‹ Histoire de ChartresChapitre 50 sur 79 · Rue du Rourg · texte numérisé non relu

Rue du Rourg

(De la rue Saint-Eman au pont Bouju.)

Au XIVe siècle on a écrit par corruption Rourch, puis Bours; c'est évidemment Bourg qu'il faut dire. Cette rue était, avant les invasions normandes, la grande rue de la cité; elle conduisait au Grand-Pont (pont Bouju) et à la principale sortie de la ville. Les religieuses de Jouarre possédaient, en 1552, dans la rue du Bourg, un hôtel qu'elles louaient et dans l'étable duquel on avait construit un four à chaux. Les maisons notables de cette rue étaient l'hôtel de la Rose (1154), celui de Martin Pineau (1500) et celui de VEcrevim (1588).

En 1300 et 1500 on pava ou repava le Bourg.

(Titres de l'Hôtel-Dieu , de Beaulieu, de Saint-Maurice , Registres des Echcvins et Comptes de la ville.)

21° Pont Bouju.

On l'appela longtemps le Grand-Pont. Au XIVe siècle, outre le moulin dit TibeUn (1300), il y avait sur ce pont un four banal voisin d'une maison appartenant aux chanoines de Saint-Maurice (1380).

(Titres du Chapitre et de Saint-Maurice.)

25» Bue Porte-Guillaume.

(Du pont Bouju a la porte Guillaume.)

Au XVIe siècle il y avait dans cette rue une maison dite l'hôtel de la Fleur-de-Lts , sur laquelle le prieur de Sainte-Foy possédait un cens (1550-1050).

(Agenda du prieur de Sainte-Foy.)

20° Bue aux Juifs.

(De la rue du Bourg à celle des Fumiers. )

Le chevalier Rambaud Craton possédait vers 1130 une maison dans la Juiverie, inhidearia. Cette rue était fort basse et sujette aux inondations; en 1500 on la remit au niveau de celle du Bourg et on la pava. Il paraît que l'impasse Montpensier. bouchée «lu côté de la croix de Beaulieu. avait

dans sa partie inférieure un puits que l'on appelait le puits de la ruelle aux Juifs: les voisins obtinrent en 1590 la permission de fermer cette impasse d'une porte pour que les mauvais garnements ne pussent venir jeter des pierres et des immondices dans le puits. (Titres de Saint-Père et Registres des Echevins.)

27° Hue aux Cois.

{ De la me des fcuyers à celle aux Juife. )

Cette ruelle s'appela aussi rue aux Coich.v ( 1 -17 i ) , aux Couaz (c. 1550) et aux Couards Ces noms ne s'expliquent pas facilement; il y avait

à Chartres une famille Couart , connue dès le XII* siècle, et qui exerça diverses fonctions de magistrature pendant les XVIe et XVII0 siècles. Un titre de Saint-Aignan donne à cette ruelle le nom de rue aux Codions. La ruelle aux Cois fut bouchée en 1581 pour cause de salubrité publique; cette mesure aurait dû être maintenue.

(Ccnsicr du Chapitre, Registres des Echevins et Titres de Saint-Aignan.)

28° Ancienne impasse du Ihi David.

( Donnant dans la rue aux Juifc.)

On trouve cette impasse citée dans un titre de l'Hôtel-Dicu , de 1525. Elle était occupée presque en entier par un tripot ou jeu de paume à l'enseigne du Hoi David.

29° Rue de la Fouler ie.

(De la roe Porte-Guillaume au pont Taillard.)

Cette rue, comprise dans la petite rivière de Chartres, portait, au XIV' siècle, le nom de rue de la Mégisserie. Le seul édifice remarquable qui s'y trouvât, était la salle Saint-Cheron ou ù'Isambert de Gallardoa, dans la censive de Saint-Maurice (1389).

(Titres du Chapitre, de Saint-Chcron et de Saint-Maurice.)

50* I\ue du Puits-Berchot.

<l)c la rue PorL-Cuillaumc à celle du Pot-Vert.)

Cette rue a toujours porté son nom actuel ; dans un titre de Saint-Cheron, de février 1257, figure un individu demeurant dans la rue lierchot; on la repava en 1520.

(Titres de Saint-Cheron , de l'IIôlel-Dieu , et Registres des Echevins.)

3/o Pont Taillard.

C'est encore un nom fort ancien, car on le trouve dans un litre de Saint-Père, delâfô, mais on l'écrivait Taille-Hart (pont Taille-Hardi ). On prétend que l'origine de ce nom remonte à l'époque où la basse-ville était une forèl; cependant le moine Paul, écrivain du XV siècle, fait mention d'un pont de l'Abreuvoir. Menjrntis pediculi . qui parait se rapporter au

pont appelé Taille -Hart en 1265. Un compte de la ville, de 1388, le nomme pont Aillehart.

(Titres de Saint-Père et de la ville.)

Cette rue, ancien chemin public conduisant de l'abbaye de Saint-Père à la porte Cendreuse, dépendait de la seigneurie temporelle dos religieux. Nous avons parlé ailleurs de l'Aumône Saint-llilaire, qui avait été, dit-on, la synagogue des Juifs1; parmi les autres édifices remarquables de la rue Saint-Père, il faut citer le grand hôtel tics Cameanx ou Créneaux, dont parle un titre de Saint-Maurice de 138e.» et qui était peut-être celte haute tour carrée, appelée la Guérite, détruite depuis quelques années, que l'on voyait dans le fond d'une cour, a droite en descendant la rue, à peu de distance du tertre Saint-Aignan. Le plafond de l'étage supérieur de cette tour reposait sur de. longues poutres semées de Heurs de lis d'or et de cœurs et supportées à chaque bout par des tètes de chevaliers. En face de l'hôpital Saint-Hilaire était l'hôtel de l'Huis-de-Fer, dit aussi In Croixde-Fer, dans lequel les écoles communales furent établies en I537.

Au point de jonction du tertre Saint-Aignan et de la Croix-de-lieaulieu , se trouve encore aujourd'hui, au fond d'une cour, un bâtiment itenaissance, construit en briques, orné, dans l'espace compris entre le premier et le second étage, de trois médaillons en pierre, chargés chacun d'une figure en ronde-bosse. Un seul de ces médaillons est déchiffrable ; il représente un guerrier coiffé d'un casque. On remarquait près de là, au XIV° siècle , l'hôtel dit de V Echiquier < 1388).

Des travaux de pavage fuient exécutés dans la rue Saint-Pierre et devant l'église Saint-Hilaire, en 1388 et 1391. (Titres du Chapitre et de Saint-Maurice , Registres des Eehevins et Comptes de la

11 y avait, vis-à-vis les portes de l'église Saint-Hilaire, bâtie sur cette place, un gros orme, appelé l'Arbre de justice Saint-Hilaire , que le lieutenant-général Berziau Ht abattre, en 151 i , à la requête du procureur du Roi.

(Registre des F.chevins.)

Iaî nom sinistre de cette rue, dont une partie a élé absorbée par la caserne de cavalerie, vient de ce qu'elle aboutissait à l'hôpital des pauvres malades et des pestiférés. Avant les temps de peste elle s'appelait rue du Puits-du-Croehet , parce qu'elle avait à son entrée un puits qui existait encore à ciel ouvert en 1498 et que l'on finit par boucher. Le nom de

' Voir suprà, p. 340.

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