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les suffrages désignèrent, dans Tordre du Clergé, pour la députation, M,r de Lubersac, et, pour la suppléance, M. Claude- Adrien Jumentier, curé de Saint-Hilaire ; dans celui de la Noblesse, pour la députation, M. Charles-Philippe Simon de Montboissier-Beaufort-Canillac , baron de Montboissier , et, pour la suppléance, M. Antoine-Omer Talion, marquis du Boullay-Thierry ; et, dans celui du Tiers-Etat , pour la députation, MM. Jérôme Pétion de Villeneuve, avocat, et Pierre- Etienne-Nicolas Bouvet, marchand et grand-juge consul, et, pour la suppléance, MM. Michel-Claude Horeau, avocat, et Louis Letellier, avocat, échevin.
Nous avons sous les yeux une copie des plaintes et remontrances du Tiers-Etat \ L'analyse que nous allons donner de cette pièce fera connaître l'esprit qui animait ses auteurs et la part qu'ils prirent au grand mouvement social de 1789 :
Chapitre Ier. — Organisation des Etats -généraux. — Vote par tète et non par ordre; — représentation du Tiers- Etat double en nombre de celle des deux autres ordres.
Chapitre II. — Constitution. — Participation du Roi et de la Nation à la rédaction des lois ; — possibilité par ces deux pouvoirs de proposer la loi ; mais défense au Roi, une fois la loi proposée , de s'opposer à la volonté de la Nation ; — défense aux cours de justice de s'immiscer dans l'exercice du pouvoir législatif; — pouvoir exécutif confié au Roi; — assemblée des Etats-généraux , tous les cinq ans au moins , et vote des subsides pour cinq ans ; — commission intermédiaire de surveillance, composée de quarante membres des Etats et fonctionnant dans l'intervalle des sessions; — traités de paix, de guerre et de commerce conclus avec le concours
Roi; Me Pierre-Marin Clavier, greffier en chef du bailliage, tcnanl la plume. (Procèsverbal des séances des électeurs du Bailliage dyÇltarlres ; Arch. impi'r.)
1 II avait d'abord été* convenu que le Cahier des Plaintes serait rédigé en commun par les trois ordres; mais les commissaires choisis pour ce travail n'ayant pu s'entendre, chaque ordre rédigea son cahier séparément. (Procès-verbal; Arch. imp.)
simultané du Roi et des Etats-généraux ; — responsabilité des ministres , qui rendront chaque année leurs comptes soit aux Etats, soit à la commission intermédiaire; — inviolabilité des députés; — lettres de cachet subordonnées à l'avis des proches parents de l'inculpé; — abolition des lettres de grâce; — liberté de la presse , à la condition que les écrits seront revêtus des signatures de l'auteur et de l'imprimeur.
Chapitre 111. — Administration. — Etats provinciaux dans chaque province, et en particulier en Beauce, chargés de l'assiette et de la perception des impôts, de l'entretien des routes, etc.
Chapitre IV. — Impôts. — Rôle unique pour la taille et la capitation ; — cadastre de chaque province ; — paiement des impôts par tous les citoyens, sans distinction d'ordre ; — abolition des loteries.
Chapitre V. — Travaux publics. — Répartition entre les citoyens de tous les ordres de prestations en aigent représentatives de la corvée; — direction des postes, messageries, étapes et logements de gens de guerre attribuée aux Etats provinciaux; — abolition du privilège exclusif des messageries; — augmentation de la maréchaussée; — nouveau régime pour les haras.
Chapitre VI. — Agriculture. — Réduction des exploitations à deux charrues de labour, les grandes exploitations diminuant la population, augmentant la classe indigente. produisant la disette des bestiaux et le manque d'engrais; — défense de détruire les bâtiments ruraux et modération d'imposition en faveur des propriétaires de corps de ferme.
Ciiaimtke VII. — Charges nuisibles à l'agriculture.
Conversion des droits fonciers et seigneuriaux en rentes foncières essentiellement rachetables. sauf un léger cens pour marquer la directe: — milice au sort supprimée comme uu des tleaux de la campagne: y substituer les soldats paroissiaux fournis aux dé|>ens des arrondissements fixés par les Etats
provinciaux, et ce, par feux, sans aucune distinction; — proportion plus égale entre le produit des biens-fonds et l'intérêt légal de l'argent; — autorisation de prêt à intérêt et à temps.
Chapitre VIII. — Commerce. — Liberté du commerce, abolition des privilèges et des jurandes; — uniformité des poids et mesures ; — suppression des droits de barrage , barrière, havage, vingtième d'industrie, du poids-lo-Roi , des droits sur les cuirs, des marques sur les métaux autres que l'or et l'argent, des droits d'aides et entrées ou répartition plus équitable entre les villes du royaume ; — établissement de voies de communication tant par eau que par terre , jonction du Loir à l'Eure et navigation de Chartres à Pont-de-1' Arche.
Chapitre IX. — Subsides et droits onéreux. — Abolition des privilèges de certaines provinces en matière d'impôt ; — abolition du droit de franc-fief; — droit sur le sel perçu dans les marais salans ; abolition des greniers et du monopole du Gouvernement pour la ¥cnte ; — réduction du droit sur le tabac; combinaison de l'intérêt du Gouvernement avec la liberté de culture appartenant à tous les citoyens ; — suppression des droits de contrôle ; création d'un droit de vérification modique et uniforme pour assurer la date des actes autres que les sousseings privés, lesquels ont date certaine par le fait de leur production en justice; — réduction des droits d'insinuation à un droit uniforme et modéré, sans avoir égard à la nature ou à ly importance des actes translatifs de propriété; suppression de ce droit pour les successions collatérales, le mort saisissant le vif; — faculté aux notaires d'énoncer dans leurs actes des sous-seings privés sans être obligés de les faire contrôler, pourvu qu'ils ne les annexent point à leurs minutes; suppression du droit de sceau et des huit sous pour livre sur les sentences et autres expéditions des greffiers ; — défense absolue aux commis de faire des recherches dans les études de notaires et dans les greffes , ces dépôts renfermant les secrets des familles.
Chapitre X. — Clergé. — Provisions papales supprimées; bulles délivrées aux évoques par le métropolitain et au métropolitain par les évèques assemblés; — revenus des curés, portés à 1,200 livres dans les campagnes, à 1,500 livres dans les bourgs, et à 2,000 livres dans les villes de troisième ordre ; — caisse diocésaine , formée avec la moitié de la taxe ordinairement envoyée à Rome pour l'impétration des provisions ecclésiastiques et avec les revenus des dîmes des gens de main-morte , et servant à payer les honoraires des curés et vicaires, à payer les grosses réparations des églises et à soulager les prêtres infirmes; — suppression des maisons religieuses peu nombreuses.
Chapitre XI. — Noblesse. — Plus de noblesse à prix d'argent ; — la noblesse pourra exercer toutes les professions sans déroger.
Chapitre XII. — Tiers- Etat. — Toutes les places ecclésiastiques, militaires et civiles seront accessibles au Tiers- Etat.
Chapitre XIII. — Législation civile. — Abrogation des coutumes, établissement d'un code national ; — plus de droit d'aînesse et de masculinité; — plus de retraits lignager et féodal.
Chapitre XIV. — Procédure civile. — Application du code prussien à la procédure française; — diminution des frais; — la justice rendue gratuitement.
Chapitre XV. — Législation criminelle. — Etablissement d'un code pénal ; — la peine de mort ne sera prononcée que contre les assassins , les incendiaires et les empoisonneurs.
Chapitre XVI. — Procédure criminelle. — Suppression des droits de commiiiimus-, — prévôtés royales ayant un arrondissement de 4 à 5 lieues et jugeant souverainement jusqu'à la concurrence de 20 livres; — il n'y aura plus que deux degrés de juridiction ; — présidiaux jugeant souverainement jusqu'à G, 000 livres; — nos députés demanderont le
ressort direct des cinq baronnies du l'erche-Couet au bailliage de Chartres et celui du bailliage de Dreux au Présidial; — uue cour souveraine dans le ressort de chaque Etat provincial.
Chapitre XVII. — Juridiction consulaire. — Consuls jugeant jusqu'à 6,000 livres; — connaissance des faillites renvoyée aux juges-consuls; — que tous les effets de commerce et lettres de change aient une échéance uniforme dans le royaume ; — les souscripteurs et endosseurs devront joindre à leurs signatures la désignation de leurs domiciles; — billets et effets de commerce, de marchand à marchand ou autrement, exempts du eutihïilc.
Chapitre XVIII. — Officiers de justice. — Nombre des officiers de justice réduit; vénalité des offices supprimée; les juges appointés par le Gouvernement; — procureurs de Chartres réduits à seize au lieu de trentenleux; — suppression des notaires apostoliques, tabellions seigneuriaux, experts-jurés, huissiers-priseurs.
Chapitre XIX. — Commissaires à terrier. — Modération des droits attribués a ces commissaires.
Chapitre XX. — Finances. — Examen par les députés des revenus annuels de l'Etat, des frais de perception, des dépenses annuelles, ordinaires et extraordinaires, des dettes ; — consolidation de la dette nationale; — fixation des dépenses de chaque ministère; — pour combler le déficit, on rentrera dans les domaines aliénés par des engagements nuisibles à l'Etat, et on fera résoudre les acquisitions et échanges domaniaux, dans lesquels il existe d'énormes lésions; — suppression des charges de gouverneurs et commandants en chef des provinces; — diminution du nombre des employés et officiers civils et militaires; — retranchement des grâces et pensions non justifiées par services, diminution de celles qui sont excessives; — laisser certains bénéfices vacants pour en appliquer le revenu au soulagement de l'Etat ; — apanages des princes déterminés par les Etats provinciaux.
L'expérience n'a pas ratiûé toutes les réformes sollicitées par les Chartrains. Les unes, en effet , dépassaient le but, les autres ne l'atteignaient pas. Refuser au monarque le droit de veto une fois la loi proposée et proclamer la volonté nationale supérieure àjfat volonté royale , c'était détruire l'équilibre des pouvoirs , principe organique de la monarchie constitutionnelle ; donner à la Couronne la mission de faire exécuter les arrêts de la justice et lui enlever le droit de grâce, c'était transformer le Roi en bourreau ; se passer des bulles papales pour la collation des dignités ecclésiastiques, c'était rompre à tout jamais avec Rome, et précipiter dans le schisme l'Église gallicane ; ce fut , au reste , ce que fit la fameuse constitution civile du clergé , en 1790. D'un autre côté, comment allier ces doctrines radicales avec le maintien du cens féodal sur les terres, pour conserver les marques de la directe, avec les qualifications de seigneurs et de vassaux, avec les lettres de cachet, quelque mitigé qu'en soit l'usage? comment, lorsque l'on admet en principe que chaque citoyen doit participer à l'impôt en raison de ses facultés, demander que les droits de contrôle, d'insinuation et de centième denier soient réduits à un droit modique unifortne , sans avoir égard à la nature ou à l'importance des actes? Après tout, on doit reconnaître que, malgré ce mélange d'idées contradictoires, beaucoup d'articles du cahier des plaintes et remontrances chartraines sont devenus des axiomes du droit constitutionnel appliqué en Frauce pendant trente-trois ans.
Le tribunal de police générale jugea aux symptômes d'agitation qui se manifestaient , que les circonstances appelaient toute son attention sur l'approvisionnement du marché au blé; il décida, le 6 avril 1789, que personne ne pourrait vendre de grains ailleurs que sur le carreau des Halles ; que la vente de l'orge n'aurait plus lieu avant celle du blé, et que, de onze heures à midi, rentrée du marché du blé-méteil et de l'orge, nourriture des pauvres, serait interdite aux meu-
niers et aux marchands. \ Un comité de surveillance et de subsistance fut institué pour l'exécution de cet arrêté; mais les événements prouvèrent l'insuffisance de ces mesures contre les passions de la multitude. Une émeute violente éclata au mois d'août, sous prétexte de la rareté et de la cherté des grains; la populace se rua sur la maison de M. Cugnot, directeur des Aides, cloître Saint-Martin, la saccagea entièrement, et brûla sur la place des Épars les registres des commis. D'autres maisons étaient désignées à la fureur des émeutiers, et il fallut que la garde nationale, organisée depuis le mois de juillet, usât de la force pour rétablir l'ordre. Pour surcroît de misères , la récolte manqua dans une grande partie de la France , le blé enchérit , et le comité , pour éviter la disette jusqu'à la moisson de 1790, décréta, le 5 octobre 1789, que chaque citoyen conserverait dans ses greniers, jusqu'à la Saint-Barthélémy, un muid de blé au moins , et que le commerce serait libre , à la condition par chaque marchand de conserver également dans ses greniers de la ville un ou deux muids pour les vendre lorsqu'il en serait requis par l'autorité. Le comité saisit cette occasion pour rendre hommage aux services de la garde nationale \
Un décret de l'Assemblée nationale, du 15 janvier 1790, fit de Chartres le chef-lieu du département d'Eure-et-Loir, lui donna une administration départementale et lui conserva son évèché; il ne lui manquait plus qu'un tribunal d'appel. En reconnaissance de ces bienfaits et en raison des besoins de la patrie, le Comité, sur la motion d'un de ses membres,
1 Cette ordonnance est signée Asselin, lieutenant-général du bailliage, Jacques Vallet , lieutenant-général de police en exercice , Dattin de Lancey, lieutenant-général criminel , Parent , lieutenant particulier civil , Bouvart père , lieutenant particulier assesseur criminel , du Temple , procureur du Roi , Duplessix du Colombier et Doullay, députés du Chapitre, Tribailet du Gord, maire, Le Tellier, Pétey de la Charmois , de Milleville de Boutonvilliers , échevins , Grandet de la Villctte , Langlois, IV t ion de la Bâte, conseillers-assesseurs. (Brochure de 4 pages; Chartres, chez Fr. Le Tellier, imprimeur du Roi et de la ville.)
* Décret rendu sous la présidence de M. Asselin, signé Lion, secrétaire. (Brochure de 4 pages; id.)
adopta à l'unanimité, le 18 janvier, un décret portant que les habitants de Chartres offriraient à l'assemblée nationale un don patriotique, en farine, pour conserver le numéraire dans la province \
L'assemblée des citoyens actifs , électeurs et éligibles, des onzes paroisses de la ville et de la banlieue, nomma les membres de la nouvelle municipalité qui devait comprendre un maire, onze officiers municipaux, vingt-quatre notables, un procureur de la commune et un substitut \ M. Asselin, lieutenant-général du bailliage, fut élu maire; mais ce magistrat, appelé peu de temps après à la présidence du département, eut pour successeur à la mairie, M. Janvier de Flainville 8. La présidence du district échut à M. Jolly-Deshayes , conseiller au Présidial \
1 Décret adopté à l'unanimité, sur la motion de M. Denis, garde national de la compagnie de Caqueray. (Brochure de 7 pages; chez Fr. Le Tellier.)
1 Suivant le recensement fait au commencement de 1 790 , il y avait à Chartres 1 ,451 citoyens actifs. La municipalité que rassemblée générale des électeurs nomma au mois de mai, fut ainsi composée : maire, M. Asselin; municipaux : MM. Janvier de Flainville, avocat, Jacques Montéage, ancien marchand, Jumentier, curé de Saint-Hilaire , Aillet , greffier de la maréchaussée , Boisseau , notaire , Sochon de Laubespine, bourgeois, Guillaume Doyen, géographe, Montéagc-Levassor , négociant, Tabourier, curé de Saint-Martin, Coubré Saint-Loup, secrétaire du Roi, vicomte dcCambis; notables : MM. Badollier, aubergiste, Fouré, bourgeois, Brazon , cordonnier, Chevard, notaire, Chasles, menuisier, Bcaumont, bourgeois, Delacroix aîné, procureur, Jouvet, épicier, Chartier, marchand, Doublet, vigneron, Bouin , procureur, Chambrette, sculpteur, Guillard, procureur, Denis, bourgeois, Doullay, tanneur, de Milleville de Boutonvilliers, chevalier de Saint-Louis, Bajat, menuisier, Aubcrt, perruquier, Levassor-Palv, bourgeois; procureur de la commune, M. Courtier de la Barrerie, avocat; substitut, M. Lcsage, procureur.
Le Chapitre de Notre-Dame, moins trois membres, avait été exclu de rassemblée générale des électeurs, sur la motion de l'avocat Courtier de la Barrerie, pour avoir dénoncé à MM. de Lubcrsac et Texier, députés du clergé à l'Assemblée nationale, les principes scandaleux professés par l'abbé Sievés, chancelier et vicaire-général, dans son livre intitulé : Projet d'un décret provisoire sur le Clcnjê , avoir conjuré TEvéque de retirer sa confiance à cet ecclésiastique, et s'être permis de protester contre les délibérations de l'Assemblée nationale des 10 août, 2 novembre 1780 et 14 avril 1790, sur la suppression des biens du clergé.
3 Lorsque M. Janvier de Flainville devint maire, le sieur Badollier passa municipal et les sieurs Chartier et Bonvallet disparurent de la liste des notables; M. Lesage fut procureur de la Commune, M. Guillard, substitut, M. Hovau Saint-Aubin, secrétaire-greflier , M. Lesage-Didier, secrétaire-adjoint, et M. Meslier, trésorier.
Le conseil du département eut trente-quatre membres, indépendamment du président et du gretlier. M. Iloreau, avocat, fut le seul membre de ce conseil demeurant à Chartres; on confia la charge de secrétairc-grellier à M. Barré, procureur.
* Parmi les quatorze membres du conseil du district, les seuls demeurant à Char-
L'administration publique était ainsi composée lorsque la garde nationale eut la pensée de convoquer, a Chartres, une fédération des gardes nationales des villes et départements voisins '; !'■> municipalités répondirent à cet appel; elles envoyèrent 1,293 députés représentant 37,202 soldats-citoyens.
La présidence de l'Assemblée l'nleialive l'ut dévolue, à l'unanimité, à M. Triballet du Gord, ancien maire et commandant de la garde nationale de Chartres, et la séance solennelle de prestation de serment à la Constitution se tint, le 9 juin 1790, au camp des (Immis-Prcs. On avait dressé au milieu de la prairie un autel à quatre faces , sur lequel M. le Prieur île Siiinl-IVre, aumônier de la garde nationale, célébra la messe; puis M. Triballet du Gord, prononça la formule du serment, et l'armée l'édenilive détila au pied de l'autel, en mêlant les mots : Je le jure aux cris de Vive /" nation', rire notre bon Roi * ! Ou sait à quoi aboutit cet enthousiasme tréssincère et partagé , à peu d'exceptions prés, par tous les citoyens; dès ce moment, malgré les illusions des constitutionnels, la royauté n'existait plus.
M. de Lubersac, n'ayant pas voulu prêter le serinent prescrit par la Constitution civile du clergé ', fut considéré comme démissionnaire, et l'assemblée des électeurs départementaux, à laquelle l'élection des évêques avait été remise par décret de
1res ou banlieue étaient, nuire lu présiiieui, MM. l'nulm de Heins, ancien correc- Icur îles Compte.*, l'.liarlier-LelHiue, injuriant, Ltieime Jumeuliir , lnmriieois , Levas*»!-. aiiK.il, Umirlier ik' la HaiTorie, avocat, procureur-syndic , et l'aillart du Tertre, séculaire.
1 Les hiiiiiiiis-miiv. iiiiiiinii's lui- IV-t.il iii:<jnr rlr l:i siarile nationale pimr i'orpnisa-
le l'i-lte Irlf. l'iit.'iil MM I iil'-t de lim-tliiliaull , avucal , lladiillier. teinturier,
Itulanl, ei.ntr.'-l.ur ili- Humaine?, rnreiiu-ïriïai . inïn-kur des Comptes, Peluche, nolaire, et Dufresuav de Senaiimlle, urellier du l'uiiil-d'Uuiuieur. (Voir la lirccluii-e iiilitulée ; l'r<»-rs-t-erhal (/<■ lu fi-tlï:r<itiuii /iiilt- n Cliarlret h il juin 1790. :j!l pages [l'impression de I imprimerie de Kr. Le Telltcr.)
' Une dépulatimi de mv mi'iiiLres , pri'ïiilrc par M liohillani de Mnrsan , l'un îles
reprévi liants de l.i nanti' iiali lé de Uiartres, lui eliar^ée d'aller présenter à l'As-
«eiiililéi' iirilii.in.il'1 el au l'eii le prwô-verlial île* m'.hhvs.
1 On avnil si^uilii' aux chanoines île Notre-Dame, le 23 oclolire 1790, en vertu du décret de l'Ass< nilil»"e nationale du 12 juillet pn'rouYni , s.uiitiutiné par te Hoi le' Si août, d'avoir A cesser leurs fonction- et de ne plus prier l'aumusse.
l'Assemblée nationale du 13 février 1791, nomma à la place du prélat réfractaire, M. Nicolas Bonnet , docteur en théologie, curé de la paroisse de Saint-Michel de Chartres. C'était un respectable ecclésiastique qui avait donné , pendant quarante-deux ans , l'exemple de toutes les vertus chrétiennes et qui n'accepta le siège épiscopal qu'à la condition expresse de le rendre à celui qui lavait abandonné, lorsqu'il jugerait à propos de venir le reprendre \ On avait constitué la religion comme la monarchie; on avait tué l'une comme l'autre.
Les clubs avaient pris possession de Chartres comme des autres villes. Cependant la députation du département à l'Assemblée législative ne fut pas complètement le résultat de leur pression (août 1791); les noms de MM. Amy, de Janville; Bellier-Duchesnay, de Chartres; Boucher, de Bon ne val ; Claye, de Bû; Delacroix, d'Anet; Giroux, de Nogent-le-Rotrou; Lefebvre, de Nogent-le-Rotrou ; Léopold de Stabenrath, de La Ferté-Vidame; Tillionbois de Valleuil, de Brezolles, sortirent de l'urne électorale *; plusieurs de ces membres professaient des sentiments modérés pour l'époque. Le patriotisme héroïque était , en revanche , dans le cœur de notre jeunesse; Eure-et-Loir fournit, au mois de novembre, plusieurs bataillons de volontaires, et Chartres dota la France du chevaleresque Marceau \
Au premier bruit de la sanglante1 journée du 10 août 1 792, la Commune et le Département avaient envoyé aux renseignements MM. Ix'sage, Durand et Segogne. Ces députés revinrent le 12; ils n'avaient pas été jusqu'à Paris, mais les administrateurs de Versailles, bien informés par le charlrain Pétion,
1 Histoire de Chevard, vol. 2, p. 550.
2 .MM. Bouclier, (Haye, Delacroix, Lefebvre, Léopold de Stabenrath et Tillionbois de Valleuil étaient membres du Conseil du département.
3 Frauçois-Séverin Marreau-Desgraviers , né à Chartres le lPr mars 17H9, d'une , famille bourgeoise, s'engagea à l'âge de seize ans. Il avait déjà servi plusieurs années
et il était rentré à Chartres lorsque la Révolution éclata. Il partit comme capitaine dans le 1er bataillon d'Eure-et-Loir a la fin de 1791.
devenu maire de la capitale , s'étaient empressés de les instruire de la nouvelle conspiration tramée par la cour contre le peuple. On prit une attitude expectante , comme le recommandait le bien-aimé Pétion , et on jura d'exécuter les lois de l'Assemblée législative et d'attendre avec confiance l'ouverture de la Convention nationale \ Les députés à cette célèbre assemblée furent nommés le 2 septembre; l'esprit public avait marché à pas de géant et les choix se ressentirent de l'effervescence démocratique de l'époque. Ceux de ces députés qui appartiennent à Chartres par leurs familles et leurs antécédents, sont MM. Chasles, Lesage, Brissot de Warville, et Pétion de Villeneuve \ On connaît leurs votes.
Les troubles dans les marchés prirent un caractère sérieux à la fin de 1792. Des rassemblements formés sur les confins du Perche, se mirent à parcourir le département dans le mois de novembre, en exigeant des municipalités la taxe des grains. L'un d'eux, après avoir opéré le 21 à Brou, se présenta, le 24, à Chartres, où la bonne contenance des autorités l'empêcha d'entrer. Les insurgés se portèrent, le 27, sur Châteauneuf , qu'ils taxèrent, et le 29, au marché de Courville. Lecointe- Puyravaux, Maure et Biroteau, députés à la Convention, qui se trouvaient sur les lieux, voulurent résister aux prétentions de la foule ; mais , insultés , frappés et menacés de mort par les paysans furieux , ces législateurs fourvoyés , qui , se fiant sur leur force morale , avaient refusé le secours de la garde nationale chartraine, furent obligés de signer et de publier eux-mêmes la taxe. Le rassemblement, devenu formidable, se présenta de nouveau devant Chartres, le 30 au matin. Le maire, Chevard , avait pris d'excellentes dispositions, et lorsque l'avant-gardc de l'émeute déboucha du Grand-Faubourg sur
1 Extrait de la séance du Conseil général permanent , du dimanche 12 août 1792, l'an quatrième de la Liberté. (Imprimé de 8 pages, chez F. Labalte, libraireimprimeur de l'Evéché et du département d'Eure-et-Loir.)
* Les autres députés d'Eure-et-Loir furent MM. Bourgeois, Delacroix, Fremenger, Giroust et Loiseau. On nomma suppléants MM. Maras et Lonqueue.
la place des Épars, elle troava> rangé» ea baUuUe,ila gaida nationale et ses canonnière, mèche allumée, deux escadron des dragons de la République et un fort détachement de la légion germanique. Sommés de se rendre, les insurgés voulurent rétrograder, mais une partie de la cavalerie Jes ayant tournés , ils ne purent sortir du faubourg et furent contraints de venir déposer leurs armes au milieu de la place, sous les yeux de toutes les autorités de la ville \
L'affreux régime de la Terreur pesa bientôt sur notre pays. . . Nous ne parlerons pas des pillages à main année , de la disette au milieu de l'abondance , de la loi du maximum détournant les cultivateurs du chemin de nos marchés, des échos de la chouannerie , retentissant jusqu'aux portes de Chartres , du couvent des Carmélites transformé en prison et regorgeant de suspects ; nous nous tairons sur les profanations de nos églises , sur l'inauguration du culte de la déesse Raison dans le temple de Marie * , sur cette fête civique où une montagne symbolique prit la place de l'autel de Notre- Dame ; où la chaire de vérité devint tour à tour la tribune des démagogues et l'orchestre des ménétriers ; où les dalles de la grande nef furent ébranlées par les danses patrioti-
1 Histoire de Chevard, vol. 2, p. 556 et suiv.
1 La cathédrale fut convertie en temple de la Raison, le 15 novembre 1793, sur la proposition de duillard, procureur de la commune. On inaugura le nouveau temple , le 2!) du mémo mois , par une cérémonie civique. Les marbres du chœur lurent recouverts d'écritcaux contenant des maximes républicaines; au milieu du sanctuaire s'élevait une montagne de 27 pieds de hauteur au sommet de laquelle était la statue de la Raison, appuyée contre un chêne sur la plus haute branche duquel perchait un coq tenant dans son bec un ruban tricolore. Après le discours d'apparat prononcé nar un administrateur de la commune , on joua un drame mêlé de musique, intitule la liaison victorieuse du Fanatisme; les personnages étaient la Surveillance, en robe blanche parsemée d'yeux, le Fanatisme, revêtu d'habits sacerdotaux, Voltaire et Uousseau, acolytes de la Surveillance. Le dialogue engagé entre les acteurs, ne tarda pas à devenir animé; la Philosophie réduisit bientôt à néant les arguments du Fanatisme qui, se voyant vaincu, se précipita, l'injure ù la bouche, sur la Surveillance. Mais le cri aux armes se fit entendre, la République , sous la figure d'une femme vêtue d'une robe tricolore , sortit d'une caverne , terrassa le Fanatisme , le perça d'un dard , brisa les autels , foula les croix aux pieds, etc. Puis un mécanisme en forme de nuage remonta la République au haut de la Montagne, près de la statue de la Raison. Un discours du conventionnel Tbirion termina la séance.
ious détournerons les yeux île cette scène impie où
■ de la Yiergc-Xuire , relique vénérée de nos pères,
■ viiileinmcnl ilr snn |>ilii'r et brisée sur le pavé, fui lans un horrible feu de joie ' ; nous tairons les noms
■welaatea qui rodaient abattre l'admirable basilique
■ulèrenl devant ce stupidc sacrilège que parce qu'ils (MK>nt, dit-on , d'ensevelir la ville sous les décombres ... iriant, hâtons- nous de le proclamer, ces orgies de la 'laine ne furent pas mêlées de sang, et Chartres [tassa tais jours de la Terreur plus tranquillement que bcaumlres villes de France.
évolution, qui dévore ses enfants, comme Saturne, •levant le tribunal criminel d'Eure-el-Loir plus d'uu ibé de BDH pjédeatal. Apres la journée du 4 prairial i mai 179j), Pache. maire de Paris, Audouin, sou f Boucholte, rx-minislre de la goetre, haubigny, son , Clémence, marchand. Héron. Ilnssenfratz, emptOTSt i>resdu Comité de sûreté générale, comparurent à la rtiaÛM '. Ij1 fameux généra] Itossignnl, accusé d'it de Inbjaoa dans la guerre de la Vendée, fui traduit s mêmes juges, le 2 bru maire an IV (i i octobre 1 795) \ »rue ces procès amenassent à Chartres quelques troupes , les émeutes à l'occasion des grains n'en conti- ; moins. Une des plus violentes venait d'cclaler le complémentaire au 111 (17 septembre 179î>). Un rasaient immense de paysans, de vagabonds et de femmes
Ides, profitant de l'éparpillé ment des soldats dans la
avril 170t. un bal fui ilmitn- il.m- l< U'iii|iU' k1 la liai -.ou ;i I'iht.^i le
lljlill lli"i llll-lr- llr'. tlnlllllli'-. < l'Ir'lili^ ||,(|i" II' Hl'll lIl'S ■ii'illiri- il'1 l.l S'" irV
. I.,s nin-iiiiii. .-i.ni-iit ■Uns Li cli;iirr.
ïafcïoi. i", p. su* us.
i1 ' ;t juste de ilirr i[uc In coiivcHtiuimi'l Sergi-ul . arlisti' di.' mfrile . s ii|i|h'-.i la >!*» *s forces a te projel i • Nbh'fmr du 10 prairial m III . n" 250 , u. I ,O0"J . t-t du Itl vendfninire au IV,
■ Hmiitrur du \i bnuiiiiirr su IV, n° Xi, n lIWi.
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campagne , se rua dans la ville , les armes à la main , menaça de mort les autorités rassemblées à la Commune sous la présidence de Tellier , député à la Convention , et contraignit ce représentant du peuple à signer, comme Pavaient fait ses collègues à Courville, en 1 792 , un arrêté taxant la livre de pain à trois sous. Tellier, navré de douleur et d'indignation, se brûla la cervelle dans la nuit du même jour, après avoir rapporté l'arrêté qui lui avait été extorqué par la violence '.
Le calme commença à renaître sous le Directoire ; cependant, au mois de thermidor an V, la commune de Chartres fut taxée d'incivisme, et Delarue, député aux Cinq-Cents, dans un rapport fait au nom du comité des inspecteurs de la salle, accusa les Chartrains d'avoir fourni des armes et des munitions à 500 brigands, pour opprimer la liberté du Corps législatif. L'administration municipale, requise de s'expliquer par le commissaire du Directoire, repoussa vivement cette accusation dans une déclaration lue à la séance du 19 thermidor *. La vérité était que les enfants de Chartres combattaient pour la République ù l'intérieur et à l'extérieur , et que Marceau venait de tomber a Altenkirken, sous une balle autrichienne 9.
Les discordes politiques engendrent toujours les attentats
1 II n'y avait à Chartres , pour tout» force armée , que 7 vétérans et 70 hommes de cavalerie; le reste de la garnison avait été disséminé dans la vallée pour défendre les moulins menacés par les insurgés. Tellier fut protégé le mieux possible par les généraux Kornanet et Tburing , l'adjudant-général Lacroix , les municipaux et les membres du Directoire, du département. Voir , dans le Moniteur du (>e jour complémentaire an III (n° .'{(><>, p. I,i7:2), le rapport du Directoire du département signé Jolly , vice-président , Ccorges , procurcur-général-svndic , Villette , Lesage , Jouveaux , Lambert, Bacbelot, Jolict, Breton, membres, Barré, secrétaire-général.
i Moniteur du ±2 tbermidor an V, n° ?>±1, p. 1,2X0. — Les députés d'Eure-et- Loir au Conseil des Cinq-Cents étaient MM. Cirou^t , (indard, Cuillard, I^ahoulaye , Lesajie et Maras, et, au Conseil des Anciens, MM. Barreau , Bourgeois, Dussieûx , Judel, Latacbe et Paillait.
1 Marceau , l'une des gloires les plus pures de la République , fut tué le 3e jour complémentaire an IV, à l'âge de 27 ans. Jourdan, ami et compagnon d'armes de ce jeune béros , prononça sou éloge dans la séance du \ fructidor au V et demanda une pension pour sa mère. [Moniteur du H fructidor, n" 3IW, p. 1,X>1.) Sur le rapport de Porte, le Conseil des Cinq-Cents, dans la séance du 2H jour complémentaire an V, accorda une pension de 2,01H> livres à celte dame. / Moniteur du îi** jour complémentaire an V , n" 3ti'l, p. 1 , iGi . ;
contre les personnes et les biens. Une association formidable de malfaiteurs s'était formée dans les bois de Boisseaux, de Sainte-Escobille et d'Orgères, mal famés depuis longtemps; divisée en escouades disciplinées comme des troupes régulières, affiliée à tous les repris de justice , à tous les mauvais sujets du pays, elle répandait l'effroi dans les campagnes de la Beauce par l'audace , le nombre et la nature de ses crimes. Plusieurs fois ces brigands avaient chauffé des fermiers , assassiné des voyageurs, pillé des voitures publiques , incendié des habitations dans la banlieue de Chartres \ Pendant toute la période orageuse de la Révolution, ils exercèrent impunément leur détestable industrie; mais lorsqu'un gouvernement régulier sortit enfin du chaos révolutionnaire , le cri public parvint jusqu'au Directoire , et des ordres furent donnés pour la destruction de la bande d'Orgères. L'honneur de la réussite, qui exigea autant de courage que d'adresse , revint au citoyen Fougeron , juge-de-paix d'Orgères , et au maréchal-des-logis Vasseur, commandant la brigade de gendarmerie de Janville. Trahis par un des leurs , les scélérats furent presque tous arrêtés dans leurs repaires et conduits dans les prisons de Chartres. L'instruction dura dix-huit mois *, et ce ue fut que le 19 vendémiaire an VIII que le jury d'accusation d'Eure-et- Loir eut connaissance régulière de l'affaire ; les jurés déclarèrent qu'il y avait lieu de poursuivre contre 182 prévenus présents et 133 contumaces. Les débats, ouverts le 27 ventôse s , se terminèrent le 9 thermidor par une série de con-
1 Un des crimes les plus horribles de cette bande , et relui qui inspira le plus de terreur aux habitants de Chartres , fut l'assassinat du citoyen Horcau , ancien magistrat, et de son épouse, demeurant à Lèves, commis, dans la nuit du 17 au 18 floréal an 111, par le Beau-François et quatre autres scélérats, de complicité avec le jardinier Pelletier et sa femme.
* Sur la requête de M. Poullin de Fleins, alors commissaire du Directoire exécutif près le tribunal de police correctionnelle, le tribunal de Cassation ordonna que l'instruction serait faite par un membre du tribunal civil , de concert avec le directeur du jury de l'arrondissement de Chartres (jugement du 21 floréal an VI). L'instruction fut conduite par M. Paillart, juge au tribunal civil.
3 Les débats furent dirigés par M. Liendon, président du tribunal criminel.
damnations; 23 individus, condamnés à la peine de mort, furent exécutés a Chartres le 1 2 vendémiaire an IX ; le reste alla peupler les bagnes et les prisons.
L'ordre rétabli dans toute la France par la main puissante du Premier-Consul , se maintint à Chartres pendant l'Empire, la Restauration et la Monarchie de juillet. Notre ville, essentiellement amie du repos, ne participa, en aucune façon , aux brusques révolutions qui renversèrent ces gouvernements. Elle accueillit avec les mômes sentiments de joie et de respect Napoléon et Marie-Louise (mai 1811), le duc et la duchesse d'Angoulémc (décembre 1823), le duc et la duchesse d'Orléans (août 1839) \
Nous n'avons l'intention de raconter ici ni les divisions passagères du (Ion se il municipal , ni les querelles d'opinions qui, sous le régime constitutionnel, prirent pour champ de bataille le terrain des élections aux assemblées législatives \ Qu'il nous suffise de dire que les intérêts administratifs du département et de la ville furent presque toujours remis en bonnes mains. On n'a pas oublié les longs exercices et les utiles travaux de M. le baron Delaitre, premier préfet d'Eureet-Loir, et de M. h; baron de Giresse-Labeyrie, préfet sous
1 Chartres fut aussi travers»' le 20 septembre 18(18, par Napoléon; on février 1 SI i, par Marie-Louise, le mi d«» Koinr el W mi Joseph; par le dur «l'An^mil^me, h*. 22 juillet 1 S I i ; par la dnrhr^e d'AnjioulriiH', le 27 lévrier IS1"»; nar la durhe>se de lWrv, ni 1S2T et 1N2'.>, et par la même prinee^e , le roi cl la ri'ino de Naple>, au iuoi> d'avril |8oU. Mais» <es passais m* lurent pas otliciels.
5 Voici le< imins des députés dT.ure-et-I,oir huis rKnipire, la Instauration et le
^OMVi.TIHîMH'Ut (|r- Juillrl : 1S07, KtieiUie JllIlKMlliiT, 1 ••■f|li:iill de Vieillie; 1S12, Cu-
jjnot d'Auhi^iry, (iuillier de Souanré; mai I N I T» , liamii Delaitre, Juiuentier, baron lNasiiioii>st-;iii\ , 1îii>mhi ri l'inreloiip ilt1 Muri>surr; D<kuToix-r>ain\ille vt ltilaut, suppléants; août I S I ."> . chevalier Dillard, mmtc il»' Colbrrl, Dupont d 'Kl lorsqueville, rointe Durand «le Pileux ; lNlii, nuulr de Coiirlanel. Jarques ('.a«jm.*l; 1NH), Kiioon, l>t?l:irrtiix— Friiiii\ ilb* ; 1N20, Jacques Caquet, «ointe de Courtarvel; ltf2-i, Siiiioimeau, comte 1 Mihoiii'XÎr de l'inieux, \ i«'oinl«" de Cotirlarvcl , Le Chapelier de Craiidmaisou; 1827, du Temple de ChevrLuv, comte de I'iuicux, 1>iiss«iii , Kirinin Iiitliit ; juin l<x:,'0, du Temple de Chcvrijinv, Texicr di1 Courville, IIusmiii, Kiniiiii Iiidut; octobre 1S:îO, Nambcrt; de 1S;M à iNiS, Ailflphr Chastes; de [K\\ à 18.17, Kaiinberl-Sévin; de 18;!1 à IKîW, Kirmiu Didol; de 18.JI à 18;U, Texier de Courville; de iSiii à 18;17, Laujjlois d'Amillv; 18;!l>, Narre; de 1M7 à 1Si8, Ilaimhault; de 18117 à 18iS, baron Desmousseaux de C.ivrc; de 1837 à 1842, de Salvaiidy; de 1812 à 1818, général Subervir.
la Restauration; le dévouement et le zèle dont fit preuve M. Gabriel Delessert, préfet en 1836, lors de l'incendie de la cathédrale *, sont encore présents à tous les esprits \ Parmi les dignes magistrats que le choix du monarque et les suffrages de leurs concitoyens placèrent, depuis la Révolution jusqu'en 1848, à la tête du corps municipal s, nous citerons M. Billard «aîné, le plus populaire et le plus respecté des maires de Chartres, et M. Adelphe Chasles, promoteur d'importantes améliorations locales et créateur de plusieurs établissements charitables \
Le concordat de 1802 n'avait pas rendu à Chartres son siège épiscopal; le concordat de 1817 répara cette omission; mais l'exécution fut retardée par diverses circonstances, et M* de Latil , premier évoque nommé , ne prit possession que le 8 novembre 1821. A ce prélat, promu à l'archevêché de Reims le 15 avril 1824, succéda Mgr Clausel de Montais ',
1 On peut consulter, pour l'incendie du 4 juin 1836, l'ouvrage de M. Lejcune intitulé Ijts Sinistres de la Cathédrale de Chartres.
* Préfets d'Eure-et-Loir depuis la création jusqu'en 1818 :
Baron Dclaître, 23 ventôse an VIII; baron Houille d'Orfcuil, 13 janvier 1814; baron llolland de Villarceaux, G avril 1815; baron de Koujoux, 17 mai 1815; comte de Breteuil, 12 juillet 1815; baron de Gircsse-Labeyrie , 27 juin 1823; Langlois d'Amilly, 5 août 1830; vicomte de Bigny, 6 septembre 1830; Pompéi, 22 juillet 1833; Delessert, 21 septembre 1 83 i ; vicomte de Saint-Aignan , 21 octobre 1836; baron de Villeneuve, 2i juillet 1837; baron de Jessaint, 0 janvier 1843; de Mentque, 1" décembre 1847.
8 Voici la liste des maires de Chartres, de 1791 à 1848 :
Chevard, 20 novembre 1701; Jolly-Dcshayes , 4 (Jécembrc 1792; Judel, 19 frimaire an II; Sémen (provisoire), 4 brumaire an III; administration municipale sans maire, du 15 brumaire an IV au 10 floréal an VIII; Chevard, 6 fructidor an VIII; Billard aîné, 10 août 1802; Lion, 19 mai 1815; Billard aîné, 31 juillet 1815; Billard Saint-Laumer, 15 septembre 1815; Billard aîné, 18 octobre 1819; Ad. Chasles, 27 août 1830; Durand, 2 février 1848.
v D'autres raconteront avec plus de détails les événements qui se sont passés à Chartres de 1800 à 1848; ils donneront l'histoire des clubs de 1848 et diront avec quel sentiment sympathique les Chartraius , amis de l'ordre , saluèrent l'aurore du second empire. Pour moi l'histoire de notre ville se termine avec le XVIIIe siècle.
5 M** Claude-Hippolyte-Clausel de Montais, né au château de Coussergues, diocèse de Bodez, le 5 avril 1709, fut sacré évêque de Chartres le 22 août 1821 et installé le 22 septembre suivant. Parvenu à une grande vieillesse et atteint de cécité, il résigna, en janvier 1853, ses fonctions épiscopaJes à M*1" Begnault, son coadjuteur, et mourut à Chartres le 4 janvier 1857.
l'un des plus éminents et des plus vertueux pasteurs dont puisse s'honorer l'Église de France. Pendant vingt-cinq ans toutes les questions religieuses et sociales, nées des passions du moment, furent traitées par l'évêque de Chartres avec l'autorité que donnent la science du philosophe, le talent de l'écrivain et la conviction du ministre de Dieu ; on attendait, on consultait, on discutait son opinion ; ses mandements agissaient avec puissance sur l'esprit public , et ses adversaires , eux-mêmes, rendaient hommage à l'indépendance de son caractère et à la pureté de ses intentions. La mort récente de ce grand évoque a fait éclater plus vivement encore les sentiments de vénération et d'amour dont ses anciens diocésains étaient pénétrés pour sa personne.
Les chartrains des XVIIIe et XIXe siècles sont restés fidèles aux traditions de leurs ancêtres. Ils ont fourni à la France des auteurs dramatiques, des historiens, des jurisconsultes, des philologues ; ils ont aussi cultivé avec succès les arts et les sciences naturelles et mathématiques.
L'Embarras des Richesses, et surtout V Ecole des Bourgeois, pièces du chartrain Soûlas d'AUainval ', écrites en 1725 et 1728, ne seraient pas indignes de Molière. On doit à Dudoyer de Gastel * le Vindicatif (1774), pièce qui se sou-
1 Léonor-.lcan-Christine Soûlas d'AUainval , né à Chartres au commencement du XV11I" siècle, mourut à l'Ilôtcl-Dieu de Paris le 2 mai 1 75:>. Sa famille, ainsi qu'il le déclare dans la préface de Y Embarras des richesses (édition de 17:20), était protégée par M. Fleuriau d'Armenonville, gouverneur et grand-bailli, ce qui ne Tempèclia pas de tomber dans une protonde mi>ère. 11 donna au ThéAtrc-Francais , la fausse Comtesse (172(>), l Ecole des Roun/eois (I72N) qui eut un succès prodigieux, les Réjouissances publiijues ou le Cratis (17211) et le Mari curieux (1731); aux Italiens, l'Embarras des richesses (1725), Cahin-caha ou le Tour de Carnaval (172<i) et l'Hiver (17:!2), et, à rOpéra-Comimic, la Eee Marotte (17:5 i).
Contraint par le besoin de se jeter dans la littérature de bas étage, d'AUainval écrivit en 1 732-33 ses Ana ou liifjarrures adotines , et, en 17i5, VAImanack astronomique et les Anecdotes de Russie, sous Pierre 1er. On lui doit aussi une édition augmentée de la Connaissance de la Mythologie, du P. Rigord (1743) et une édition des Lettres du cardinal Mazarin (1715).
2 Gérard Dudoyer de Gastel , d'une famille noble du pays chartrain , naquit au petit chAteau de Vauventriers, près Chartres, le 2!) avril 1732, et mourut à Paris le 18 avril 17(JS. La nassion qu'il éprouva pour M11" Dolignv, célèbre actrice du Théâtre-Français, qui devint sa femme, décida de son goût pour la littérature draina-
tint longtemps au répertoire. Guillard * se fit un nom dans le drame lyrique et fut digne d'écrire les poèmes illustrés par la musique de Gluck , de Salieri , de Sacchini et de Lesueur. Nous n'avons pas besoin de rappeler les titres uombreux de Collin d'Harleville * àPestime de la postérité; le Vieux Célibataire (1792), suffit à sa gloire. De nos jours, les applaudissements ne manquent pas aux œuvres mélodramatiques de M. Ferdinand Dugué \
Nous citerons, pour leurs travaux historiques, tous spéciaux au pays chartrain, le bénédictin D. Liron *, auteur de la Bibliothèque Chartraine (1719), ouvrage biographique et bibliographique assez complet sur les anciens littérateurs de la
tique. Outre le Vindicatif, drame en cinq actes et en vers libres , Dudoyer donna Lattre ttc (1708), comédie en un acte et en prose, et Adélaïde, ou l'Antipathie -pour l'Amour, comédie en deux actes et en vers, qui eut du succès.
Une notice nécrologique sur Dudoyer, écrite par son ami P.-Fr. Aubin, a été insérée dans le Moniteur du 0 floréal an VI.
1 Nicolas- François Guillard, né à Chartres le 1 G janvier 1752, mort à Paris en 1814 9 composa les paroles dlphigénie en Tauride (1779), opéra qui eut le plus crand succès; d* Emile, d'Electre (1782), de Chimène, de Uardanus, des lioraces. d' Œdipe à Colone, son chef-d'œuvre, de la Mort d'Adam et d'Elfrida. 11 avait pour amis particuliers Favart, Doulllers et l'abbé de Voiscnon.
1 Jean-François Collin d'Harleville , naquit à Maiutenon le 30 mai 1 755 , mais il fut élevé à Chartres et il habita autant qu'il le put sa petite maison d'Harleville , commune de Mévoisins. Parmi les nombreuses pièces de ce charmant auteur nous citerons l'Inconstant (1786), l'Optimiste (1788), le Vieux Célibataire (1794), les Châteaux en Espagne (1803), Monsieur de Crac dans son petit castel (1803). Collin, qui mourut a Paris le 2i février 1806, était d'un commerce des plus agréables; il aimait par dessus tout la campagne, les joies de la famille et les épanchements de l'amitié; sa liaison avec Andneux dura autant que sa vie. La maison de Collin à Mévoisins appartient aujourd'hui à Mme Le Moine, sa nièce.
On a donné le nom de Collin d'Harleville à la rue de Chartres dans laquelle est située la préfecture.
8 M. Ferdinand-Adrien-Joscph Dugué, né à Chartres le 18 février 181 G, a débuté en 1834 par un roman intitulé la Semaine de Pâques, histoire chartraine. Il a publié ensuite un volume de poésies ; puis il a fait représenter, à l'Odéon , les Pharaons , tragédie en cinq actes et en vers , et France de Simiers , drame en cinq actes et en vers; au Thé A tre- Français, le Béarnais, draine en cinq actes et en vers, et Mathurin Régnier, comédie en trois actes et en vers; à la Porte-Saint-Martin, Salvator Hosa , drame en cinq actes et en prose ; et à l'Ambigu , la Prière des Naufragés et le Juif de Venise, drames en cinq actes et en prose.
M. Dugué occupe un rang distingué parmi les auteurs dramatiques de nos jours.
4 Dom Jean Liron , bénédictin , né à Chartres en 1665 et mort au Mans en 1748, a donné, indépendamment de la Bibliothèque chartraine, un recueil estimé, en 4 vol. in-12, intitule Singularités historiques et littéraires (1734-1740).
province ; les chanoines Estienne , Mareschaux et Brillon i , le dernier surtout qui laissa une quantité considérable de Mémoires, de notes, d'analyses sur des points inconnus ou mal éclaircis de l'histoire civile et ecclésiastique de Chartres ; l'avocat Janvier de Flain ville, caustique et infatigable écrivain dont les recherches sont consignées dans treize énormes volumes manuscrits appartenant à la bibliothèque communale * ; Doyen 8, Chevard 4, Bouvet 5, et M. Ozeray 6, nos devanciers dans la tâche difficile que nous avons entreprise ; Hérisson 7 , auquel la Biographie Michaud est redevable de quelques bons articles sur des chartrains célèbres, et qui ajouta plusieurs appendices à l'histoire de la cité des Carnutes, de M. Ozeray; Péiïer de Trémémont *, auteur d'une histoire généalogique et armoriale chartraine , manuscrite; MM. Lejeune * et Doublet
1 Ces trois chanoines , auxquels il faut joindre leur confrère Le Tunais , écrivaient au commencement du dernier siècle.
* Voir infrà , une note sur Janvier de Flaio ville.
3 Doyen, qui prenait le titre de géographe, est mort en 1790. Son ouvrage, intitulé Histoire de la ville de Chartres, du pays Char train et de la Beauce, a paru v en deux vol. in-8°, en 1786.
4 Chevard est mort le 9 mai 1820. Sou ouvrage, intitulé Histoire de Chartres et de l'ancien pays Chartruin, a été publié, en deux vol. in-8°, en l'an X.
5 ltouvct-Jourdan est mort le 30 janvier 1 Sali. Son ouvrage est manuscrit; il forme un in-folio de 113 pages et a été écrit eu 1S0J. Il est intitulé : Uecherches sur la ville de Chartres et du pays Chartruin.
" M. Ozeray, né à Chartres, mais habitant la Itclgique depuis longues années, a puhlié en 1830 une Histoire t/ènérale, virile et religieuse de la cite des Carnutes et du pays Chartruin vulgairement appelé la Beauce Cl vol. in-8"i.
7 Charles-Claude-François Hérisson , juge au tribunal civil de Chartres , né on cette ville le 20 octobre 1702, mort le 27 juillet 18iO, avait beaucoup étudié l'histoire, chartraine. Les dissertations qu'il a jointes à l'histoire d'Ozcray, quoique renfermant plusieurs erreurs, sont intéressantes; quelques-unes contiennent des documents jusqu'alors inédits. 11 a fait imprimer un Ehye de Bnssmt ilSlli couronné par l'Athénée de Niort, une Notice histnriijur sur saint l'iat il SU»), une Notice sur ÏAganon- Velus , cartulairr du A7° siècle (1830); on lui doit aus>i la réimpression de plusieurs pièces rares.
H y\. Périer de Trémémont, ancien consrillcr-référendairc à la Cour des Comptes, né à Chartres le 13 mars 1700, mort à l'ontenay-aux-Hoses le 15 février 18,">0, a lais>é à M. Houx, ollicier de l'Université, demeurant à Chartres, un volumineux ouvrage manuscrit contenant les généalogie de i*2 familles ebartraines. J'ignore In valeur scientifique de ce travail dont l'existence vient de ni'ètre révélée.
* M. Ilonoré-rrli\-Audré Lejeune, né à l»onne\al le 28 avril 1771, membre correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques et
de Boisthibault \ dont les écrits ont remporté plus d'une palme académique ; enfin M. E. Lefèvre *, auteur de travaux estimables sur la topographie du département \
de la Société des Antiquaires de France, a donné en 1833 une Notice historique sur la fondation de la Maladrerie ou Léproserie du Grand-lteaulieu et en 1836 un mémoire sur les Sinistres de la Cathédrale de Chartres. Plusieurs écrits de ce modeste savant ont été insérés dans les Mémoires de la Société des Antiquaires. Il a obtenu deux mentions honorables au concours des Antiquités de la France, en 1849 (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), et il conserve en portefeuille de nombreuses études sur l'église Notre-Dame , la ville et l'abbaye de Bonneval , le vidamé de Chartres, etc., etc.
Cet antiquaire possède une bibliothèque très-riche en manuscrits et imprimés, relatifs à l'histoire du pays.
1 M. François-Jules Doublet de Boisthibault, né à Chartres le 13 février 1800, membre correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques et de la Société des Antiquaires de France , est auteur d'un grand nombre d'ouvrages de littérature, d'économie politique et d'archéologie, dont quelques-uns ont été mentionnés honorablement ou couronnes par l'Institut de France ou les sociétés savantes des départements , et parmi lesquels nous citerons une Notice sur la vie et les écrits de F. Doublet , docteur-régent et professeur de la Faculté de Médecine de Paris (1 826) , un Essai historique sur la vie et les ouvrages du duc de la Rochefoucauld-! jancourt (1829), des mémoires sur l'Abolition de la peine de mort (1836), la Mendicité et le Vagabondage (1839), l'Agiotage (1810), l'Administration des secours aux classes nécessiteuses (1813), le Régime cellulaire et les Maisons de corrections (1816), un Mémoire sur le tombeau de saint Calétric (1844), l'Iconographie du pays Chartrain (1845), un Essai historique sur l'abbaye de Thiron (1818), une Monographie de la Crypte de la Cathédrale de Chartres (1849), un Mémoire historique sur l ancienne église collégiale et paroissiale de Saint -André de Chartres (IsiT).
* M. E. Lefèvre, membre correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques, publie depuis plusieurs années V Annuaire du département et sait donner de l'intérêt à cet ouvrage par les notices qu'il v insère sur les institutions et établissements publics, la statistique et la topographie départementales.
3 Mentionnons encore M. Gilbert, aujourd'hui membre de l'Institut (Description historique de l'Eglise cathédrale de Chartres, 1821); M*r Pie, évéque de Poitiers (Notice historique concernant la sonnerie ancienne et moderne de l'église cathédrale de Chartres, 1810-1811 ; préparation du texte de la grande Monographie de la Cathédrale publiée par le Gouvernement); M. de Santeul, ancien secrétaire-général de la Préfecture (I* Trésor de Notre-Dame de Chartres, 1841); M. Beuoit, ancien juge -suppléant (Dissertations sur les nécrologes de Notre-Dame , sur l'incendie de IVJi et autres sinistres, sur les anciennes mesures d'Eure-et-Loir, 1843); M. Didron (Iconographie de la Cathédrale de Chartres, 1839); M. Rossard de Mianvillc père, ancien procureur du Hoi (collaboration au Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Chartres, 1810); M. l'abbé Bulteau (Description de la Cathédrale de Chartres, 1850); M. Merlet, archiviste du département (Lettres des Itois de France, des Reines, des Princes et hauts personnages, adressées aux Echevins et commune de Chartres, 1855, et de nombreux articles d'érudition sur des documents chartraius, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Charles et l'Atheneum). Plusieurs d'entre eux sont étrangers à notre ville , mais tous ont travaillé pour elle avec conscience et talent.
S'il m'était permis de devancer le temps, je joindrais à ces noms ceux de MM. Paul Durand , archéologue du plus grand mente et auquel on ne saurait reprocher qu'une excessive modestie , Emile Bellier de la Chavignerie , qui prépare de sérieux
L'érudition est représentée par Dussaulx \ le traducteur de Juvénal ; Bellier-Duchcsnay *, l'éditeur de la Bibliothèque des Dames et des soixante-six premiers volumes de la Collection des Mémoires relatifs à V Histoire de France; Gratet-Duplessis *, l'ingénieux bibliophile; M. Charpentier *, philologue et latiniste distingué; E. Greslou % dont les lettres latines
travaux biographiques et bibliographiques sur le pays chartrain , et Lecocq , déjà connu par quelques essais historiques pleins d'intérêt.
1 Jean Dussaulx , petit-neveu du célèbre Nicole , né à Chartres le 28 décembre 1728, mort à Paris le i6 mars 1799, a écrit un grand nombre d'ouvraçes dont les plus estimés sont des Lettres sur la passion du jeu dans les différents siècles (1775) et une Traduction de Juvénal (1779). Dussaulx, qui fut longtemps au service militaire, consacrait aux lettres tous ses moments de liberté. La Révolution le jeta dans la politique; il fit partie de la Convention, siégea constamment parmi les modérés et fit preuve de courage en plus d'une circonstance.
Cet estimable écrivain avait été admis en 1 77G à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; à la création de l'Institut, il fut nommé membre de la classe de Littérature et de Beaux-Arts , section des Langues anciennes.
* Alexandre-Claude Bellier-Duchcsnay , dont j'ai déjà eu occasion de parler plus d'une fois, naquit à Chartres en 1739 et mourut dans cette ville en 1810.
8 Pierre-Alexandre Gratet-Duplcssis , né à Janville le 16 décembre 1792, mort à Paris le 21 mai 1853, appartient à Chartres par la famille à laquelle il s'est allié et par plusieurs de ses publications. Ce modeste érudit donna, entre autres ouvrages, un Essai historique sur les établissements littéraires de la ville de Douai (1842),
réimprimer à Paris et à Chartres plusieurs pièces rares et prépara une bonne édition des maximes de La Hache foucauld. L'édition du Poème des Miracles de Notre- Dame de Chartres, achevée en 1855, est due à ses soins.
Gratet-Duplcssis occupa successivement les emplois de Proviseur du collège d'Angers , d'Inspecteur de l'académie de Caen et de ltcclcur des académies de Douai et de Lyon.
4 M. Jean-Pierre Charpentier, né à Saint-Prest le 20 juin 1797, traversa tous les grades du professorat universitaire, occupa la chaire de rhétorique à Louis- le-Grand et à Saint-Louis, suppléa pendant dix ans M. Leclerc dans la chaire d'éloquence latine à la Faculté des Lettres et exerça longtemps les fonctions d'Inspecteur de l'Académie de Paris. Il est aujourd'hui en retraite.
Ce littérateur émérite a donné des Eludes morales et historiques sur la Littérature romaine (1829), un Essai sur l'histoire littéraire du Moyen-Age (1833), un Tableau historique de la Littérature française aux A Ve et A'V7e siècles (1835), Tertullien et Apulée (1839), une Histoire de la renaissance des Lettres en Europe au A Ve siècle (1813), des Etudes sur les Pères de l'Eylise (1853). Il a dirigé la publication des classiques latins de Panckoucke , intitulée Nova scriptorum latinorum btbliotheca (1833-1838), et il a traduit, dans la Bibliothèque latine-française du même éditeur, les Bucoliques et les Géorgiques de Virgile et les Iraitcs des Lois et de l'Invention de Ciceron ; ce dernier ouvrage en collaboration avec K. Greslou.
5 Charles-Eugène Greslou, né à Chartres le 29 avril 1805 et mort dans la même ville le 22 septembre 1839, promettait de devenir un des latinistes les plus distin-
déplorent la fin prématurée; M. Philarète Chasles *, l'un des plus féconds publicistes de notre époque.
Du barreau chartrain sortirent plusieurs personnages remarquables : Guéau de Reversaux f , les frères de Gennes 8, Janvier de Flainville 4 se firent un nom par leur science profonde et leur éloquence. Quoique plus connus comme hommes politiques, Brissot ■ et Pétion 6 ne laissèrent pas que d'acquérir de la réputation comme jurisconsultes, moralistes et économistes, le premier, par la publication de plusieurs Traités sur les lois criminelles (1780-1781), de considérations sur les sciences,
gués de notre époque. 11 a traduit, pour la Bibliothèque latine-française de Panckoucke , les Tragédies de Sénèque , les livres 4 et 5 de Lucain et le Traité de 17»vention de Cicéron, ce dernier ouvrage en collaboration avec M. Charpentier. On lui doit aussi plusieurs articles dans le Journal général de l'Instruction publique.
1 M. Victor-Euphémion-Philarètc Chasles est né à Mainvilliers le 8 octobre 1799. On lui doit une série d'Etudes sur l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, le XVIe siècle en France, le Moyen-Age et l'Antiquité, formant onze volumes; un ouvrage intitulé Caractères et Paysages et une traduction des œuvres de Jean -Paul Richter. M. Chasles, auquel on ne saurait contester une place éminente parmi les critiques littéraires, est professeur de littérature étrangère au collège de France et l'un des conservateurs de la bibliothèque Mazarine.
* Jacques-Etienne Guéau de Reversaux , né à Chartres en 1 706 , mort à Paris en 1753, fut un des avocats les plus célèbres du Parlement de Paris. 11 a écrit beaucoup de mémoires judiciaires remarquables par la logique et la force des arguments.
3 Pierre et Gabriel de Gennes , nés à Chartres au commencement du XVIIIe siècle, se tirent une grande réputation à Paris comme avocats consultants. On cite les mémoires que Pierre écrivit pour La Bourdonnaye et pour Dupleix , gouverneur des Indes. Pierre mourut à Paris le 5 juillet 1759; j ignore la date de la mort de Gabriel.
4 Jean-François- Augustin Janvier de Flainville, né à Chartres le 5 août 1717, mort dans la même ville le 5 septembre 1 790, exerça très-longtemps avec beaucoup de distinction la profession d'avocat au Présidial de Chartres. On a de lui quelques brochures et pamphlets littéraires et un grand nombre de mémoires judiciaires écrits avec verve et causticité. J'ai dit plus haut qu'il s'était beaucoup occupé de l'histoire chartraine. Janvier de Flainville eut à soutenir, en 1762, un procès assez scandaleux contre sa mère ; son esprit mordant lui fit beaucoup d'ennemis , mais on rendit toujours justice à son mérite , et ses concitoyens le portèrent au premier rang des honneurs municipaux.
8 Jean-Pierre Brissot, était né à Chartres le 14 janvier 1754; son père exerçait le métier de pâtissier. Comme il avait été élevé au hameau de Ouarvillc , il en prit le nom qu'il transforma plus tard en celui de Warville. On sait que, chef du parti modéré de la Convention, il périt sur l'échafaud, le 31 octobre 1793, avec vingtet-un de ses collègues.
6 Jérôme Pétion, avocat au Présidial, était né à Chartres, le 2 janvier 1756, d'une famille honorablement connue dans la robe. Son rôle politique est étranger à cette histoire. On sait que, forcé de fuir la proscription, il périt misérablement, au mois de juillet 1793, dans les environs de Bordeaux.
les arts et la politique en Angleterre (1784), d'un Mémoire sur les noirs de Y Amérique Septentrionale, d'un ouvrage intitulé De la France et des Etats-Unis (1787), et d'un discours sur la rareté du numéraire (1790) ; le second , par des études sur les lois civiles en France, sur l'infanticide et sur le mariage. Delacroix-Frainville devint l'un des meilleurs avocats consultants du barreau de Paris f ; Chauveau-Lagarde * illustra sa carrière par la défense de Marie-Antoinette. Nous devons à M. Isambert 3, aujourd'hui conseiller à la Cour de Cassation, un recueil estimé des anciennes lois françaises, et une bonne traduction de Procope.
1 Joseph Delacroix-Frainville, né a Chartres le 27 janvier 1749, mort à Paris le 28 décembre 1831, doit surtout sa grande réputation à ses profondes connaissances en droit coutumier. Il lut bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris.
* Claude-François Chauveau-Lagarde, né à Chartres le 21 janvier 1756 et mort à Paris le 29 février 1 8 il , se lit un nom célèbre comme défenseur officieux pendant la Révolution. Il défendit, en 1793, le général Miranda , Brissot, Charlotte Corday, l'infortunée reine Marie-Antoinette, et, en 1797, l'abbé Brottier. En 1826 il prononça un plaidoyer remarquable pour Bissctte , Fabien et Volny , hommes de couleur, condamnés injustement à la Martinique.
Chauveau-Lagarde fut nommé conseiller à la Cour de Cassation le 17 mai 1828; c'était la récompense un peu tardive de son dévouement à la famille royale.
3 M. François-André Isambert, né à Aunay-sous-Auneau , le 30 novembre 1792, d'une famille de la Beauce chartraine , a longtemps exercé la profession d'avocatconsultant à Paris; il fait partie de la Cour de Cassation depuis le 27 août 1830. Voici la liste des ouvrages de ce savant jurisconsulte qui est en même temps un érudit distingué : Kotice sur les lois maritimes tles Hhodiens (1820), Mémoire sur tes procès religieux (1N20i, Mémoires pour 1rs hummes île couleur (1820 à 1830), lierueil critique des lois et ordonnances , sous la Hestauration (|8il à 1827), Dissert ut ion sur les lois <les lUirbarcs , en tète de la traduction Pevré (1825), Dissertation sur In loi saliaue , servant de préface aux huit premiers volumes des anciennes luis françaises (1820''. llecueil (jéneral des anciennes lois françaises , de 420 à 1780, seul et en collaboration avec MM. Jourdan, Decrusv et Taillandier MO vol.; 1820 à 1830), l'aïuhetes françaises, luis de 1789 et 1790* (1830 à 1832), Traite de la Yuierie (182."»», Introduction aux Annales Politiques et Diplomatiques (1820), Mémoires et (lunsultations dans les procès de MM. de Montlosier, du général Berton , du colonel Caron, des sergents de La Bochelle (Restauration), Appel comme d'abus pour l'abbé Chasles, curé de Notre-Oame de Chartres (1822), Mémoire sur la rivière d'Eure (1822), Cartes de Y Atlas de (jéoijraphie ancienne, publié par Gail (1812 à 1820), La mer de T/uberiade, cartes et dissertations (Bulletin de la Société de Céograpliie, 185'»), Aneedola de Procope, texte et traduction française, avec la géographie du VI1* siècle et la révision de la numismatique ancienne d'après la découverte de la livre de Jnstinien (1850), Histoire de .luslinien, avec cartes de son empire et de la Dardanie, tableaux numismatiques et d'économie politique (1850).
M. Isambert publiera sans doute prochainement une traduction de Flavien-Josèplie,
Deux familles chartraines, les Goudron ! et les Bouvart*, produisirent au siècle dernier de grands médecins. Les docteurs Doublet 3 et Mahon * se firent aussi une juste réputation dans les sciences médicales.
qu'il a en portefeuille et que le succès de la traduction de Procope fait vivement désirer.
1 La famille Gendron , qu'une alliance a rattachée de nos jours à la ville de Chartres, était originaire de Vovcs. Elle produisit dans les siècles passés un grand nombre d'habiles médecins parmi lesquels on remarque l'abbé Gendron , médecin de Catherine de Médicis , et Claude Gendron-Deshayes , médecin de Monsieur, frère de Louis XIV et du duc d'Orléans, régent, qui mourut à Paris le 3 septembre 1750.
Une branche de cette famille, établie dans le Maine et la Touraine, a continué l'illustration de ses pères. M. Pierre-André Gendron, arrière-neveu de Gendron- Deshayes, membre de l'Académie de Médecine, exerça longtemps avec la plus grande distinction à Vendôme, où il mourut le 17 avril 1811, victime de son dévouement pour les prisonniers malades du typhus. Trois de ses (ils, tous trois membres de l'Académie de Médecine, ont hérité de la réputation paternelle. L'aîné, médecin à Vendôme, mort le 13 novembre 185i, a publié des mémoires sur les lièvres tvphoîdes et la dyssenterie; le second, médecin à Chûteau-du-Loir, a écrit un grand nombre d'ouvrages estimés sur les matières médicales et en dernier lieu sur l'action fébrifuge de l'Alkekenge ou Coqueret des vijmes ; le troisième , médecin à Château- Renaud, s'est surtout fait connaître par des travaux intéressants sur l'emploi du nitrate d'argent dans les affections croupales.
* Le membre le plus illustre de cette famille de médecins et de magistrats fut Michel-Philippe, fils de Claude, né à Chartres le 11 janvier 1717, mort à Paris le 18 janvier 1787. Reçu docteur en 1730, il exerça quelques années dans sa ville natale et il y soutint une thèse publique en 173:2; puis il s'établit à Paris, où il acquit promptement une grande réputation. Il fut nommé professeur de médecine au collège de France en 1 717 et devint médecin de l'hôpital de la Charité et des Enfants-Trouvés; mais, accablé de travail, il se démit de ces places en 1756. On prétend qu'il refusa la charge de premier médecin du Roi qui lui aurait été offerte après la mort de Senac; il n'en fut pas moins estimé de Louis XV, qui l'annoblit en 1768 et lui donna l'année suivante le cordon de Saint-Michel. On a de Bouvart un assez grand nombre d'ouvrages de médecine dont les plus importants sont ceux intitulés Consultations contre la légitimité des naissances prétendues tardives (1764), de Dignitate medicinœ (1717), de Experientiœ et studii necessitale in medicina (1717).
Son père Claude avait été aussi un très-habile praticien , et un de ses parents , Bouvart (Jacques- Etienne-Robert) , sieur de la Pré vallée, exerça longtemps à Chartres, comme médecin de la ville, dans la dernière moitié du siècle dernier. Il est probable que Charles Bouvart, premier médecin de Louis XIII, appartenait à la inéme famille, quoique né à Montoire, près Vendôme.
8 François Doublet, membre de la Société royale de Médecine, né à Chartres le 30 juillet 1751, mort à Paris le 18 prairial an* IV, s'occupa surtout de la fièvre puerpérale et lit paraître divers mémoires remarquables sur cette maladie.
* Pierre-Jean Mahon, membre de la Société royale de Médecine, né à Chartres en 1715, mort en cette ville le 26 prairial an VII, exerça pendant longues années avec distinction. Nous avons dit plus naut qu'il soutint une thèse sur les vertus curatives des eaux minérales de Chartres; il composa divers autres ouvrages parmi lesquels on remarque un Avis aux Riches sur la manière dont ils se doivent conduire dans leurs maladies.
Dans les arts, nous citerons le graveur Sergent % qui, malheureusement, devint homme politique.
Nous ne saurions mieux terminer cette appréciation succincte des titres de nos compatriotes à la reconnaissance de la postérité , qu'en parlant avec l'admiration qu ils méritent des magnifiques travaux de M. Michel Chasles % membre de l'Institut, l'un des plus grands géomètres de notre époque. Ce savant, dont les découvertes remontent à 1 81 2, alors qu'il entrait à l'École Polytechnique , est parvenu à traiter toutes les questions de géométrie pure par une méthode uniforme et générale, fondée sur l'algorithme des signes et la considération des expressions imaginaires. M. Chasles a rendu ainsi un immense service à la science : car si , depuis Descartes, l'analyse a pu résoudre certaines questions de géométrie d'une manière gé-
1 Antoine-François Sergent, né à Chartres le 9 octobre 1751, mort à Nice le 24 juillet 1847, fut incontestablement le graveur le plus habile de l'époque révolutionnaire. Ses ouvrages à Yaaua-tinte et en couleur sont quelquefois médiocres , mais ses eaux- fortes, composées avec infiniment d'esprit, accusent une pointe fine et légère, et ses burins sont corrects et harmonieux. On peut citer de cet artiste le Christ en croix, la Vierge et la Trinité, en collaboration avec Biosse, pour le missel de Chartres; quatre vues de la cathédrale, pour le bréviaire du diocèse (1783); une vue de l'abside de l'église Saint-André; la foire des Barricades sur la place des Kpars de Chartres; les vues des châteaux et principales habitations de Paris et environs; une suite de portraits de jtersonnages célèbres (1787-1789); les Tableaux des Révolutions de Paris depuis il HO; le portrait en pied du général Marceuu , en couleur et en noir; les Funérailles de Marceau, aqua-tinte; le Tableau de ITtiivers et des connaissances humaines (1X0:2); le portrait d Emira Marceau, sa femme.
Seront avait épousé Marie Marreau-Desgravicrs , su*ur du général Marceau , plus connue sous le nom d'Emira. On peut consulter, quant à la vie politique de Sergent, une Xutice. biographique publiée en 18 IN par M. Noél Parfait.
* M. Michel Chasles est né à Epcrnon le 15 novembre 1793, mais sa famille a toujours habité Chartres, et nous pouvons à bon droit le réclamer comme chartrain. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires insérés dans tous les journaux et recueils de mathématiques, M. Chasles a publié en 18o7 un Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie , et en 1852, son Traité de géométrie supérieure, dont il promet une suite. Il a pris part à la rédaction du catalogue de la Ihbliotbèque communale (18U)) et il a enrichi de notes très-curieuses plusieurs articles dont l'objet se rattache à ses études favorites. On lui doit aussi une Histoire de l'Arithmétique (18iîJ) dans laquelle il établit, contrairement à l'opinion commune, l'origine pythagoricienne de notre système de numération ; nous croyons que \rs manuscrits de IWee et de Cerbert, de noire bibliothèque, n'ont pas été inutiles à l'auteur [tour sa démonstration.
M. Chasles est depuis 18 i(> professeur de géométrie supérieure à la Faculté des sciences; il appartient à l'Académie des sciences comme membre titulaire depuis 1851 .
nérale, les méthodes de la géométrie proprement dite n'avaient pas fait un pas depuis les grands travaux des mathématiciens de l'antiquité; chaque cas particulier d'une même question avait toujours sa formule spéciale; chacun d'eux était toujours soumis à une discussion distincte. Aujourd'hui , grâce aux découvertes de M. Chasles, dont le beau livre de la Géométrie supérieure offre le résumé fidèle , la géométrie pure peut résoudre les problèmes d'une façon tout aussi générale que l'analyse cartésienne. M. Chasles s'est beaucoup occupé de r histoire des mathématiques , et il a fait preuve dans cette tâche difficile d'une grande pénétration d'esprit et d'une érudition profonde.
L'aptitude des Chartrains pour les travaux de l'intelligence ne s'est donc pas encore démentie , et nous espérons que les fforts de la Société Archéologique, nouvellement fondée, tendront à la diriger de plus en plus vers les études sérieuses qui seules procurent des succès durables.
Dans les arts , nous citerons le graveur Sergent * , qui , malheureusement, devint homme politique.
Nous ne saurions mieux terminer cette appréciation succincte des titres de nos compatriotes à la reconnaissance de la postérité , qu'en parlant avec l'admiration qu'ils méritent des magnifiques travaux de M. Michel Chasles % membre de l'Institut, l'un des plus grands géomètres de notre époque. Ce savant, dont les découvertes remontent à 1 81 2, alors qu'il entrait à l'École Polytechnique, est parvenu à traiter toutes les questions de géométrie pure par une méthode uniforme et générale, fondée sur l'algorithme des signes et la considération des expressions imaginaires. M. Chasles a rendu ainsi un immense service à la science : car si , depuis Descartes, l'analyse a pu résoudre certaines questions de géométrie d'une manière gé-
1 Antoine-François Sergent, né à Chartres le 9 octobre 1751 , mort à Nice le 24 juillet 1847, fut incontestablement le graveur le plus habile de l'époque révolutionnaire. Ses ouvrages à Yaaua-tinte et en couleur sont quelquefois médiocres , mais ses eaux- fortes, composées avec infiniment d'esprit, accusent une pointe fine et légère, et ses burins sont correcte et harmonieux. On peut citer de cet artiste le Clirist en croix, la Vierge et la Trinité, en collalmration avec Biosse, pour le missel de Chartres; quatre vues de la cathédrale, pour le bréviaire du diocèse (1783); une vue de l'abside de l'église Suint-André; la foire des Barricades sur la place des Epars de Chartres; les vues des châteaux et principales habitations de Paris et environs; une suite de portraits de personnages célèbres (1787-1789); les Tableaux des Itévolutions de Paris depuis 17H9; le portrait en pied du général Marceau , en couleur et en noir; les Funérailles de Marceau, aqua-tinte; le Tableau de ITnirers et des connaissances humaines (1802»; \e portrait d'Emira Marceau, sa femme.
Sergent avait épousé Marie Marceau-Dcsgraviers , sœur du général Marceau , plus connue sous le nom d'Emira. On peut consulter, quant à la vie politique de Sergent, une Sotice biographique publiée en 18i8 par M. Noël Parfait.
2 M. Michel Chasles est né à Epcrnoii le 15 novembre 179.1, mais sa famille a toujours habité Chartres, et nous pouvons à bon droit le réclamer comme chartrain. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires insérés dans tous les journaux et recueils de mathématiques, M. Chasles a publié en 18IJ7 un Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, et en 1854, son Traité de géométrie supérieure, dont il promet une suite. Il a pris part à la rédaction du catalogue de la lîibliothèaue communale (18i0) et il a enrichi de notes tris-curieuses plusieurs articles dont l'objet se rattache à ses études lavorites. On lui doit aussi une Histoire de l'Arithmétique (18 M) dans laquelle il établit, contrairement à l'opinion commune, l'origine pythagoricienne de notre système de numération; nous croyons que les manuscrits de Itoéee et de Cerbert, de notre bibliothèque, n'ont pas été inutiles à l'auteur pour si démonstration.
M. Chasles es>t depuis 18ilî professeur de géométrie supérieure à la Faculté des sciences; il appartient à l'Académie des sciences comme membre titulaire depuis 1851 .
nérale, les méthodes de la géométrie proprement dite n'avaient pas fait un pas depuis les grands travaux des mathématiciens de l'antiquité; chaque cas particulier d'une même question avait toujours sa formule spéciale; chacun d'eux était toujours soumis à une discussion distincte. Aujourd'hui , grâce aux découvertes de M. Chasles, dont le beau livre de la Géométrie supérieure offre le résumé fidèle , la géométrie pure peut résoudre les problèmes d'une façon tout aussi générale que l'analyse cartésienne. M. Chasles s'est beaucoup occupé de Thistoire des mathématiques , et il a fait preuve dans cette tâche difficile d'une grande pénétration d'esprit et d'une érudition profonde.
L'aptitude des Char trains pour les travaux de l'intelligence ne s'est donc pas encore démentie, et nous espérons que les fforts de la Société Archéologique, nouvellement fondée, tendront à la diriger de plus en plus vers les études sérieuses qui seules procurent des succès durables.
Dans les arts , nous citerons le graveur Sergent * , qui , malheureusement, devint homme politique.
Nous ne saurions mieux terminer cette appréciation succincte des titres de nos compatriotes à la reconnaissance de la postérité , qu'en parlant avec l'admiration qu'ils méritent des magnifiques travaux de M. Michel Chasles % membre de l'Institut, l'un des plus grands géomètres de notre époque. Ce savant, dont les découvertes remontent à 1 81 2, alors qu'il entrait à l'École Polytechnique, est parvenu à traiter toutes les questions de géométrie pure par une méthode uniforme et générale, fondée sur l'algorithme des signes et la considération des expressions imaginaires. M. Chasles a rendu ainsi un immense service à la science : car si , depuis Descartes, l'analyse a pu résoudre certaines questions do géométrie d'une manière gé-
1 Antoine-François Sergent , né à Chartres le 9 octobre 1 751 , mort à Nice le 24 juillet 1847, fut incontestablement le graveur le plus habile de l'époque révolutionnaire. Ses ouvrages à Yayua-tinle et en couleur sont quelquefois médiocres , mais ses ea tu- fortes , composées avec infiniment d'esprit, accusent une pointe fine et légère, et ses burins sont corrects et harmonieux. On peut citer de cet artiste le Christ en croix, la Vierge et la Trinité, en collaboration avec Biosse, pour le missel de Chartres; quatre vues de la cathédrale, pur le bréviaire du diocèse 1783); une vue de l'abside de l'église Saint-André ; la foire des Barricades sur a place des Epars de Chartres; les vues des châteaux et principales habitations de Paris et environs; une suite de portraits de personnages célèbres (1787-1789); les Tableaux des dévolutions de Paris depuis i 780 ; le portrait en pied du gênerai Marceau , en couleur et en noir; les Funérailles de Marceau, aqua-tinte; le Tableau de ITnivers et des connaissances humaines (1X02); le portrait d'Emira Marceau, sa femme.
Sergent avait épousé Marie Marecau-Dcsgraviers , s<i.»ur du général Marceau , plus connue sous le nom d'Emira. On peut consulter, quant à la vie politique de Sergent, une iXntice biographique publiée en 1848 par M. Noël Parfait.
* M. Michel Chasles est né à Epernon le 15 novembre 1703, mais sa famille a toujours habité Chartres, et nous pouvons à bon droit le réclamer comme chartrain. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires insérés dans tous les journaux et recueils de mathématiques, M. Chasles a publié en 1X37 un Apetru historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, et en 1852, son Traité de géométrie supérieure, dont il promet une suite. Il a pris part à la rédaction du catalogue de la ttibliothenue communale (1810) et il a enrichi Je notes très-curieuses plusieurs articles dont l'objet se rattache à ses études favorites. Un lui doit aussi une Histoire de l'Arithmétique (1813) dans laquelle il établit, contrairement à l'opinion commune, l'origine pythagoricienne de notre système de numération; nous croyons que les manuscrits de lïoéce et de Cerbcrt, de notre bibliothèque, n'ont pas été "inutiles à l'auteur pour si démonstration.
M. Chasles est depuis 1810 professeur de géométrie supérieure à la Faculté des sciences; il appartient à l'Académie des sciences comme membre titulaire depuis 1851 .
nérale, les méthodes de la géométrie proprement dite n'avaient pas fait un pas depuis les grands travaux des mathématiciens de l'antiquité ; chaque cas particulier d'une même question avait toujours sa formule spéciale; chacun d'eux était toujours soumis à une discussion distincte. Aujourd'hui, grâce aux découvertes de M. Chasles, dont le beau livre de la Géométrie supérieure offre le résumé fidèle , la géométrie pure peut résoudre les problèmes d'une façon tout aussi générale que l'analyse cartésienne. M. Chasles s'est beaucoup occupé de l'histoire des mathématiques , et il a fait preuve dans cette tâche difficile d'une grande pénétration d'esprit et d'une érudition profonde.
L'aptitude des Char trains pour les travaux de l'intelligence ne s'est donc pas encore démentie , et nous espérons que les fforts de la Société Archéologique, nouvellement fondée, tendront à la diriger de plus en plus vers les études sérieuses qui seules procurent des succès durables.
Dans les arts , nous citerons le graveur Sergent * , qui , malheureusement, devint homme politique.
Nous ne saurions mieux terminer cette appréciation succincte des titres de nos compatriotes à la reconnaissance de la postérité , qu'en parlant avec l'admiration qu'ils méritent des magnifiques travaux de M. Michel Chasles % membre de l'Institut, l'un des plus grands géomètres de notre époque. Ce savant, dont les découvertes remontent à 1 81 2, alors qu'il entrait à l'École Polytechnique, est parvenu à traiter toutes les questions de géométrie pure par une méthode uniforme et générale, fondée sur l'algorithme des signes et la considération des expressions imaginaires. M. Chasles a rendu ainsi un immense service à la science : car si , depuis Descartes, l'analyse a pu résoudre certaines questions de géométrie d'une manière gé-
1 Antoine-François Sergent, ne* à Chartres le 9 octobre 1751 , mort à Nice le 24 juillet 1847, fut incontestablement le graveur le plus habile de l'époque révolutionnaire. Ses ouvrages à Yaaua-tinte et en couleur sont quelquefois médiocres , mais ses eaux-fortes, composées avec infiniment d'esprit, accusent une pointe fine et légère, et ses burins sont corrects et harmonieux. On peut citer de cet artiste le Christ en croix, la Vierge et la Trinité, en collaboration avec Biosse, pour le missel de Chartres; quatre vues de la cathédrale, pour le bréviaire du diocèse (1783); une vue de l'abside de l'église Saint- André; la foire des Barricades sur la place des Epars de Chartres; les vues des châteaux et principales habitations de Paris et environs; une suite de portraits de personnages célèbres (1787-1789); les Tableaux des Révolutions de Paris depuis 1789; le portrait en pied du général Marceau, en couleur et en noir; les Funérailles de Marceau, aqua-tinte; le Tableau de V Univers et des connaissances humaines (lKlty; le portrait d'Emira Marceau, sa femme.
Sergent avait épousé Marie Marccau-Pesgraviers, sniur du général Marceau , plus connue sous le nom d'Emira. On peut consulter, quant à la vie politique de Sergent, une Notice biographique publiée en 1 8 48 par M. Noël Parfait.
2 M. Michel Charles est né à Epernon le 15 novembre 1793, mais sa famille a toujours habité Chartres, et nous pouvons à bon droit le réclamer comme chartrain. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires insérés dans tous les journaux et recueils de mathématiques, M. Chasles a publié en 1837 un Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie , et en ixr>:2, sou Traite de géométrie supérieure., dont il promet une* suite. Il a pris part à la rédaction du catalogue de la bibliothèque communale (1810) et il a enrichi de notes très-curieuses plusieurs articles dont l'objet se rattache à ses études favorites. On lui doit aussi une Histoire de l'Arithmétique (18 i3) dans laquelle il établit, contrairement à l'opinion commune, l'origine pythagoricienne de notre système de numération; nous croyons que les manuscrits de lloécc et de Cerbert, de notre bibliothèque, n'ont pas été inutiles à l'auteur pour sa démonstration.
M. Chasles est depuis 18l(> professeur de géométrie supérieure à la Faculté des sciences; il appartient à l'Académie des sciences comme membre titulaire depuis 1851 .
nérale, les méthodes de la géométrie proprement dite n'avaient pas fait un pas depuis les grands travaux des mathématiciens de l'antiquité ; chaque cas particulier d'une même question avait toujours sa formule spéciale; chacun d'eux était toujours soumis à une discussion distincte. Aujourd'hui , grâce aux découvertes de M. Chasles, dont le beau livre de la Géométrie supérieure offre le résumé fidèle , la géométrie pure peut résoudre les problèmes d'une façon tout aussi générale que l'analyse cartésienne. M. Chasles s'est beaucoup occupé de l'histoire des mathématiques , et il a fait preuve dans cette tâche difficile d'une grande pénétration d'esprit et d'une érudition profonde.
L'aptitude des Char trains pour les travaux de l'intelligence ne s'est donc pas encore démentie , et nous espérons que les fforts de la Société Archéologique, nouvellement fondée, tendront à la diriger de plus en plus vers les études sérieuses qui seules procurent des succès durables.
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