Le bruit courut, au mois de juin, qu'ils promenaient avec eux des maladies contagieuses; on prescrivit une grande surveillance aux portes pour éviter le danger. \\1 juin, 21 juillet; Ib.)
* Le marquis d'AUuyes fut reçu par le corps de ville et harangué par le Lieutenant-particulier, en l'absence du Lieutenant-général. On lui présenta les clefs sur un coussin de velours vert et on lui offrit deux douzaines de bouteilles de vin. On donna à la marqui>e deux douzaines de boîtes de confitures sèches, flb.)
Le Chapitre tut aussi très-révérencieux pour .M. d'AUuyes. Il lui lit faire un compliment par MM. de La Une et Fromont, chanoines, à l'hôtel où il était descendu, et le lendemain, 5 août, la Compagnie l'attendit, ainsi que la Marquise, à la porte royale, les conduisit au elxrur, où deux coussins avaient été prépares, nuis les reconduisit jusqu'à la porte, après la grand'mcsse. (Livre de (]. liouvart, p. o97; Arcli. départ.)
4 Iiey. des Erhevins. On eut, flans la dernière moitié de l'année 1668, de grandes inquiétudes pour la santé publique, car la peste exerçait des ravages dans les environs de la ville. La foire de septembre n'eut pas lieu; on exigea des billets de suite de tous les habitants, et on recommanda l'emploi d'un certain vinaigre et des parfums du père Léon. (2N août, !> et i septembre; Ib.)
Les craintes recommencèrent dans l'été de 1(»(»0; le tléau régnait à Dieppe, et ou fit défense aux chasse -marée venant de Normandie, de traverser la ville. (25 juin; Ib.)
1 669 l ; l'aune de Chartres fut étalonnée à celle de Paris en juin 1670 % et, au mois d'avril 1671, on enjoignit aux tonneliers de renforcer leurs futailles jusqu'à la contenance de 205 pintes9. M. Marin, sieur de La Châtaigneraie , intendant de la province, fit étudier, en même temps, par ordre du ministre, l'éternelle question de la navigation de la rivière \
On apprit officiellement, par une lettre de Monsieur, du 9 juillet 1670, la mort de M"" la duchesse d'Orléans. Le Lieutenant-général et les échevins Lebeau et Tulloue furent aussitôt députés pour porter au Prince les compliments de condoléance de l'assemblée * ; un service à l'intention de la Princesse fut célébré les 1er et 2 octobre dans l'église des
1 Les registres des échevins fournissent, sur les premiers mois de 1669, quelques faits qui méritent d'être rapportés. Le 19 avril, le délégué de M. de Louvois, grandmaître des courriers de France, passa bail, pour quatre ans, avec les sieurs Gilles Petit et Jacques Singlas, marchands, du droit de tenir des chevaux de poste à Chartres , Voves , Epernon , Illiers , Courville , Nogcnt-le-Roi , Maintenon , Auneau et Gallardon , moyennant 220 livres par an et deux coqs d'Inde. La journée de cheval était tarifée à 18 sous. (7 mai; lieg. des Echevins.)
On révisa , le 7 mai , le règlement des salaires des portefaix : 1 liard par minot pour décharger le blé dans les greniers ou sur la Halle, 12 deniers par minot de blé et 7 d. par minot d'avoine pour le transport dans les paroisses Saint-André et Saint- H i la ire; H d. par minot de blé et 5 d. par minot d'avoine, pour le transport dans les autres paroisses. On décida que la communauté des Portefaix serait composée de cent membres, et on enjoignit aux douze derniers maîtres reçus de se rendre, en cas d'incendie , à l'hôtcl-de-villc pour porter les crochets sur les lieux, (Ib.)
Chaque année , le jour de 1 octave de la Fétc-Dieu , le corps municipal et le Présidial allaient à la procession et dînaient ensuite aux frais de la ville, voici le menu du festin des échevins, en 1669: deux potages de chacun six poulets farcis aux pois , une longe de veau en ragoût , une tourte de béatilles , une salade de concombres, quatre dindons, quatre poulets et quatre lapereaux rôtis, une fricassée de poulets , des artichaux frits , un plat de pois ou fèves , un gâteau façon de boulanger , deux plats de fraises, douze grands biscuits, deux angelots et un plat de crème.
Le dîner de MM. du Présidial était moins somptueux. Il se composait de deux potages de chacun trois poulets farcis aux pois , deux pâtés de godiveau , deux épaules de mouton rôties , deux fricassées de pieds de mouton , une douzaine de pains , six bouteilles de vin blanc et six de vin clairet. (24 juin; Ib.)
On s'occupa des statuts des corporations dans les séances des 17 et 20 décembre, d'après une lettre de Colbert du 21 novembre, (lb.)
1 9 juin 1670. Ordre de S. A. R., en conformité de l'édit du Roi du mois d'août 1669, portant que les aunes des villes de son apanage seront étalonnées à celles de de Paris, pour qu'il n'y ait plus de différence dans l'aunage des étoffes. (Ib.)
8 On fait déposer â la Mairie, comme matrice, un baricot, mesure de la jauge des poinçons et pintes. (Ib.; 27 avril 1671.)
* Ib.t 3 mai 1670.
1 Ib.; 3 et 11 juillet.
Cordeliers , et le père Amable , religieux du couvent , prononça l'oraison funèbre \ Les deuils de Cour ne durent guères : Philippe d'Orléans épousa, au mois de décembre 1671 , la princesse Elisabeth de Bavière *; il eut, le 2 juin 1673, un fils qui ne vécut pas *, et, le 30 juillet 1674, un autre fils qui reçut le titre de duc de Chartres \ Ces derniers événements, ainsi que les succès des troupes royales eu Hollande et en Franche-Comté , entretinrent la ville de Te Deum et de feux de joie \
M. Nicolas Servin , comte de La Grève, conseiller à la Cour des Aides, qui avait remplacé son père en 1670 dans la charge de bailli, arriva, le 1er septembre 1674, avec mission de convoquer et d'envoyer à Tannée le ban et Parrièreban du bailliage c. Les nobles du Perche et du Maine traver-
1 /er octobre. On ne lit pas le servir*» à Notre-Dame, parce que le Chapitre ne voulut pas contribuer aux frais de luminaire, de tenture, etc. Les drapiers prêtèrent yratis 1,200 aunes de drap noir pour le service qui eut lieu dans l'église des Cordeliers. (lie;/, des Echcvins.j
- 2 1 décembre . On députe à Paris MM. (iarnier de Ligaudry/ït Lebeau, pour complimenter Madame au nom de la ville. (Ib.)
3 Monsieur envoya porter à la ville la nouvelle de la naissance de son fils par M. de l.oisfranc, secrétaire, de ses commandements. On fit des réjouissances publiques à cette occasion les 7 et (S juin li»7iL ilb.)
• Dimanche .*> anût 107 i. Une députation dYrlievins est envoyée a Paris pour complimenter Madame sur >on accouchement et sur l'honneur fait à la ville. fHt.)
:> M. d'AIluyes avait annoncé à MM. les éehevïns, le 21 avril lf>72, la déclaration de liuerre laite par le lîni à la llnllande. - Ou chanta, le M> juin suivant, un Te Ihitin pour la prise «le qu; Ire villes hollandaises. Il y eut 7c Ih'um et Ion de joie, le \) juillet H»7:», pour la pri>e de Mastrick, dont Monsieur avait informé la ville le 1 1 juin , et mème> réjoui^-aiices au nmi> d'août , pour les prises de (îray et de l>ole. {lU.t -- La ville avait encore fait chanter un 7'c Deum, le 19 juin 107:2, pour la nai><ance du i\\\v d'Anjnu. 'Ib.)
•5 M. Servin était \euu prendre p«isse«imi de sa charge le 1er décembre 1(>70, et M Nicole, avocat de la ville, avait été le saluer. Mais plusieurs échevins s'étaient abstenus, parce que le nouveau hailli n'avait pas informé la compagnie de son arrivée et qu'il ne ^élait pa< présenté à la Chambre après être descendu à la Tour-le- Uoi. Lorsqu'il revint à Chartres le !•• septembre KJ71 pour la convocation de la noblesse, les éclicvins , se souvenant de t(>70, se dispensèrent de lui faire une visite de corps, ijbj
L'intendant delà généralité voulut, à la même époque, obliger les roturiers do Chartres à laire déclaration de lief< pour entretenir des irens de guerre au service du Uni. On résista à cette demande cl ou evipa des privilèges de la ville sur les liefs. le han et lanière-bau . rappelés dans un arrêt du Conseil du 21 avril 1073. ( Ih.% 1\ , ti\ et 2<N septembre — Pancarte municipale, \o| 2; Arcli. de la Mairie.)
sèrcnt la Beauce peu après, pour la môme destination *, et Chartres servit, à la fin de Tannée, de quartier-général aux recrues du régiment d'Enghien, qui commirent toutes sortes de désordres dans la cité et dans la banlieue \
L'année 1675 fournit, comme les années précédentes, son contingent de victoires et, par suite, de réjouissances, pendant la belle saison 8 ; les garnisons nombreuses et indisciplinées ne manquèrent pas, non plus, pendant l'automne et l'hiver \ Le cours de Tannée 1676 présenta moins d'uni-
1 Heg. des Echevins; 30 octobre.
* Quelques événements de Tannée 1674 méritent d'être particulièrement notés.
Les echevins députèrent à Paris, le 15 janvier, MM. de Gancau et Sedillot, pour saluer et complimenter le garde-des-sceaux d'Aligre au sujet de sa nomination à la dignité de Chancelier. (Ib )
Au mois de juin , on découvrit dans les prés des Filles-Dieu une source minérale. La Chambre fit examiner cette source par MM. Le Facheu, Tcxier, Bancc, Patin, Scalbcrgc et Dauviller, médecins, lesquels déclarèrent, dans la séauce du 2 août, que F eau était minérale , vitriolique , légère et salutaire en plusieurs maladies et qu'il fallait en faire jouir le public. On défendit expressément Je troubler la fontaine, et , le 30 octobre , on envoya à Paris cinq bouteilles d'eau pour la faire analyser par des chimistes. (Ib.)
Cette fontaine, à laquelle on avait fait un bassin en 1G76 (Ib.; séance du 20 septembre), fut assez promptement délaissée, car nous voyons qu'en 1740 (0 avril) Rlusieurs habitants demandèrent à la Chambre qu'on la rétablit; le 21 août 1744, I. Malion, docteur en médecine de la faculté de Reims, fit hommage à MM. de la ville d'une thèse intitulée : Quibusnam nwrbis mederi possunt auœ prope Carnutum minérales scaturiunt aquœ. (Ib.) Il ne paraît pas que la vertu ues eaux des prés des Filles-Dieu ait été bien démontrée ; elles sont aujourd'hui totalement inconnues.
La fin de l'année 1674 fut désastreuse pour les Chartrains. Il y eut, d'abord, un incendie au clocher neuf de la cathédrale, dans la nuit du 15 au 10 novembre, qui causa une grande frayeur à la population. Puis les excès des soldats du régiment d'Enghien tirent de la ville un séjour des moins agréables. Ils dévastaient les villages voisins et les faubourgs, battaient les bourgeois et insultaient les femmes. M. Blanchard , échevin , entre autres , fut battu à outrance , en plein midi , par un soldat ivre, appelé La Fortune, de la compagnie de Brisay. Cette affaire fit du bruit; l'intendant d'Orléans intervint; mais les officiers obtinrent que La Fortune en serait quitte pour des excuses. On reçut pour l'armement du régiment, le 22 janvier 1675, 266 mousquets , 267 bandouillères garnies et 237 piques , qui furent mis dans l'arsenal. Enfin les dix-sept compagnies du régiment partirent pour Saint-Quentin le 15 avril, d'anrès les ordres du Roi communiqués a M. de Parigny, capitaine des grenadiers, (ib.; 17 novembre 1674, 22 janvier, 9 et 16 avril 1675.)
8 50 juin. Te Deum pour les prises de Dinant et la conquête du Limbourg. (Ib.)
4 10 novembre. Le régiment de cavalerie de Biran prend ses quartiers à Illiers, Courville, Gallardon, Noçcnt-le-Roi, Toury et Dourdan. — Sept compagnies du régiment italien de Mazarini sont envoyées en garnison à Chartres , avec Fétat-major composé de MM. Bardo-Bardi Magalotti, colonel, maréchal des camps et armées du Roi , de Ferrari , lieutenant-colonel , et de Villars , major. Six autres compagnies de ce régiment arrivent encore le 26 , ce qui fait plus de 1 ,300 hommes. — Ï0 février 1676. Le régiment de Mazarini partira le 1er mars pour Lille; il sera remplacé à
formité ; les bous et les mauvais jours s'y entremêlèrent d'une façon bizarre : on chanta un Te Deum , le 4 mai , pour la prise de Condé , et le 1 5 du même mois toutes les boutiques de la Foire brûlèrent l ; le 19, on célébra par un autre Te Deum la prise de Bouchain , et , le 28 juin , la ville perdit le lieutenant-général Simon, magistrat de grand mérite, président-né du corps municipal * ; la victoire navale remportée devant Païenne par Vivonne réunit les habitants à la cathédrale le 30 du même mois, et, le 19 juillet, il fallut vider Parsenal et remettre au sieur Savary, commissaire délégué, toute l'artillerie chartraine, consistant en trente pièces de divers calibres \
M. Simon fut remplacé dans l'office de lieutenant-général et de maire perpétuel par M. Jacques Nicole, deuxième pré- Chartres par la cornette des gendarmes du Roi , forte de plus de 400 maîtres. (Rtg. des Echevins.)
1 D y eut pour plus de 20,000 écus de marchandises brûlées. (Ib.; Séance du 17 mai.)
* Le lieutenant-général Simon fut inhumé à Saint-Aignan le 29 juin ; tous les corps constitués de la ville assistèrent à ses obsèques. (Ib.)
* Le sieur d'Ollé , commissaire provincial de l'artillerie de France . délégué par le comte du Lude, grand-maître, avait procédé par ordre du Roi, le 8 mars 16 il , à l'inventaire des pièces et équipages d'artillerie se trouvant dans les magasins de Chartres. Cet inventaire avait donné le résultat suivant :
1° Dans le parc et le magasin de la Tour-Ie-Roi, 31 pièces de canon de bronze, de divers calibres; Il arquebuses à croc, de bronze; 6 arquebuses à croc, de fer; 7 emboitures de cuivre pour roues de canon; 2 lanternes à pièces de 33 livres; un petit baril rempli de chausse-trapes;
2° Dans le magasin de la porte Saint-Michel, 31 barils de poudre, de 200 livres chacun;
3° A Loëns, 25 barils de poudre, de 150 livres chacun; 500 livres de plomb, en balles de mousquet et d'arquebuse; 100 paquets de mèches; 8 paires de traits à canon; 2,389 boulets, depuis 33 livres jusqu à une livre et demie.
Les echevins avaient pris charge de ces objets , s'engugeant à en rendre toujours compte fidèle au Roi et à M. le Grand-Maître. 'îb.i
Le sieur Savary enleva, les 19 et 21 juillet, suivant l'ordre du Roi et du Grand- Maître du itT avril 1076, 2 pièces de six livres de boulets, 6 pièces de deux livres et demie, 3 de une livre et demie. 5 de une livre, l d'une demi-livre, et 10 de un quart de livre, pour être voiturées dans l'arsenal de Paris. Ces pièces pesaient ensemble H ,978 livres. <Ib.t
La ville avait tellement horreur des garnisons de gens de pierre , qu'elle ne reculait pas, pour s'en exempter, devant les petits moyens de corruption fort eu usage, d'ailleurs, à cette époque. I ne délibération des éeheuns du 28 juillet 167G fait connaître mie Ton adreNsa en cadeau 20 guiguard* à M. Charpentier, premier commis de M. de Louvois, pour le porter à favoriser Chartres dans les passages de troupes. (Ib.) Ce présent fut renouvelé le 16 mai 1684. (Ib.)
sident au bailliage et siège présidial, qui assistait déjà aux séances du corps de ville, eu vertu d'un arrêt du Conseil privé du 28 février 1669. Au moment où ce magistrat entrait en fonctions , le Conseil-d'État s'occupait de réorganiser l'échevinage chartrain. La difficulté de recruter un personnel convenable avait porté l'assemblée générale des habitants à demander au Roi la réduction du nombre des membres du corps municipal ; on s'était déjà servi de ce motif plus ou moins plausible, en 1571 , pour réduire les échevins laïcs de dix à huit. La requête de la ville ayant été admise par un arrêt du 24 juillet 1676, Sa Majesté chargea M. de Menars, maître des requêtes, de faire l'enquête sur les lieux. D'après l'avis favorable de ce commissaire , le Conseil rendit , le 1 8 juin 1677, un arrêt qui fixa, pour l'avenir, à six seulement, le nombre des échevins, dont deux, au moins, pris du corps des officiers civils ou judiciaires et le surplus du commerce ou de la bourgeoisie ; maintint le lieutenant-général du bailliage dans la présidence de toutes les assemblées, soit particulières, soit générales, et, en son absence, le lieutenant-particulier; confia, selon l'usage, le ministère public au procureur du Roi et, en cas d'absence, à un avocat du Roi ; autorisa le Chapitre à assister par députés aux assemblées , sans pouvoir v donner avis ou s'immiscer dans les affaires concernant les logements et subsistance des gens de guerre ; décida que le prévôt assisterait aux assemblées publiques et particulières de police et que le procureur du Roi en la prévôté y requérerait ; fit défense aux procureur, avocat, greffier de la ville et aux contrôleur et receveur des deniers communs et des rentes communes de prendre connaissance des logements de gens de guerre, et donna tout pouvoir à la Chambre de nommer, changer ou révoquer ces derniers officiers \ On verra que
1 Archives impériales; section admin., E, 1,788. — Cet arrêt a été imprimé et se trouve dans la collection Marchand communiquée par M. E. Bcllier de la Chavignerie.
cotte petite révolution aristocratique n'empêcha pas toujours les nominations plébéiennes.
Chartres prit part aux transports d'allégresse que firent éclater dans toute la France les prises de Fribourg en Brisgau (16 novembre 1677), de (iand (il mars 1678), d'Ypres (25 mars), et la glorieuse paix de Nimègue (1 1 août). Mais bientôt des calamités locales changèrent la joie en tristesse : un orage épouvantable creva sur la ville le 22 juillet 1679, la rivière déborda et les quartiers bas furent horriblement ravagés * ; un autre fléau non moins redoutable, la sécheresse, se produisit en 1681 ; il ne tomba pas une goutte d'eau depuis le mois de février jusqu'à la fin de juin. On fit, le 18 juin, une procession générale à Josaphat, avec la Sainte-Châsse, pour obtenir de la pluie*, mais Dieu n'exauça les prières des Chartrains que dans les derniers jours du mois. Cependant la récolle fut meilleure qu'on ne s'y attendait.
Le Roi et la Reine vinrent en pèlerinage à la Vierge des cryptes le 21 septembre 1682, à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne, premier né du Dauphin; ils ne repartirent que le 2i \ Ce fut la dernière fois que Marie-Thérèse d'Autriche visita le sanctuaire de Chartres; elle mourut le 30 juillet 1683*.
La Chambre décida, en 10S3, que le marché au Blé, qui s'étendait, par la rue du Vieux-Marché, jusqu'à l'église Saint- Saturnin, serait circonscrit à l'avenir dans le eanvau des Halles; elle transporta, vers la même époque, le marché aux chevaux, de la place» des Lices, derrière TÊvèché, dans la
1 Ilist. de Chartres , par C,ln'\anl, vol. :!, p. ."iiu.
* Voir 1,,r volunir il«r n-ltr lii>loin\ p. ,V»U ; Appm<!iri*>. — Il y vut an«i uiif jjraiulc mVIhtossp pi'ixlaiil lYti' «lr HlSi. Sa\art, historien uV Saint-Mntirirc, dit nur li»s rrli^inix <!<• Josiphat portnvnt pnMv^inmirHnimit , lr lu juillet, l;i r liasse de siint TIihmIwv à lY^lise Sainl-Maiirin', ni payant par 1rs pn's, pour demander au <'iH \u\o phiir bienfaisante
* Ilist. <lc Chartres, par Clicvaril , vo|. :! , p. 521.
4 La villi» lit n'Irlirn-. h' Il août, un smirr pour U> repus dr l'ànie de la Reine. (ï\p.q. (h s Echevins.l
partie occidentale de la place des Halles \ Un certain Jacques Aubert , fermier du domaine du duc d'Orléans, avait proposé, en 1682, au Conseil de ce Prince, de construire à ses frais, moyennant une concession de droits pour un temps déterminé, une boucherie centrale dans un coin de la place des Halles , du côté de la rue aux Anes. 11 disait, au soutien de sa requête, que les soixante bouchers de Chartres étalaient dans des maisons particulières qu'ils louaient fort cher et qu'en réalité c'étaient les propriétaires de ces maisons qui bénéficiaient des droits du Prince. On n'eut pas de peine à faire justice de cet argument singulier et à démontrer qu'au point de vue de la commodité et de la salubrité, les trois boucheries existantes étaient bien préférables à rétablissement unique proposé dans un but intéressé par le fermier du Domaine (28 novembre 1684) \ Le Conseil de S. A. R. n'insista pas, mais comme on voulait augmenter les revenus domaniaux de l'apanage , on souleva en 1685 une nouvelle chicane. Les conseillers du Prince prétendirent que l'apanagiste avait la directe des fossés, fortifications , talus , glacis et du château de l'ancien Massacre ; les échevins répondirent que cette directe leur avait toujours appartenu, attendu que la ville ne possédait ces biens ni à titre d'inféodation ou d'accensement ni comme emphytéote. On transigea par un arrêt du Conseil ducal du 20 mars 1685, qui admit la ville à donner aveu et dénombrement, foi, hommage et cheval de service au duc d'Orléans et à fournir homme vivant et mourant à trente livres de rachat \
1 Histoire manuscrite ayant appartenu à Marie-Saint-Ursin. (Bibl. communale.) — En 1699, le marché au charbon, qui se tenait au cloître, fut également transporté dans la place des Halles. (Reg. des Echevins; 25 août.) — Le 22 septembre de la même année , sur la réquisition du procureur du Roi , il fut décidé que le marché aux légumes et celui de la volaille, situés Tun dans la rue aux Aigneaux (Serpente), l'autre dans celle de la Fromagerie ou des Ursulines (de la Mairie), se feraient à l'avenir dans le lieu du Vieux-Marché-au-Blé. (Ib.)
* Ib.
* Ib.; Séance du 16 avril 1685. — M. Charles Nicole, fils du Lieutenant-général, fut présenté au duc d'Orléans, comme homme vivant et mourant de la ville.
Le papier terrier de l'apanage du duc ayant été dressé en vertu de lettres-patentes